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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2003480

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2003480

jeudi 21 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2003480
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation6ème chambre, JU
Avocat requérantSELARL SAMSON & WEIL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés le 11 mai 2020 et

le 22 septembre 2020, M. A C, représenté par Selarl samson et weil, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 17 avril 2020 par lequel le préfet de police de Paris a édicté une mesure de suspension de son permis de conduire pour une durée de trois mois.

2°) d'écarter des débats la pièce n° 3 annexée à la requête, à savoir le relevé d'information intégral établi le 26 juin 2020 concernant sa propre situation.

M. C soutient que :

En ce qui concerne les conclusions tendant à écarter des débats le relevé d'information intégral :

- cette production méconnaît des dispositions de l'article L. 225-4 du code de la route qui réserve une telle production dans le cadre d'un contentieux administratif concernant un arrêté de suspension, mais seulement dans le cadre du contentieux des retraits de points ;

- une telle divulgation est contraire aux dispositions de l'article L. 225-6 du code de la route et constitue un délit au sens de l'article L. 225-8 du code de la route ;

- en tout état de cause, cette pièce forgée par les services préfectoraux sans aucune vérification extérieure est dépourvue de force probante ; elle ne serait être assimilée à une fiche extraite du casier judiciaire, notamment quant à l'imputation des infractions recensées ; d'ailleurs la totalité des infractions ont été commises dans le véhicule du requérant, mais par des tiers et non par l'intéressé si bien qu'il ne saurait être considéré comme un " récidiviste ".

En ce qui concerne les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté de suspension :

- l'arrêté est insuffisamment motivé en droit, dès lors que l'article R. 413-14-1 du code de la route n'est pas visé ; pourtant cet article est le véritable fondement de l'arrêté en litige, tandis que les articles du code de la route qui sont visés n'exposent que les modalités générales de la suspension d'un permis de conduire par l'autorité préfectorale ;

- l'arrêté est insuffisamment motivé en fait, dès lors que la motivation ne précise pas en quoi l'infraction contraventionnelle aurait été constitutive d'un danger grave et immédiat ; la motivation n'est pas conforme aux exigences de la circulaire du 28 septembre 1987 qui a été publiée et qui est opposable en vertu des dispositions du décret n° 2018-1047

du 28 novembre 2018, notamment en termes de clarté et de précision ; la motivation est stéréotypée ; le lieu exact de l'infraction n'est pas précisé ; il ne saurait être présumé a culpabilité du requérant, qui n'a pas été condamné par une autorité judiciaire ;

- l'arrêté est entaché d'un vice de procédure ; l'intéressé n'a pas été invité à présenter sa défense dans le cadre d'une procédure contradictoire, en application des dispositions des articles L. 121-1 et L. 121-2 du code des relations entre le public et l'administration ;

- l'arrêté est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'infraction supposée au code de la route qui a frappée l'intéressé ; il n'est pas établi que l'appareil de mesure de la vitesse ait été homologué à cette fin, ni qu'il ait fait l'objet de sa vérification annuelle ; l'arrêté en litige n'a été établi qu'au vu de l'avis de rétention, et non du procès-verbal de constatation de l'infraction qui doit mentionner les références de l'appareil de mesure, ce qui induit un doute quant à la matérialité de la vitesse ;

- il est entaché d'un détournement de la procédure d'urgence qui est fondée des dispositions de l'article R. 224-2 du code de la route ; le préfet a fait le choix d'user de cette voie de droit afin de profiter des moindres garanties du défendeur ; pourtant aucune urgence ne justifiait une telle procédure ; l'infraction ne révèle aucun danger réel sur la manière de conduire de l'intéressé, tant pour lui-même que pour les autres ; le préfet pouvait tout à fait mettre en œuvre la procédure non urgente prévue par les dispositions de l'article R. 224-7 du code de la route.

Par un mémoire en défense, enregistré le 16 septembre 2020, le préfet de police de Paris conclut au rejet de la requête.

Le préfet de police de Paris fait valoir que :

- l'arrêté en litige vise les dispositions pertinentes du code de la route et est suffisamment motivé en fait ;

- en ne mettant pas en œuvre la procédure contradictoire de droit commun, le préfet de police de Paris n'a pas commis d'erreur ou de détournement de procédure dès lors que le comportement du requérant entre dans les prévisions de l'article L. 224-2 du code de la route ; l'arrêté a été pris dans le délai de 72 heures depuis la commission de l'infraction ; l'intéressé a été contrôlé en pleine agglomération à une vitesse de 125 km/h (dont il a été retenu 118 km/h) alors même que la vitesse autorisée était de 50 km/h ; il a commis de nombreux excès de vitesse dans le passé : de moins de 20 km/h à Trilport le 9 février 2014, à Lognes le 21 janvier 2014, à Maisons-Alfort le 9 août 2013, et d'au moins 20 km/h à Meaux le 11 avril 2007 ;

