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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2005756

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2005756

mardi 8 novembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2005756
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation7ème chambre
Avocat requérantSCP TIRARD & ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires enregistrés les 27 juillet 2020, 17 novembre 2020, 17 juin 2021 et 18 février 2022, la société à responsabilité limitée (SARL) Immoprim, représentée par la SCP Tirard et associés, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté en date du 22 novembre 2019 par lequel le maire de Maisons-Alfort a refusé de lui délivrer un permis de construire un immeuble de huit logements collectifs et un commerce sur un terrain situé 92 avenue Gambetta sur le territoire de la commune de Maisons-Alfort ;

2°) d'enjoindre au maire de Maisons-Alfort de lui délivrer le permis de construire sollicité, dans un délai de quinze jours à compter du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Maisons-Alfort une somme de 3 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- le motif tiré de l'irrégularité du document d'insertion graphique est sans fondement dès lors que ce document permettait d'apprécier l'insertion du projet sans minoration de la hauteur réelle de la construction projetée ;

- par la voie de l'exception, le refus d'accord du préfet de région est illégal en raison, d'une part, de l'illégalité de la délibération du conseil municipal du 7 octobre 2010 délimitant le périmètre des abords de l'Orangerie pour méconnaître les dispositions des articles L. 621-30 et L. 621-32 du code du patrimoine et, d'autre part, d'être entaché d'une erreur d'appréciation dès lors que le projet ne porte pas atteinte aux abords du monument historique ;

- le projet ne méconnaît pas les dispositions de l'article UB10.1 du règlement du plan local d'urbanisme dès lors que la hauteur de 11,60 mètres mesurée à l'égout est inférieure au maximum de 12 mètres fixé par ce plan ; en tout état de cause, le permis de construire ne pouvait être légalement refusé dès lors qu'une simple prescription suffisait pour permettre d'assurer la légalité du projet ;

- le projet s'insère parfaitement dans son environnement et ne méconnaît pas, par suite, les dispositions de l'article UB 11 du règlement du plan local d'urbanisme.

Par des mémoires en défense enregistrés les 7 octobre 2020, 28 avril 2021 et 2 août 2021, et un mémoire du 13 octobre 2022 non communiqué, la commune de Maisons-Alfort, représentée par la SELARL Genesis avocats, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de la SARL Immoprim une somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Par un mémoire en intervention, enregistré le 9 février 2022, le préfet de la région Ile-de-France demande que soit rejetée, par les mêmes motifs que ceux exposés par la commune de Maisons-Alfort, la requête de la SARL Immoprim.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code du patrimoine ;

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Morisset, conseillère,

- les conclusions de M. Zanella, rapporteur public,

- et les observations de Me Baysan représentant la SARL Immoprim et de Me Menesplier représentant la commune de Maisons-Alfort.

Considérant ce qui suit :

1. Le 17 juin 2019, la SARL Immoprim a déposé en mairie de Maisons-Alfort (Val-de-Marne) une demande de permis de construire en vue de la réalisation d'un immeuble de huit logements collectifs et d'un commerce, pour une surface de plancher de 617 m², sur une parcelle située au 92 avenue Gambetta, en zone UBa du plan local d'urbanisme de la commune. Par un arrêté du 22 novembre 2019, le maire de Maisons-Alfort a refusé de délivrer le permis de construire sollicité en se fondant, notamment, sur l'avis conforme défavorable rendu le 19 août 2019 par l'architecte des Bâtiments de France. Le 15 janvier 2020, la société pétitionnaire a saisi le préfet de la région Ile-de-France d'un recours gracieux contre l'avis de l'architecte des bâtiments de France qui a été explicitement rejeté le 11 mai 2020. Par la présente requête, la SARL Immoprim demande au tribunal d'annuler la décision du 22 novembre 2019.

Sur l'intervention du préfet de la région Ile-de-France :

2. L'arrêté attaqué ayant été notamment pris au regard de l'avis défavorable de l'architecte des bâtiments de France du 19 août 2019, auquel s'est substituée la décision du préfet de la région Ile-de-France rejetant implicitement le recours gracieux formé par la société requérante contre cet avis, le préfet de région a intérêt au rejet de la demande de la SARL Immoprim. Son intervention au soutien des conclusions de la commune de Maisons-Alfort est ainsi recevable.

