LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2005962

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2005962

vendredi 23 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2005962
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème chambre
Avocat requérantSCP ZURFLUH LEBATTEUX SIZAIRE & ASSOCIÉS

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I. Par une requête n° 2002345 et un mémoire, enregistrés les 12 mars 2020 et 5 février 2021, M. B A et la société à responsabilité limitée Multi Loisirs, représentés par Me Jobelot, demandent au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 3 octobre 2019 par lequel le maire de Villevaudé a refusé de délivrer le permis d'aménager portant sur la démolition de l'existant et la création d'un lotissement de quinze lots à bâtir sur un terrain situé 54 rue de la Tour, ensemble la décision portant rejet du recours gracieux contre cet arrêté ;

2°) d'enjoindre à la commune de Villevaudé de réexaminer leur demande dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Villevaudé une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- leur requête est recevable ;

- les décisions attaquées méconnaissent les dispositions de l'ordonnance n° 2014-1328 du 6 novembre 2014 relative à la communication des avis préalables dès lors que la commune n'a pas communiqué l'avis défavorable du 14 mai 2019 de la communauté de communes Plaines et Monts de France ;

- elles sont entachées d'une erreur d'appréciation dès lors qu'elles respectent les dispositions des articles UB 3 et AU 3 du règlement du plan local d'urbanisme, la voie nouvelle créée comportant bien une aire de retournement ;

- elles sont entachées d'une erreur d'appréciation dès lors que l'arrêté du 3 octobre 2019 ne démontre pas que le projet serait contraire aux dispositions de l'article R. 111-8 du code de l'urbanisme, ni l'impossibilité de réaliser le projet d'assainissement par la sente Ladouce ; en tout état de cause, l'arrêté du 3 octobre 2019 aurait pu prévoir de simples prescriptions ;

- la substitution de motifs sollicitée n'est pas motivée dès lors que la commune n'invoque aucune méconnaissance des dispositions des articles UB 4 et AU 4 du règlement du plan local d'urbanisme ; en outre, il n'est pas impossible de raccorder le projet au réseau d'assainissement et la méthode proposée par les pétitionnaires est cohérente avec le terrain naturel ; ainsi, le litige porte sur le choix du raccordement et non sur l'impossibilité de se raccorder au réseau ; enfin, la demande de substitution de motifs masque difficilement la réalité de la position de la commune qui tente par tous les moyens de faire obstruction aux demandes des requérants ;

- l'information relative à la situation du projet en zone bleue du plan de prévention des risques naturels prévisibles de mouvements de terrain ne constitue pas un motif de refus du permis d'aménager ;

- les décisions attaquées sont entachées d'un détournement de pouvoir dès lors que le refus de permis d'aménager est fondé sur le refus des pétitionnaires de conclure la convention de projet urbain partenarial proposée par la commune.

Par un mémoire en défense enregistré le 4 novembre 2020, la commune de Villevaudé, représentée par Me Landot, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de M. A sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- les requérants n'ont jamais sollicité la communication préalable de l'avis du service gestionnaire des réseaux d'assainissement, de sorte qu'ils ne sauraient invoquer le défaut de communication ;

- les plans joints à la demande de permis d'aménager ne présentaient aucune aire de retournement et les requérants ont produit une nouvelle pièce devant la présente instance qui ne peut pas être prise en compte ;

- la commune sollicite une substitution de motifs en retenant que le projet méconnaît les dispositions des articles UB 4 et AU 4 du règlement du plan local d'urbanisme dès lors que le projet n'était pas réalisable eu égard au raccordement envisagé aux réseaux d'eaux usées et pluviales ; en effet, la communauté de communes a précisé que le raccordement devait être réalisé depuis la rue de la Tour, et non depuis la rue de Ladouce comme le prévoit le projet ; en outre, l'attestation du 9 décembre 2019 certifiant la régularité du raccordement envisagé n'est pas de nature à régulariser son projet ; enfin, aucune prescription n'aurait pu permettre de régulariser le projet ;

- le refus de permis d'aménager n'est nullement fondé sur le plan de prévention des risques naturels ;

- les requérants ne démontrent aucun fait constitutif d'un détournement de pouvoir dès lors qu'il n'y a eu aucun revirement de position de la commune et que les requérants ne démontrent aucune insistance de la commune pour conclure la convention de projet urbain partenarial.

Par une lettre du 1er juin 2022, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, de la période à laquelle il était envisagé d'appeler l'affaire à une audience et que l'instruction pourrait être close à partir du 16 juin 2022 sans information préalable.

