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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2004463

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2004463

mercredi 29 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2004463
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation7ème chambre
Avocat requérantPEISSE DUPICHOT LAGARDE BOTHOREL ET ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I. Sous le n° 2004463, par une requête et des mémoires, enregistrés les 23 juin 2020, 16 novembre 2020, 8 juin 2021, 1er décembre 2021 et 7 octobre 2022, Mme H G et M. D B, représentés par la SELARL Dupichot Lagarde Bothorel et associés, demandent au tribunal dans le dernier état de leurs écritures :

1°) d'annuler l'arrêté du 12 décembre 2019 par lequel le maire de Joinville-le-Pont a délivré à M. F E un permis de construire valant autorisation de démolir pour un immeuble à usage d'habitation à édifier sur la parcelle cadastrée section F n° 214 située 45 quai de Béthune ainsi que la décision implicite de rejet de leur recours gracieux du 16 juin 2020 ;

2°) de mettre à la charge de M. E une somme de 5 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- leur requête est recevable dès lors qu'elle n'est pas tardive et qu'ils ont qualité ainsi qu'intérêt pour agir ;

- l'édicule prévu, qui ne présente pas un caractère technique, est illégal dès lors qu'il devait être intégré dans le calcul de la hauteur de la construction et qu'il demeure parfaitement visible depuis la voie publique, en violation du règlement du plan local d'urbanisme ;

- le projet méconnaît les dispositions des articles L. 111-14 et R.111-22 du code de l'urbanisme dès lors que la surface réelle de plancher déclarée est, contrairement à ce qui a été déclaré tant dans la demande de permis de construire initial (127,50 m²) que dans la demande de permis de construire modificatif (134,50 m²), de 170,50 m², ce qui imposait de recourir à un architecte conformément aux dispositions de l'article L. 431-1 du même code ; en particulier, pour le calcul de cette surface, ne devait être déduite, au sous-sol, que la surface réellement consacrée au stationnement des véhicules, soit 25 m² et la surface de l'édicule devait être prise en compte pour au moins 7 m² ;

- le projet méconnaît les dispositions du e) de l'article R.431-16 du code de l'urbanisme relatif à l'étude de prise en compte du plan de prévention du risque inondation (PPRI) dès lors que l'attestation produite, au demeurant tardivement, n'indique pas qu'une étude préalable, qui n'était pas jointe au dossier de demande de permis de construire, a été réalisée ;

- le projet étant situé en zone violette du PPRI, il méconnaît les dispositions de l'article UE 6 du règlement du plan local d'urbanisme ainsi que l'article 1.2.1 du règlement du PPRI en ce que l'emprise au sol sera de 114,6 m² ; en outre, alors que les plans ne sont pas cotés, le pétitionnaire a largement minoré son calcul des surfaces pour prétendument, et en fraude, laisser penser que les règles d'emprise au sol seraient respectées ;

- l'édicule, dont le caractère indispensable n'est pas avéré, et qui ne peut être regardé comme un ouvrage accessoire de faible emprise, n'entre pas dans la catégorie des ouvrages visés par les dispositions générales et définitions du règlement du plan local d'urbanisme qui ne sont pas pris en compte dans la règle de la hauteur ; dans ces conditions, le projet méconnaît les dispositions du point 7.1 de l'article UE7 du règlement du plan local d'urbanisme relatif aux hauteurs maximales dès lors que l'acrotère, qui à défaut de faîtage correspond au toit de cet édicule, culmine à une hauteur de 9,80 mètres, soit au-delà de celle maximale autorisée qui est de 7 mètres ;

- le projet méconnaît les dispositions de l'article UE8 de ce règlement dès lors que l'édicule technique est visible depuis l'espace public, ce qui n'a pas été corrigé par le permis de construire modificatif en dépit de son déplacement ;

- alors même que le permis de construire modificatif est venu régulariser le projet, le permis de construire initial est illégal pour avoir été délivré en méconnaissance des dispositions de l'article UE10 du règlement du plan local d'urbanisme dès lors qu'une seule place de stationnement était prévue ;

- le projet méconnaît les dispositions de l'article 1.1.1 du règlement du PPRI dès lors que le sous-sol comprendra des surfaces destinées à un usage autre qu'à celui du stationnement ;

- le projet méconnaît les dispositions de l'article 1.2.1 du règlement du PPRI dès lors qu'il n'est pas établi que le niveau habitable le plus bas sera au minimum situé au-dessus de la cote de la crue cinquantennale, même augmentée de 0,20 mètres et que le projet prévoit une emprise de 50 % alors qu'elle devrait être, au maximum, limitée à 40 % ;

- le projet ne s'insère pas dans son environnement en violation des dispositions de l'article UE8 du règlement du plan local d'urbanisme, et notamment du point 8.1 de cet article relatif au traitement des façades de la construction.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 12 octobre 2020 et 15 juillet 2021, la commune de Joinville-le-Pont, représentée par son maire en exercice, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de Mme G et de M. B la somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la requête est irrecevable dès lors, d'une part, qu'elle est tardive et d'autre part, que les requérants n'établissent ni leur qualité, ni leur intérêt pour agir ;

- le permis de construire modificatif du 17 avril 2020 a corrigé les vices dont était entaché le permis de construire initial ;

- les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.

Par des mémoires enregistrés les 3 mai 2021, 18 juillet 2021 et 5 janvier 2022, M. F E, représenté par Me Seingier, conclut à titre principal au rejet de la requête, à titre subsidiaire à ce que le tribunal mette en œuvre les dispositions prévues aux articles L.600-5 ou L. 600-5-1 du code de l'urbanisme et, en tout état de cause, à ce qu'il soit mis à la charge de Mme G et de M. B la somme de 3 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la requête est irrecevable dès lors, d'une part, qu'elle est tardive et, d'autre part, que les requérants n'établissent pas leur intérêt pour agir ;

- aucun des moyens de la requête n'est fondé.

