jeudi 29 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2004705 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C+ |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | LERAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 1er juillet 2020, M. A B, représenté par Me Lerat, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 12 mars 2020 par laquelle le maire de Montévrain a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de la rechute de son accident de service du 19 mai 2009, survenue le 8 mars 2019, ainsi que de ses arrêts de travail à compter de cette date, et de lui octroyer un congé pour invalidité temporaire imputable au service (CITIS) ;
2°) d'enjoindre à la commune de Montévrain, à titre principal, de reconnaître l'imputabilité au service de la rechute et des arrêts précités, après saisine de la commission de réforme, et, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation, dans le délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Montévrain la somme de 2 000 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision contestée est insuffisamment motivée en fait et en droit ;
- elle est entachée d'un vice de procédure, faute de saisine de la commission de réforme ;
- elle est entachée d'erreurs de droit ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 6 novembre 2020, la commune de Montévrain, représentée par le cabinet Seban et associés, agissant par Me Carrère, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. B la somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens invoqués par le requérant sont inopérants ou infondés.
Par une ordonnance du 3 juin 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 3 juillet 2022 à 12 h 00.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 24 juin 2020.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'ordonnance n° 2017-53 du 19 janvier 2017 ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 87-602 du 30 juillet 1987 ;
- le décret n° 2019-301 du 10 avril 2019 ;
- l'arrêté du 4 août 2004 relatif aux commissions de réforme des agents de la fonction publique territoriale et de la fonction publique hospitalière ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Leconte, rapporteure,
- les conclusions de Mme Barruel, rapporteure publique,
- et les observations de Me Lerat, représentant le requérant.
Considérant ce qui suit :
1. Titulaire du grade d'adjoint administratif territorial, M. A B, recruté par la commune de Montévrain en 2001 en qualité d'adjoint d'animation, puis reclassé au sein de la police municipale le 1er octobre 2017 en qualité d'opérateur de surveillance, a été victime d'un accident de service le 19 mai 2009. Après avoir été affecté, à plusieurs reprises, de troubles invalidants reconnus imputables à cet accident, M. B a formé, par courrier transmis à son employeur le 19 février 2020, une demande tendant à la reconnaissance d'une rechute de l'accident de service précité, survenue le 8 mars 2019, ainsi que la prise en charge à ce titre de ses arrêts de travail à compter de cette date. Par une décision du 12 mars 2020 dont le requérant demande l'annulation, le maire de Montévrain a rejeté cette demande.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Les nouvelles dispositions réglementaires ont, en principe, vocation à s'appliquer immédiatement aux situations juridiques en cours à compter de leur entrée en vigueur, sous réserve, sauf s'il en est disposé autrement par la loi, des exigences attachées au principe de non-rétroactivité des actes administratifs. En outre, l'autorité administrative ne saurait, sans porter atteinte à ce principe, fixer un point de départ d'un délai à une date antérieure à celle de l'entrée en vigueur des nouvelles dispositions instituant ce délai.
3. L'article 10 de l'ordonnance du 19 janvier 2017 portant diverses dispositions relatives au compte personnel d'activité, à la formation et à la santé et la sécurité au travail dans la fonction publique a institué un congé pour invalidité temporaire imputable au service, en insérant dans la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires l'article 21 bis, et en modifiant en conséquence des dispositions de la loi du 26 janvier 1984 régissant la fonction publique territoriale. En application de ces dispositions, le décret du 10 avril 2019 relatif au congé pour invalidité temporaire imputable au service dans la fonction publique territoriale a modifié le décret du 30 juillet 1987 en fixant les conditions de procédure, applicables à l'octroi de ce nouveau congé. Aux termes du nouvel article 37-17 du décret du 30 juillet 1987 créé par le décret du 10 avril 2019 précité : " () Toute modification de l'état de santé du fonctionnaire constatée médicalement postérieurement à la date de guérison apparente ou de consolidation de la blessure qui nécessite un traitement médical peut donner lieu à un nouveau congé pour invalidité temporaire imputable au service. / La rechute est déclarée dans le délai d'un mois à compter de sa constatation médicale () ".
