jeudi 19 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2004559 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | SCP ARVIS & KOMLY-NALLIER |
Vu la procédure suivante :
I°) Sous le n° 2004559, par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés les 25 juin 2020 et 26 octobre 2022, M. Anthony Sainson, représenté par Me Arvis, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 6 mars 2020 par lequel la directrice des relations et des ressources humaines de l'académie de Créteil l'a suspendu à titre conservatoire du service pour une durée de 4 mois ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que l'arrêté contesté :
- a été pris par une autorité incompétente ;
- est entaché d'inexactitude matérielle des faits et d'erreur d'appréciation, les faits qui lui sont reprochés, non établis, ne justifient pas une suspension à titre conservatoire ;
- est entaché d'un détournement de pouvoir ;
- constitue une discrimination à raison de son handicap.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 juillet 2020, le recteur de l'académie de Créteil conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 26 octobre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 26 octobre 2022 à midi.
II°) Sous le n° 2007013, par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés les 7 septembre 2020 et 28 avril 2021, M. D, représenté par Me Arvis, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 29 juin 2020 par lequel le recteur de l'académie de Créteil lui a infligé la sanction de déplacement d'office ;
2°) d'annuler l'arrêté du 30 juin 2020 par lequel le recteur de l'académie de Créteil l'a affecté à la direction des services départementaux de l'éducation nationale ;
3°) d'enjoindre au recteur de l'académie de Créteil de le réintégrer dans son emploi d'origine et de retirer les pièces disciplinaires de son dossier administratif individuel ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 500 euros en application des dispositions de l'article L 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
Sur l'arrêté du 29 juin 2020 :
- l'arrêté est une décision lui faisant grief ;
- il est insuffisamment motivé ;
- il a été pris à l'issue d'une procédure irrégulière dès lors que l'avis du conseil de discipline du 24 juin 2020 n'est pas motivé ;
- il a été pris à l'issue d'une procédure irrégulière dès lors qu'il n'a pas eu communication avant la séance du conseil de discipline du rapport de saisine ;
- il a été pris à l'issue d'une procédure irrégulière dès lors que le rapport de saisine du conseil de discipline ne comporte ni le nom, ni la signature de son auteur ;
- il a été pris en méconnaissance des droits de la défense dès lors que son conseil n'a pu évoquer certains points devant le conseil de discipline et n'a pu présenter ses observations en dernier ;
- il a été pris à l'issue d'une procédure irrégulière dès lors que la présidente du conseil de discipline a manqué d'impartialité ;
- il a été pris à l'issue d'une procédure irrégulière dès lors qu'il n'est pas établi que le conseil de discipline était régulièrement composé ;
- il est entachée d'inexactitude matérielle des faits et d'erreur d'appréciation, les griefs qui lui sont reprochés n'étant pas établis ;
- la sanction prononcée est disproportionnée au regard des faits qui lui sont reprochés ;
- il est entaché d'un détournement de pouvoir.
Sur l'arrêté du 30 juin 2020 :
- il est entachée d'illégalité en raison de l'illégalité de l'arrêté du 29 juin 2020 prononçant à son encontre la sanction de déplacement d'office ;
- il a été pris par une autorité incompétente ;
- il a été pris à l'issue d'une procédure irrégulière dès lors qu'il n'a pas reçu communication au préalable de son dossier administratif ;
- il porte atteinte à son grade, à ses droits ou sa santé.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 5 novembre 2020 et 28 avril 2021, le recteur de l'académie de Créteil conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 18 mai 2021, la clôture d'instruction a été fixée au 10 juin 2021 à midi.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique d'Etat ;
- décret n° 82-451 du 28 mai 1982 relatif aux commissions administratives paritaires de la fonction publique de l'Etat ;
- le décret n° 84-961 du 25 octobre 1984 relatif à la procédure disciplinaire concernant les fonctionnaires de l'Etat ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Lacote,
- les conclusions de Mme Leboeuf, rapporteure publique,
- et les observations de Me Arvis, représentant M. D.
