jeudi 22 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2006384 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | NDRIANASY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 15 août, 12 novembre et 28 décembre 2020 et 29 avril 2021, Mme A C, représentée par Me Shebabo, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) à titre principal, d'annuler l'arrêté du 25 février 2020 par lequel le préfet du Val-de-Marne a refusé de renouveler son titre de séjour, a assorti ce refus d'une obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination, et, à titre subsidiaire, d'annuler les décisions contenues dans le même arrêté l'obligeant à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et fixant le pays de destination ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne, dans le délai d'un mois à compter de la date de notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 50 euros par jour de retard, à titre principal, de lui délivrer un certificat de résident algérien, et, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation, en lui délivrant dans cette attente et sous un délai de deux jours, une autorisation provisoire de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat (préfète du Val-de-Marne) une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme C soutient que :
- l'arrêté attaqué a été pris par une autorité incompétente ;
- il est insuffisamment motivé ;
- il n'a pas été précédé d'un examen particulier de sa situation personnelle, en particulier le préfet n'a pas apprécié la possibilité de lui délivrer un titre de séjour sur le fondement des articles L. 313-11 7° et L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il est entaché d'un vice de procédure ;
- il est entaché d'erreurs de fait ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard du 7° de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;
- il est également entaché d'une erreur manifeste d'appréciation eu égard à sa durée de séjour, de son insertion professionnelle et de ses attaches privées et familiales en France ;
- il méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'obligation de quitter le territoire français méconnaît l'article L. 511-4 10° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- les frontières entre la France et l'Algérie sont fermées.
La requête de Mme C a été communiquée au préfet du Val-de-Marne le 17 août 2020, qui n'a pas produit de mémoire en défense mais a versé à l'instance une pièce le 7 avril 2021, qui a été communiquée le 23 avril suivant.
Par ordonnance du 21 décembre 2021, la clôture de l'instruction a été fixée au 11 janvier 2022 à 12 h 00.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- et les observations de Me Konter, représentant Mme C.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A C, ressortissante algérienne, née le 3 janvier 1976 à Alger (Algérie), est entrée en France le 11 janvier 2015 selon ses déclarations. Elle s'est vue délivrer, le 7 avril 2016, une carte de séjour temporaire en qualité d'étranger malade sur le fondement du 7° de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié. Son dernier titre en date expirant le 15 mai 2019, elle en a sollicité le renouvellement. Par un arrêté du 25 février 2020 dont elle demande l'annulation, le préfet du Val-de-Marne a refusé de renouveler son titre de séjour, a assorti ce refus d'une obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, par arrêté du 4 février 2020, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du même jour, le préfet du Val-de-Marne a donné à la directrice adjointe des migrations et de l'intégration, signataire de l'arrêté attaqué, délégation à effet de signer les arrêtés portant refus d'admission au séjour, ainsi que les décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixation du pays de destination. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'arrêté du 25 février 2020 attaqué doit être écarté comme manquant en fait.
3. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué mentionne la date de naissance, la nationalité, la date d'entrée déclarée en France de Mme C, ainsi que le titre de séjour dont elle a pu bénéficier en qualité d'étranger malade, et reprend les termes de l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII), du 10 janvier 2020, dont le préfet s'approprie les motifs. Il précise que la requérante, célibataire, sans charge de famille, a passé l'essentiel de sa vie dans son pays d'origine où elle ne justifie pas être isolée. Dès lors, les décisions attaquées comportent les considérations de droit et de fait sur lesquelles elles se fondent. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
4. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier, tant des mentions de l'arrêté attaqué et des récépissés de demande correspondant au refus de renouvellement du titre de séjour en litige, délivrés le 2 avril et 15 novembre 2019, que des écritures de la requérante elle-même, que celle-ci a sollicité le renouvellement du titre précédemment octroyé en qualité d'étranger malade, sur le fondement du 7° de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié. Si la requérante allègue qu'elle aurait " fondé sa demande de titre de séjour sur les dispositions de l'article L. 313-11 7° mais également sur les dispositions de l'article L. 313-14 ", dispositions au demeurant non applicables aux ressortissants algériens, elle ne justifie pas avoir demandé à bénéficier d'un droit au séjour sur un autre motif que celui de son précédent titre. Dans ces conditions, le préfet du Val-de-Marne n'était pas tenu d'examiner la possibilité de régulariser la situation de la requérante au regard du droit au séjour au titre de la vie privée et familiale ou du travail. Par ailleurs, il ne ressort d'aucune pièce du dossier que le préfet, qui a en particulier recueilli l'avis du collège des médecins de l'OFII, n'aurait pas procédé à un examen réel, sérieux et complet de la situation de la requérante au regard de sa demande, avant de prendre l'arrêté attaqué. Le moyen tiré du défaut d'examen doit, par suite, être écarté.