Une ordonnance portant clôture de l'instruction immédiate a été prise le 12 juillet 2022.

II. Par une requête n° 2005962 et un mémoire, enregistrés les 31 juillet 2020 et 12 avril 2021, M. B A et la société à responsabilité limitée Multi Loisirs, représentés par Me Jobelot, demandent au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 10 juin 2020 par lequel le maire de Villevaudé a refusé de délivrer le permis d'aménager portant sur la démolition de l'existant et la création d'un lotissement de quinze lots à bâtir sur un terrain situé 54 rue de la Tour ;

2°) d'enjoindre à la commune de Villevaudé de réexaminer leur demande dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Villevaudé une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- leur requête est recevable ;

- l'arrêté attaqué est entaché d'un défaut de motivation dès lors que la présence de l'emplacement réservé n° 5 n'a jamais été un motif de refus de la première demande de permis ;

- le projet ne présente aucun obstacle à la réalisation de l'emplacement réservé alors que la commune n'a jamais donné une traduction concrète à cet emplacement, que la largeur de l'emplacement est moindre au niveau du terrain d'assiette du projet, que l'entrée du projet par la voie nouvelle ne constitue pas un obstacle à l'élargissement de la rue de la Tour, que la commune a notifié son intention de n'utiliser que 2 m² de cette emprise, que le lot n° 6 est éloigné d'au moins 5 mètres de l'emprise de l'emplacement réservé, que la présence d'une clôture n'est pas incompatible avec la mise en œuvre de l'emplacement réservé et que le terrain voisin vient d'obtenir un permis de construire modificatif autorisant l'implantation d'une construction à 4 mètres de l'emplacement ;

- la mention de la situation du projet en zone bleue du plan de prévention des risques naturels prévisibles de mouvements de terrain ne constitue pas un motif de refus du permis d'aménager ;

- l'arrêté attaqué est entaché d'un détournement de pouvoir dès lors que le refus de permis d'aménager est fondé sur le refus des pétitionnaires de conclure la convention de projet urbain partenarial proposée par la commune.

Par un mémoire en défense enregistré le 22 février 2021, la commune de Villevaudé, représentée par Me Landot, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de M. A sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la commune pouvait, aux termes d'une nouvelle instruction du projet, opposer un nouveau motif de refus à la demande de permis d'aménager, même si ce motif ne figurait pas dans l'arrêté du 3 octobre 2019 ;

- aucune disposition du code de l'urbanisme ne soumet l'opposabilité d'un emplacement réservé à l'existence d'un plan d'alignement ; en outre, l'emplacement réservé est dûment localisé au sein du plan de zonage du plan local d'urbanisme, sa destination est précisée et le rapport de présentation indique que son but est d'élargir la rue de la Tour en vue de sécuriser l'accès à cette voie publique ; enfin, le terrain d'assiette du projet prévoit l'implantation d'une clôture qui compromet l'élargissement prévu de la rue de la Tour et la réalisation de trottoirs qui est également de nature à porter atteinte à la destination de l'emplacement réservé n° 5 ; en tout état de cause, la circonstance, à la supposer établie, qu'une permis de construire ait été délivré sur un terrain voisin est sans incidence sur la légalité de la décision attaquée ;

- le refus de permis d'aménager n'est nullement fondé sur le plan de prévention des risques naturels.

Par une lettre du 1er juin 2022, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, de la période à laquelle il était envisagé d'appeler l'affaire à une audience et que l'instruction pourrait être close à partir du 16 juin 2022 sans information préalable.

Une ordonnance portant clôture de l'instruction immédiate a été prise le 12 juillet 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme C,

- les conclusions de M. Grand, rapporteur public,

- et les observations de Me Drouet, substituant Me Jobelot, représentant les requérants.

Considérant ce qui suit :

1. M. A et la SARL Multi Loisirs ont déposé, le 19 avril 2019, une première demande de permis d'aménager portant sur la démolition de l'existant et la création d'un lotissement de quinze lots à bâtir sur un terrain situé 54 rue de la Tour à Villevaudé. Par un arrêté du 3 octobre 2019, le maire de Villevaudé a refusé de leur délivrer le permis d'aménager sollicité. Par une première requête, enregistrée sous le n° 2002345, les requérants demandent l'annulation de cette décision, ainsi que celle du 18 janvier 2020 portant rejet de leur recours gracieux contre l'arrêté. Les requérants ont déposé, le 31 décembre 2019, une seconde demande de permis d'aménager portant sur la démolition de l'existant et la création d'un lotissement de quinze lots à bâtir sur un terrain situé 54 rue de la Tour à Villevaudé. Par un arrêté 10 juin 2020, le maire de Villevaudé a refusé de leur délivrer le permis d'aménager sollicité. Par une seconde requête, enregistrée sous le n° 2005962, les requérants demandent l'annulation de cette décision.