Considérant ce qui suit :
1. M. Anthony Sainson, secrétaire administratif de l'éducation nationale et de l'enseignement supérieur, est affecté au sein de la division de l'accompagnement médico-social et médical (DASEM) dans le service consacré à la gestion des maladies professionnelles et des accidents de service (DAMESOP 1). Par arrêté du 6 mars 2020, notifié le 9 mars 2020, la directrice des relations et des ressources humaines de l'académie de Créteil l'a suspendu à titre conservatoire du service pour une durée de 4 mois. Par un arrêté du 29 juin 2020, le recteur de l'académie de Créteil lui a infligé la sanction de déplacement d'office. Par un arrêté du 30 juin 2020, le recteur de l'académie de Créteil a affecté M. D à la direction des services départementaux de l'éducation nationale. Par ses requêtes, M. D demande au tribunal l'annulation de ces décisions.
Sur la jonction :
2. Les requêtes susvisées n° 2004559 et n° 2007013 concernent la situation d'un même agent public et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour qu'il y soit statué par un seul jugement.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'arrêté du 6 mars 2020 :
3. En premier lieu, par un arrêté du 3 février 2020, régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture d'Ile-de-France, le recteur de l'académie de Créteil a donné délégation à Mme Carole Laugier, secrétaire générale adjointe, directrice des relations et des ressources humaines et signataire de l'arrêté attaqué, aux fins de signer les actes de gestion des personnels enseignants, d'éducation et d'orientation, administratifs sociaux et de santé placés sous l'autorité du recteur de l'académie de Créteil. Par suite, alors que cette délégation est, eu égard aux attributions de la signataire de l'acte attaqué, suffisamment précise et que M. D n'établit pas que le recteur de l'académie de Créteil n'aurait pas été empêché ou absent, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteure de la décision contestée, qui manque en fait, doit être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article 30 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, dans a version alors en vigueur : " En cas de faute grave commise par un fonctionnaire, qu'il s'agisse d'un manquement à ses obligations professionnelles ou d'une infraction de droit commun, l'auteur de cette faute peut être suspendu par l'autorité ayant pouvoir disciplinaire qui saisit, sans délai, le conseil de discipline. () ". La mesure de suspension prévue par ces dispositions peut être prononcée à l'encontre d'un agent titulaire si les griefs articulés à son encontre présentent un caractère de vraisemblance et de gravité suffisant pour qu'une telle mesure puisse légalement lui être appliquée dans l'intérêt du service.
5. Il ressort des pièces du dossier que, pour prendre la décision du 18 décembre 2019 de suspension à titre conservatoire des fonctions de M. D, la directrice des relations et ressources humaines du rectorat de l'académie de Créteil s'est fondée sur la circonstance qu'une violente altercation verbale a eu lieu entre lui et sa cheffe de service, Mme A, à l'occasion d'un entretien, le 18 février 2020, relatif à sa présence ce même jour, pendant les heures de service et sans autorisation d'absence, à une commission de réforme au cours de laquelle était examiné le dossier d'un de ses collègues, M. E.
6. A cet égard, il ressort du rapport circonstancié et suffisamment précis du 19 février 2020, rédigé par Mme A, que, lors de cet entretien, M. D a haussé le ton en criant et devenant agressif, que Mme A a tenté d'ouvrir la porte du bureau pour ne pas rester seule avec lui mais que ce dernier l'a suivie, l'a empêchée d'ouvrir entièrement la porte et l'a refermée violemment, que Mme A, après lui avoir signifié que l'entretien était terminé, s'est alors dirigée vers la porte qui donne sur le secrétariat mais que M. D s'est mis en travers de son chemin et qu'elle a dû le pousser d'une main pour passer et appeler l'assistante de la division en même temps qu'elle ouvrait la porte, que M. D s'est maintenu sur ses pas en tentant de l'intimider en se dressant devant elle jusqu'à l'intervention de l'assistante de direction provoquant son départ du bureau. Si M. D conteste la matérialité de ces faits, il n'apporte aucun élément de nature à les remettre en cause, notamment aucun témoignage des collègues qui auraient, selon lui, vu Mme A venir le chercher énervée pour passer cet entretien et n'apporte aucune explication sur la circonstance que Mme A ait dû, à l'issue de cet entretien, appeler l'assistante de division qui, dans son témoignage écrit du 18 février 2020, indique qu'elle a entendu des cris dans le bureau, que la porte de celui-ci a claqué, que Mme A l'a appelée par la porte qui mène au secrétariat et qu'une fois entrée dans le bureau, elle a découvert Mme A livide, que M. D a demandé à ce que la porte du bureau soit fermée et qu'elle a prononcé son prénom en lui disant qu'elle restait dans le bureau, suite à quoi seulement M. D est parti. Dans ces conditions, les faits reprochés à M. D ont un caractère de vraisemblance suffisant et permettent de présumer que celui-ci a commis une faute grave. Par suite, il n'est pas fondé à soutenir que la décision contestée serait entachée d'une erreur d'appréciation.
