jeudi 3 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2003389 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | DAVID |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête n° 2003389, enregistrée le 30 avril 2020, M. A B, représenté par Me David, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler la décision du 12 mars 2020 par laquelle le directeur du centre pénitentiaire de Fresnes a prolongé son placement à l'isolement du 17 mars au 17 juin 2020 ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros, à verser à son conseil, sur le fondement des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 et 75-1 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- elle a été édictée au terme d'une procédure viciée, dès lors que l'avis écrit du médecin de l'établissement n'a pas été recueilli, en méconnaissance de l'article R. 57-7-64 du code de procédure pénale ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen, en particulier au regard des critères énoncés par le premier alinéa de l'article R. 57-7-73 du code de procédure pénale et eu égard à la circulaire AP du 14 avril 2011 ;
- elle est entachée d'inexactitude matérielle, d'erreur dans la qualification juridique des faits et d'erreur manifeste d'appréciation, dès lors qu'elle prolonge son isolement sur le fondement de considérations reposant sur des faits non établis et de faible gravité, qui ne sont pas de nature à justifier une telle mesure.
Par un mémoire en défense enregistré le 10 mai 2022, le garde des sceaux, ministre de la justice, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par le requérant sont infondés.
Par une ordonnance du 7 juillet 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 26 août 2022 à 12 h 00.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 20 mai 2020.
II. Par une requête n° 2005002, et un mémoire, enregistrés les 8 juillet 2020 et 23 décembre 2021, M. A B, représenté par Me David, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler la décision du 2 juillet 2020 par laquelle le directeur interrégional des services pénitentiaires de Paris a prolongé son placement à l'isolement du 6 juillet au 6 octobre 2020 ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros, à verser à son conseil, sur le fondement des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 et 75-1 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- elle a été édictée au terme d'une procédure viciée, dès lors que l'avis écrit du médecin de l'établissement n'a pas été recueilli, en méconnaissance de l'article R. 57-7-73 du code de procédure pénale ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen, en particulier au regard des critères énoncés par le premier alinéa de l'article R. 57-7-73 du code de procédure pénale et eu égard à la circulaire AP du 14 avril 2011 ;
- elle est entachée d'erreur de droit ;
- elle est entachée d'inexactitude matérielle, d'erreur dans la qualification juridique des faits et d'erreur manifeste d'appréciation, dès lors qu'elle prolonge son isolement sur le fondement de considérations reposant sur des faits non établis et de faible gravité, qui ne sont pas de nature à justifier une telle mesure.
Par un mémoire en défense enregistré le 26 novembre 2021, le garde des sceaux, ministre de la justice, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par le requérant sont infondés.
Par une ordonnance du 18 février 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 11 mars 2022 à 12 h 00.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 16 septembre 2020.
Vu les autres pièces des dossiers ;
Vu :
- le code de procédure pénale ;
- la loi n° 2009-1436 du 24 novembre 2009 ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Leconte, rapporteure,
- et les conclusions de Mme Barruel, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, alors incarcéré au centre pénitentiaire du Bois d'Arcy, a fait l'objet d'une mesure de placement à l'isolement à compter du 6 janvier 2020. Transféré au centre pénitentiaire de Fresnes le 3 mars 2020, son placement à l'isolement a été prolongé du 17 mars au 17 juin 2020, par une décision du directeur du centre pénitentiaire de Fresnes du 12 mars 2020, dont le requérant demande l'annulation dans l'instance n° 2003389. Par une décision du 2 juillet 2020 dont le requérant demande l'annulation dans l'instance n° 2005002, le directeur interrégional des services pénitentiaires de Paris a prolongé cette mesure pour la période du 6 juillet au 6 octobre 2020.
2. Les requêtes nos 2003389 et 2005002 présentées par M. B concernent la situation de la même personne détenue et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
3. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".
4. Postérieurement à l'introduction de ses requêtes enregistrées sous les nos 2003389 et 2005002, M. B a été admis, dans ces instances, au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Dès lors, il n'y a pas lieu d'admettre à titre provisoire ce dernier au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la légalité de la décision du 12 mars 2020 :
5. En premier lieu, aux termes de l'article R. 57-7-64 du code de procédure pénale, alors applicable : " Lorsqu'une décision d'isolement d'office initial ou de prolongation est envisagée, la personne détenue est informée, par écrit, des motifs invoqués par l'administration () / La décision est motivée. () " Aux termes de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".