Sur les conclusions à fins d'annulation :

3. En premier lieu, aux termes de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend une notice précisant : / 1° L'état initial du terrain et de ses abords indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; () ". Aux termes de l'article R. 431-9 du même code : " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. Ce plan de masse fait apparaître les travaux extérieurs aux constructions, les plantations maintenues, supprimées ou créées et, le cas échéant, les constructions existantes dont le maintien est prévu. () ". Aux termes de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également : () / c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse ".

4. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.

5. Il ressort des pièces du dossier que la demande de permis de construire comprenait un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet dans son environnement proche. Il ne résulte pas de ces mêmes pièces, notamment des plans des façades, sur lesquels sont représentées les constructions avoisinantes et mentionnées les hauteurs, que le document d'insertion graphique ne reflèterait pas une représentation fidèle de la situation, en minorant, notamment, les hauteurs réelles. Par suite, le maire de Maisons-Alfort ne pouvait légalement refuser le permis de construire au motif de l'irrégularité du document d'insertion graphique versé au dossier.

6. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 621-32 du code du patrimoine, dans sa version applicable au projet en cause : " Les travaux susceptibles de modifier l'aspect extérieur d'un immeuble, bâti ou non bâti, protégé au titre des abords sont soumis à une autorisation préalable. L'autorisation peut être refusée ou assortie de prescriptions lorsque les travaux sont susceptibles de porter atteinte à la conservation ou à la mise en valeur d'un monument historique ou des abords. Lorsqu'elle porte sur des travaux soumis à formalité au titre du code de l'urbanisme ou au titre du code de l'environnement, l'autorisation prévue au présent article est délivrée dans les conditions et selon les modalités de recours prévues aux articles L. 632-2 et L. 632-2-1 ". Selon l'article L. 632-2 du même code : " I- Le permis de construire, le permis de démolir, le permis d'aménager, l'absence d'opposition à déclaration préalable, l'autorisation environnementale prévue par l'article L. 181-1 du code de l'environnement ou l'autorisation prévue au titre des sites classés en application de l'article L. 341-10 du même code tient lieu de l'autorisation prévue à l'article L. 632-1 du présent code si l'architecte des Bâtiments de France a donné son accord, le cas échéant assorti de prescriptions motivées. A ce titre, il s'assure du respect de l'intérêt public attaché au patrimoine, à l'architecture, au paysage naturel ou urbain, à la qualité des constructions et à leur insertion harmonieuse dans le milieu environnant. Il s'assure, le cas échéant, du respect des règles du plan de sauvegarde et de mise en valeur ou du plan de valorisation de l'architecture et du patrimoine. En cas de silence de l'architecte des Bâtiments de France, cet accord est réputé donné. L'autorisation délivrée énonce, le cas échéant, les prescriptions motivées auxquelles le demandeur doit se conformer. / () III. - Un recours peut être exercé par le demandeur à l'occasion du refus d'autorisation de travaux. Il est alors adressé à l'autorité administrative, qui statue. En cas de silence, l'autorité administrative est réputée avoir confirmé la décision de l'autorité compétente pour délivrer l'autorisation () ". Enfin, aux termes de l'article R. 424-14 du code de l'urbanisme : " Lorsque le projet est situé dans le périmètre d'un site patrimonial remarquable ou dans les abords des monuments historiques, le demandeur peut, en cas d'opposition à une déclaration préalable ou de refus de permis fondé sur un refus d'accord de l'architecte des Bâtiments de France, saisir le préfet de région, par lettre recommandée avec demande d'avis de réception, d'un recours contre cette décision dans le délai de deux mois à compter de la notification de l'opposition ou du refus. () / Le délai à l'issue duquel le préfet de région est réputé avoir confirmé la décision de l'autorité compétente en cas de recours du demandeur est de deux mois. / Si le préfet de région infirme le refus d'accord de l'architecte des Bâtiments de France, l'autorité compétente en matière d'autorisations d'urbanisme statue à nouveau dans le délai d'un mois suivant la réception de la décision du préfet de région. ".

7. Il résulte de ces dispositions que la délivrance d'un permis de construire est subordonnée, lorsque les travaux envisagés sont situés dans le périmètre d'un site patrimonial remarquable ou dans les abords des monuments historiques, à l'avis conforme de l'architecte des bâtiments de France ou, lorsque celui-ci a été saisi, du préfet de région. Toutefois, si l'avis de celui-ci se substitue alors à celui de l'architecte des bâtiments de France, l'ouverture d'un tel recours administratif, qui est un préalable obligatoire à toute contestation de la position ainsi prise au regard de la protection d'un édifice classé ou inscrit, n'a ni pour objet ni pour effet de permettre l'exercice d'un recours contentieux contre cet avis. La régularité et le bien-fondé de l'avis de l'architecte des bâtiments de France ou, le cas échéant, de la décision du préfet de région ne peuvent en effet être contestés, par la voie de l'exception d'illégalité, qu'à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir dirigé contre la décision de refus du permis de construire et présenté par une personne ayant un intérêt pour agir.

8. En l'espèce, la décision du préfet de la région Ile-de-France du 11 mai 2020 rejetant le recours préalable formé par la société Immoprim contre l'avis défavorable émis le 19 août 2019 par l'architecte des Bâtiments de France et auquel elle s'est substituée, est motivée par le fait que " le projet d'un immeuble R+4 est trop important par rapport à l'échelle des constructions environnantes et serait de nature à porter atteinte aux vestiges du château de Charentonneau ".

9. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que le projet en litige, consistant en la réalisation d'un immeuble de quatre niveaux dont le dernier en retrait de façade, est situé à plus de 800 mètres à vol d'oiseau des vestiges de l'orangerie du château de Charentonneau, lequel est implanté dans un parc entouré sur les trois de ses quatre côtés par des immeubles collectifs de plus de dix étages. Le projet s'inscrit, par ailleurs, le long de l'avenue Gambetta qui est elle-même bordée de plusieurs immeubles collectifs, dont deux situés à quelques dizaines de mètres seulement du projet. Si l'environnement proche est constitué de pavillons individuels, ceux-ci sont cependant d'architecture disparate. Il résulte de ce qui précède¸ et nonobstant la présence alentour de constructions dites " patrimoniales " identifiées au plan local d'urbanisme que le projet en litige, par sa volumétrie, ne peut être regardé comme portant atteinte à la conservation ou à la mise en valeur des vestiges de l'orangerie du château de Charentonneau, ni à ses abords. Par suite, la société requérante est fondée à soutenir, par la voie de l'exception, que la décision du préfet de la région Ile-de-France du 11 mai 2020 se substituant à l'avis de l'architecte des bâtiments de France est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

10. En troisième lieu, aux termes de l'article UB-11 du règlement du plan local d'urbanisme : " Les constructions nouvelles sont conçues pour permettre leur bonne intégration avec la typologie architecturale du secteur ou de la rue : / - dans le choix des matériaux employés, qui par leur texture ou leur teinte, doivent s'harmoniser avec les matériaux traditionnels ; / - dans le choix de la couleur des menuiseries et des ferronneries et, de façon générale, de toute partie de la construction recevant une peinture ; / - dans l'expression des rythmes horizontaux et verticaux caractéristiques de la rue ; / - dans l'organisation et le dimensionnement des percements. ".

11. Si ces dispositions sont destinées à assurer la bonne intégration des nouvelles constructions au sein de l'environnement d'implantation, il ressort des pièces du dossier, en particulier des photographies, que la rue dans laquelle doit s'implanter le projet est marqué par la présence de bâtiments présentant une hauteur variable et implantés, s'agissant de cette hauteur, de manière aléatoire. Il s'ensuit que la contiguïté du projet de construction avec des bâtiments de moindre hauteur n'est pas de nature à altérer par lui-même l'intégration de celui-ci au sein de la rue s'agissant de l'expression des rythmes horizontaux et verticaux. Par suite, la SARL Immoprim est fondée à soutenir que le maire de Maisons-Alfort a inexactement apprécié les circonstances de l'espèce en refusant de délivrer le permis de construire sollicité pour méconnaître les dispositions de l'article UB-11 du règlement du plan local d'urbanisme.

12. En quatrième lieu, aux termes de l'article UB.10 (hauteur maximale des constructions) du plan local d'urbanisme de la commune de Maisons-Alfort : " Règle générale : La hauteur des constructions est définie par trois dispositions qui doivent être appliquées simultanément : -une hauteur plafond (HP)* qui est limitée à 15 mètres ; -une hauteur de façade (Hf)* qui est limitée à 12 mètres ; -une oblique* inclinée selon un angle maximal de 70° partant du sommet de la hauteur de façade (Hf)* autorisée ci-dessus, jusqu'à l'horizontale formée par la hauteur plafond (Hp)*. Aucune partie de la construction, à l'exception des lucarnes, ne doit s'inscrire à l'extérieur de cette oblique () ". Selon le chapitre 1 du règlement du plan local d'urbanisme intitulé " Les définitions communes au règlement ", " la hauteur de façade (Hf) correspond à la verticale qui se mesure au droit de la construction : / - à compter du sol existant avant travaux ; / - jusqu'à l'égout du toit ou au sommet de l'acrotère " alors que " la hauteur plafond des constructions (Hp) est mesurée à compter du sol existant avant travaux jusqu'au point le plus haut de la construction ou partie de construction. Sont exclus de ce calcul dans la limite de 1 m, les ouvrages tels que souches de cheminées et de ventilation, antennes, machineries d'ascenseur, locaux techniques, gardes corps, dispositif domestique de production d'énergie renouvelable ". Ce même document indique s'agissant d'un niveau en attique qu'il s'agit d'un " niveau supérieur d'une construction, édifié en retrait d'au moins 2 mètres de la façade ".