5. En quatrième lieu, le moyen tiré d'un " vice de procédure " n'est pas assorti de précision suffisante permettant d'en apprécier le bien-fondé. Il ne peut, par suite, qu'être écarté.
6. En cinquième lieu, aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " () Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : / () / 7° Au ressortissant algérien, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve qu'il ne puisse pas effectivement bénéficier d'un traitement approprié dans son pays () ".
7. Il appartient à l'autorité administrative, lorsqu'elle envisage de refuser la délivrance d'un titre de séjour à un étranger qui en fait la demande sur le fondement des stipulations du 7° de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, de vérifier, au vu de l'avis émis par le collège de médecins mentionné à l'article R. 313-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, que cette décision ne peut avoir de conséquences d'une exceptionnelle gravité sur l'état de santé de l'intéressé et, en particulier, d'apprécier, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, la nature et la gravité des risques qu'entraînerait un défaut de prise en charge médicale dans le pays dont l'étranger est originaire. Lorsque le défaut de prise en charge risque d'avoir des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur la santé de l'intéressé, l'autorité administrative ne peut légalement refuser le titre de séjour sollicité que s'il existe des possibilités de traitement approprié de l'affection en cause dans son pays d'origine. Si de telles possibilités existent mais que l'étranger fait valoir qu'il ne peut en bénéficier, soit parce qu'elles ne sont pas accessibles à la généralité de la population, eu égard notamment aux coûts du traitement ou à l'absence de modes de prise en charge adaptés, soit parce qu'en dépit de leur accessibilité, des circonstances exceptionnelles tirées des particularités de sa situation personnelle l'empêcheraient d'y accéder effectivement, il appartient à cette même autorité, au vu de l'ensemble des informations dont elle dispose, d'apprécier si l'intéressé peut ou non bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans son pays d'origine.
8. Sous réserve des cas où la loi attribue la charge de la preuve à l'une des parties, il appartient au juge administratif, au vu des pièces du dossier, et compte tenu, le cas échéant, de l'abstention d'une des parties à produire les éléments qu'elle est seule en mesure d'apporter et qui ne sauraient être réclamés qu'à elle-même, d'apprécier si l'état de santé d'un étranger nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve de l'absence d'un traitement approprié dans le pays de renvoi. La partie qui justifie d'un avis du collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration qui lui est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, l'existence ou l'absence d'un traitement approprié dans le pays de renvoi. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires.
9. Pour refuser à l'intéressée le renouvellement de son titre de séjour, le préfet du Val-de-Marne s'est fondé sur l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII), du 10 janvier 2020, versé aux débats le 23 avril 2021, qui indique que si l'état de santé de Mme C nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, elle peut, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé de son pays d'origine, y bénéficier d'un traitement approprié. Le collège des médecins a également précisé que l'état de santé de Mme C lui permet de voyager sans risque vers son pays d'origine.
10. Pour remettre en cause l'appréciation précitée, Mme C produit des pièces médicales établissant son suivi, depuis 2015, par un service d'oncologie hospitalier francilien, dont un certificat établi le 19 août 2015 par un praticien de cet établissement, aux termes duquel l'état de santé de l'intéressée requérait, à cette période, une " prise en charge rapide et régulière qui n'est pas possible dans le pays d'origine de la patiente ". Toutefois, alors que ces constatations s'inscrivent dans le cadre de la prise en charge de Mme C initiée à compter de février 2015, à la suite du diagnostic de cancer le même mois, il ne ressort d'aucune pièce du dossier que son état de santé présentait, à la date du refus de renouvellement de titre en litige, du 25 février 2020, les mêmes caractéristiques et besoins. Si l'intéressée produit un certificat médical plus récent, du 15 juin 2020, celui-ci mentionne seulement que son état de santé " justifie sa prise en charge dans notre service pour une maladie ALD 30 (). De ce fait, elle doit pouvoir rester en France pour bénéficier de ses traitements et ce pour une durée indéterminée à ce jour ", en sorte que ces constatations, qui ne font pas état des possibilités de traitement en Algérie, ne sont pas de nature à infirmer les conclusions dressées par les médecins du collège de l'OFII. Il en est de même des articles de presse dont la requérante se prévaut, lesquels font seulement état de constats généraux sur la prise en charge du cancer en Algérie, sans que ces éléments permettent d'établir qu'au regard des besoins liés à son état de santé à la date de l'arrêté attaquée, la requérante serait exposée à un défaut de prise en charge adaptée dans ce pays, et, notamment, à celui d'accéder à la molécule médicamenteuse lui étant prescrite. Enfin, si la requérante fait valoir un obstacle économique dans l'accès aux soins, elle n'apporte pas de précision suffisante à cet égard, en se bornant à faire seulement état d'une prise en charge en France par l'Assurance maladie et du coût élevé d'une série d'actes médicaux. Il s'ensuit que la requérante ne justifie pas être dans l'impossibilité, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé de son pays d'origine, d'y bénéficier d'un traitement approprié. Dans ces conditions, le préfet, qui n'a pas fait une inexacte application des stipulations du 7° de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, n'a pas davantage, et pour les mêmes motifs, entaché l'arrêté attaqué d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de ces dispositions et de l'état de santé de la requérante. Ces moyens doivent, par suite, être écartés.