7. En troisième lieu, si M. D soutient que la décision a été prise au motif de l'animosité de Mme A à son égard à raison de sa présence à la commission de réforme examinant le dossier d'un de ses collègues, il ne l'établit pas. Par suite, le détournement de pouvoir allégué n'est pas établi.
8. En dernier lieu, si M. D produit un certificat médical du 22 juin 2020 du docteur C, indiquant que le comportement qui lui est reproché est une manifestation en lien avec le trouble du spectre de l'autisme dont il est atteint, cet élément est sans influence sur la décision de suspension à titre conservatoire qui ne préjuge pas de la responsabilité de l'agent. D'autre part, eu égard à la nature de l'acte de suspension et à la nécessité d'apprécier, à la date à laquelle cet acte a été pris, la condition de légalité tenant au caractère vraisemblable de certains faits, il appartient au juge de l'excès de pouvoir de statuer au vu des informations dont disposait effectivement l'autorité administrative au jour de sa décision. Les éléments nouveaux qui seraient, le cas échéant, portés à la connaissance de l'administration postérieurement à sa décision, ne peuvent ainsi, alors même qu'ils seraient relatifs à la situation de fait prévalant à la date de l'acte litigieux, être utilement invoqués au soutien d'un recours en excès de pouvoir contre cet acte. Or, en l'espèce, le certificat établis par le docteur C est postérieur à la décision du 6 mars 2020 et si l'administration avait connaissance de la situation de handicap de M. D, il ne ressort toutefois pas des pièces du dossier qu'elle en connaissait la nature, couverte par le secret médical. Enfin, M D n'apporte aucun élément de fait susceptible de faire présumer l'existence d'une discrimination à raison de son handicap.
9. Il résulte de tout ce qui précède que M. D n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 6 mars 2020 par lequel la directrice des relations et des ressources humaines de l'académie de Créteil l'a suspendu à titre conservatoire du service pour une durée de 4 mois.
En ce qui concerne l'arrêté du 29 juin 2020 :
10. En premier lieu, l'arrêté attaqué énonce les considérations de droit et de fait sur lesquelles il se fonde et est, dès lors, suffisamment motivé.
11. En deuxième lieu, aux termes de l'article 19 de la loi du 13 juillet 1983, dans sa version alors en vigueur : " () Aucune sanction disciplinaire autre que celles classées dans le premier groupe par les dispositions statutaires relatives aux fonctions publiques de l'Etat, territoriale et hospitalière ne peut être prononcée sans consultation préalable d'un organisme siégeant en conseil de discipline dans lequel le personnel est représenté. / L'avis de cet organisme de même que la décision prononçant une sanction disciplinaire doivent être motivés. ".
12. Il ressort des pièces du dossier et notamment de l'avis du 24 juin 2020 du conseil de discipline s'étant prononcé sur la situation de M. D que celui-ci comporte une motivation suffisante. Par suite, le moyen tiré de ce que l'arrêté contesté aurait été pris à l'issue d'une procédure irrégulière faute pour cet avis d'être motivé, qui manque en fait, ne peut qu'être écarté.
