jeudi 23 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2005995 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL MOCK-FREDERIC ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 1er août 2020, M. I O, représenté par Me Fréderic, demande au tribunal:
1°) d'annuler la décision implicite de rejet par laquelle le ministre de l'intérieur a rejeté son recours gracieux formé le 22 avril 2020 contre la décision refusant de faire droit à sa demande de mutation à La Réunion ainsi que la décision établissant le tableau de mutation en tant qu'il n'y figure pas ;
2°) d'annuler des décisions de mutation à l'île de la Réunion des gardiens de la paix P L, J D, A E, M H, G B, F Rivière et N C ;
3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de procéder au réexamen de sa demande de mutation à l'île de la Réunion ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que les décisions en litige sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation, au regard des dispositions de l'article 60 de la loi du 11 janvier 1984 et de l'instruction du ministre de l'intérieur du 3 avril 2018 relative aux mouvements de mutation des agents du corps d'encadrement et d'application de la police nationale, dès lors que sept des gardiens des paix nommées sur douze ont une ancienneté et un nombre de points inférieurs aux siens et dès lors l'administration ne justifie pas que leur mutation réponde à un motif d'intérêt du service.
Par un mémoire enregistré le 19 avril 2024, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.
La requête a été communiquée à Messieurs L, D, E, H, B, Rivière et C, qui n'ont pas défendu.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 84-16 du11 janvier 1984;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bourdin,
- et les conclusions de M. Lacote, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. I O, titularisé dans le corps des gardiens de la paix de la police nationale le 1er septembre 2004, exerce ses fonctions à la direction de la police aux frontières de l'aéroport d'Orly depuis le 1er septembre 2010. Le 14 novembre 2019, il a déposé sa candidature dans le cadre des mouvements en Outre-mer au titre de l'année 2020, pour un poste à la Réunion (SGAP 974/REUNION/SERV AFFECTATION POUR ORDRE) ainsi que pour un poste à Mayotte. La liste des fonctionnaires ayant obtenu une mutation pour un poste en Outre-mer a été diffusée le 26 mars 2020. Par rapport du 22 avril 2020, l'intéressé a formé un recours gracieux contre la décision refusant de faire droit à sa demande de mutation, à la suite duquel une décision implicite de rejet est née. Par la requête susvisée, M. O demande l'annulation de la décision implicite de rejet par laquelle le ministre de l'intérieur a rejeté son recours gracieux formé le 22 avril 2020 contre la décision refusant de faire droit à sa demande de mutation à La Réunion, de la décision établissant le tableau de mutation en tant qu'il n'y figure pas ainsi que l'annulation des décisions de mutation à l'île de la Réunion des gardiens de la paix L, D, E, H, B, Rivière et C.
2. Aux termes de l'article 60 de la loi du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique, dans sa rédaction alors en vigueur, applicable aux membres du corps d'encadrement et d'application de la police nationale en vertu de l'article 25 du décret du 9 mai 1995 fixant les conditions communes applicables aux fonctionnaires actifs des services de la police nationale : " I. - L'autorité compétente procède aux mutations des fonctionnaires en tenant compte des besoins du service./II. - Dans toute la mesure compatible avec le bon fonctionnement du service et sous réserve des priorités instituées à l'article 62 bis, les affectations prononcées tiennent compte des demandes formulées par les intéressés et de leur situation de famille. Priorité est donnée : /1° Au fonctionnaire séparé de son conjoint pour des raisons professionnelles, ainsi qu'au fonctionnaire séparé pour des raisons professionnelles du partenaire avec lequel il est lié par un pacte civil de solidarité s'il produit la preuve qu'ils se soumettent à l'obligation d'imposition commune prévue par le code général des impôts ; /2° Au fonctionnaire en situation de handicap relevant de l'une des catégories mentionnées aux 1°, 2°, 3°, 4°, 9°, 10° et 11° de l'article L. 5212-13 du code du travail ; /3° Au fonctionnaire qui exerce ses fonctions, pendant une durée et selon des modalités fixées par décret en Conseil d'Etat, dans un quartier urbain où se posent des problèmes sociaux et de sécurité particulièrement difficiles ; /4° Au fonctionnaire qui justifie du centre de ses intérêts matériels et moraux dans une des collectivités régies par les articles 73 et 74 de la Constitution ou en Nouvelle-Calédonie ; /5° Au fonctionnaire, y compris relevant d'une autre administration, dont l'emploi est supprimé et qui ne peut être réaffecté sur un emploi correspondant à son grade dans son service. / III. - L'autorité compétente peut définir, dans des conditions prévues par décret en Conseil d'Etat, des durées minimales et maximales d'occupation de certains emplois. /IV. - Les décisions de mutation tiennent compte, dans des conditions prévues par décret en Conseil d'Etat, des lignes directrices de gestion