II. Sous le n° 2005518, par une requête et des mémoires, enregistrés les 22 juillet 2020, 30 novembre 2020, 18 juillet 2021, 8 novembre 2021, 12 janvier 2022 et 7 octobre 2022, Mme H G et M. D B, représentés par la SELARL Dupichot Lagarde Bothorel et associés, demandent au tribunal dans le dernier état de leurs écritures :

1°) d'annuler l'arrêté du 17 avril 2020 par lequel le maire de Joinville-le-Pont a délivré à M. F E un permis de construire modificatif tenant au déplacement de l'édicule technique en toiture et à la création d'une place de stationnement en sous-sol pour l'immeuble à usage d'habitation situé sur la parcelle cadastrée section F n° 217, sise 45 quai de Béthune ainsi que la décision implicite de rejet de leur recours gracieux du 16 juin 2020 ;

2°) de mettre à la charge de M. E une somme de 5 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- leur requête est recevable dès lors qu'elle n'est pas tardive et qu'ils ont qualité ainsi qu'intérêt pour agir ;

- l'édicule prévu, qui n'a aucunement un caractère technique, est illégal dès lors qu'il devait être intégré dans le calcul de la hauteur de la construction et qu'il demeure parfaitement visible depuis la voie publique, en violation du règlement du plan local d'urbanisme ;

- le projet méconnaît les dispositions des articles L. 111-14 et R.111-22 du code de l'urbanisme dès lors que la surface réelle de plancher déclarée est, contrairement à ce qui a été déclaré tant dans la demande de permis de construire initial (127,50 m²) que dans la demande de permis de construire modificatif (134,50 m²), de 170,50 m², ce qui imposait de recourir à un architecte conformément aux dispositions de l'article L. 431-1 du même code ; en particulier, pour le calcul de cette surface, ne devait être déduite, au sous-sol que la surface réellement consacrée au stationnement des véhicules, soit 25 m² et la surface de l'édicule devait être prise en compte pour au moins 7 m² ;

- le projet méconnaît les dispositions du e) de l'article R.431-16 du code de l'urbanisme relatif à l'étude de prise en compte du plan de prévention du risque inondation (PPRI) dès lors que l'attestation produite, au demeurant tardivement, n'indique pas qu'une étude préalable, qui n'était pas jointe au dossier de demande de permis de construire, a été réalisée ;

- le projet étant situé en zone violette du PPRI, il méconnaît les dispositions de l'article UE 6 du règlement du plan local d'urbanisme ainsi que celles de l'article 1.2.1 du règlement du PPRI en ce que l'emprise au sol sera de 114,6 m² ; en outre, alors que les plans ne sont pas cotés, le pétitionnaire a largement minoré son calcul des surfaces pour prétendument, et en fraude, laisser penser que les règles d'emprise au sol seraient respectées ;

- l'édicule, dont le caractère indispensable n'est pas avéré et qui ne peut être regardé comme un ouvrage accessoire de faible emprise, n'entre pas dans la catégorie des ouvrages visés par les dispositions générales et définitions du règlement du plan local d'urbanisme qui ne sont pas pris en compte dans la règle de la hauteur ; dans ces conditions, le projet méconnaît les dispositions du point 7.1 de l'article UE7 du règlement du plan local d'urbanisme relatif aux hauteurs maximales dès lors que l'acrotère, qui à défaut de faîtage correspond au toit de cet édicule, culmine à une hauteur de 9,80 mètres, soit au-delà de celle maximale autorisée qui est de 7 mètres ;

- le projet méconnaît les dispositions de l'article UE8 dès lors que l'édicule technique est visible depuis l'espace public, ce qui n'a pas été corrigé par le permis de construire modificatif en dépit de son déplacement ;

- le projet méconnaît les dispositions de l'article 1.1.1 du règlement du PPRI dès lors que le sous-sol comprendra des surfaces destinées à un usage autre qu'à celui du stationnement ;

- le projet méconnaît les dispositions de l'article 1.2.1 du règlement du PPRI dès lors qu'il n'est pas établi que le niveau habitable le plus bas sera au minimum situé au-dessus de la cote de la crue cinquantennale, même augmentée de 0,20 mètres et que le projet prévoit une emprise de 50 % alors qu'elle devrait être, au maximum, limitée à 40 % ;

- le projet ne s'insère pas dans son environnement en violation des dispositions de l'article UE8 du règlement du plan local d'urbanisme, et notamment du point 8.1 de cet article relatif au traitement des façades de la construction.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 12 octobre 2020 et le 15 juillet 2021, la commune de Joinville-le-Pont, représentée par son maire en exercice, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge des requérants la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la requête est irrecevable dès lors que le permis de construire initial n'ayant pas été utilement contesté dans les délais, les requérants ne disposent pas d'un intérêt pour agir pour contester le permis de construire modificatif compte tenu de ses effets ;

- les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.

Par des mémoires enregistrés les 3 mai 2021, 18 juillet 2021 et 8 novembre 2021, M. F E, représenté par Me Seingier, conclut à titre principal au rejet de la requête, à titre subsidiaire à ce que le tribunal mette en œuvre les dispositions prévues aux articles L.600-5 ou L. 600-5-1 du code de l'urbanisme et, en tout état de cause, à ce qu'il soit mis à la charge de Mme G et de M. B la somme de 3 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la requête est irrecevable dès lors que les requérants n'établissent pas leur intérêt pour agir ;

- aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la route ;

- le code de l'urbanisme ;

- l'ordonnance n° 2020-306 du 25 mars 2020 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme I,

- les conclusions de M. Zanella, rapporteur public,

- et les observations de Me Schott, représentant Mme G et M. B.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté n° PC 094042 19N1021 du 12 décembre 2019, le maire de Joinville-le-Pont a accordé à M. F E un permis de construire une maison individuelle neuve avec une piscine, et démolition d'un abri de jardin existant de 10 m², sur un terrain situé 45 quai de Béthune et constitué de la parcelle cadastrée section F n° 214. Par un arrêté n° PC 094042 19N1021 M01 du 17 avril 2020, le maire de Joinville-le-Pont a délivré à ce dernier le permis de construire modificatif qu'il sollicitait afin de déplacer l'édicule technique et de créer une place de stationnement supplémentaire en sous-sol. Par les deux requêtes susvisées, Mme H G et M. D B demandent au tribunal d'annuler ces arrêtés.