13. En troisième lieu, ni le décret du 25 octobre 1984 susvisé, ni aucune autre disposition législative ou réglementaire, ni aucun principe général ne prévoit la communication préalable au fonctionnaire du rapport établi par l'autorité investie du pouvoir disciplinaire sur les faits reprochés à cet agent, par lequel le conseil de discipline est saisi et qui est lu en séance.
14. A cet égard, il n'est pas contesté que le requérant a pu consulter son dossier et qu'il connaissait les faits qui lui sont reprochés, qui figurent dans la lettre de convocation à la séance du conseil de discipline qui lui a été adressée le 14 mai 2020 et qu'il avait également connaissance du rapport circonstancié de Mme A du 19 février 2020, qu'il produit d'ailleurs à l'appui de sa requête et qui comporte l'ensemble des faits qui lui sont reprochés nonobstant l'absence de leur qualification en " défaut d'obéissance " ou de " manquement au devoir d'exemplarité " et nonobstant la circonstance que le rapport de saisine ne comporterait pas le terme de " menace " retenu par la décision contestée, ce qui au demeurant manque en fait. Par suite, alors que l'intéressé a présenté des observations en défense le 23 juin 2020 sur les faits reprochés et alors qu'il n'est pas démontré que le rapport de saisine aurait contenu des éléments nouveaux qui n'auraient pas été portés à sa connaissance, M. D n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté contesté a été pris à l'issue d'une procédure irrégulière faute qu'il ait eu communication avant la séance du conseil de discipline du rapport de saisine de celui-ci.
15. En quatrième lieu, aucune disposition législative ou réglementaire ou aucun principe ne prescrivent que le rapport établi par l'autorité investie du pouvoir disciplinaire, qui constitue un simple document préparatoire à la décision de l'autorité disciplinaire, comporte le nom de son auteur ou une signature. En tout état de cause, il ne ressort pas des pièces du dossier que le conseil de discipline n'aurait pas été saisie par l'autorité compétente alors que la lettre du 14 mai 2020, qui informe l'intéressé de l'engagement d'une procédure disciplinaire et de la date de la réunion du conseil de discipline, est signée pour le recteur par Mme B. Il ressort ainsi des pièces du dossier que le rapport de saisine du conseil de discipline, qui comporte au demeurant l'entête du rectorat et qui est postérieur à ce courrier, émane de l'autorité ayant pouvoir disciplinaire.
16. En cinquième lieu, M. D allègue qu'à l'occasion du conseil de discipline, la présidente a expressément demandé de ne pas parler de certains faits notamment de la situation de M. E et que, lors de ses ultimes observations, une représentante du personnel a coupé la parole à plusieurs reprises à son conseil, l'empêchant d'avoir la parole en dernier et sans intervention de la présidente. Toutefois, il ne ressort pas de pièces du dossier que le conseil de M. D n'a été mis en mesure d'évoquer tous les points qu'il souhaitait dans les observations écrites en défense présentées au conseil de discipline. Par ailleurs, alors qu'il n'est pas contesté que l'ensemble des griefs reprochés à M. D ont pu être discutés devant le conseil de discipline, la circonstance que n'ont pu être évoqués les débats devant la commission de réforme qui examinait la situation de M. E, à laquelle M. D s'est rendu sans autorisation, est à cet égard sans influence sur les faits concernant M. D dont était saisi le conseil de discipline. En outre, il ressort du procès-verbal de la séance du conseil de discipline que le conseil de M. D a présenté de longues observations sur la situation de M. E et a été invité à présenter d'ultimes observations, ce qu'il a d'ailleurs fait. Par suite, le moyen tiré de ce que la procédure suivie devant le conseil de discipline aurait méconnu les droits de la défense doit être écarté.
