jeudi 20 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2002831 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 9ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET ANDRE HOIN & PARTENAIRES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 28 mars 2020, 29 novembre 2021 et 16 décembre 2022, M. E A et Mme B D, représentés par le
cabinet André Hoin et Partenaire, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles ils ont été assujettis au titre des années 2013 et 2014 ;
2°) de leur accorder le bénéfice des intérêts moratoires ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que l'envoi de la réponse aux observations du contribuable à une adresse erronée, distincte de celle où ils ont précisé habiter, entache la procédure d'imposition d'irrégularité et méconnaît les garanties de la procédure de rectification contradictoire dès lors qu'ils ne l'ont pas réceptionnée ; ils n'ont pas été destinataires de la réponse aux observations du contribuable que l'administration fiscale leur a notifiée à leur précédente adresse située au 52 rue Grande à Saint-Mammès ; antérieurement à la notification de la proposition de rectification du 7 octobre 2016 au 52 rue Grande à Saint-Mammès, la réponse qu'ils ont faite aux actes de procédure que l'administration fiscale leur a indifféremment envoyés à cette adresse et à celle située au numéro 58 de la même rue, faisait mention de leur domicile à ce dernier numéro ; ces faits révèlent de la part de l'administration fiscale une confusion d'adresse ; la réponse aux observations du contribuable, qui a été notifiée au 52, n'a jamais été présentée à leur adresse personnelle, celle de leur domicile, qu'ils avaient explicitement portée à la connaissance de l'administration fiscale ; ils justifient de leur adresse au 58 rue Grande par diverses factures ; la circonstance qu'ils aient indiqué dans leur déclaration de revenus de l'année 2017, souscrite le 10 juin 2018, un changement d'adresse au 58 au 1er janvier 2017 est sans incidence ; les copies des déclarations de revenus communiquées par l'administration fiscale, dans un courrier du 25 novembre 2016, établissent qu'ils ont corrigé, par une mention manuscrite, l'adresse pré-remplie au 52 en mentionnant leur adresse au 58 ; l'administration fiscale ne pouvait ignorer l'adresse effective de leur domicile fiscal ; l'adresse du 58 rue Grande n'est pas fictive ; la notification est faite à la dernière adresse que le contribuable a fait connaître à l'administration fiscale dans ses déclarations ou communications d'après la doctrine administrative référencée D. adm. 13 L-1513 n° 67 et n° 68 du 1er juillet 2002 reprise par la doctrine administrative référencée BOI-CF-IOR-10-30 n° 560 et n° 570 du 27 février 2014 ; la circonstance qu'ils soient " indirectement " propriétaires des lots sis au 52 et au 58 de la rue Grande à Saint-Mammès n'autorisait pas l'administration fiscale à considérer qu'ils pouvaient indifféremment réceptionner leur courrier aux deux adresses ; ils ne se sont pas prévalus des deux adresses dans leurs déclarations fiscales, lesquelles étaient seulement pré-remplies avec la mention des deux adresses ; la circonstance qu'ils aient reçu d'autres courriers à l'ancienne adresse est sans incidence sur l'irrégularité de la procédure ; s'ils ont pu recevoir les autres courriers adressés à l'ancienne adresse, c'est probablement uniquement en raison des diligences du facteur ; ils sont de bonne foi ainsi qu'en témoigne le fait qu'ils ont répondu à l'ensemble des autres courriers de l'administration, quelle que soit l'adresse à laquelle ils leur avaient été envoyés.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 13 mai 2020 et 7 avril 2022, le directeur départemental des finances publiques de Seine-et-Marne conclut, dans le dernier état de ses écritures, au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens invoqués par M. A et Mme D ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 20 décembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 20 janvier 2023 à 12 heures.