2. Les requêtes n° 2002345 et n° 2005962 présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

Sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 3 octobre 2019 :

3. En premier lieu, l'article L. 311-1 du code des relations entre le public et l'administration dispose que : " Sous réserve des dispositions des articles L. 311-5 et L. 311-6, les administrations mentionnées à l'article L. 300-2 sont tenues de publier en ligne ou de communiquer les documents administratifs qu'elles détiennent aux personnes qui en font la demande, dans les conditions prévues par le présent livre ". Aux termes de l'article L. 311-2 du même code : " Le droit à communication ne s'applique qu'à des documents achevés. / Le droit à communication ne concerne pas les documents préparatoires à une décision administrative tant qu'elle est en cours d'élaboration. Cependant, les avis, prévus par les textes législatifs ou réglementaires, au vu desquels est prise une décision rendue sur une demande tendant à bénéficier d'une décision individuelle créatrice de droits, sont communicables à l'auteur de cette demande dès leur envoi à l'autorité compétente pour statuer sur la demande () ".

4. Le 2ème alinéa de l'article L. 311-2 du code des relations entre le public et l'administration n'impose pas au maire de communiquer d'office de sa propre initiative, en l'absence de demande en ce sens, et préalablement à l'édiction de sa décision de refus du permis d'aménager sollicité, aux pétitionnaires les avis au vu desquels il prend cette décision. Il en résulte que la procédure suivie par le maire n'est pas irrégulière au seul motif tiré de ce que les requérants n'ont pas reçu, avant l'édiction de l'arrêté du 3 octobre 2019 en litige, communication de l'avis défavorable de la communauté de communes du 9 mai 2019. Par suite, le moyen tiré de ce que l'arrêté du 3 octobre 2019 aurait été pris au terme d'une procédure irrégulière doit être écarté.

5. En deuxième lieu, aux termes de l'article UB 3 du règlement du plan local d'urbanisme relatif aux conditions de desserte des terrains par les voies publiques ou privées : " () Les voies de desserte nouvelles en impasse de plus de 25 mètres linéaire, doivent comporter en leur extrémité une aire de retournement permettant les demi-tours des véhicules de sécurité, d'incendie et de ramassage des ordures ménagères. () ". Et aux termes de l'article AU 3 du règlement du plan local d'urbanisme relatif aux conditions de desserte des terrains par les voies publiques ou privées : " () Les voies de desserte nouvelles en impasse de plus de 25 mètres linéaire, doivent comporter en leur extrémité une aire de retournement permettant les demi-tours des véhicules de sécurité, d'incendie et de ramassage des ordures ménagères () ".

6. Contrairement à ce que fait valoir la commune en défense, il ressort des pièces du dossier, notamment du plan établi sur la base des limites apparentes en possession, qui faisait partie du dossier de demande de permis d'aménager, que le projet est composé d'une voie interne nouvelle d'une longueur de plus de 25 mètres linéaire qui comporte à son extrémité une aire de retournement d'une largeur suffisante, permettant ainsi les demi-tours des véhicules de sécurité, d'incendie et de ramassage des ordures ménagères. Si, dans la présente instance, les pétitionnaires produisent un nouveau document intitulé plan de giration, qui tend à démontrer que le retournement des véhicules est réalisable dans l'aire prévue, ce document a seulement pour objet de mettre en exergue les modalités d'appréciation du projet lors de son instruction et non de le modifier. Ainsi, alors qu'aucune disposition, ni aucun principe n'impose de transmettre, dans le dossier de demande de permis d'aménager, un plan faisant apparaître le rayon de braquage des véhicules de sécurité, d'incendie et de ramassage des ordures ménagères, le maire ne pouvait légalement se fonder sur la méconnaissance des dispositions des articles UB 3 et AU 3 du règlement du plan local d'urbanisme pour s'opposer au projet.

7. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 111-8 du code de l'urbanisme : " L'alimentation en eau potable et l'assainissement des eaux domestiques usées, la collecte et l'écoulement des eaux pluviales et de ruissellement ainsi que l'évacuation, l'épuration et le rejet des eaux résiduaires industrielles doivent être assurés dans des conditions conformes aux règlements en vigueur ". Aux termes de l'article UB 4 du règlement du plan local d'urbanisme relatif aux conditions de desserte des terrains par les réseaux : " Alimentation en eau potable / Pour recevoir une construction qui, par sa destination, implique une utilisation d'eau potable, un terrain doit obligatoirement être raccordé au réseau collectif de distribution d'eau potable sous pression, présentant des caractéristiques suffisantes pour l'alimentation en eau potable. / Assainissement / Pour recevoir une construction qui, par sa destination, implique un rejet d'eaux usées, un terrain doit obligatoirement être raccordé au réseau collectif d'assainissement des eaux usées existant. Elle peut être subordonnée notamment à un pré-traitement approprié dans le respect de la règlementation en vigueur. / En cas d'impossibilité technique de raccordement ou d'absence de réseau, un dispositif d'assainissement autonome est admis à condition d'être conforme à la règlementation en vigueur. Il doit être conçu de façon à être mis hors circuit et permettre le raccordement direct de la construction, quand celui-ci sera réalisé. / Toute évacuation des eaux ménagères ou des effluents non traités dans les fossés, cours d'eau ou égouts pluviaux est interdite. Les aménagements réalisés sur un terrain ne doivent pas faire obstacle au libre écoulement des eaux pluviales (articles 640 et 641 du Code Civil). Le rejet de ces eaux en milieu naturel doit faire l'objet d'une autorisation des services compétents. / Les eaux pluviales des constructions nouvelles et du ruissellement des espaces imperméabilisés, devront mettre en œuvre des techniques d'infiltration et de rétention des eaux avec des rejets limités dans le réseau, lorsqu'il existe et que ses capacités sont suffisantes. Dans le cas contraire, le traitement des eaux pluviales devra être réalisé intégralement au sein de l'unité foncière avec rejets limités éventuels vers un émissaire naturel. / Ce rejet n'excèdera pas un débit de 1 litre par seconde par hectare pour la pluie d'occurrence décennale sur l'ensemble du territoire de la commune, avec un minimum technique de 5 litres par seconde. / Le respect de cet objectif de régulation devra être justifié techniquement () ". Et aux termes de l'article AU 4 du règlement du plan local d'urbanisme relatif aux conditions de desserte des terrains par les réseaux : " Alimentation en eau potable / Toute construction ou installation nouvelle qui, par sa destination implique une utilisation d'eau potable doit être alimentée par branchement à un réseau collectif de distribution sous pression présentant des caractéristiques suffisantes. / Assainissement / Eaux usées / Toutes les eaux usées devront être dirigées par des canalisations souterraines vers le réseau d'assainissement collectif existant. / Toute évacuation d'eau usée non traitée dans les fossés, cours d'eau et égouts pluviaux est interdite. / En l'absence d'un réseau collectif d'eaux usées, les eaux usées doivent être dirigées sur des dispositifs d'assainissement autonomes dont la filière doit être adaptée aux caractéristiques du sol du terrain (superficie disponible, nature du sol) et à la capacité d'accueil maximum de la construction. Ces dispositifs doivent être conçus de façon à être mis hors circuit et la construction directement raccordée au système collectif dès que cela est possible, être inspectés facilement et accessibles par engins. / Eaux pluviales / Les aménagements réalisés sur un terrain ne doivent pas faire obstacle au libre écoulement des eaux pluviales (articles 640 et 641 du Code Civil). Le rejet en rivière de ces eaux doit faire l'objet d'une autorisation des services compétents. / Les eaux pluviales des constructions nouvelles et du ruissellement des espaces imperméabilisés, devront mettre en œuvre des techniques d'infiltration et de rétention des eaux avec des rejets limités dans le réseau, lorsqu'il existe et que ses capacités sont suffisantes. Dans le cas contraire, le traitement des eaux pluviales devra être réalisé intégralement au sein de l'unité foncière avec rejets limités éventuels vers un émissaire naturel. () ".

8. D'une part, si la commune s'est fondée sur les dispositions précitées de l'article R. 111-8 du code de l'urbanisme pour refuser le permis d'aménager litigieux, ces dispositions ne sont toutefois pas d'ordre public et la circonstance que la commune se soit dotée d'un plan local d'urbanisme fait obstacle à ce qu'elle se fonde sur ces dispositions pour refuser l'autorisation d'urbanisme. Par suite, le maire ne pouvait légalement se fonder sur la méconnaissance des dispositions de l'article R. 111-8 du code de l'urbanisme pour s'opposer au projet et refuser le permis d'aménager litigieux.

