jeudi 10 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2005750 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | WEIZMANN BORZAKIAN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 26 juillet 2020, M. A F, représenté par Me Borzakian, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision de la ministre du travail en date du 30 juin 2020 en tant qu'elle a autorisé la société Qualipel à prononcer son licenciement.
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée a été signée par une autorité incompétente ;
- la matérialité des griefs qui lui sont reprochés n'est pas établie étant rappelé que le doute doit profiter au salarié.
Par un mémoire enregistré le 20 août 2020, la société Qualipel, représentée par Me Besnards Boelle, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. F sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ; elle soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense enregistré le 1er décembre 2021, la ministre du travail, de l'emploi et de l'insertion conclut au rejet de la requête ; elle soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Timothée Gallaud, président,
- et les conclusions de Mme Sophie Delormas, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La société Qualipel a sollicité le 24 octobre 2019 l'autorisation de licencier pour motif disciplinaire M. F, salarié protégé. Par une décision du 29 décembre 2019, l'inspecteur du travail a fait droit à cette demande. M. F a formé un recours hiérarchique à l'encontre de cette décision le 14 janvier 2020. Par une décision du 30 juin 2019, la ministre du travail a annulé la décision de l'inspection du travail et autorisé le licenciement de M. F. Ce dernier doit être regardé comme demandant l'annulation de la décision de la ministre en tant qu'elle autorise son licenciement.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, par une décision du 3 janvier 2020 modifiant la décision du 17 juin 2019 portant délégation de signature au sein de la direction générale du travail, publiée au Journal officiel de la République française, délégation a été donné à Mme D E, adjointe à la chef du bureau du statut protecteur à l'effet de signer, dans la limite des attributions du bureau du statut protecteur et au nom de la ministre chargée du travail, tous actes, décisions ou conventions à l'exclusion des décrets. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de la décision attaqué ne peut qu'être écarté.
3. En second lieu, en vertu des dispositions du code du travail, les salariés légalement investis de fonctions représentatives bénéficient, dans l'intérêt de l'ensemble des salariés qu'ils représentent, d'une protection exceptionnelle. Lorsque le licenciement d'un de ces salariés est envisagé, ce licenciement ne doit pas être en rapport avec les fonctions représentatives normalement exercées ou l'appartenance syndicale de l'intéressé. Dans le cas où la demande de licenciement est motivée par un comportement fautif, il appartient à l'inspecteur du travail, et le cas échéant au ministre, de rechercher, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, si les faits reprochés au salarié sont d'une gravité suffisante pour justifier son licenciement, compte tenu de l'ensemble des règles applicables au contrat de travail de l'intéressé et des exigences propres à l'exécution normale du mandat dont il est investi. En outre, il résulte des dispositions de l'article L. 1235-1 du code du travail que, lorsqu'un doute subsiste au terme de l'instruction diligentée par le juge sur l'exactitude matérielle des faits à la base des griefs formulés par l'employeur contre le salarié, ce doute profite au salarié.
4. La décision attaquée repose sur un premier grief tiré de ce que M. F a eu, à l'encontre de Mme B, des propos et des agissements fautifs, à caractère dégradant, pouvant être assimilés à du harcèlement sexuel, la ministre du travail se fondant sur le fait que les propos rapportés par cette dernière n'ont pas à être remis en cause dès lors que M. F avait demandé à Mme B si elle était à l'origine du témoignage à une époque où l'identité de l'auteur était confidentielle, que celui-ci ne produit pas d'éléments concrets et refuse de donner le nom du salarié qui l'aurait informé du nom de l'auteur du témoignage. Toutefois, aucun autre élément au dossier ne permet de confirmer la matérialité des faits consignés par Mme B dans son témoignage et précisés lors de l'enquête administrative. Contrairement à ce qu'a estimé l'administration, il résulte des termes mêmes des dispositions de l'article L. 1154-1 du code du travail que le régime particulier de preuve qu'elles prévoient au bénéfice du salarié s'estimant victime de harcèlement n'est pas applicable lorsque survient un litige, auquel ce dernier n'est pas partie, opposant un employeur à l'un de ses salariés auquel il est reproché d'être l'auteur de tels faits. Dans ces conditions, M. F est fondé à soutenir que la matérialité du grief ayant trait à son attitude à l'égard de Mme B n'est pas établie.
5. Toutefois, la décision attaquée repose sur un autre grief tiré du comportement de M. F dans le cadre de ses relations de travail, de manière générale et en particulier avec Mme Dahmani, conseillère commerciale qui a été affectée dans l'équipe encadrée par le requérant à compter du mois de septembre 2018. La ministre a en particulier relevé que le requérant a fait preuve d'une attitude déstabilisante et dévalorisante à l'endroit de M. C, tenant de façon régulière des propos à caractères sexiste et raciste.
6. Il ressort des pièces du dossier, en particulier des attestations produites par l'employeur et du compte rendu de l'audition de plusieurs salariés devant le comité d'hygiène et de sécurité des conditions de travail que M. F a tenu régulièrement des propos à caractères racistes et sexistes devant ses collègues et pendant le temps du travail, ce qui a été de nature à déstabiliser, notamment, les personnes placées sous son autorité, en particulier Mme C, la circonstance que certains salariés n'ont pas exprimé de malaise relatif à la tenue de tels propos étant sans incidence sur la réalité du grief sur lequel s'est ainsi fondé à juste titre la ministre dès lors qu'il est matériellement établi.
7. Il résulte de l'instruction que la ministre aurait pris la même décision si elle s'était seulement fondé sur le grief évoqué au point 6. Par suite, M. F n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision par laquelle la ministre du travail a autorisé son licenciement.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par M. F au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. F la somme que demande la société Qualipel au même titre.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. F est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la société Qualipel au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A F, à la ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion et à la société Qualipel.
Délibéré après l'audience publique du 21 octobre 2022 à laquelle siégeaient :
M. Timothée Gallaud, président,
Mme Sonia Norval-Grivet, première conseillère,
Mme Félicie Bouchet, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 novembre 2022.
Le président-rapporteur,
T. GallaudL'assesseure la plus ancienne
dans l'ordre du tableau,
S. Norval-Grivet
La greffière,
O. Dusautois
La République mande et ordonne au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026