Sur la jonction :

2. Aux termes de l'article L. 600-5-2 du code de l'urbanisme : " Lorsqu'un permis modificatif () intervient au cours d'une instance portant sur un recours dirigé contre le permis de construire () initialement délivré () et que ce permis modificatif, () ont été communiqués aux parties à cette instance, la légalité de cet acte ne peut être contestée par les parties que dans le cadre de cette même instance ".

3. Il résulte de ces dispositions que les parties à une instance portant sur un recours dirigé contre le permis de construire initialement délivré sont recevables à contester la légalité d'un permis modificatif intervenu au cours de cette instance, lorsqu'il leur a été communiqué, tant que le juge n'a pas statué au fond, sans condition de forme ni de délai. Si cette contestation prend la forme d'un recours pour excès de pouvoir présenté devant la juridiction saisie de la décision initiale, elle doit être regardée comme un mémoire produit dans l'instance en cours. La circonstance qu'elle ait été enregistrée comme une requête distincte est toutefois sans incidence dès lors qu'elle a été jointe à l'instance en cours pour y statuer par une même décision. Dans ces conditions, il convient de joindre les requêtes susvisées n° 2004463 et n° 2005518, présentées par Mme G et M. B contestant le permis de construire puis le permis de construire modificatif intervenu au cours de la première de ces instances, délivrés par le maire de Joinville-le-Pont à M. E afin qu'il y soit statué par un seul jugement

Sur les fins de non-recevoir opposées en défense :

En ce qui concerne les délais de recours :

S'agissant du délai pour contester le permis de construire initial :

4. Aux termes de l'article 7 de l'ordonnance du 25 mars 2020 : " Sous réserve des obligations qui découlent d'un engagement international ou du droit de l'Union européenne, les délais à l'issue desquels une décision, un accord ou un avis de l'un des organismes ou personnes mentionnés à l'article 6 peut ou doit intervenir ou est acquis implicitement et qui n'ont pas expiré avant le 12 mars 2020 sont, à cette date, suspendus jusqu'à la fin de la période mentionnée au I de l'article 1er. / () ".

5. Contrairement à ce que soutient la commune de Joinville-le-Pont, il résulte de ces dispositions que l'effet suspensif du régime juridique de l'état d'urgence sanitaire s'applique tant aux délais de recours contentieux qu'aux délais dont dispose l'administration pour répondre aux recours gracieux.

6. Il ressort des pièces du dossier que, par un recours gracieux reçu en mairie le 3 février 2020, Mme G et M. B ont demandé au maire de Joinville-le-Pont de procéder au retrait de son arrêté du 12 décembre 2019 par lequel il a délivré à M. E un permis de construire. L'exercice de ce recours a emporté, à cette date, pour les requérants, la connaissance acquise du permis en litige et a fait courir à leur égard le délai de recours contentieux. Ce recours gracieux a également eu pour effet d'interrompre le cours de ce délai à la date de sa réception par la commune de Joinville-le-Pont, soit le 17 janvier 2020. Le silence gardé sur cette demande a fait naître une décision implicite de rejet, laquelle n'est cependant intervenue, compte tenu des dispositions précitées de l'article 7 de l'ordonnance du 25 mars 2020 suspendant ledit délai entre le 12 mars et le 23 mai 2020, que le 15 juin 2020. Dans ces conditions, la requête de Mme G et de M. B, enregistrée au greffe du tribunal sous le n° 2004463 le 23 juin 2020, soit à l'intérieur du délai de deux moins à compter de la naissance de la décision implicite de rejet, n'est pas tardive.

En ce qui concerne la qualité et de l'intérêt à agir des requérants pour contester le permis de construire initial et le permis de construire modificatif :

7. Aux termes des dispositions de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager que si la construction, l'aménagement ou les travaux sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation ".

8. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient, en particulier, à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'un permis de construire, de démolir ou d'aménager, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Il appartient au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous les éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Le juge de l'excès de pouvoir apprécie la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant le cas échéant les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat, justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction.

S'agissant du permis de construire initial :

9. Il ressort des pièces du dossier que Mme G et M. B sont propriétaires de la parcelle cadastrée section F n° 146, mitoyenne au terrain d'assiette du projet en litige. Ils font par ailleurs valoir qu'en leur qualité de voisins immédiats, ce projet, compte tenu de sa nature et de ses caractéristiques, en l'occurrence un immeuble à usage d'habitation de trois niveaux d'une hauteur totale à 9,80 mètres, avec piscine, affectera directement les conditions d'occupation, d'utilisation et de jouissance de leur propriété, notamment en ce qu'ils subiront une importante perte d'ensoleillement, de vue et d'intimité, ainsi que des nuisances sonores et de vue et enfin, une dépréciation de l'environnement naturel modifié. Il suit de là que les requérants justifient de leur qualité et de leur intérêt pour agir afin de contester le permis de construire initial délivré à M. E.

S'agissant du permis de construire modificatif :

10. Lorsque le requérant, sans avoir contesté le permis initial ou après avoir épuisé les voies de recours contre le permis initial, ainsi devenu définitif, forme un recours contre un permis de construire modificatif, son intérêt pour agir doit être apprécié au regard de la portée des modifications apportées par le permis modificatif au projet de construction initialement autorisé.

11. Il résulte de ce qui a été dit au point 6, et contrairement à ce que soutient la commune de Joinville-le-Pont, que la requête introduite par Mme G et M. B n'était pas tardive pour contester le permis de construire initial, de sorte que leur intérêt pour agir ne se limite pas, en l'espèce, au regard de la portée des modifications apportées par le permis modificatif au projet de construction initialement autorisé. Il suit de là que les requérants justifient également de leur qualité pour agir afin de contester le permis de construire modificatif.

