mardi 3 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2003152 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | LEMAIRE - MORAS & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 17 avril 2020 et le 12 mai 2021, Me Gilles C, agissant en liquidateur judiciaire de la société Berlitz France, représenté par LPA-CGR Avocats, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 26 novembre 2019 par laquelle l'inspecteur du travail lui a refusé l'autorisation de licencier Mme B A pour motif économique ainsi que la décision implicite née du silence gardé par l'inspecteur du travail sur le recours gracieux qu'il a formé à l'encontre de cette décision le 13 décembre 2019 ;
2°) de mettre à la charge de Mme A la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision implicite de rejet du recours gracieux est insuffisamment motivée ;
- c'est à tort que l'inspecteur a considéré que l'employeur n'avait pas respecté son obligation de reclassement.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 mars 2021, le directeur régional et interdépartemental des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi d'Ile-de-France conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par la société Berlitz France ne sont pas fondés.
Par des mémoires, enregistrés le 8 avril 2021 et le 15 juin 2021, Mme A représentée par Me Moras, déclare ne pas s'opposer à l'annulation demandée par le requérant, demande au tribunal d'enjoindre à la société Berlitz France, à son mandataire judiciaire et à son administrateur judiciaire de procéder à son licenciement économique sous astreinte de 500 euros par jour de retard à compter du jugement à intervenir et à ce que soit mise à leur charge la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du travail ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Félicie Bouchet, première conseillère ;
- les conclusions de Mme Linda Mentfakh, rapporteure publique.
- et les observations de Me Jourdan, avocat de M. C, agissant en qualité de liquidateur judiciaire de la société Berlitz France
Considérant ce qui suit :
1. Le 25 septembre 2019, Me C agissant en qualité de liquidateur judiciaire de la société Berlitz France a sollicité auprès de l'administration l'autorisation de licencier pour motif économique Mme B A salariée protégée. Par une décision du 26 novembre 2019, l'inspecteur du travail a refusé d'autoriser le licenciement de cette dernière aux motifs que l'employeur n'avait pas satisfait à son obligation de reclassement. Me C demande au tribunal d'annuler cette décision ainsi que la décision implicite de rejet née du silence gardé par l'inspecteur du travail sur le recours gracieux qu'il a formé le 13 décembre 2019.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, le requérant ne peut utilement se prévaloir des vices propres de la décision implicite née le 17 février 2020 du silence gardé par l'inspecteur du travail en ce qu'elle se borne à statuer sur le recours gracieux qu'il a présenté à l'encontre de la décision du
26 novembre 2019. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision implicite de rejet du recours gracieux sera écarté.
3. En second lieu, aux termes de l'article L.1233-4 du code du travail : " Le licenciement pour motif économique d'un salarié ne peut intervenir que lorsque tous les efforts de formation et d'adaptation ont été réalisés et que le reclassement de l'intéressé ne peut être opéré sur les emplois disponibles, situés sur le territoire national dans l'entreprise ou les autres entreprises du groupe dont l'entreprise fait partie et dont l'organisation, les activités ou le lieu d'exploitation assurent la permutation de tout ou partie du personnel. / Pour l'application du présent article, la notion de groupe désigne le groupe formé par une entreprise appelée entreprise dominante et les entreprises qu'elle contrôle dans les conditions définies à l'article
L. 233-1, aux I et II de l'article L. 233-3 et à l'article L. 233-16 du code de commerce. / () / L'employeur adresse de manière personnalisée les offres de reclassement à chaque salarié ou diffuse par tout moyen une liste des postes disponibles à l'ensemble des salariés, dans des conditions précisées par décret. / Les offres de reclassement proposées au salarié sont écrites et précises ". Aux termes de l'article D 1233-2-1 du même code : " I. Pour l'application de l'article L. 1233-4, l'employeur adresse des offres de reclassement de manière personnalisée ou communique la liste des offres disponibles aux salariés, et le cas échéant l'actualisation de celle-ci, par tout moyen permettant de conférer date certaine. / II. Ces offres écrites précisent : a) L'intitulé du poste et son descriptif ;/ b) Le nom de l'employeur ; / c) La nature du contrat de travail ; / d) La localisation du poste ;/ e) Le niveau de rémunération ;/ f) La classification du poste ".