6. La décision attaquée, qui vise les articles R. 57-7-62 à R. 57-7-78 du code de procédure pénale, énonce les faits, en particulier ceux qui ont conduit à l'incarcération du requérant et les incidents ayant marqué son parcours pénitentiaire depuis sa mise sous écrou en 2018, qui, selon cette décision, font redouter des troubles et atteintes à la sécurité de l'établissement. Ces mentions suffisamment précises et circonstanciées sont de nature à mettre en mesure M. B de discuter utilement les motifs de précaution et de sécurité ayant fondé la décision contestée. En outre, le requérant ne saurait utilement invoquer des circonstances tenant à la matérialité des faits pour soutenir une irrégularité en la forme de cette décision. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
7. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 57-7-66 du code de procédure pénale, alors applicable : " Le chef d'établissement décide de la mise à l'isolement pour une durée maximale de trois mois. Il peut renouveler la mesure une fois pour la même durée. / Il rend compte sans délai de sa décision au directeur interrégional ". Par ailleurs, aux termes de l'article R. 57-7-67 de ce code, alors applicable : " Au terme d'une durée de six mois, le directeur interrégional des services pénitentiaires peut prolonger l'isolement pour une durée maximale de trois mois. / La décision est prise sur rapport motivé du chef d'établissement. / Cette décision peut être renouvelée une fois pour la même durée ". Enfin, l'article R. 57-7-64, alors en vigueur, du même code, dispose que : " () Le chef d'établissement, après avoir recueilli préalablement à sa proposition de prolongation l'avis écrit du médecin intervenant à l'établissement, transmet le dossier de la procédure accompagné de ses observations au directeur interrégional des services pénitentiaires lorsque la décision relève de la compétence de celui-ci ou du ministre de la justice. () ". En outre, l'article R. 57-7-73, alors en vigueur, de ce code, dispose que : " () L'avis écrit du médecin intervenant dans l'établissement est recueilli préalablement à toute proposition de renouvellement de la mesure au-delà de six mois et versé au dossier de la procédure. ".
8. Il résulte de la combinaison des dispositions citées ci-dessus que dans le cas où le directeur interrégional des services pénitentiaires décide de prolonger le placement à l'isolement d'un détenu, à l'expiration d'un délai de six mois au cours duquel ce dernier a été placé à l'isolement en exécution de décisions du chef d'établissement, le directeur doit recueillir, préalablement à la mesure, l'avis du médecin intervenant dans l'établissement pénitentiaire. La décision en litige constitue un premier renouvellement de placement à l'isolement édicté par le chef d'établissement et non, sur proposition de celui-ci, une décision du directeur interrégional des services pénitentiaires. Dans ces conditions, M. B n'est pas fondé à soutenir que la décision litigieuse serait entachée d'un vice de procédure en l'absence d'avis préalable du médecin de l'établissement.
9. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 57-7-73 du code de procédure pénale, alors en vigueur : " Tant pour la décision initiale que pour les décisions ultérieures de prolongation, il est tenu compte de la personnalité de la personne détenue, de sa dangerosité ou de sa vulnérabilité particulière, et de son état de santé. () ".
10. D'une part, quand bien même la motivation de la décision en litige ne comporte pas de considérations d'ordre médical, il ne ressort d'aucune pièce du dossier que le chef d'établissement n'aurait pas pris en compte l'état de santé du requérant, lequel d'ailleurs ne fait pas état dans sa requête du moindre trouble de santé qui l'aurait affecté. Par ailleurs, le requérant se borne à alléguer le défaut de prise en compte de sa personnalité, sans précision, alors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que la décision en litige n'aurait pas été précédée d'un examen particulier et individualisé, eu égard notamment au comportement général de l'intéressé en détention et de son attitude envers les personnels de l'administration pénitentiaire, ainsi qu'il ressort des mentions mêmes de la décision attaquée.
11. D'autre part, les documents de portée générale émanant d'autorités publiques, tels que les circulaires, instructions, recommandations, notes, présentations ou interprétations du droit positif peuvent être déférés au juge de l'excès de pouvoir lorsqu'ils sont susceptibles d'avoir des effets notables sur les droits ou la situation d'autres personnes que les agents chargés, le cas échéant, de les mettre en œuvre. Ont notamment de tels effets ceux de ces documents qui ont un caractère impératif ou présentent le caractère de lignes directrices. A cet égard, le requérant ne peut se prévaloir utilement du non-respect de la circulaire du ministre de la justice et des libertés du 14 avril 2011 relative au placement à l'isolement des personnes détenues, invitant le chef d'établissement à être " particulièrement attentif à l'impact de la mesure sur l'état psychique de la personne détenue ", laquelle, dépourvue de portée réglementaire et qui ne présente pas le caractère de lignes directrices, se borne à adresser des recommandations aux services pénitentiaires.