12. Il suit de ce qui précède que les fins de non-recevoir opposées par la commune de Joinville-le-Pont et par M. E ne sauraient être accueillies.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne le droit applicable :

13. Lorsqu'une autorisation d'urbanisme a été délivrée en méconnaissance des dispositions législatives ou réglementaires relatives à l'utilisation du sol ou sans que soient respectées des formes ou formalités préalables à la délivrance de l'autorisation, l'illégalité qui en résulte peut être régularisée par la délivrance d'une autorisation modificative dès lors que celle-ci assure le respect des règles de fond applicables au projet en cause, répond aux exigences de forme ou a été précédée de l'exécution régulière de la ou des formalités qui avaient été omises. Elle peut, de même, être régularisée par une autorisation modificative si la règle relative à l'utilisation du sol qui était méconnue par l'autorisation initiale a été entre-temps modifiée ou si cette règle ne peut plus être regardée comme méconnue par l'effet d'un changement dans les circonstances de fait de l'espèce. Les irrégularités ainsi régularisées ne peuvent plus être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir dirigé contre l'autorisation initiale.

En ce qui concerne la légalité du permis de construire délivré par l'arrêté du 12 décembre 2019 non modifié par l'arrêté du 17 avril 2020 :

14. En premier lieu, aux termes de l'article R.431-16 du code de l'urbanisme dans sa rédaction alors applicable : " Le dossier joint à la demande de permis de construire comprend en outre, selon les cas : () / f) Lorsque la construction projetée est subordonnée par un plan de prévention des risques naturels prévisibles ou un plan de prévention des risques miniers approuvés, ou rendus immédiatement opposables en application de l'article L. 562-2 du code de l'environnement, ou par un plan de prévention des risques technologiques approuvé, à la réalisation d'une étude préalable permettant d'en déterminer les conditions de réalisation, d'utilisation ou d'exploitation, une attestation établie par l'architecte du projet ou par un expert certifiant la réalisation de cette étude et constatant que le projet prend en compte ces conditions au stade de la conception ;.

15. Il résulte de ces dispositions que la réalisation d'une étude préalable n'est obligatoire que si elle est prévue par un des documents qu'elles mentionnent. En l'espèce, le terrain d'assiette du projet se situe en zone violette du plan de prévention du risque inondation (PPRI) de la Marne et de la Seine dans le département du Val-de-Marne. Ce plan n'exige pas, pour les constructions nouvelles à usage d'habitation situées en " secteur diffus " qui est constitué, selon la définition qui est donnée au point 4 du chapitre 4 du Titre I de ce document, par des constructions ou un ensemble de constructions qui ne relèvent pas d'une grande opération, la réalisation d'une étude préalable. Par suite, alors même qu'une attestation incomplète aurait été produite, cette pièce présente un caractère superfétatoire. Il s'ensuit que le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions du f) de l'article R.431-16 du code de l'urbanisme doit être écarté.

16. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 420-1 du code de l'urbanisme : " L'emprise au sol au sens du présent livre est la projection verticale du volume de la construction, tous débords et surplombs inclus. () ". Aux termes du point UE6.1.1 de l'article UE 6 du règlement du plan local d'urbanisme : " l'emprise au sol des constructions ne pourra pas excéder 50 % de la superficie du terrain ". Aux termes de l'article 1.2.1 du règlement du PPRI de la Marne et de la Seine dans le département du Val de Marne annexé à l'arrêté préfectoral du 12 novembre 2007, applicable à la zone violette foncée qui correspond à une " zone urbaine dense en aléas forts et très fort " pour un risque de " submersion supérieure à un mètre ": " Constructions en diffus : Le niveau habitable le plus bas doit être situé au-dessus de la cote de la crue cinquantennale augmentée de 0,20 mètre et chaque logement doit comporter au moins un niveau complet habitable, tel que défini au titre I, chapitre 4 - définition 19 du présent règlement, situé au-dessus de la cote des P.H.E.C. (règle du duplex) / () L'emprise réelle au sol inondable, telle que définie au titre I, chapitre 4 - définition 8 du présent règlement, est limitée à 40 %. " Aux termes du point 8 du chapitre 4 du titre I de ce document qui précise que cette définition n'est valable qu'au sens du PPRI : " l'emprise réelle au sol inondable est définie comme étant la projection verticale des bâtiments au sol. Toutefois, ne seront pas pris en compte dans le calcul de l'emprise au sol, tous bâtiments ou parties de bâtiment, construits au-dessus des Plus Hautes Eaux Connues (P.H.E.C) sur une structure de type pilotis ou en encorbellement, ne portant pas atteinte aux capacités d'écoulement et de stockage des eaux ".

17. D'une part, il ressort des pièces du dossier que le terrain d'assiette du projet a une surface de 230 m² de sorte que pour l'application des dispositions de l'article UE6.1.1 du règlement du plan local d'urbanisme, l'emprise au sol maximale autorisée est de 115 m² (230 m² x 0,50). Ce même terrain se situe en zone " violette foncée " du PPRI de sorte que l'emprise au sol autorisée ne doit pas excéder, en application de ce dernier document, 92 m² (230 m² x 0,40).

18. S'agissant de la conformité de la construction projetée avec les dispositions précitées du règlement du plan local d'urbanisme, il convient, pour calculer l'emprise, et en l'absence de toute disposition contraire dans le règlement du plan local d'urbanisme, de se référer à la définition donnée à l'article R. 420-1 du code de l'urbanisme précité. En l'espèce, il n'est pas sérieusement contesté, ainsi qu'il résulte notamment du plan de masse qui, contrairement à ce que soutiennent les requérants est, comme au demeurant tous les autres plans, coté pour mentionner son échelle qui est de 1/100ème et comporter, de plus, toutes les mesures utiles pour calculer les surfaces, que la projection verticale du volume de la construction, doit s'apprécier au niveau situé en R+1 qui a une emprise au sol de 99,8 m² à laquelle il convient d'ajouter la surface de la piscine de 14,8 m², ce qui représente une emprise totale au sol de 114,6 m², ce qui est inférieure à l'emprise maximale autorisée par le règlement du plan local d'urbanisme.