11. En sixième lieu, il ressort des pièces du dossier que Mme C justifie d'une résidence continue en France depuis environ cinq ans à la date de l'arrêté attaquée et d'une activité professionnelle menée en France entre 2017 et 2019, en qualité de serveuse, hôtesse d'accueil puis consultante en travaux publics. Toutefois, il est constant qu'elle dispose d'attaches personnelles en Algérie, où elle a vécu jusqu'à l'âge d'environ 39 ans. En outre, l'intéressée fait valoir l'existence en France de " liens familiaux ", sans justification, ni précision. Dès lors, elle n'établit pas, par ces seuls éléments, que le préfet du Val-de-Marne a, en édictant l'arrêté attaqué, entaché ses décisions d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des conséquences de celui-ci sur sa vie privée et familiale. Le moyen analysé doit, par suite, être écarté.
12. En septième lieu, compte tenu de ce qui a été dit au point 10, la requérante ne saurait utilement invoquer que l'arrêté attaqué, en indiquant qu'elle n'a apporté aucun élément justifiant qu'elle remplissait les conditions du titre de séjour sollicité, serait de ce fait entaché d'une erreur matérielle. Par ailleurs, la requérante ne justifiant pas ni même n'alléguant avoir informé les services préfectoraux d'une activité professionnelle, celle-ci ne saurait pas davantage soutenir que la mention, selon laquelle elle n'a pas " déclar(é) " une telle activité, serait erronée. Enfin, si elle fait valoir également le caractère erroné des mentions selon lesquelles elle " ne justifie d'aucune source de revenus ni de prise en charge financière depuis son arrivée en France ", il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet du Val-de-Marne, s'il avait tenu compte des revenus que l'intéressée a perçus, aurait pris une autre décision, pour les mêmes raisons qu'exposées au point 11. Le moyen tiré d'erreurs de fait doit, par suite, être écarté dans toutes ses branches.
13. En huitième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. () / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
14. Pour les mêmes raisons qu'exposées au point 11, la requérante n'établit pas que l'arrêté attaqué porterait une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale. Le moyen tiré de ce que celui-ci aurait méconnu les stipulations précitées de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit, par suite, être écarté.
15. En neuvième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. ".
16. Ainsi qu'il a été dit au point 10, Mme C n'établit pas, par les circonstances qu'elle invoque, tenant à un défaut d'accès aux soins effectifs, ainsi qu'à une pratique sociale d'exclusion des femmes présentant les mêmes séquelles de sa pathologie qu'elle présente, courir le risque, en rentrant dans son pays d'origine, d'être soumise à un traitement inhumain ou dégradant au sens des stipulations précitées. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de celles-ci doit être écarté.
17. En neuvième lieu, aux termes des dispositions, alors applicables, de l'article L. 511-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français : () 10° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié.() ".
18. Si la requérante soutient que son état de santé serait de nature à empêcher son éloignement faute pour elle de pouvoir bénéficier d'un traitement approprié dans son pays d'origine, celle-ci ne l'établit pas, comme dit au point 10. A cet égard, l'impossibilité de poursuivre sa prise en charge en Algérie n'étant pas établie, l'interruption de celle entreprise en France ne peut caractériser, à elle seule, une méconnaissance des dispositions susvisées. Ce moyen doit, dès lors, être écarté.
19. En dernier lieu, à supposer que la requérante ait entendu contester l'arrêté attaqué, contemporain de restrictions de circulation à raison de la pandémie de Covid-19, au motif que les frontières entre la France et l'Algérie " sont par ailleurs toujours fermées ", ces allégations relatives à l'exécution de cet arrêté sont sans incidence sur sa légalité, ce moyen étant dès lors inopérant.
20. Il résulte de tout ce qui précède que Mme C n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du préfet du Val-de-Marne du 25 février 2020. Par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent également être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C et à la préfète du Val-de-Marne.
Délibéré après l'audience du 1er septembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Lopa Dufrénot, présidente,
Mme Leconte, conseillère,
Mme Mentfakh, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 22 septembre 2022.
La rapporteure,
S. BLa présidente,
M. DLa greffière,
V. TAROT
La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne, en ce qui la concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
C. TRÉMOUREUX
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026