jeudi 15 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2003004 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 9ème chambre |
| Avocat requérant | ORMILLIEN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 9 avril 2020, M. F E, représenté, en dernier lieu, par Me Ibara, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 12 mars 2020 en tant que le préfet du Val-de-Marne a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet du Val-de-Marne de lui délivrer un titre de séjour dans un délai de trois mois à compter de la notification du jugement à intervenir.
Il soutient que :
- la décision attaquée a été signée par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- le préfet du Val-de-Marne a, à tort, examiné sa situation au regard du travail alors qu'il a sollicité la régularisation de sa situation administrative au regard de la durée de son séjour en France, soit plus de dix ans ;
- il a suffisamment travaillé, comme l'attestent ses bulletins de paie versés à l'instance, et il déclare ses impôts et paie ses charges sociales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 octobre 2020, le préfet du Val-de-Marne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens invoqués par M. E ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 23 septembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au
7 octobre 2022 à 12 heures.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code des relations entre le public et l'administration,
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. B a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant que :
1. M. C E, ressortissant sri-lankais né le 12 septembre 1977 à Sambaltivu, est entré en France le 12 septembre 2009 pour y solliciter l'asile. Sa demande d'asile a été rejetée par une décision du 31 juillet 2012 de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA), confirmée par une décision du 16 mai 2013 de la Cour nationale du droit d'asile (CNDA). Il a présenté une demande de réexamen de sa demande d'asile, qui a été rejetée par une décision du 23 mai 2014 de l'OFPRA, confirmée par une décision du 12 février 2015 de la CNDA. M. E a sollicité le 15 juin 2017 son admission exceptionnelle au séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 12 mars 2020, le préfet du Val-de-Marne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office. M. E demande l'annulation de cet arrêté en tant que le préfet du Val-de-Marne a refusé de lui délivrer un titre de séjour.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, par un arrêté n° 2019/4106 du 20 décembre 2019 du préfet du
Val-de-Marne, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture n° 61 du 17 au 20 décembre 2019, délégation a été donnée à M. D A, chef du pôle étranger de la préfecture du Val-de-Marne, signataire de la décision attaquée, à l'effet de signer les arrêtés portant refus d'admission au séjour, en cas d'absence ou d'empêchement d'autorités dont il n'est pas allégué ni établi qu'elles n'ont pas été absentes ou empêchées lors de la signature de la décision attaquée. Il suit de là que le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué manque en fait et doit être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; / () ". Aux termes de l'article L. 211-5 de ce code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".
4. La décision contestée vise la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, notamment, son article 8, ainsi que les dispositions applicables du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En outre, la décision contestée rappelle les principaux éléments de la situation personnelle et familiale de M. E sans que l'ensemble des éléments de la situation personnelle dont le requérant se prévaut n'ait à être mentionné dans cette décision. Elle comporte ainsi l'énoncé, avec de suffisantes précisions, des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Il suit de là que le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision attaqué doit être écarté.
5. En troisième lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La carte de séjour temporaire mentionnée à l'article L. 313-11 ou la carte de séjour temporaire mentionnée aux 1° et 2° de l'article L. 313-10 peut être délivrée, sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, à l'étranger ne vivant pas en état de polygamie dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 313-2. / L'autorité administrative est tenue de soumettre pour avis à la commission mentionnée à l'article L. 312-1 la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par l'étranger qui justifie par tout moyen résider en France habituellement depuis plus de dix ans. / () ".
6. D'une part, il ressort des termes de la décision attaquée que le préfet du Val-de-Marne, qui ne conteste pas la résidence de plus de dix ans de M. E, a saisi la commission du titre qui, dans sa séance du 4 février 2020, a émis un avis favorable compte tenu " de réelles capacités d'insertion professionnelle démontrées ". La circonstance qu'il réside en France depuis plus de dix n'est pas suffisante à elle seule pour justifier, sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'admission exceptionnelle au séjour du requérant. En outre, le préfet du Val-de-Marne, qui n'était pas lié par l'avis de la commission du titre de séjour, a pu, après avoir examiné les preuves de l'activité professionnelle du requérant dans le secteur de l'alimentation et dans le secteur de la propreté au regard de ses qualifications professionnelles et de sa durée d'emploi, considérer que sa situation ne répondait pas à des considérations humanitaires et qu'il ne justifiait pas de motifs exceptionnels pour refuser de lui délivrer un titre de séjour.
7. D'autre part, M. E, qui ne conteste pas être marié avec une ressortissante skri lankaise résidant dans son pays d'origine avec les trois enfants du couple, ne démontre pas, par sa seule présence en France depuis plus de dix années, que sa situation répondrait à des considérations humanitaires ou à des motifs exceptionnels lui permettant de prétendre à la délivrance d'un titre de séjour au titre de sa vie privée et familiale en application des dispositions précitées.
8. Enfin, si M. E fait valoir qu'il s'est intégré professionnellement à la société française comme l'attestent ses bulletins de salaires et ses avis d'imposition ou ses avis de situation déclarative à l'impôt sur les revenus, il ressort des pièces du dossier que les documents ainsi produits indiquent que son taux d'imposition était nul de 2012 à 2019. Par ailleurs, si le requérant se prévaut d'une expérience professionnelle en qualité d'agent d'entretien dans le secteur de la propreté au sein de la société Derichebourg du mois de décembre 2019 au mois de février 2020 à temps partiel, puis de son contrat à durée indéterminée du 12 février 2019 et de ses bulletins de paie de mars 2019 à février 2020 en qualité d'agent de production dans le secteur de la boulangerie et la pâtisserie industrielle au sein de la société BBM SAS, il ne démontre pas que sa situation relève de motifs exceptionnels lui permettant de prétendre à la délivrance d'un titre de séjour au titre du travail.
9. Il suit de là que le préfet du Val-de-Marne n'a pas méconnu les dispositions précitées ni commis d'erreur manifeste d'appréciation au regard de ces dispositions, à supposer que le requérant ait entendu s'en prévaloir. Il suit de là que le moyen invoqué ne peut qu'être écarté.
10. Il résulte de tout ce qui précède que M. E n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 12 mars 2020 du préfet du Val-de-Marne en tant qu'il a refusé de lui délivrer un titre de séjour. Il y a lieu, par voie de conséquence, de rejeter ses conclusions à fin d'injonction.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. E est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C E et à la préfète du Val-de-Marne.
Délibéré après l'audience du 20 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Bonneau-Mathelot, présidente,
M. Delmas, premier conseiller,
Mme Luneau, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 décembre 2022.
Le rapporteur,
S. B
La présidente,
S. BONNEAU-MATHELOT La greffière,
S. SCHILDER
La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026