19. S'agissant de la conformité de ce même projet aux prescriptions du PPRI, " l'emprise réelle au sol inondable " de la future construction, qui présente la caractéristique d'un encorbellement à son niveau en R+1, doit être évaluée conformément aux dispositions citées au point 16, par rapport à l'emprise au sol du niveau du rez-de-chaussée. Cette emprise présente une surface totale de 91,5 m² (76,7 m² pour le niveau au rez-de-chaussée + 14,8 m² pour la piscine) respectant ainsi les prescriptions précitées du règlement du PPRI de la Marne et de la Seine dans le département du Val-de-Marne.

20. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de ce que le projet méconnaîtrait les règles relatives à l'emprise au sol ne peut être qu'écarté en toutes ses branches.

21. D'autre part, selon le point 6 du chapitre 4 du titre I du règlement du PPRI de la Marne et de la Seine dans le département du Val-de-Marne : " () Dans le présent règlement, la crue cinquantennale correspond à la crue de 1924 ". Selon la notice d'information sur le risque inondation, la cote de la crue cinquantennale est de 37,36 m A. Si les requérants entendent soutenir que le niveau en rez-de-chaussée serait situé au-dessous de la cote cinquantennale augmentée de 0,20 mètres, en méconnaissance des prescriptions de l'article 1.2.1 du règlement du PPRI précitées, ils n'apportent au soutien de leur allégation aucun élément pour permettre au tribunal d'en apprécier le bien-fondé. En tout état de cause, il résulte du plan du rez-de-chaussée contenu dans le dossier de demande de permis de construire que ce niveau doit être édifié au moins à la côte de 37,71 A, soit au-delà de ce que prescrit le règlement du PPRI. La circonstance que le rez-de-chaussée se situerait en dessous de la crue centennale est sans incidence dès lors que le niveau de la construction doit s'apprécier par rapport à la crue cinquantennale.

22. En troisième lieu, aux termes des définitions générales précisées à l'article 7 des dispositions communes à toutes les zones du règlement du plan local d'urbanisme : " Hauteurs - conditions de mesure / : mode de calcul des hauteurs : / - Dans une bande de 20 mètres comptée à partir de l'alignement des voies ou pour les voies privées de la limite en tenant lieu, le point de référence pour le calcul de la hauteur sera pris au niveau du trottoir. Au-delà de la bande de 20 mètres, le point de référence sera pris au niveau du terrain naturel de la propriété au droit de la construction. (Le terrain naturel correspond au terrain existant au moment du dépôt de la demande et avant tous travaux d'exhaussement ou de terrassement). / - Lorsque le sol ou la voie est en pente, les façades des bâtiments sont divisées, pour le calcul de la hauteur, en sections égales dont chacune ne pourra dépasser 15 mètres de longueur ; la hauteur se mesure au milieu de la section prise en considération. / Hauteur maximale : La hauteur maximale se mesure à partir du terrain naturel (sol existant avant travaux)./ Elle est exprimée ; /- jusqu'au point le plus haut de la construction ( au faîtage ou à l'acrotère) / - ou/et jusqu'à l'égout du toit. / Ne sont pas comptés dans le calcul de la hauteur des ouvrages indispensables et de faible emprise tels que souches de cheminées ou de ventilation, locaux techniques d'ascenseurs, garde-corps, dispositifs nécessaires liés à l'utilisation des énergies renouvelables, etc. à condition que leur superficie n'excède pas 10 % de la superficie du dernier niveau de la construction ; () "

23. Aux termes de l'article UE7 du règlement du plan local d'urbanisme : " 7.1 Dispositions générales / Dans une bande de 20 mètres à compter de l'alignement des voies publiques, ainsi que pour l'amélioration des constructions existantes implantées au-delà de cette bande de 20 mètres, la hauteur maximale des constructions est de 7 mètres à l'égout ou à l'acrotère ; et 10 mètres au faîtage. Nota : Pour les constructions concernées par le PPRI (zone inondable), les différentes hauteurs fixées précédemment sont majorées d'une valeur correspondant à la moitié de la différence entre le niveau des plus hautes eaux connues et la cote du terrain naturel au droit de la construction (les altitudes pour le calcul étant exprimées par rapport au A ". Le point 23 du chapitre 4 du titre I du règlement du PPRI de la Marne et de la Seine dans le département du Val-de-Marne définit les plus hautes eaux connues (PHEC) comme correspondant à l'altitude des niveaux d'eau atteints par la crue de référence, à savoir la crue de 1910 de la Marne et de la Seine, exprimées en mètre en référence au Nivellement Général de la France (A) puis précise ensuite le mode de calcul pour connaître la cote atteinte au droit d'un projet.

24. Il ressort des pièces contenues dans le dossier de demande de permis de construire, notamment du plan de coupe PCMI 3, qu'il existe une différence de 1,61 mètres entre la crue de 1910 qui a atteint le niveau de 38,26 mètres A et la hauteur du terrain naturel qui est de 36,65 mètres. Par suite, le terrain d'assiette étant classé en zone inondable dans le PPRI, le projet bénéficie d'une majoration de hauteur de 0,805 mètre (1,61 m / 2), de sorte que la hauteur maximale autorisée pour le projet en litige est de 7,805 mètres. Il ressort des mêmes pièces du dossier, notamment du plan de coupe BB 1/100e, que le projet d'une hauteur de 7,80 mètres par rapport au niveau du terrain naturel supporte un édicule, d'une hauteur de deux mètres portant alors la hauteur totale de la construction à 9,80 mètres.