4. A compter du 13 avril 2019, date de leur entrée en vigueur, les dispositions du décret du 10 avril 2019 ont vocation à s'appliquer aux situations en cours, sous réserve des exigences attachées au principe de non-rétroactivité. L'article 37-17 qui institue le délai d'un mois à compter de la constatation médicale de la rechute, à l'expiration duquel il appartient à l'agent public de déclarer auprès de son employeur cette rechute, ouvrant droit au bénéfice d'un nouveau congé pour invalidité temporaire imputable au service n'est pas au nombre des cas énumérés par les dispositions transitoires prévues par l'article 15 du décret précité qui visent expressément les articles 37-2 à 37-7 du décret du 30 juillet 1987. Dans ces conditions, et en application des principes rappelés précédemment, dès lors qu'il est procédé à la constatation médicale de la rechute à une date antérieure à l'entrée en vigueur du décret du 10 avril 2019, les dispositions de l'article 37-17 qui fixent le point de départ du délai d'un mois, à l'expiration duquel l'agent public doit transmettre sa déclaration de rechute, ne s'appliquent pas.
5. Il résulte des termes de la décision attaquée que pour rejeter la demande de M. B tendant à la reconnaissance d'une rechute de son accident de service, le maire de Montévrain a fait application des dispositions susvisées de l'article 37-17 du décret n° 87-602 du 30 juillet 1987 modifié, et s'est fondé sur le motif tiré de la tardiveté de cette demande, présentée, le 19 février 2020, au-delà d'un délai d'un mois à compter de la constatation médicale de la rechute, faisant obstacle à son instruction. Toutefois, il est constant que la constatation médicale de la rechute de M. B a été posée le 8 mars 2019, avant la date d'entrée en vigueur du décret du 10 avril 2019. Dès lors, quand bien même le requérant a transmis à son employeur la déclaration de rechute de son accident le 19 février 2020, les nouvelles dispositions de l'article 37-17 du décret précité exigeant le respect du délai d'un mois à compter de la constatation médicale de la rechute pour déposer sa déclaration n'ont pas vocation à s'appliquer. Par suite, en refusant d'instruire la demande déposée par l'intéressé, au seul motif que celle-ci était, en application de ces dispositions du décret du 10 avril 2019, tardive, l'autorité territoriale a entaché sa décision d'une erreur de droit.
6. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, la décision du maire de Montévrain du 12 mars 2020 doit être annulée.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
7. Aux termes des dispositions de l'article L. 911-2 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision juridictionnelle, que cette nouvelle décision doit intervenir dans un délai déterminé. / () "
8. Eu égard au motif d'annulation retenu, le présent jugement implique seulement mais nécessairement, par application des dispositions de l'article L. 911-2 du code de justice administrative, sous réserve de tout changement dans les circonstances de fait ou de droit, d'enjoindre à la commune de Montévrain de prendre une nouvelle décision sur la demande de M. B, après instruction de celle-ci, dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
9. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ". Aux termes de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " () Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens, ou qui perd son procès, et non bénéficiaire de l'aide juridictionnelle, à payer à l'avocat pouvant être rétribué, totalement ou partiellement, au titre de l'aide juridictionnelle, une somme qu'il détermine et qui ne saurait être inférieure à la part contributive de l'Etat majorée de 50 %, au titre des honoraires et frais non compris dans les dépens que le bénéficiaire de l'aide aurait exposés s'il n'avait pas eu cette aide. () / Si l'avocat du bénéficiaire de l'aide recouvre cette somme, il renonce à percevoir la part contributive de l'Etat. () ".
10. M. B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique. Il y a lieu, par application de ces dispositions, de mettre à la charge de la commune de Montévrain la somme de 1 500 euros à verser à Me Lerat, sous réserve pour celle-ci de renoncer à percevoir la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle. Les dispositions susvisées font obstacle à ce que la somme demandée au même titre par la commune de Montévrain soit mise à la charge de M. B, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.
D É C I D E :
Article 1er : La décision du maire de Montévrain du 12 mars 2020 est annulée.
Article 2 : Il est enjoint à la commune de Montévrain de réexaminer la demande de M. B, dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Il est mis à la charge de la commune de Montévrain la somme de 1 500 euros, sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, à verser à Me Lerat, sous réserve pour celle-ci de renoncer à percevoir la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.
Article 5 : Les conclusions présentées par la commune de Montévrain sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à la commune de Montévrain et à Me Lerat.
Délibéré après l'audience du 15 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Lopa Dufrénot, présidente,
Mme Leconte, conseillère,
Mme Mentfakh, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 29 septembre 2022.
La rapporteure,
S. LECONTELa présidente,
M. CLa greffière,
V. TAROT
La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026