jeudi 29 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2006439 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | VERNON YANN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 15 août 2020, M. B A, représenté par Me Vernon, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 26 février 2020 par lequel le préfet du Val-de-Marne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office lorsque le délai sera expiré ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer une carte de séjour temporaire ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa situation et de lui délivrer, durant ce réexamen, une autorisation provisoire de séjour, dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil d'une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et d'une somme de 13 euros au titre des droits de plaidorie en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les décisions portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français et fixation du pays de renvoi ont été prises par une autorité incompétente ;
- la décision portant refus de titre de séjour méconnaît l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur dans la qualification juridique des faits au regard de l'article L. 314-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît le 2° de l'article L. 314-11 et le D de l'article L. 314-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît le 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît le 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle emporte des conséquences d'une exceptionnelle gravité ;
- la décision portant fixation du pays de renvoi méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle emporte des conséquences d'une exceptionnelle gravité.
La préfète du Val-de-Marne, à qui la requête a été communiquée le 18 août 2020, n'a pas produit d'observations.
Par une ordonnance du 20 janvier 2022, la clôture de l'instruction a été fixée le 20 février 2022 à 12 h 00.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 15 juillet 2020.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord du 23 septembre 2006 entre le Gouvernement de la République Française et le Gouvernement de la République du Sénégal relatif à la gestion concertée des flux migratoires et l'avenant à cet accord signé le 25 février 2008 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme C a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant sénégalais, né le 10 octobre 1999, selon ses déclarations, est entré sur le territoire français, en février 2015. Il a sollicité du préfet du Val-de-Marne la délivrance d'un titre de séjour. Par un arrêté du 26 février 2020, dont M. A demande l'annulation, le préfet du Val-de-Marne lui a refusé la délivrance du titre de séjour sollicité, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office lorsque le délai sera expiré.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne le moyen commun aux décisions attaquées :
2. Aux termes de l'article R. 311-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction alors en vigueur : " Le titre de séjour est délivré par le préfet du département dans lequel l'étranger a sa résidence () ". L'article L. 511-1 du même code, dans sa rédaction alors en vigueur, dispose : " I. ' L'autorité administrative peut obliger à quitter le territoire français un étranger non ressortissant d'un Etat membre de l'Union européenne () / L'obligation de quitter le territoire français fixe le pays à destination duquel l'étranger est renvoyé en cas d'exécution d'office () ". L'article R. 512-1 du même code, alors en vigueur, dispose : " L'autorité administrative mentionnée aux articles L. 511-1 () est le préfet de département () ".
3. Il ressort de l'article 3 de l'arrêté n° 2019/3761 du préfet du Val-de-Marne du 21 novembre 2019, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du Val-de-Marne, que le sous-préfet de Nogent-sur-Marne a reçu délégation à l'effet de signer au nom du préfet : " () 3) les arrêtés portant refus d'admission au séjour, refus de renouvellement ou retrait des titres de séjour ; / 4) les décisions d'obligations de quitter le territoire français et interdictions de retour prises en application des dispositions de l'article L. 511-1 à L. 511-5 et L. 513-1 à L. 513-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile () / 13) les décision fixant le pays de destination des mesures d'éloignement visées au livre V du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile () ". Il s'ensuit que le sous-préfet de Nogent-sur-Marne était compétent pour signer les décisions contestées du 26 février 2020. Dès lors, le moyen d'incompétence manque en fait et doit être écarté.
En ce qui concerne la légalité de la décision portant refus de titre de séjour :
4. En premier lieu, les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile relatives aux titres de séjour qui peuvent être délivrés aux étrangers et aux conditions de délivrance de ces titres s'appliquent, ainsi que le rappelle l'article L. 111-2 du même code, " sous réserve des conventions internationales ".