25. Si le pétitionnaire allègue, en défense, que l'édicule serait un ouvrage technique destiné à recevoir un chauffe-eau ou tous les équipements relatifs au fonctionnement de la piscine, cette destination n'était pas justifiée dans le dossier de demande de permis de construire. En tout état de cause, et à supposer qu'il en soit ainsi, l'édicule ne saurait être regardé comme un " ouvrage indispensable " au sens et pour l'application des dispositions précitées du règlement du plan local d'urbanisme. Dans ces conditions, le calcul de la hauteur de la construction doit inclure cet édicule, ce qui la porte à une hauteur de 9,80 mètres, soit au-delà de la hauteur maximale autorisée qui est de 7,805 mètres. Par suite, les requérants sont fondés à soutenir que le permis de construire a été délivré en méconnaissance des dispositions de l'article UE7 du règlement du plan local d'urbanisme.

26. En quatrième lieu, aux termes de l'article UE8 du règlement du plan local d'urbanisme : " Règles applicables aux constructions neuves et aux travaux, aménagements, extensions sur les constructions existantes / 8.1 Règles applicables aux constructions neuves et aux travaux, aménagements, extensions sur les constructions existantes / Dispositions générales / Par leur aspect extérieur, les constructions de toute nature et autres occupations du sol doivent s'intégrer avec le caractère du site et l'architecture des lieux avoisinants. / Les constructions nouvelles devront s'intégrer au tissu urbain existant et prendre en compte les particularités morphologiques et typologiques des différents quartiers de la commune () / Traitement des façades / Les façades latérales et postérieures des constructions, visibles ou non de la voie publique, doivent être traitées avec le même soin que les façades principales, en harmonie avec elles et celles des bâtiments existants sur les terrains contigus ; il en est ainsi notamment des façades apparentes en limite de propriété qui doivent être traitées avec le même soin que les autres façades. / Dans le cas de façades sur rue ou latérales d'une longueur supérieure à 15 mètres, leur traitement architectural uniforme sera évité par des changements de modénatures ou des ruptures architecturales. ().

27. Il ressort des pièces du dossier, notamment du règlement de la zone UE dans laquelle s'insère le projet, qu'il s'agit d'un secteur principalement composé d'habitations basses de type pavillonnaire, avec jardin et que les activités économiques y sont également admises dans la mesure où elles ne constituent pas une source de nuisances pour le voisinage. Plus particulièrement, ainsi qu'il résulte des photographies produites par la commune, si le canal de Polangis est un lieu de promenade privilégié, les maisons qui le longent sont pour la plupart des constructions assez récentes, de style hétérogène, sans recherche architecturale spécifique. Le projet en litige d'architecture moderne, comme au demeurant une maison à proximité immédiate, a un volume comparable à celui des immeubles avoisinants. Les façades recevront en finition une peinture minérale dans les tons beige clair en harmonie, contrairement à ce que soutiennent les requérants, avec les constructions avoisinantes dont les façades sont également de couleur claire. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que le projet ne s'intégrerait pas dans son environnement, notamment s'agissant du traitement des façades en méconnaissance des dispositions précitées du point 8.1 de l'article UE 8 du règlement du plan local d'urbanisme, doit être écarté.

28. Enfin, et en dernier lieu, si les requérants persistent à soutenir que le permis de construire initial est illégal pour méconnaître les dispositions de l'article UE10 du règlement du plan local d'urbanisme relatif au nombre de places de stationnement, ce vice a été régularisé par le permis de construire modificatif. Ainsi qu'il a été dit au point 13, les vices ainsi régularisés ne peuvent plus être utilement invoqués à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir dirigé contre l'autorisation initiale. Par suite, le moyen ne peut être qu'écarté.

En ce qui concerne la légalité du permis de construire délivré par l'arrêté du 12 décembre 2019 modifié par l'arrêté du 17 avril 2020 :

29. En premier lieu, aux termes de l'article L. 111-14 du code de l'urbanisme dans sa rédaction alors applicable : " Sous réserve des dispositions de l'article L. 331-10, la surface de plancher de la construction s'entend de la somme des surfaces de plancher closes et couvertes, sous une hauteur de plafond supérieure à 1,80 m, calculée à partir du nu intérieur des façades du bâtiment. / Un décret en Conseil d'Etat précise notamment les conditions dans lesquelles peuvent être déduites les surfaces des vides et des trémies, des aires de stationnement, des caves ou celliers, des combles et des locaux techniques, ainsi que, dans les immeubles collectifs, une part forfaitaire des surfaces de plancher affectées à l'habitation. Aux termes de l'article R.111-22 du code de l'urbanisme : " La surface de plancher de la construction est égale à la somme des surfaces de plancher de chaque niveau clos et couvert, calculée à partir du nu intérieur des façades après déduction : 1° Des surfaces correspondant à l'épaisseur des murs entourant les embrasures des portes et fenêtres donnant sur l'extérieur ; / 2° Des vides et des trémies afférentes aux escaliers et ascenseurs ; / 3° Des surfaces de plancher d'une hauteur sous plafond inférieure ou égale à 1,80 mètre ;/ 4° Des surfaces de plancher aménagées en vue du stationnement des véhicules motorisés ou non, y compris les rampes d'accès et les aires de manœuvres ; / 5° Des surfaces de plancher des combles non aménageables pour l'habitation ou pour des activités à caractère professionnel, artisanal, industriel ou commercial ;/ 6° Des surfaces de plancher des locaux techniques nécessaires au fonctionnement d'un groupe de bâtiments ou d'un immeuble autre qu'une maison individuelle au sens de l'article L. 231-1 du code de la construction et de l'habitation, y compris les locaux de stockage des déchets ;/ 7° Des surfaces de plancher des caves ou des celliers, annexes à des logements, dès lors que ces locaux sont desservis uniquement par une partie commune ; / 8° D'une surface égale à 10 % des surfaces de plancher affectées à l'habitation telles qu'elles résultent le cas échéant de l'application des alinéas précédents, dès lors que les logements sont desservis par des parties communes intérieures.

30. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable. Par ailleurs, l'autorité administrative saisie d'une demande de permis de construire peut relever les inexactitudes entachant les éléments du dossier de demande relatifs au terrain d'assiette du projet, notamment sa surface ou l'emplacement de ses limites séparatives, et, de façon plus générale, relatifs à l'environnement du projet de construction, pour apprécier si ce dernier respecte les règles d'urbanisme qui s'imposent à lui. En revanche, le permis de construire n'ayant d'autre objet que d'autoriser la construction conforme aux plans et indications fournis par le pétitionnaire, elle n'a pas à vérifier ni l'exactitude des déclarations du demandeur relatives à la consistance du projet, à moins qu'elles ne soient contredites par les autres éléments du dossier joint à la demande tels que limitativement définis par les dispositions des articles R. 431-4 et suivants du code de l'urbanisme, ni l'intention du demandeur de les respecter, sauf en présence d'éléments établissant l'existence d'une fraude à la date à laquelle l'administration se prononce sur la demande d'autorisation.

31. D'une part, M. E a sollicité la délivrance d'un permis de construire modificatif afin notamment de créer une place de stationnement supplémentaire en sous-sol. Cet aménagement doit alors être pris en compte dans le calcul de la surface de plancher de la construction telle que définit à l'article L. 111-14 du code de l'urbanisme précité. Il ressort du dossier de demande de permis de construire modificatif, notamment du plan du sous-sol, qui contrairement à ce que soutiennent les requérants est, ainsi qu'il a été déjà dit au point 18, coté et comporte de plus, toutes les mesures utiles pour calculer les surfaces, et de la notice explicative, que la surface calculée à partir du nu intérieur des façades est de 61 m². Toutefois, deux places de stationnement sont prévues et en y ajoutant les aires de manœuvre nécessaires pour y accéder ainsi qu'une aire de 3,25 m² réservée au stationnement des vélos, lesquels constituent des véhicules conformément au point 6.10 de l'article R. 311-1 du code de la route, ce sous-sol doit être regardé comme entièrement aménagé en vue du stationnement des véhicules motorisés ou non. Il suit de là qu'en application des dispositions précitées de l'article L. 111-14 du code de l'urbanisme, la surface du sous-sol n'a pas à être prise en compte dans le calcul de la surface de plancher totale de la construction.

32. D'autre part, il est constant que l'édicule qui doit être édifié en toiture terrasse a une hauteur de plafond supérieur à 1,80 mètres. M. E, dans sa demande de permis de construire modificatif, a également modifié son projet afin de le déplacer et d'en réduire sa surface, celle-ci passant, selon la notice explicative, à 9,25 m². Il résulte du plan de masse contenu dans le dossier de demande de permis de construire modificatif, et n'est au demeurant pas contesté, que, calculée à partir du nu intérieur de ses façades, la surface de cet édifice est de 7 m².

33. Enfin, alors que leurs surfaces n'ont pas été modifiées, il résulte des pièces contenues dans le dossier de demande de permis de construire initial, notamment des plans PCMI 2b - rez-de-chaussée et PCMI 2c - 1er étage, que le rez-de-chaussée et le 1er étage ont respectivement, pour l'application des dispositions de l'article L. 111-14 du code de l'urbanisme, une surface de 60 m² et de 67,50 m².

34. Il résulte de ce qui précède que la surface totale de plancher de la construction projetée, sous une hauteur de plafond supérieure à 1,80 m et calculée à partir du nu intérieur des façades du bâtiment, est de 134,50 m² (60 + 67,5 + 7). Si, dans le formulaire CERFA contenu dans la demande de permis de construire modificatif, M. E a déclaré une surface de 127,50 m², cette imprécision, eu égard à la marge d'erreur de seulement 7 m² et, surtout, des plans contenus dans les demandes de permis de construire, n'a pas été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 111-14 du code de l'urbanisme doit être écarté.

35. En deuxième lieu, aux termes des articles L.431-1 du code de l'urbanisme : " Conformément aux dispositions de l'article 3 de la loi n° 77-2 du 3 janvier 1977 sur l'architecture, la demande de permis de construire ne peut être instruite que si la personne qui désire entreprendre des travaux soumis à une autorisation a fait appel à un architecte pour établir le projet architectural faisant l'objet de la demande de permis de construire ". Aux termes de l'article L. 431-3 du même code : " Conformément aux dispositions de l'article 4 de la loi n° 77-2 du 3 janvier 1977 sur l'architecture, par dérogation à l'article L. 431-1, ne sont pas tenues de recourir à un architecte les personnes physiques ou exploitations agricoles qui déclarent vouloir édifier ou modifier, pour elles-mêmes, une construction de faible importance dont les caractéristiques, notamment la surface maximale de plancher, sont déterminées par décret en Conseil d'Etat. Ces caractéristiques peuvent être différentes selon la destination des constructions ". Aux termes de l'article R.431-2 du code de l'urbanisme : " Pour l'application de l'article 4 de la loi n° 77-2 du 3 janvier 1977 sur l'architecture, ne sont toutefois pas tenues de recourir à un architecte les personnes physiques, les exploitations agricoles ou les coopératives d'utilisation de matériel agricole agréées au titre de l'article L. 525-1 du code rural et de la pêche maritime qui déclarent vouloir édifier ou modifier pour elles-mêmes : /a) Une construction à usage autre qu'agricole dont la surface de plancher n'excède pas cent cinquante mètres carrés.()".

36. Il résulte de ce qui a été dit au point 34 que la surface totale de plancher de la construction projetée est inférieure à 150 m², de sorte que le recours à un architecte n'était pas obligatoire. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 431-2 du code de l'urbanisme doit être écarté.