Un mémoire en défense a été enregistré pour le directeur départemental des finances publiques de Seine-et-Marne, le 3 janvier 2023, qui n'a pas été communiqué.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de ce qu'en l'absence de litige né et actuel entre le comptable public et M. A et Mme D concernant les intérêts moratoires, les conclusions qu'ils ont présentées tendant au versement par l'administration fiscale d'intérêts moratoires sont irrecevables.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- et les conclusions de Mme Letort, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A et Mme D, qui ont déclaré des plus-values de cessions de titres, au titre de l'année 2014, ont été rendus destinataires, par lettre du 18 avril 2016, d'une demande d'éclaircissements et de justifications concernant les modalités de détermination de ces
plus-values. Par lettre du même jour, l'administration fiscale leur a demandé des renseignements relatifs aux traitements et salaires perçus en 2013 et 2014 par Mme A, à une cession de titres BNP Paribas et à une plus-value à long terme d'un fonds de commerce réalisées en 2014. Malgré les réponses apportées à ces deux demandes par les intéressés, l'administration fiscale leur a notifié, par une proposition de rectification du 7 octobre 2016, des rehaussements à raison, d'une part, de la réintégration d'omissions de salaires des années 2013 et 2014 de Mme A et, d'autre part, des plus-values de cessions de titres de l'année 2014 conformément à la déclaration d'ensemble des revenus rectificative souscrite par les requérants, reçue par l'administration fiscale le 28 mai 2015. Elle a, par ailleurs, admis comme charges déductibles du revenu global et ouvrant droit à crédit d'impôt des sommes versées au titre de la retraite mutualiste du combattant et d'un emploi salarié à domicile. Les rectifications, pour lesquelles M. A et Mme D ont présentées des observations, ont été confirmées par une réponse aux observations du contribuable (ROC) du 20 janvier 2017. M. A et Mme D ont formé une réclamation préalable que l'administration fiscale a rejetée le 24 février 2020. Par la présente requête, M. A et Mme D demandent au tribunal la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles ils ont été assujettis au titre des années 2013 et 2014.
Sur la régularité de la procédure d'imposition :
2. D'une part, aux termes de l'article 57 du livre des procédures fiscales : " L'administration adresse au contribuable une proposition de rectification qui doit être motivée de manière à lui permettre de formuler des observations ou de faire connaître son acceptation. / () / Lorsque l'administration rejette les observations du contribuable sa réponse doit également être motivée ". Lorsque le contribuable vérifié ne présente pas d'observations concernant un redressement ou que ses observations ne permettent pas d'en critiquer utilement le bien-fondé, dès lors qu'elles se bornent à contester la régularité de la procédure d'imposition, l'absence de réponse de l'administration sur ce point ne le prive pas de la garantie instaurée par l'article L. 57 du livre des procédures fiscales. Ce défaut de réponse n'est susceptible de constituer une irrégularité de procédure de nature à entraîner la décharge des impositions supplémentaires que lorsqu'elle prive l'intéressé de la possibilité de connaître les motifs sur lesquels l'administration s'appuie pour justifier le bien-fondé des rectifications maintenues et de la garantie instaurée par l'article L. 57 du livre des procédures fiscales et de la garantie, en cas de persistance du désaccord, de saisir la commission départementale des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires, en application de l'article L. 59 du même livre, lorsque les redressements en cause relèvent de la compétence de cette commission.
3. D'autre part, il appartient au contribuable d'informer l'administration fiscale de ses changements d'adresse et il incombe à l'administration fiscale d'adresser la réponse aux observations du contribuable à la dernière adresse déclarée.
4. Il résulte de l'instruction que la proposition de rectification du 7 octobre 2016, que M. A et Mme D ont reçue le 25 octobre 2016, leur a été notifiée au 52 rue Grande à
Saint-Mammès. Par un courrier du 17 novembre 2016, comportant mention d'une adresse au 58 de la même rue et de la même commune, les requérants ont, à titre conservatoire, contesté l'ensemble des rectifications, les motifs de leur contestation ayant été précisés ultérieurement, et sollicité dans le délai d'un mois prévu à l'article L. 57 du livre des procédures fiscales, une prorogation du délai de réponse et la communication de copies de plusieurs pièces de procédure. La réponse du 25 novembre 2016 de l'administration fiscale faisant droit à leur demande, que les requérants ne contestent pas avoir reçue, leur a été adressée au 52 rue Grande. M. A et Mme D ont formulé des observations à la proposition de rectification, par un courrier du 23 décembre 2016, comportant en en-tête l'adresse du 58 rue Grande à Saint-Mammès, auxquelles l'administration fiscale a répondu dans une ROC du 20 janvier 2017, qu'elle leur a notifiée au 52 rue Grande. Il est, toutefois, constant que le pli contenant la ROC, présenté le 25 janvier 2017, est retourné à l'administration fiscale avec la mention " pli avisé non réclamé ".
5. M. A et Mme D soutiennent que l'administration fiscale, qui ne pouvait ignorer leur nouvelle adresse fixée au 58 rue Grande à Saint-Mammès, leur a notifié la ROC à une adresse erronée. Ce faisant, et compte tenu de la confusion commise par l'administration fiscale, qui avait été informée de cette nouvelle adresse, ils font valoir que la procédure d'imposition est entachée d'irrégularité et qu'ils ont été privés des garanties de la procédure de rectification contradictoire.