5. Aux termes du paragraphe 42 de l'article 4 de l'accord modifié du 23 septembre 2006 relatif à la gestion concertée des flux migratoires entre la France et le Sénégal : " Un ressortissant sénégalais en situation irrégulière en France peut bénéficier, en application de la législation française, d'une admission exceptionnelle au séjour se traduisant par la délivrance d'une carte de séjour temporaire portant : - soit la mention "salarié" s'il exerce l'un des métiers mentionnés dans la liste figurant en annexe IV de l'Accord et dispose d'une proposition de contrat de travail ; soit la mention "vie privée et familiale" s'il justifie de motifs humanitaires ou exceptionnels ". Aux termes de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction alors en vigueur : " La carte de séjour temporaire mentionnée à l'article L. 313-11 ou la carte de séjour temporaire mentionnée au 1° de l'article L. 313-10 peut être délivrée, sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, à l'étranger ne vivant pas en état de polygamie dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 311-3 ".
6. Les stipulations du paragraphe 42 de l'accord du 23 septembre 2006, dans sa rédaction issue de l'avenant signé le 25 février 2008, renvoyant à la législation française en matière d'admission exceptionnelle au séjour des ressortissants sénégalais en situation irrégulière, rendent applicables à ces ressortissants, les dispositions de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dès lors, le préfet, saisi d'une demande d'admission exceptionnelle au séjour par un ressortissant sénégalais en situation irrégulière, est conduit, par l'effet de l'accord du 23 septembre 2006 modifié, à faire application des dispositions de l'article L. 313-14 de ce code.
7. En présence d'une demande de régularisation présentée, sur le fondement des dispositions de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, par un étranger qui ne serait pas en situation de polygamie et dont la présence en France ne présenterait pas une menace pour l'ordre public, il appartient à l'autorité administrative de vérifier, dans un premier temps, si l'admission exceptionnelle au séjour par la délivrance d'une carte portant la mention " vie privée et familiale " répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard de motifs exceptionnels, et à défaut, dans un second temps, s'il est fait état de motifs exceptionnels de nature à permettre la délivrance, dans ce cadre, d'une carte de séjour temporaire portant la mention "salarié" ou "travailleur temporaire". Dans cette dernière hypothèse, il appartient à l'autorité administrative, sous le contrôle du juge, d'examiner, notamment, si la qualification, l'expérience et les diplômes de l'étranger ainsi que les caractéristiques de l'emploi auquel il postule, de même que tout élément de sa situation personnelle dont l'étranger ferait état à l'appui de sa demande, telle que l'ancienneté de son séjour en France, peuvent constituer, en l'espèce, des motifs exceptionnels d'admission au séjour.
8. Pour refuser à M. A la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet du Val-de-Marne a considéré que l'intéressé ne remplissait pas les conditions légales ainsi fixées par cet article, d'une part, en ce qu'il ne justifie pas de motifs exceptionnels au vu de la brièveté de son séjour en France et de l'absence, tant de la production d'un contrat de travail que d'une intégration professionnelle depuis son entrée sur le territoire français et, d'autre part, en ce que son admission exceptionnelle au séjour ne répond pas à des considérations humanitaires, compte tenu de l'absence d'intensité des liens affectifs avec deux de ses sœurs présentes en France, selon les déclarations du requérant.
9. Si M. A soutient que la décision contestée a été prise en méconnaissance de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il n'assortit le moyen soulevé d'aucune précision permettant d'en apprécier le bien-fondé, de sorte que celui-ci ne pourra qu'être écarté.
10. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 314-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction alors en vigueur : " Sauf si la présence de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public, la carte de résident est délivrée de plein droit, sous réserve de la régularité du séjour : / 2° A l'enfant étranger d'un ressortissant de nationalité française si cet enfant est âgé de dix-huit à vingt et un ans ou dans les conditions prévues à l'article L. 311-3 ou s'il est à la charge de ses parents ainsi qu'aux ascendants d'un tel ressortissant et de son conjoint qui sont à sa charge, sous réserve qu'ils produisent un visa pour un séjour d'une durée supérieure à trois mois () ". L'article L. 311-13 du même code, dans sa rédaction alors en vigueur, dispose : " () D. - 1. Sans préjudice des dispositions de l'article L. 313-2, préalablement à la délivrance d'un premier titre de séjour, l'étranger qui est entré en France sans être muni des documents et visas exigés par les conventions internationales et les règlements en vigueur ou qui, âgé de plus de dix-huit ans, n'a pas, après l'expiration depuis son entrée en France d'un délai de trois mois ou d'un délai supérieur fixé par décret en Conseil d'Etat, été muni d'une carte de séjour, acquitte un droit de visa de régularisation d'un montant égal à 200 €, dont 50 €, non remboursables, sont perçus lors de la demande de titre. / Cette disposition n'est pas applicable aux réfugiés, apatrides et bénéficiaires de la protection subsidiaire et aux étrangers mentionnés au 2° bis de l'article L. 313-11, aux 4° à 7° de l'article L. 314-11 et à l'article L. 314-12. / Le visa mentionné au premier alinéa du présent D tient lieu du visa de long séjour prévu au dernier alinéa de l'article L. 211-2-1 si les conditions pour le demander sont réunies () ".