- aucune erreur manifeste d'appréciation ne saurait être reprochée au préfet de police de Paris, dès lors que les circonstances de la commission de l'infraction, et sa particulière gravité justifiait que l'intéressé se voit infliger une mesure de suspension compte tenu de ce qu'il représentait un danger grave et immédiat pour la sécurité des usagers de la route, de ses éventuels passagers et de lui-même ; aucune disposition n'impose que l'avis de rétention n'indique les éléments d'identification de l'appareil utilisé ni sa date de vérification ou d'homologation ; en tout état de cause, l'appareil de marque Britax était référencé sous le numéro 3679 et a été vérifié

le 12 juin 2019 par le laboratoire national de métrologie et d'essais.

Par ordonnance du 16 juin 2020, la clôture d'instruction a été fixée au 16 octobre 2020 à midi.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de procédure pénale ;

- le code de la route ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. B, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique, ont été entendus :

- le rapport de M. Delmas, magistrat désigné ;

- et les conclusions de M. Freydefont, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. M. A C, titulaire d'un permis de conduire de catégorie B délivré

le 4 août 2000 a commis une infraction de conduite d'un véhicule avec dépassement de la vitesse autorisée de plus de 40 km/heure le 16 avril 2020 à 7h55 au niveau de la borne 505 304 sur le quai de Bercy à Paris (12ème arrondissement), réprimée par les dispositions de l'article R. 413-14 du code de la route. L'agent de la force publique a procédé à une rétention conservatoire du permis de conduire de l'intéressé. Par un arrêté du 17 avril 2020, le préfet de police de Paris a édicté une mesure de suspension de son permis de conduire pour une durée de trois mois, sur le fondement des dispositions de l'article L. 224-2 du code de la route. Par la présente requête, M. C demande l'annulation de cet arrêté .

Sur les conclusions tendant à écarter des débats le relevé d'information intégral produit en défense :

2. Le juge, auquel il incombe, dans la mise en œuvre de ses pouvoirs d'instruction, de veiller au respect des droits des parties, d'assurer l'égalité des armes entre elles et de garantir, selon les modalités propres à chacun d'entre eux, les secrets protégés par la loi, ne peut régulièrement se fonder sur de telles pièces qu'à la condition d'avoir pu préalablement les soumettre au débat contradictoire.

3. Aux termes de l'article L. 225-1 du code de la route : " I.-Il est procédé, dans les services de l'Etat et sous l'autorité et le contrôle du ministre de l'intérieur, à l'enregistrement : 1° De toutes informations relatives aux permis de conduire dont la délivrance est sollicitée ou qui sont délivrés en application du présent code, ainsi qu'aux permis de conduire délivrés par les autorités étrangères et reconnus valables sur le territoire national ; 2° De toutes décisions administratives dûment notifiées portant restriction de validité, retrait, suspension, annulation et restriction de délivrance du permis de conduire ou interdiction de se présenter à l'examen du permis de conduire, ainsi que des avertissements prévus par le présent code ; 3° De toutes mesures de retrait du droit de faire usage du permis de conduire qui seraient communiquées par les autorités compétentes des territoires et collectivités territoriales d'outre-mer ; 4° De toutes mesures de retrait du droit de faire usage du permis de conduire prises par une autorité étrangère et communiquées aux autorités françaises conformément aux accords internationaux en vigueur ; 5° Des procès-verbaux des infractions entraînant retrait de points et ayant donné lieu au paiement d'une amende forfaitaire ou à l'émission d'un titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée ; 6° De toutes décisions judiciaires à caractère définitif en tant qu'elles portent restriction de validité, suspension, annulation et interdiction de délivrance du permis de conduire ou interdiction de se présenter à l'examen du permis de conduire, ou qu'elles emportent réduction du nombre de points du permis de conduire ainsi que de l'exécution d'une composition pénale ; 7° De toute modification du nombre de points affectant un permis de conduire dans les conditions définies aux articles L. 223-1 à L. 223-8 ; 8° Du nombre de points affectés au conducteur mentionné au I de l'article L. 223-10 lorsque ce conducteur a commis une infraction entraînant un retrait de points, de toute modification de ce nombre et des décisions administratives dûment notifiées portant interdiction de conduire sur le territoire national. II.-Ces informations peuvent faire l'objet de traitements automatisés, soumis aux dispositions de la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés. ".

4. Aux termes de l'article L. 225-4 du code de la route : " Les autorités judiciaires, les magistrats de l'ordre administratif dans le cadre des recours formulés contre les décisions de retrait de point du permis de conduire (), le représentant de l'Etat dans le département dans l'exercice de ses compétences en matière de permis de conduire () sont autorisés à accéder aux informations enregistrées en application de l'article L. 225-1 ". Aux termes de l'article L. 225-6 du même code : " Aucune donnée à caractère personnel relative au permis de conduire ne peut être divulguée en dehors des cas expressément prévus aux articles L. 225-3 à L. 225-5 ". Aux termes de l'article L. 225-8 du même code : " Le fait, en prenant un faux nom ou une fausse qualité, de se faire communiquer le relevé des mentions enregistrées en application de l'article L. 225-1 et concernant un tiers est puni de la peine prévue par l'article 781 du code de procédure pénale. Est puni de la même peine le fait d'obtenir soit directement, soit indirectement, communication de données à caractère personnel dont la divulgation n'est pas expressément prévue par le présent code. ".

5. En premier lieu, il ne résulte pas de l'instruction que pour accéder au traitement de données prévues par les dispositions de l'article L. 225-1 du code de la route le préfet de police de Paris aurait fait usage d'un faux nom ou d'une fausse qualité. Par suite, M. C ne saurait utilement soutenir que le relevé d'information intégral le concernant a été produit en méconnaissance des dispositions de l'article L. 225-8 du code de la route.

6. En second lieu, en l'absence de disposition le prévoyant expressément, les dispositions de l'article L. 225-4 du code de la route ne peuvent faire obstacle au pouvoir et au devoir qu'a le juge administratif de joindre au dossier, sur production spontanée d'une partie, des éléments d'information et de statuer au vu de ces pièces après en avoir ordonné la communication pour en permettre la discussion contradictoire. Il suit de là que si M. C soutient que le relevé d'information intégral concernant sa situation a été produit par le ministre de l'intérieur devant le juge administratif non pas dans le cadre d'un recours contre une décision ministérielle de retrait de point du permis de conduire mais dans celui d'un recours contre un arrêté préfectoral de suspension du permis de conduire en méconnaissance des dispositions des articles L. 225-4 et L.225-6 du code de la route, les conclusions tendant à ce que cette pièce soit écartée des débats doit être rejetée.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

7. En premier lieu, aux termes de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable ". Aux termes de l'article L. 121-2 du même code : " Les dispositions de l'article L. 121-1 ne sont pas applicables : 1° En cas d'urgence ou de circonstances exceptionnelles ; () ". Aux termes des dispositions de l'article L. 224-2 du code de la route : " I.- Le représentant de l'Etat dans le département peut, dans les soixante-douze heures de la rétention du permis prévue à l'article L. 224-1, ou dans les cent vingt heures pour les infractions pour lesquelles les vérifications prévues aux articles L. 234-4 à L. 234-6 et L. 235-2 ont été effectuées, prononcer la suspension du permis de conduire lorsque : () 3° Le véhicule est intercepté, lorsque le dépassement de 40 km/ h ou plus de la vitesse maximale autorisée est établi au moyen d'un appareil homologué ; (). II.- La durée de la suspension du permis de conduire ne peut excéder six mois. Cette durée peut être portée à un an en cas d'accident de la circulation ayant entraîné la mort d'une personne ou ayant occasionné un dommage corporel, en cas de conduite sous l'empire d'un état alcoolique, de conduite après usage de substances ou plantes classées comme stupéfiants et de refus de se soumettre aux épreuves de vérification prévues aux articles L. 234-4 à L. 234-6 et L. 235-2. III.-A défaut de décision de suspension dans le délai prévu au premier alinéa du I du présent article, le permis de conduire est remis à la disposition de l'intéressé, sans préjudice de l'application ultérieure des articles L. 224-7 à L. 224-9. ".

8. Compte tenu des conditions particulières d'urgence dans lesquelles intervient la décision par laquelle le préfet suspend un permis de conduire sur le fondement de

l'article L. 224-2 du code de la route, qui doit être pris dans les 72 heures ou dans les 120 heures et qui a pour objet à ce qu'un conducteur dont il est établi au moyen d'un appareil homologué que le véhicule a été intercepté après un dépassement de 40 km/h ou plus de la vitesse maximale autorisé, retrouve l'usage de son véhicule, le préfet peut légalement, en application

du 1° de l'article L. 121-2 du code des relations entre le public et l'administration cité ci-dessus, se dispenser de la procédure contradictoire prévue à l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration. Il résulte de l'instruction que le permis de conduire de M. C lui a été suspendu sur le fondement des dispositions de l'article L. 224-2 du code de la route en raison de ce que le requérant a commis une infraction particulièrement grave d'excès de vitesse en roulant à une vitesse de 118 km/heure sur une voie dont la vitesse était limitée à 50 km/heure, soit un excès de vitesse de 68 km/heure. En outre, il résulte du relevé d'information intégral produit en défense par le ministre de l'intérieur, dont les énonciations ne sont pas sérieusement contestées par le requérant, que ce dernier a commis cinq excès de vitesse entre 2007 et 2016. Dans ces conditions, et en tout état de cause, le préfet doit être regardé comme justifiant de la condition d'urgence l'affranchissant de l'organisation d'une procédure contradictoire préalablement à l'édiction de l'arrêté de suspension du permis de conduire de l'intéressé. Par suite, le moyen tiré de ce que l'arrêté en litige serait entaché d'un vice de procédure au regard des dispositions des articles L. 121-1 et L. 121-2 du code des relations entre le public et l'administration doit être écarté.

9. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : - restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ".

10. L'arrêt de suspension en litige vise le code de la route et mentionne les articles du code de la route dont il a été fait application. Si cet arrêté ne vise pas et ne cite pas les dispositions de l'article R. 413-14-1 du code de la route, une telle absence ne permet pas de le regarder comme étant insuffisamment motivé en droit. En outre, l'arrêté en litige énonce que M. C représente un danger pour la sécurité routière, précise la commune, la date et l'heure de la commission de l'infraction qui lui est reprochée ainsi que sa nature et sa gravité. La seule circonstance que le lieu précis de la commission de l'infraction n'ait pas été décrit dans l'arrêté en litige ne suffit pas à établir que sa motivation est insuffisamment précise. Ainsi, l'arrêté en litige comporte les motifs de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de sa motivation en droit et en fait ne peut qu'être écarté.

11. En troisième lieu, il ressort du procès-verbal n° 2020/53 établi le 16 avril 2020 à 7h55 par le gardien de la paix du service des compagnies motocyclistes de Paris que le cinémomètre utilisé pour constater l'infraction de M. D était de marque Britax Signalisation, de modèle Pro Laser 4, avec pour numéro de série 3679, qu'il a été approuvé par une décision d'approbation LNE 24197 REV3 du 17 décembre 2015 et qu'il a fait l'objet d'un contrôle d'étalonnage

le 12 juin 2019. En outre, il ressort de ce même procès-verbal que l'agent a effectué les tests préalables de bon fonctionnement le jour même à 7h30. Par suite, si M. C soutient que l'arrêté en litige a été édicté sur la base d'un avis de rétention imprécis quant à l'appareil de mesure ayant servi à relever l'infraction, il ressort du procès-verbal précité que les éléments de vérification et d'identification du cinémomètre étaient connus au moment où le préfet a statué. Dès lors, le moyen tiré de ce que l'arrêté en litige serait entaché d'erreur d'appréciation au regard des dispositions des articles L. 224-1 et L. 224-2 du code de la route doit être écarté.

12. En quatrième lieu, et notamment du procès-verbal établi par l'agent de la force publique le 16 avril 2020 que l'intéressé a été contrôlé en conduisant un véhicule en agglomération dans une zone où la vitesse maximale autorisée était de 50 km/h, animé d'une vitesse enregistrée de 125 km/h (et ramenée à une vitesse retenue de 118 km/h) par un cinémomètre homologué et étalonné, soit une vitesse d'un excès d'au moins 50 km/h réprimé par les dispositions de

l'article R. 413-14-1 du code de la route. Dans ces conditions, compte tenu de la gravité de l'infraction commise par le requérant le 16 avril 2020 ainsi que des risques graves engendrés tant pour lui-même que pour les autres usagers de la voie publique et des abords du quai de Berçy à 7h55 du matin, et compte tenu également de ce que le requérant a commis plusieurs infractions d'excès de vitesse reconnues par le paiement d'une amende forfaitaire, le comportement de

M. C, doit être regardé comme constituant un danger tel qu'il était urgent de suspendre son permis de conduire. Par suite, en procédant à la suspension du permis de conduire de M. C sur le fondement des dispositions de l'article L. 224-2 du code de la route et non sur le fondement des dispositions de l'article L. 224-7 du même code, le préfet de police de Paris n'a pas entaché l'arrêté en litige d'un détournement de procédure ou de pouvoir.

13. En cinquième lieu, eu égard aux considération du point 12 du présent jugement, il résulte de l'instruction qu'en infligeant à M. C une suspension de permis de conduire d'une durée de trois mois sur le fondement des dispositions de l'article L. 224-2 du code de la route, le préfet de police de Paris s'est borné à prendre une mesure de police administrative destinée à préserver l'ordre public sur la voie publique. En revanche, il ne résulte pas de l'instruction que cette autorité aurait eu l'intention de lui infliger une sanction.

14. Il résulte de tout ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 17 avril 2020 par lequel le préfet de police de Paris a édicté une mesure de suspension de son permis de conduire pour une durée de trois mois.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au préfet de police de Paris.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 juillet 2022 .

Le magistrat désigné,

S. BLa greffière,

C. RICHEFEU

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

N°2003480

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