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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2002832

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2002832

jeudi 20 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2002832
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation3ème chambre
Avocat requérantCABINET FIDAL DIRECTION PARIS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés le 27 mars et 6 mai 2020, la société par actions simplifiée (SAS) Metin PR, représentée par Mes Graillat et Le Caër, demande au tribunal :

1°) de prononcer la décharge de la cotisation foncière des entreprises mise à sa charge au titre de l'année 2018 pour un local situé à Bussy-Saint-Georges ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 5 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

La requérante soutient qu'ayant déplacé l'ensemble de ses moyens de production de son local situé à Montévrain à celui de Bussy-Saint-Georges, communes appartenant à la même communauté d'agglomération, elle était en droit en application des dispositions de l'article 1478 du code général des impôts de voir la base d'imposition à la cotisation foncière des entreprises au titre de l'année 2018 fondée sur la valeur locative des biens dont elle a disposé pour les besoins de son activité professionnelle au 31 décembre 2016.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 8 avril et 14 mai 2020, le directeur départemental des finances publiques de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête, en faisant valoir que le moyen développé n'est pas fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 6 avril 2023 :

- le rapport de M. A ;

- et les conclusions de M. Philipbert, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. La société par actions simplifiée (SAS) Metin PR, spécialisée dans le secteur d'activité du commerce de gros d'équipements automobiles a été assujettie à la cotisation foncière des entreprises au titre de l'année 2018 à raison de ses locaux situés à Montévrain et à Bussy-Saint-Georges. Par une réclamation du 11 décembre 2019, la société a contesté l'imposition à cette cotisation à raison de ses locaux de Bussy-Saint-Georges. Par décision du 31 janvier 2020, le directeur départemental des finances publiques de Seine-et-Marne a rejeté cette réclamation. Par la requête précitée, la société demande la décharge de cette imposition.

Sur le terrain de la loi fiscale,

2. Aux termes de l'article 1478 du code général des impôts : " I. - La cotisation foncière des entreprises est due pour l'année entière par le redevable qui exerce l'activité le 1er janvier. Toutefois le contribuable qui cesse toute activité dans un établissement n'est pas redevable de la cotisation foncière des entreprises pour les mois restant à courir, sauf en cas de cession de l'activité exercée dans l'établissement ou en cas de transfert d'activité. () II. - En cas de création d'un établissement autre que ceux mentionnés au III, la cotisation foncière des entreprises n'est pas due pour l'année de la création. Pour les deux années suivant celle de la création, la base d'imposition est calculée d'après les biens passibles de taxe foncière dont le redevable a disposé au 31 décembre de la première année d'activité () ". Aux termes de l'article 1467 du même code : " La cotisation foncière des entreprises a pour base la valeur locative des biens passibles d'une taxe foncière situés en France, à l'exclusion des biens exonérés de taxe foncière sur les propriétés bâties en vertu des 11°, 12° et 13° de l'article 1382, dont le redevable a disposé pour les besoins de son activité professionnelle pendant la période de référence définie aux articles 1467 A et 1478, à l'exception de ceux qui ont été détruits ou cédés au cours de la même période () ".

3. La requérante soutient qu'ayant quitté, le 15 janvier 2017, le local situé à Montévrain pour s'installer dans de nouveaux locaux situés sur le territoire de la commune de Bussy-Saint-Georges et ces deux communes appartenant à la même communauté de communes, ce transfert d'activité doit s'analyser comme un transfert au sein d'une même commune et elle n'était donc pas redevable d'une cotisation foncière des entreprises en 2018 sur ses nouveaux locaux situés à Bussy-Saint-Georges.

4. Toutefois, il ne résulte pas de l'instruction que l'opération ainsi décrite ne consiste pas en la création d'un nouvel établissement au sens du II de l'article 1478 précité du code général des impôts, dès lors qu'il est constant que le siège social de la société requérante est toujours situé dans les locaux sis à Montévrain, ainsi qu'il est mentionné dans ses écritures, et qu'elle dispose désormais d'un établissement secondaire à Bussy-Saint-Georges. C'est donc à juste titre que la requérante a été imposée dans les rôles de la commune de Bussy-Saint-Georges à une cotisation foncière des entreprises au titre de l'année 2018, année suivant celle de la création de ce nouvel établissement.

Sur le terrain de la doctrine administrative,

5. Aux termes de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales : " () Lorsque le redevable a appliqué un texte fiscal selon l'interprétation que l'administration avait fait connaître par ses instructions ou circulaires publiées et qu'elle n'avait pas rapportée à la date des opérations en cause, elle ne peut poursuivre aucun rehaussement en soutenant une interprétation différente () ".

6. A supposer que la société requérante se prévale, sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales, du BOI-IF-CFE-40-30-20-10 n° 20, selon lequel " Par transfert d'activité au sens du I de l'article 1478 I du CGI, il convient d'entendre tout déplacement dans une autre commune () par un même contribuable de ses moyens de production qu'il y ait ou non changement dans la nature de l'activité exercée, que le redevable ait ou non un prédécesseur dans le local où il s'installe ou un successeur dans le local qu'il abandonne ", ces commentaires qui traitent du cas particulier des dégrèvements pour cessation d'activité en cours d'année, prévoient expressément l'abandon du local initial au profit d'un nouveau, et non pas comme en l'espèce, la création d'un nouvel établissement et ne comportent donc aucune interprétation différente de celle dont il est fait application dans le présent jugement. Il en est de même des énonciations des BOI-IF-CFE-40-30-20-10 et BOI-IF-CFE-20-50-10.

7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin de décharge de la cotisation foncière des entreprises au titre de l'année 2018 doivent être rejetées. Par voie de conséquence, celles au titre des frais de justice doivent également être rejetées

D E C I D E :

Article 1 : La requête de la SAS Metin PR est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SAS Metin PR et à la directrice départementale des finances publiques de Seine-et-Marne.

Délibéré après l'audience du 6 avril 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Billandon, présidente,

M. Meyrignac, premier conseiller,

Mme Van Daële, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 avril 2023.

Le rapporteur,

P. A La présidente,

I. BILLANDON

Le greffier,

G. NGASSAKI

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

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