en matière de mobilité prévues à l'article 18 de la présente loi. /Dans le cadre de ces lignes directrices, l'autorité compétente peut, sans renoncer à son pouvoir d'appréciation, définir des critères supplémentaires établis à titre subsidiaire. Elle peut notamment conférer une priorité au fonctionnaire ayant exercé ses fonctions pendant une durée minimale dans un territoire ou dans une zone rencontrant des difficultés particulières de recrutement ou au fonctionnaire ayant la qualité de proche aidant au sens de la sous-section 3 de la section 1 du chapitre II du titre IV du livre Ier de la troisième partie du code du travail. /V. - Dans les administrations ou services dont la liste est fixée par décret en Conseil d'Etat, les mutations peuvent être prononcées dans le cadre de tableaux périodiques de mutations. Dans les administrations ou services où sont dressés des tableaux périodiques, l'autorité compétente peut procéder à un classement préalable des demandes de mutation à l'aide d'un barème rendu public. Le recours à un tel barème constitue une mesure préparatoire et ne se substitue pas à l'examen de la situation individuelle des agents. Ce classement est établi dans le respect des priorités définies au II du présent article. "
3. Il résulte des dispositions précitées de l'article 60 de la loi du 11 janvier 1984 relative à la fonction publique de l'État que lorsque, dans le cadre d'un mouvement de mutation, un poste a été déclaré vacant, alors que des agents se sont portés candidats dans le cadre de ce mouvement, l'administration doit procéder à la comparaison des candidatures dont elle est saisie en fonction, d'une part, de l'intérêt du service et d'autre part, si celle-ci est invoquée, de la situation de famille des intéressés, appréciée compte tenu des priorités fixées par les dispositions de l'article 60 de la loi du 11 janvier 1984. Ces dispositions, qui sont applicables aux membres du corps d'encadrement et d'application de la police nationale, ne subordonnent, toutefois, la légalité des mutations prononcées lors de ces mouvements ni au respect absolu d'un régime de priorité, ni à l'observation d'un barème de mutation, lequel est purement indicatif.
4. Par une instruction INTC1729576C en date du 3 avril 2018, publiée sur Légifrance le 6 avril 2018, le ministre de l'intérieur a précisé les conditions et les modalités de mutation des agents du corps d'encadrement et d'application de la police nationale, en particulier le barème des points à utiliser pour classer et départager les demandes de mutation concurrentes. M. O soutient, dans le cadre du mouvement de mutation des gardiens de la paix au titre de l'année 2020, bénéficier d'un nombre de points et d'une ancienneté supérieurs à sept des agents nommés à la Réunion. Toutefois, il ressort des éléments produits en défense que l'un des fonctionnaires nommés à la Réunion a formulé une demande de mutation au titre du rapprochement de conjoint tandis que cinq des autres fonctionnaires mutés, s'ils disposaient à l'instar du requérant du centre de leurs intérêts matériels et moraux à la Réunion, ont obtenu de meilleures notes au titre de l'évaluation de leur activité professionnelle que le requérant au cours des trois années précédant le mouvement de mutation litigieux. Enfin, si le septième des fonctionnaires nommés a obtenu la même note chiffrée que M. O, celui-ci bénéficiait en outre de plusieurs habilitations et compétences utiles pour le service. Dans ces conditions, en se bornant à faire valoir son ancienneté et le non-respect d'un barème de point indicatif sans apporter aucun document à l'appui de ses allégations, le requérant n'établit pas que les décisions attaquées seraient entachées d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'intérêt du service et de la situation familiale de chacun des candidats à la mutation.
5. Il résulte de tout ce qui précède que M. O n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision implicite de rejet par laquelle le ministre de l'intérieur a refusé de faire droit à sa demande de mutation pour la Réunion au titre du mouvement de l'année 2020, ensemble la décision implicite de rejet rendue suite au recours gracieux formé à l'encontre de cette décision ainsi que, sans qu'il soit besoin d'en examiner la recevabilité, la décision établissant le tableau de mutation en tant qu'il n'y figure pas et des décisions de mutation à l'île de la Réunion des gardiens de la paix P L, J D, A E, M H, G B, F Rivière et N C.
6. Il y a lieu par voie de conséquence de rejeter la requête de M. O, y compris ses conclusions aux fins d'injonction et au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. O est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. O, au ministre de l'intérieur et des outre-mer, à M. P L, à M. J D, à M. M H, à M. G B, à M. F K, à M. N C et à M. A E.
Délibéré après l'audience du 30 avril 2024, à laquelle siégeaient :
M. Dewailly, président,
Mme Bourdin, première conseillère,
M. Rehman-Fawcett, conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 mai 2024.
La rapporteure,
S. BOURDIN
Le président,
S. DEWAILLY La greffière,
Y. SADLI
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et de l'outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026