12. Il s'ensuit que le moyen tiré du défaut d'examen, en méconnaissance des dispositions du premier alinéa de l'article R. 57-7-73 du code de procédure pénale et de la circulaire du 14 avril 2011, doit être écarté dans toutes ses branches.
13. En dernier lieu, les mesures d'isolement sont prises, lorsqu'elles ne répondent pas à une demande du détenu, pour des motifs de précaution et de sécurité. Elles tendent à assurer le maintien de l'ordre public et de la sécurité au sein de l'établissement pénitentiaire, ainsi que la prévention de toute infraction le cas échéant. Le juge administratif exerce un contrôle restreint sur les motifs d'une telle mesure, qui doit être fondée sur des motifs de précaution et de sécurité.
14. Tout d'abord, le requérant qui invoque l'inexactitude matérielle de divers faits sur lesquels la décision attaquée se fonde pour retenir un risque que celui-ci tente de se soustraire à la garde de la justice et trouble l'ordre public, doit être regardé comme contestant l'appréciation portée par l'administration sur les faits retenus. Toutefois, le requérant ne remet pas utilement en cause les faits au vu desquels la mesure a été édictée, ni leur qualification, ni l'appréciation portée. Il en est ainsi de la tentative d'évasion lors de l'incident d'avril 2018, au cours duquel il s'est défait par deux fois de ses menottes durant une garde à vue, comportement caractérisant une intention d'échapper aux autorités responsables de sa garde, alors qu'il est constant que l'intéressé était en outre responsable d'une tentative d'évasion en 2010. De même, le requérant est susceptible de disposer de moyens logistiques extérieurs, notamment pour la préparation d'une évasion, alors que son appartenance à la criminalité organisée n'est pas sérieusement contestée et qu'il se borne à relever que ses proches mis en cause pour les mêmes faits que lui ont fait l'objet d'arrestations, sans plus de précision. En outre, ainsi qu'en atteste le compte rendu d'incident établi le 28 décembre 2019 pour détention de téléphone portable, sa velléité et capacité à se procurer des objets prohibés permettant de communiquer avec l'extérieur sans contrôle de l'administration ne sont pas contestées. Par ailleurs, le requérant ne critique pas davantage utilement que l'administration tienne compte de l'influence qu'il a pu exercer au sein d'une organisation ayant opéré vingt ans plus tôt, dans le cadre de laquelle il a commis des faits lui ayant valu une condamnation en 2001, dès lors qu'en dépit de l'ancienneté de ces circonstances, celles-ci contribuent à caractériser son ancrage et son positionnement au sein du grand banditisme, l'intéressé ayant, en outre, été placé en détention provisoire, le 13 mars 2018, notamment pour des faits commis en récidive de vol en bande organisée avec arme et association de malfaiteurs en vue de la préparation d'un délit puni de dix ans d'emprisonnement.
15. Ensuite, la mesure en litige est également fondée sur l'existence d'une menace pour la sécurité au sein de l'établissement pénitentiaire, notamment pour les personnels. Outre le risque d'agression physique associé à une évasion, il ressort des pièces du dossier que l'intéressé a fait l'objet, les 21 novembre 2019 et 3 janvier 2020, soit encore récemment par rapport à la décision en litige, de deux compte rendus d'incident pour des propos à l'égard des personnels dont la teneur d'intimidation n'est pas sérieusement contestable. Ainsi, le requérant a respectivement exprimé à un surveillant qu'il était en capacité de faire fi de son autorité compte tenu des soutiens dont il dispose en interne, et évoqué, le jour même d'un attentat au couteau survenu à Villejuif et juste après l'attaque, les violences commises " à l'extérieur ", puis proféré à l'égard d'une surveillante des menaces en indiquant " elle va me trouver ici ". En outre, entre sa mise sous écrou et la décision attaquée, le requérant a fait l'objet d'un total de six incidents qui ont tous donné lieu au prononcé de sanctions disciplinaires à son encontre.
16. Dans ces conditions, eu égard en particulier à l'actualité tant de la menace pour la sécurité au sein de l'établissement pénitentiaire que du risque que le requérant tente de se soustraire à la garde de la justice, le chef d'établissement n'a entaché la décision en litige ni d'erreurs matérielle ou de qualification juridique des faits, ni d'une erreur manifeste dans l'appréciation qu'il a portée. Ces moyens doivent, par suite, être écartés.
17. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du directeur du centre pénitentiaire de Fresnes du 12 mars 2020.
En ce qui concerne la légalité de la décision du 2 juillet 2020 :
18. Aux termes de l'article R. 57-7-64 du code de procédure pénale, alors en vigueur : " Lorsqu'une décision d'isolement d'office initial ou de prolongation est envisagée, () Le chef d'établissement, après avoir recueilli préalablement à sa proposition de prolongation l'avis écrit du médecin intervenant à l'établissement, transmet le dossier de la procédure accompagné de ses observations au directeur interrégional des services pénitentiaires lorsque la décision relève de la compétence de celui-ci ou du ministre de la justice. " Aux termes de l'article R. 57-7-73, alors applicable, du même code : " Tant pour la décision initiale que pour les décisions ultérieures de prolongation, il est tenu compte de la personnalité de la personne détenue, de sa dangerosité ou de sa vulnérabilité particulière, et de son état de santé. / L'avis écrit du médecin intervenant dans l'établissement est recueilli préalablement à toute proposition de renouvellement de la mesure au-delà de six mois et versé au dossier de la procédure. ".
19. Si les actes administratifs doivent être pris selon les formes et conformément aux procédures prévues par les lois et règlements, un vice affectant le déroulement d'une procédure administrative préalable, suivie à titre obligatoire ou facultatif, n'est de nature à entacher d'illégalité la décision prise que s'il ressort des pièces du dossier qu'il a été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision prise ou qu'il a privé les intéressés d'une garantie.
20. D'une part, pour justifier de l'existence d'un avis écrit du médecin de l'établissement, recueilli dans le cadre de l'instruction de la proposition de prolongation du placement à l'isolement de M. B, à l'initiative du chef d'établissement, soumise au directeur interrégional des services pénitentiaires compétent pour prendre une décision sur cette proposition, le ministère de la justice produit, en défense, un document type ayant pour objet " Avis du médecin ", renseigné le 29 juin 2020 par un praticien hospitalier du CHU Bicêtre, de l'unité de consultations et de soins ambulatoires (UCSA). Toutefois, ce médecin a apposé sur le document en question la mention " vu au QI [quartier d'isolement] ". Ces termes ne peuvent être regardés comme portant une appréciation sur la compatibilité de l'état de santé du requérant avec la prolongation de l'isolement au-delà d'une période de six mois. Dès lors, le document en cause ne peut tenir lieu de l'" avis écrit " au sens et pour l'application de l'article R. 57-7-73 du code de procédure. Dans ces conditions, le requérant est fondé à soutenir que, compte tenu du défaut d'avis écrit du médecin de l'établissement, la procédure en litige est entachée d'irrégularité.
21. D'autre part, le vice précité a nécessairement privé l'intéressé d'une garantie. Il s'ensuit que la décision en litige est intervenue à l'issue d'une procédure irrégulière et doit, pour ce motif, être annulée.
22. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, M. B est fondé à demander l'annulation de la décision du directeur interrégional des services pénitentiaires de Paris du 2 juillet 2020.
Sur les frais liés aux litiges :
23. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".
24. D'une part, dans l'instance n° 2003389, la requête de M. B étant rejetée, les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être dès lors rejetées. D'autre part, M. B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Dans l'instance n° 2005002, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat (ministère de la justice) le versement de la somme de 1 000 euros à Me David, son avocat, sous réserve pour celui-ci de renoncer à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
D É C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les demandes d'aide juridictionnelle provisoire présentées par M. B, dans les instances n°s 2003389 et 2005002.
Article 2 : La décision du directeur interrégional des services pénitentiaires de Paris du 2 juillet 2020 est annulée.
Article 3 : L'Etat (ministère de la justice) versera à Me David, avocat de M. B, une somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve pour celui-ci de renoncer à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
Article 4 : La requête n° 2003389 de M. B est rejetée.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, au garde des Sceaux, ministre de la justice et à Me David.
Copie en sera adressée au centre pénitentiaire de Fresnes.
Délibéré après l'audience du 13 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Lopa Dufrénot, présidente,
Mme Leconte, conseillère,
Mme Delon, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 3 novembre 2022.
La rapporteure,
S. LECONTELa présidente,
M. C
La greffière,
V. TAROT
La République mande et ordonne au garde des Sceaux, ministre de la justice, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme
La greffière,
N°s 2003389,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026