6. Il résulte, toutefois, de l'instruction que les déclarations des revenus des années 2011 à 2015, souscrites entre 2012 et 2016, par M. A et Mme D, portent la mention claire et non équivoque de leur adresse au 52 rue Grande à Saint-Mammès, laquelle a été complétée, à compter des déclarations des revenus des années 2015 et 2016, avec effet respectivement aux 1er janvier 2016 et 2017, d'un complément d'adresse au 58 de la même rue. Ce n'est que le 10 juin 2018, date à laquelle la déclaration des revenus de l'année 2017 a été établie, soit postérieurement à la ROC du 20 janvier 2017, que les requérants ont déclaré, à compter du 1er janvier 2017, leur changement d'adresse au 58 rue Grande à Saint-Mammès. Ainsi, à la date à laquelle l'administration fiscale a établi puis notifié la ROC à M. A et Mme D au 52 rue Grande, les requérants avaient déclaré leur adresse aux 52 et 58 de cette même rue. Dans ces conditions, M. A et Mme D ne peuvent utilement contester s'être prévalu auprès de l'administration fiscale, sur une même période, des deux adresses, figurant seulement sur leurs déclarations de revenus pré-remplies, mais dont les rubriques " changement d'adresse " n'ont, en tout état de cause, pas été renseignées, ni se prévaloir d'une confusion d'adresse qu'aurait commise l'administration fiscale. Les requérants ne peuvent davantage utilement se prévaloir de factures et relevés bancaires adressés au 58 rue Grande et de ce que le bien sis 52 rue Grande est occupé par des tiers, à défaut de justifier, avant la souscription de leur déclaration de revenus 2017, d'un changement d'adresse à ce numéro. Les circonstances que les requérants aient fait mention de l'adresse au 58 rue Grande en en-tête de la déclaration complémentaire des revenus 2013 concernant les revenus des professions non salariées de Mme D et qu'ils aient apporté des rectifications manuscrites à l'adresse figurant, également, en en-tête de leurs déclarations complémentaires des revenus 2014 et de leurs déclarations pré-remplies des revenus 2014 sont, dans ces conditions, sans incidence alors qu'en tout état de cause, elles ne permettent pas d'établir qu'ils auraient changé d'adresse au 58 rue Grande, dont l'administration fiscale aurait dû tenir compte alors que, de surcroît, ces rectifications n'ont pas été apportées à la rubrique " changement d'adresse " et, qu'au demeurant, ces éléments sont antérieurs aux déclarations des revenus mentionnant sans équivoque leur adresse au 52 rue Grande à Saint-Mammès. Le fait, par ailleurs, ainsi que l'indique l'administration fiscale, que les courriers adressés par les requérants au cours des opérations de contrôle aient porté en en-tête l'adresse du 58 rue Grande, n'est pas suffisant pour venir au soutien des allégations de M. A et Mme D, aucun de leurs courriers n'ayant expressément signalé une erreur d'adressage, ni un changement d'adresse, ni demandé au service d'adresser les courriers à cette adresse. M. A et Mme D ne peuvent donc être regardés comme ayant régulièrement informé l'administration fiscale, à la date du 20 janvier 2017, de leur changement d'adresse au 58 rue Grande à Saint-Mammès. Il suit de là qu'au regard des mentions claires et concordantes figurant sur le pli contenant la ROC et l'accusé de réception, la ROC dont les requérants ont été avisés le 25 janvier 2017 sans avoir été réclamée est réputée avoir été régulièrement notifiée à cette date. M. et Mme A ne peuvent, à cet égard, invoquer sur le fondement de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales la doctrine administrative référencée D. adm. 13 L-1513 n° 67 et n° 68 du 1er juillet 2002 reprise par la doctrine administrative référencée BOI-CF-IOR-10-30 n° 560 et n° 570 du 27 février 2014 relative à la procédure d'imposition.
7. Il résulte de tout ce qui précède que M. A et Mme D ne sont pas fondés à demander la décharge des impositions en litige, ainsi que des pénalités correspondantes.
Sur les intérêts moratoires :
8. En l'absence de litige né et actuel entre le comptable public et M. A et Mme D, les conclusions des requérants tendant au paiement de tels intérêts ne sont pas recevables.
Sur les frais liés à l'instance :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'État, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. A et Mme D demandent sur ce fondement.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A et Mme D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. E A, à Mme B D et au directeur départemental des finances publiques de Seine-et-Marne.
Délibéré après l'audience du 23 mars 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Bonneau-Mathelot, présidente,
Mme Réchard, première conseillère,
Mme Luneau, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 avril 2023.
La rapporteure,
J. RECHARD
La présidente,
S. BONNEAU-MATHELOT La greffière,
C. RICHEFEU
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique de la France en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026