9. D'autre part, l'administration peut, en première instance comme en appel, faire valoir devant le juge de l'excès de pouvoir que la décision dont l'annulation est demandée est légalement justifiée par un motif, de droit ou de fait, autre que celui initialement indiqué, mais également fondé sur la situation existant à la date de cette décision. Il appartient alors au juge, après avoir mis à même l'auteur du recours de présenter ses observations sur la substitution ainsi sollicitée, de rechercher si un tel motif est de nature à fonder légalement la décision, puis d'apprécier s'il résulte de l'instruction que l'administration aurait pris la même décision si elle s'était fondée initialement sur ce motif. Dans l'affirmative, il peut procéder à la substitution demandée, sous réserve toutefois qu'elle ne prive pas le requérant d'une garantie procédurale liée au motif substitué.

10. La commune de Villevaudé soutient, dans ses écritures en défense, que le refus de permis d'aménager en litige peut être fondé sur le non-respect des dispositions des articles UB 4 et AU 4 du règlement du plan local. Elle fait valoir que le projet des requérants n'est pas réalisable eu égard au raccordement envisagé aux réseaux d'eaux usées et pluviales.

11. Il ressort des pièces du dossier que le projet prévoit la récupération des eaux de voirie et trottoir par l'intermédiaire de grilles et ou d'avaloir et la récupération des eaux pluviales des parcelles par la mise en place de tabourets de branchement en limite de propriété. Il est, en outre, constant que le projet prévoit un raccordement des eaux usées et des eaux pluviales par la ruelle Ladouce et non par la rue de la Tour alors que le service de l'assainissement de la communauté de communes de Plaines Mont de France avait, dès son premier avis du 6 mars 2019, indiqué qu'une interconnexion entre les réseaux séparatifs devait être créée, permettant le raccordement en un seul point sur le réseau d'assainissement unitaire desservant la rue de la Tour et émis un avis défavorable au projet le 9 mai 2019 en précisant notamment que le raccordement du réseau d'eaux pluviales en direct sur l'avaloir existant comme proposé dans le projet est interdit et que le raccordement des réseaux d'eaux usées et d'eaux pluviales desservant la voie nouvelle devait s'effectuer en un seul point sur le réseau unitaire de la rue de la Tour par l'entrée principale du lotissement et non par la ruelle de Ladouce comme indiqué sur le plan. Il n'est toutefois pas établi que le projet méconnaîtrait les dispositions fixées par le fascicule 70-1 du cahier des clauses techniques générales applicable aux marchés publics de travaux de génie civil, ni même que ces dispositions seraient opposables au projet. Dans ces conditions, alors que le projet ne prévoit pas un raccordement des eaux usées et des eaux pluviales par la rue de la Tour, la substitution de motifs sollicitée par la commune en défense tendant à fonder le refus de permis d'aménager en litige sur les dispositions de l'article UB 4 et AU 4 du règlement du plan local d'urbanisme doit être accueillie.

12. En quatrième lieu, la mention par l'arrêté du 3 octobre 2019 de la précision selon laquelle le projet est situé en zone bleue du plan de prévention des risques naturels prévisibles de mouvement de terrain ne constitue pas un motif de l'arrêté contesté.

13. En dernier lieu, les requérants soutiennent que les décisions attaquées sont entachées d'un détournement de pouvoir et qu'elles révèlent l'attitude dilatoire de la commune en raison de l'absence de signature, par les requérants, de la convention de projet urbain partenarial leur faisant supporter une part importante du financement des équipements publics. Toutefois, ces éléments ne constituent pas un quelconque détournement de pouvoir dès lors qu'il n'est pas démontré que les décisions attaquées étaient motivées par un motif étranger à l'urbanisme. En outre, le détournement de pouvoir allégué ne ressort pas non plus des pièces du dossier. Par suite, le moyen soulevé en ce sens doit être écarté.