17. En sixième lieu, d'une part, la seule circonstance que la présidente du conseil de discipline soit la supérieure hiérarchique de l'auteure des griefs formés à l'encontre du requérant ne saurait suffire à établir qu'elle aurait été partiale à l'occasion de la séance du 24 juin 2020. D'autre part, il ne ressort pas du procès-verbal du conseil de discipline ayant statué sur la situation du requérant que celle-ci aurait fait preuve d'animosité ou de partialité à son égard. Enfin, la circonstance qu'elle est l'auteure du mémoire produit en défense ou l'auteure de l'arrêté du 30 juin 2020 portant changement d'affectation du requérant est sans influence. Par suite, le moyen tiré de ce que l'arrêté contesté a été pris à l'issue d'une procédure irrégulière dès lors que la présidente du conseil de discipline a manqué d'impartialité ne peut qu'être écarté.
18. En septième lieu, aux termes de l'article 27 du décret du 28 mai 1982 relatif aux commissions administratives paritaires de la fonction publique de l'Etat, dans sa version alors en vigueur : " Les commissions administratives paritaires sont présidées par le directeur général, directeur ou chef de service auprès duquel elles sont placées. ". Aux termes de l'article 34 de ce décret, dans a version alors en vigueur : " Les commissions administratives siègent en formation restreinte lorsqu'elles sont saisies de questions résultant de l'application des articles 55, 67 et 70 de la loi du 11 janvier 1984 ainsi que des décisions refusant l'autorisation d'assurer un service à temps partiel et des décisions refusant le bénéfice des congés prévus aux 7° et 7° bis de l'article 34 de cette même loi. Dans les autres cas, elles siègent en assemblée plénière. ". L'article 35 de ce décret, dans sa version alors en vigueur, dispose que : " Lorsque les commissions administratives paritaires siègent en formation restreinte, seuls les membres titulaires et, éventuellement, leurs suppléants représentant le grade auquel appartient le fonctionnaire intéressé et les membres titulaires ou suppléants représentant le grade immédiatement supérieur ainsi qu'un nombre égal de représentants de l'administration sont appelés à délibérer. ".
19. Il ressort des pièces du dossier et notamment du procès-verbal du conseil de discipline du 24 juin 2020 que quatre membres titulaires représentants du personnel et quatre membres de l'administration ont siégé. En outre, il ressort des pièces du dossier que le recteur de l'académie de Créteil a désigné la secrétaire générale de l'académie de Créteil, membre de la commission administrative paritaire, pour le représenter lors de cette séance du 24 juin 2020. Le conseil de discipline, réuni dans une configuration conforme aux dispositions précitées, a pu valablement siéger.
20. En huitième lieu, d'une part, M. D reconnaît s'être absenté de son lieu de travail pour se rendre à réunion de la commission de réforme examinant le dossier d'un de ses collègues, sans autorisation d'absence et sans en informer ses supérieurs. D'autre part, il résulte de ce qui a été dit au point 6 de la présente décision que les faits reprochés à M. D, lors de l'entretien avec Mme A, auquel il reconnaît avoir refusé de se rendre, dans un premier temps, au motif qu'il la rejoindrait dès qu'il aurait terminé son entretien avec un de ses collègues et a ainsi refusé de se conformer à sa demande, doivent être regardés comme établis au regard des pièces du dossier. A cet égard, contrairement à ce que fait valoir l'intéressé, Mme A a pu légitimement se sentir menacée par son comportement indépendamment de la qualification pénale d'une telle menace qui est inopérante. Ces faits constituent une faute de nature à justifier l'infliction d'une sanction disciplinaire à l'intéressé. Par suite, M. D n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté contesté serait entaché d'inexactitude matérielle des faits ou d'une erreur d'appréciation.
21. En neuvième lieu, il ressort des pièces du dossier que M. D s'est déjà vu infliger un blâme le 16 mai 2017 pour manquement à ses obligations d'obéissance hiérarchique, de discrétion professionnelle et de réserve. Si M. D se prévaut de son état de santé et de ce qu'il est atteint d'un trouble du spectre de l'autisme (TSA) et produit un certificat médical du docteur C du 2 juin 2020 qui indique que le comportement de l'intéressé lors de son entretien avec Mme A est illustratif de ce TSA, il n'établit pas que son attitude antérieure en se rendant à la commission de réforme sans y être autorisé, ni que ce comportement agressif et menaçant envers sa supérieure hiérarchique serait justifié exclusivement par celui-ci et en tout état de cause pourrait l'exonérer de toute sanction. Eu égard au caractère répété pour certains des faits en cause, de leur gravité, aux troubles occasionnés dans le fonctionnement du service et en dépit de son ancienneté, de ses bons états de service et de son état de santé, la sanction de déplacement d'office n'est pas, en l'espèce, entachée d'erreur d'appréciation.