4. En vertu des dispositions du code du travail, le licenciement des salariés légalement investis de fonctions représentatives, qui bénéficient d'une protection exceptionnelle dans l'intérêt de l'ensemble des travailleurs qu'ils représentent, ne peut intervenir que sur autorisation de l'inspecteur du travail. Lorsque le licenciement d'un de ces salariés est envisagé, il ne doit pas être en rapport avec les fonctions représentatives normalement exercées ou l'appartenance syndicale de l'intéressé. Dans le cas où la demande de licenciement est fondée sur un motif de caractère économique, il appartient à l'inspecteur du travail et, le cas échéant, au ministre, de rechercher, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, si la situation de l'entreprise justifie le licenciement du salarié, en tenant compte notamment de la nécessité des réductions d'effectifs envisagées et de la possibilité d'assurer le reclassement du salarié. Pour apprécier si l'employeur ou son liquidateur judiciaire a satisfait à son obligation en matière de reclassement, l'autorité administrative doit s'assurer, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, qu'il a procédé à une recherche sérieuse des possibilités de reclassement du salarié, tant au sein de l'entreprise que dans les entreprises du groupe auquel elle appartient, ce dernier étant entendu, à ce titre, comme les entreprises dont l'organisation, les activités ou le lieu d'exploitation permettent, en raison des relations qui existent avec elles, d'y effectuer la permutation de tout ou partie de son personnel.
5. Me C, agissant en qualité de liquidateur judiciaire de la société Berlitz France, fait valoir qu'il a, le 29 juillet 2019, fourni à Mme A, une liste d'offres de reclassement comportant des informations complètes et exactes pour chaque poste proposé et que le 5 décembre 2019, il lui a transmis une liste d'offres actualisée. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que le 29 juillet 2019, le liquidateur judiciaire a proposé à la salariée une liste de onze postes disponibles en France dans le groupe auquel appartenait la société Berlitz France, que parmi ces postes, quatre d'entre eux se contentaient d'indiquer une localisation du poste en " région parisienne ", et six d'entre eux ne précisaient ni le niveau de rémunération ni le temps de travail , se limitant à indiquer " rémunération : selon temps de travail/ temps de travail : partiel, nombre d'heures à déterminer ". La circonstance que le tribunal de commerce de Créteil a autorisé la cession partielle d'activité et la reprise des centres de formation de Lille et Dunkerque au profit de Mme A ne dispensait pas le liquidateur judiciaire de l'employeur d'adresser à la salariée dans le cadre de l'obligation individuelle de reclassement qui pèse sur lui, des offres précises, concrètes et personnalisées. Par suite, l'inspecteur du travail a considéré à bon droit que la liste de postes proposés à Mme A le 29 juillet 2019 n'apportait pas à cette dernière une information complète et exacte et ne lui permettait pas de se prononcer en tout connaissance de cause.
6. Par ailleurs, lorsque le motif de licenciement invoqué par l'employeur fait obligation à l'administration d'apprécier le sérieux des recherches préalables de reclassement effectuées par celui-ci, l'inspecteur du travail doit apprécier les possibilités de reclassement du salarié à compter du moment où le licenciement est envisagé et jusqu'à la date à laquelle il statue sur la demande de l'employeur. Par suite, le requérant ne peut utilement se prévaloir de la liste d'offre de reclassement qu'il a fourni à la salariée le 5 décembre 2019, soit postérieurement à la décision de l'inspecteur du travail du 26 novembre 2019. La circonstance que ces propositions sont antérieures au recours gracieux qu'il a formé est sans incidence sur la légalité de la décision implicite de rejet de son recours gracieux.
7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par Me C agissant en qualité de liquidateur judicaire de la société Berlitz France doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction présentées par Mme A :
8. Il n'appartient pas au juge administratif de se prononcer sur des conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint à une personne morale de droit privé de prononcer le licenciement d'un salarié. Par suite, les conclusions présentées en ce sens par Mme A ne peuvent qu'être rejetées comme portées devant une juridiction incompétente pour en connaître.
Sur les frais liés au litige :
9. Il n'y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, ni de mettre à la charge de Mme A la somme que demande Me C agissant en qualité de liquidateur judiciaire de la société Berlitz France en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ni de mettre à la charge de Me C agissant en qualité de liquidateur judiciaire la somme que demande Mme A sur le même fondement.
D E C I D E:
Article 1er : La requête de Me C est rejetée.
Article 2 : Les conclusions à fin d'injonction présentées par Mme A sont rejetées comme portées devant une juridiction incompétente pour en connaître.
Article 3 : Les conclusions présentées par Mme A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Me Gilles C agissant en qualité de liquidateur judiciaire de la société Berlitz France, au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion et Mme B A.
Copie en sera transmise au directeur régional et interdépartemental de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités d'Ile de France.
Délibéré après l'audience du 15 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Timothée Gallaud, président,
Mme Félicie Bouchet, première conseillère,
M. Cyril Dayon, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 octobre 2023.
La rapporteure,
F. BouchetLe président,
T. GallaudLa greffière,
C. Kiffer
La République mande et ordonne au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026