14. Il résulte tout de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation des requérants doivent être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 10 juin 2020 :

15. En premier lieu, aux termes de l'article L. 151-41 du code de l'urbanisme alors en vigueur : " Le règlement peut délimiter des terrains sur lesquels sont institués : / 1° Des emplacements réservés aux voies et ouvrages publics dont il précise la localisation et les caractéristiques ; / 2° Des emplacements réservés aux installations d'intérêt général à créer ou à modifier ; / 3° Des emplacements réservés aux espaces verts à créer ou à modifier ou aux espaces nécessaires aux continuités écologiques ; () " Il résulte de ces dispositions que l'autorité administrative chargée de délivrer un permis d'aménager est tenue de refuser toute demande, même émanant de la personne bénéficiaire de la réserve, dont l'objet ne serait pas conforme à la destination de l'emplacement réservé, tant qu'aucune modification du plan local d'urbanisme emportant changement de la destination n'est intervenue. En revanche, un permis d'aménager portant sur un projet peut être légalement délivré dès lors que ce dernier projet est compatible avec la destination assignée à l'emplacement réservé.

16. Les requérants soutiennent que le projet ne constitue pas un obstacle à la réalisation de l'emplacement réservé n° 5. Les auteurs du plan local d'urbanisme ont instauré un emplacement réservé n° 5 en vue d'élargir la rue de la Tour et de sécuriser cette voie afin de prendre en compte le trafic engendré par les futurs projets de développement. Il est constant que cet emplacement, d'une surface de 600 m², précisément localisé sur le plan de zonage du plan local d'urbanisme, s'étend sur une longueur de 275 mètres et grève l'extrémité de la parcelle du terrain d'assiette du projet. Il ressort, toutefois, des pièces du dossier que, ni l'accès au projet par la voie nouvelle, ni la localisation du lot n° 6 à plus de 5 mètres de l'emprise de l'emplacement réservé, ni l'implantation d'une clôture en limite séparative du lot n° 6 ne constituent des obstacles à la réalisation de l'emplacement réservé alors que la commune a manifesté auprès des requérants son intention d'acquérir uniquement une partie limitée de cet emplacement réservé n° 5 représentant une superficie de 2 m². Dans ces conditions, alors que le projet de lotissement n'empiète que de manière très marginale sur l'emplacement réservé, un tel aménagement ne compromet pas la réservation prévue par le plan local d'urbanisme de Villevaudé. Par suite, le maire ne pouvait légalement se fonder sur l'incompatibilité du projet avec la destination prévue par la réservation pour s'opposer au projet et le moyen soulevé en ce sens doit être accueilli.

17. En deuxième lieu, la mention par l'arrêté du 10 juin 2020 de la précision selon laquelle le projet est situé en zone bleue du plan de prévention des risques naturels prévisibles de mouvement de terrain ne constitue pas un motif de l'arrêté contesté.

18. Il résulte de tout ce qui précède que le motif retenu par le maire de Villevaudé tenant à l'incompatibilité du projet avec la destination prévue par l'emplacement réservé n° 5 ne pouvait justifier le refus du permis d'aménager.

19. Aux termes de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme : " Lorsqu'elle annule pour excès de pouvoir un acte intervenu en matière d'urbanisme (), la juridiction administrative se prononce sur l'ensemble des moyens de la requête qu'elle estime susceptibles de fonder l'annulation (), en l'état du dossier ". Pour l'application de ces dispositions, aucun autre moyen n'est de nature à justifier l'annulation de l'arrêté du 10 juin 2020.

20. Il suit de là que les requérants sont fondés à demander l'annulation de l'arrêté du 10 juin 2020.

Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :

21. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. / La juridiction peut également prescrire d'office cette mesure ".

22. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'enjoindre au maire de Villevaudé d'examiner de nouveau la demande de permis d'aménager présentée par les requérants dans le dossier n° 2005962, comme ceux-ci le demandent, dans un délai de deux mois. Il n'y a revanche pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les frais d'instance :

23. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de laisser chacune des parties supporter les frais de l'instance et de ne mettre aucune somme à la charge des parties en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête n° 2002345 est rejetée.

Article 2 : L'arrêté du 10 juin 2020 du maire de Villevaudé est annulé.

Article 3 : Il est enjoint au maire de Villevaudé de réexaminer la demande de permis d'aménager présentée dans le dossier n° 2005962 dans un délai de deux mois.

Article 4 : Les conclusions de la commune de Villevaudé présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête n° 2005962 est rejeté.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à la société Multi Loisirs et à la commune de Villevaudé.

Délibéré après l'audience du 2 décembre 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Mullié, présidente,

Mme Jeannot, première conseillère,

Mme Blanc, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 décembre 2022.

La rapporteure,

F. CLa présidente,

N. MULLIE

La greffière,

H. KELI

La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

Nos 2002345

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions