vendredi 15 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2003801 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | GERPHAGNON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 27 mai 2020, M. A B, représenté par Me Gerphagnon, doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 28 novembre 2019 par lequel le maire de Crécy-la-Chapelle a sursis à statuer sur sa demande de permis de construire, ensemble la décision implicite du maire de Crécy-la-Chapelle rejetant son recours gracieux dirigé contre cet arrêté ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Crécy-la-Chapelle une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que l'arrêté attaqué a été pris en méconnaissance de l'article L. 153-11 du code de l'urbanisme dès lors que son projet, qui se situe en continuité de l'urbanisation de Montbarbin et dont le terrain d'assiette est desservi par les réseaux, n'est pas de nature à rendre plus onéreuse l'exécution du futur plan.
Par un mémoire en défense enregistré le 22 octobre 2020, la commune de Crécy-la-Chapelle, représentée par Me Sacksick, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 5 000 euros soit mise à la charge de M. B en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 153-11 du code de l'urbanisme n'est pas fondé dès lors que le terrain d'assiette du projet se situera en zone naturelle du futur plan local d'urbanisme révisé et sera grevé d'un espace boisé classé.
Par une lettre du 28 juin 2021, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, de la période à laquelle il était envisagé d'appeler l'affaire à une audience et que l'instruction pourrait être close à partir du 27 septembre 2021 sans information préalable.
Une ordonnance portant clôture de l'instruction immédiate a été prise le 30 septembre 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Blanc, conseillère,
- les conclusions de M. Toutias, rapporteur public,
- et les observations de Me Alli, représentant la commune de Crécy-la-Chapelle.
Considérant ce qui suit :
1. Le 4 novembre 2019, M. B a déposé une demande de permis de construire une maison individuelle sur un terrain situé 46 avenue de l'Ensoleillée à Crécy-la-Chapelle. Par un arrêté du 28 novembre 2019, le maire de Crécy-la-Chapelle a opposé un sursis à statuer à cette demande au motif que ce projet est de nature à compromettre l'exécution du futur plan local d'urbanisme par la construction d'une habitation en zone naturelle et en espaces boisés classés. Par un courrier du 27 janvier 2020, reçu le 28 novembre 2020, le requérant a exercé un recours gracieux contre cet arrêté. Ce recours a été rejeté implicitement par le maire de Crécy-la-Chapelle. Par la présente instance, il demande l'annulation de cet arrêté et de la décision implicite de rejet de son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 424-1 du code de l'urbanisme, dans sa version applicable du 25 novembre 2018 au 25 août 2021 : " L'autorité compétente se prononce par arrêté sur la demande de permis ou, en cas d'opposition ou de prescriptions, sur la déclaration préalable. / Il peut être sursis à statuer sur toute demande d'autorisation concernant des travaux, constructions ou installations dans les cas prévus au 6° de l'article L. 102-13 et aux articles L. 153-11 et L. 311-2 du présent code et par l'article L. 331-6 du code de l'environnement. / () ". Aux termes du dernier alinéa de l'article L. 153-11 du code de l'urbanisme : " () / L'autorité compétente peut décider de surseoir à statuer, dans les conditions et délai prévus à l'article L. 424-1, sur les demandes d'autorisation concernant des constructions, installations ou opérations qui seraient de nature à compromettre ou à rendre plus onéreuse l'exécution du futur plan dès lors qu'a eu lieu le débat sur les orientations générales du projet d'aménagement et de développement durable ". Il résulte de ces dispositions que le maire d'une commune dont le plan local d'urbanisme est en cours de révision peut opposer à une demande d'autorisation d'urbanisme une décision de sursis à statuer dès lors qu'a eu lieu le débat sur les orientations générales du projet d'aménagement et de développement durables et que celles-ci traduisent un état suffisamment avancé du futur plan local d'urbanisme pour apprécier si une construction serait de nature à compromettre ou rendre plus onéreuse l'exécution de ce plan. La décision de surseoir à statuer n'est qu'une faculté et non une obligation.
3. D'une part, il est constant que, par une délibération du 18 décembre 2014, le conseil municipal de Crécy-la-Chapelle a prescrit la révision du plan local d'urbanisme, que le débat sur les orientations générales du projet d'aménagement et de développement durables du futur plan local d'urbanisme a eu lieu au sein du conseil municipal le 6 novembre 2017 et que le projet de plan local d'urbanisme a été arrêté le 1er juillet 2019. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que le plan local d'urbanisme arrêté prévoit, d'une part, concernant la zone N, que seules sont autorisées les " extensions et annexes uniquement à condition qu'elles ne compromettent pas la qualité paysagère du site " et les habitations d'hébergement uniquement dans la zone Ne, et d'autre part, concernant la règlementation relative aux espaces boisés classés que " Le classement de ces boisements interdit tout changement d'affectation ou tout mode d'occupation du sol de nature à compromettre la conservation, la protection ou la création des boisements. Nonobstant toutes dispositions contraires, il entraîne le rejet de plein droit de la demande d'autorisation de défrichement prévue aux chapitres Ier et II du titre Ier livre III du code forestier ". Les auteurs du projet de plan ont entendu limiter le développement urbain en extension et en consommation sur les espaces naturels, autoriser la densification urbaine par le comblement des dents creuses et inciter à l'optimisation du bâti existant afin de préserver la continuité écologique et la biodiversité de l'espace du Grand Morin. Le projet du requérant prévoit en l'espèce la construction d'une maison individuelle d'habitation d'une surface de plancher de près de 146 m² sur un terrain de 4 574 m² implanté, au regard des documents produits, sur une parcelle dépourvue de toute construction, à dominante naturelle et boisée, et située à proximité immédiate du Grand Morin. Ainsi, et contrairement à ce qu'affirme le requérant quant à la faible importance des travaux, compte tenu de l'état d'avancement, à la date de l'arrêté attaqué, du plan local d'urbanisme en cours de révision, ainsi que du parti d'urbanisme retenu, la construction projetée en zone naturelle couverte par un espace boisé classé était, au regard de sa localisation et de ses caractéristiques propres, de nature à compromettre l'exécution du futur plan local d'urbanisme. Dans ces conditions, le maire de Crécy-la-Chapelle n'a commis ni erreur de droit, ni erreur d'appréciation en décidant de sursoir à statuer sur la demande de permis de construire du requérant.
4. Il résulte de ce qui précède que les conclusions du requérant tendant à l'annulation de l'arrêté du 28 novembre 2019 par lequel le maire de Crécy-la-Chapelle a opposé un sursis à statuer à sa demande de permis de construire et de la décision implicite de rejet de son recours gracieux doivent être rejetées.
Sur les frais liés à l'instance :
5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Crécy-la-Chapelle, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par le requérant au titre des frais d'instance. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du requérant la somme de 1 500 euros demandée par la commune de Crécy-la-Chapelle au même titre.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : M. B versera la somme de 1 500 euros à la commune de Crécy-la-Chapelle au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la commune de Crécy-la-Chapelle.
Délibéré après l'audience du 24 juin 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Mullié, présidente,
M. Allègre, premier conseiller,
Mme Blanc, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 juillet 2022.
La rapporteure,
T. BLANCLa présidente,
N. MULLIE
La greffière,
V. GUILLEMARD
La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026