13. Il résulte de ces dispositions que la hauteur d'une construction doit respecter trois conditions cumulatives maximum, dont deux portant, la première, sur une hauteur plafond limitée à 15 mètres et, la seconde, sur une hauteur de façade (Hf) limitée à 12 mètres. Pour une construction disposant d'un niveau en attique, comme le prévoit le projet, il ne peut être pris en compte au titre de la hauteur plafond (Hp) que s'il respecte la distance de retrait d'au moins deux mètres de la façade. Dans le cas contraire, il en est tenu compte dans le calcul au titre de la hauteur de façade (Hf).

14. En l'espèce, il n'est pas contesté que le niveau en attique est en retrait de 1,96 mètres et ne peut être, par suite, qualifié comme tel au sens du règlement du plan local d'urbanisme. Dans ces conditions, compte tenu des règles de calcul rappelées au point précédent, et ainsi qu'il ressort des pièces constituant la demande de permis de construire, notamment du plan de la façade nord, cette façade respecte, s'agissant de la hauteur Hf, la hauteur maximale de 12 mètres mesurée à la verticale au droit de la construction. Pour le calcul de la hauteur Hp, et en y intégrant le niveau en attique, il résulte de ces mêmes pièces que la construction projetée à une hauteur de 14,80 mètres, soit inférieure à 15 mètres. Il s'ensuit que c'est également à tort que le maire d'Alfortville s'est fondé sur la méconnaissance des dispositions de l'article UB 10 du règlement du plan local d'urbanisme pour refuser de délivrer le permis de construire.

15. Il résulte de tout ce qui précède que la société Immoprim est fondée à soutenir que c'est à tort que le maire d'Alfortville, par son arrêté du 22 novembre 2019, a refusé de lui délivrer le permis de construire et à en demander son annulation.

Sur les conclusions aux fins d'injonction :

16. Aux termes de l'article L.911-1 du code de justice administrative, " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. ".

17. Lorsque le juge annule un refus d'autorisation ou une opposition à une déclaration après avoir censuré l'ensemble des motifs que l'autorité compétente a énoncés dans sa décision conformément aux prescriptions de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme ainsi que, le cas échéant, les motifs qu'elle a pu invoquer en cours d'instance, il doit, s'il est saisi de conclusions à fin d'injonction, ordonner à l'autorité compétente de délivrer l'autorisation ou de prendre une décision de non-opposition.

18. Dans les circonstances de l'espèce, et alors que la commune de Maisons-Alfort ne fait état d'aucun autre motif susceptible de justifier le refus de permis de construire, l'exécution du présent jugement implique nécessairement que le maire de Maisons-Alfort délivre le permis de construire sollicité par la société Immoprim. Il y a lieu, par suite, d'enjoindre au maire de Maisons-Alfort d'y procéder dans un délai de deux mois à compter de la notification de la présente décision.

Sur les frais liés au litige :

19. Les dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la société Immoprim, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la commune de Maisons-Alfort demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la commune de Maisons-Alfort une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la société Immoprim et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : L'intervention du préfet de la région Ile-de-France est admise.

Article 2 : La décision du maire de Maisons-Alfort du 22 novembre 2019 est annulée.

Article 3 : Il est enjoint à la commune de Maisons-Alfort de délivrer le permis de construire sollicité par la société Immoprim dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 4 : La commune de Maisons-Alfort versera à la société Immoprim la somme de 1 500 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Article 5 : Le surplus des conclusions est rejeté.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à la société Immoprim, à la commune de Maisons-Alfort et au préfet de la région Ile-de-France.

Délibéré après l'audience du 25 octobre 2022 à laquelle siégeaient :

M. L'hirondel, président,

Mme Morisset, conseillère,

M. Cabal, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 novembre 2022.

La rapporteure,

Mme MORISSETLe président,

M. L'HIRONDEL

La greffière,

L. DARNAL

La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui la concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

N°2005756

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