37. En troisième lieu, aux termes de l'article 1er des dispositions du règlement du PPRI de la Marne et de la Seine dans le département du Val-de-Marne applicables à la zone violette foncée : " 1.1 Sont interdits : 1.1.1 La construction de sous-sols ou le changement d'affectation des locaux situés en sous-sols pour un usage autre que le stationnement () ".

38. Si les requérants soutiennent que ces prescriptions sont méconnues dès lors que le projet prévoit la construction d'un nouveau bâtiment avec une partie en sous-sol, il résulte de ce qui a été dit au point 31 que ce sous-sol sera affecté exclusivement et entièrement au stationnement, comme l'autorisent les prescriptions du règlement du PPRI. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des prescriptions précitées du 1.1.1 du règlement de ce plan de prévention doit être écarté. Pour le même motif, ce sous-sol ne constituant pas le " niveau habitable le plus bas " de la construction, les requérants ne sont pas davantage fondés à soutenir que les prescriptions précitées de l'article 1.2.1 du même règlement seraient méconnues.

39. En quatrième lieu, selon le point 8.1 de l'article UE8 du règlement du plan local d'urbanisme en tant qu'il concerne les toitures : " Les toitures terrasses sont autorisées et devront être non accessibles. Les édicules techniques ne devront pas être visibles depuis l'espace public. () ".

40. D'une part, il ressort des pièces du dossier que si, dans le projet initial ayant donné lieu à la délivrance du permis de construire le 12 décembre 2019, l'édicule était visible depuis l'espace public, le projet a été modifié. Cet édifice a été ainsi déplacé de la limite nord du toit-terrasse vers sa limite sud, de sorte, ainsi qu'il résulte du document graphique et des documents d'insertion PCMI 6 et 6a contenus dans le dossier de demande de permis de construire modificatif et de la " coupe longitudinale sur terrain avec échappée visuelle édicule toiture 1/100e " produite à l'instance par M. E dont la réalisation n'est pas utilement contestée, qu'il n'est plus perceptible depuis la voie publique. Dans ces conditions, en se bornant à soutenir qu'au vu de ses dimensions cet édicule sera toujours visible, les requérants n'apportent, au soutien de leur allégation, aucun élément suffisant pour permettre au tribunal d'en apprécier le bien-fondé.

41. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que l'escalier prévu initialement pour permettre d'accéder au toit-terrasse a été retiré pour le remplacer, ainsi qu'il résulte de la notice explicative et du plan de masse contenus dans le dossier de demande de permis de construire modificatif, par une trappe vitrée afin de pouvoir assurer la maintenance. Si l'édicule est pourvu d'une porte extérieure donnant directement sur le toit-terrasse, elle ne sert pas à desservir ce toit dès lors que l'édicule n'est accessible qu'une fois parvenu sur le toit. Dans ces conditions, l'accès devant se faire, non pas par la porte extérieure de l'édicule mais par la trappe vitrée, le toit-terrasse ne peut être regardé comme étant accessible, au sens des dispositions de l'article UE 8 du règlement du plan local d'urbanisme, afin de pouvoir être utilisé comme terrasse.

42. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que l'édicule et le toit-terrasse ne respecteraient pas les dispositions précitées du point 8.1 de l'article UE8 du règlement du plan local d'urbanisme.

Sur l'application de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme :

43. Aux termes de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5-1, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable, estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice n'affectant qu'une partie du projet peut être régularisé, limite à cette partie la portée de l'annulation qu'il prononce et, le cas échéant, fixe le délai dans lequel le titulaire de l'autorisation pourra en demander la régularisation, même après l'achèvement des travaux. Le refus par le juge de faire droit à une demande d'annulation partielle est motivé. ". Un vice entachant le bien-fondé de l'autorisation d'urbanisme est susceptible d'être régularisé, même si cette régularisation implique de revoir l'économie générale du projet en cause, dès lors que les règles d'urbanisme en vigueur à la date à laquelle le juge statue permettent une mesure de régularisation qui n'implique pas d'apporter à ce projet un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même.

44. Il résulte de ce qui a été dit au point 25 que l'arrêté délivrant le permis de construire initial du 12 décembre 2019 modifié par celui du 17 avril 2020 n'est entaché d'illégalité qu'en tant qu'il méconnaît l'article UE7 du règlement du plan local d'urbanisme relatif à la hauteur de la construction en y intégrant l'édicule.

45. Ce vice, qui n'implique pas d'apporter à ce projet un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même, étant susceptible d'être régularisé, il y a lieu en conséquence, en application des dispositions de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme, d'annuler l'arrêté du 12 décembre 2019 modifié par l'arrêté du 17 avril 2020 en tant qu'il méconnaît ces dispositions.

46. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de fixer à quatre mois le délai imparti pour la régularisation des permis de construire délivrés par le maire de Joinville-le-Pont à M. E.

Sur les frais liés au litige :

47. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soient mises à la charge de Mme G et de M. B, qui n'ont pas, dans la présente instance, la qualité de partie perdante, les sommes demandées par la commune de Joinville-le-Pont et par M. E, au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. E les sommes demandées par Mme G et M. B, au même titre.

D E C I D E :

Article 1er : L'arrêté du 12 décembre 2019 modifié par l'arrêté du 17 avril 2020 est annulé en tant qu'il méconnaît l'article UE7 du règlement du plan local d'urbanisme relatif à la hauteur des constructions.

Article 2 : Le délai dans lequel M. E pourra demander la régularisation du permis de construire délivré par l'arrêté du 12 décembre 2019 modifié par celui du 17 avril 2020 est fixé à quatre mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : Les conclusions de la commune de Joinville-le-Pont et de M. E tendant au versement d'une somme au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme H G, à M. D B, à la commune de Joinville-le-Pont et à M. F E.

Délibéré après l'audience du 7 mars 2023, à laquelle siégeaient :

M. J, président,

Mme Morisset, première conseillère,

M. Cabal, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 mars 2023.

La rapporteure,

A. I

Le président,

M. JLa greffière,

M. C

La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

N°s 2004463, 2005518

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