22. En dixième lieu, le détournement de pouvoir allégué par M. D n'est pas établi.
23. Il résulte de tout ce qui précède que M. D n'est pas fondé à demander l'annulation l'arrêté du 29 juin 2020 par lequel le recteur de l'académie de Créteil lui a infligé la sanction de déplacement d'office.
En ce qui concerne l'arrêté du 30 juin 2020 :
24. En premier lieu, l'arrêté du 29 juin 2020 par lequel le recteur de l'académie de Créteil a infligé à M. D la sanction de déplacement d'office n'étant, ainsi qu'il vient d'être dit, pas illégale, ce dernier n'est pas fondé à invoquer le moyen tiré de l'exception d'illégalité de cette décision à l'encontre de l'arrêté l'affectant à la direction des services départementaux de l'éducation nationale.
25. En deuxième lieu, par un arrêté du 2 mars 2020, régulièrement publié le 6 mars 2020 au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture d'Ile-de-France, le recteur de l'académie de Créteil a donné délégation à Mme Sylvie Thirard, secrétaire générale du rectorat de l'académie de Créteil et signataire de l'arrêté attaqué, aux fins de signer les actes portant sur la gestion des personnels enseignants, d'éducation et d'orientation, administratifs sociaux et de santé placés sous l'autorité du recteur de l'académie de Créteil. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteure de la décision contestée, qui manque en fait, doit être écarté.
26. En troisième lieu, la décision affectant un agent faisant l'objet d'un déplacement d'office à titre de sanction disciplinaire fait partie intégrante de la mesure disciplinaire, même si elle est matériellement distincte de la décision prononçant le déplacement d'office. Par suite, la circonstance que M. D n'a pas eu communication de son dossier administratif préalablement à son édiction, alors qu'il en a eu communication préalablement à l'intervention de l'arrêté du 29 juin 2020 prononçant la sanction de déplacement d'office, est sans influence sur sa légalité.
27. En dernier lieu, d'une part, il ressort des pièces du dossier que M. D a été affecté auprès de la DSDEN 94 en qualité de secrétaire administratif sur un poste correspondant à son grade et, d'autre part, le recteur fait valoir sans être sérieusement contredit que ses missions sont conformes aux tâches d'application prévues par les dispositions statutaires communes applicables au corps des secrétaires administratifs des administrations de l'Etat et que l'intéressé continue de bénéficier de l'aménagement horaire mis en œuvre dans le cadre de l'aménagement du poste de travail qui lui a été accordé en 2010 et renouvelé chaque année depuis lors. En outre, l'intéressé n'apporte aucun élément au soutien de son allégation selon laquelle ce nouveau poste serait incompatible avec son état de santé. Par suite, il n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté contesté porterait atteinte à son grade, à ses droits ou sa santé.
28. Il résulte de tout ce qui précède que M. D n'est pas fondé à demander l'annulation l'arrêté du 30 juin 2020 par lequel le recteur de l'académie de Créteil l'a affecté à la direction des services départementaux de l'éducation nationale. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés à l'instance :
29. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".
30. Ces dispositions font obstacle à ce que la somme demandée par M. D au titre de ces dispositions soit mise à la charge de l'Etat qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. Anthony Sainson et au recteur de l'académie de Créteil.
Délibéré après l'audience du 4 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
M. Dewailly, président,
Mme Bourdin, première conseillère,
M. Lacote, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 janvier 2023.
Le rapporteur,
J.-N. LACOTE
Le président,
S. DEWAILLY
La greffière,
C. SISTAC
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°s 2004559,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026