11. Il résulte de ces dispositions que l'autorité administrative, lorsqu'elle est saisie d'une demande tendant à la délivrance d'une carte de résident au bénéfice d'un étranger qui fait état de sa qualité de descendant à charge, peut légalement fonder sa décision de refus sur la circonstance que l'intéressé ne saurait être regardé comme étant à la charge de son ascendant, dès lors qu'il dispose de ressources propres, que son ascendant de nationalité française ne pourvoit pas régulièrement à ses besoins, ou qu'il ne justifie pas des ressources nécessaires pour le faire.
12. Pour opposer un refus à la demande de délivrance d'un titre de séjour de M. A présentée sur le fondement de l'article L. 314-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet du Val-de-Marne a considéré que si sa mère est de nationalité française, l'intéressé ne justifie pas être à la charge de cette dernière, qui n'a pas les moyens financiers de le prendre en charge au regard de ses propres ressources, et que compte tenu de l'irrégularité de son séjour sur le territoire national et de l'absence de production, tant d'un visa d'une durée supérieure à trois mois que de justificatifs de prise en charge de sa mère, il ne peut bénéficier d'un titre de séjour sur le fondement des dispositions invoquées de l'article L. 314-11 précité.
13. D'une part, le requérant soutient que le motif tiré de l'absence de justification d'être à la charge de sa mère de nationalité française est entaché d'une erreur dans la qualification juridique des faits. Toutefois, en se bornant, à l'appui de cette allégation, à produire aux débats une lettre du 18 mai 2019 attestant qu'il est regardé par la caisse d'allocations familiales comme une personne à charge pour le calcul des droits de sa mère à la prime d'activité au titre du mois d'avril 2019, il n'établit pas être dépourvu de ressources propres et que sa mère de nationalité française, dont il n'est pas contesté que ses revenus sont modestes, pourvoirait régulièrement à ses besoins et qu'ainsi, l'intéressé serait à sa charge effective à la date de la décision attaquée. Dans ces conditions, en se fondant sur ce motif, le préfet n'a pas entaché la décision en litige d'une erreur dans la qualification juridique des faits dans l'application de l'article L. 314-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
14. D'autre part, le requérant invoque les dispositions combinées de l'article L. 314-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et du D de l'article L. 311-13 du même code pour soutenir que le préfet du Val-de-Marne a commis une erreur de droit et une erreur manifeste d'appréciation en refusant de lui octroyer, à titre discrétionnaire, un visa de régularisation. Toutefois, en n'établissant pas s'être acquitté de l'obligation fiscale prévue par les dispositions précitées de l'article D. de l'article L. 311-13, il ne justifie pas remplir les conditions posées par cet article pour pouvoir prétendre à la délivrance d'un visa de régularisation. Par suite, c'est sans commettre ni d'erreur de droit ni d'erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation que le préfet du Val-de-Marne a refusé de lui délivrer un titre de séjour sur le fondement du 2° de l'article L. 314-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
15. En dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". L'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction alors en vigueur, dispose : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " est délivrée de plein droit : () / 7° A l'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France, appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'intéressé, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec la famille restée dans le pays d'origine, sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, sans que la condition prévue à l'article L. 313-2 soit exigée. L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République () ".
16. Si M. A se prévaut de séjourner depuis cinq ans en France, d'y avoir développé une vie privée et familiale réelle et que le centre de ses intérêts et attaches privés et familiaux ne se situe plus au Sénégal mais en France, toutefois, ces allégations très générales ne sont assorties d'aucune pièce ou précision. En tout état de cause, célibataire et sans charge de famille, il ne justifie pas être dépourvu de toute attache familiale ou personnelle au Sénégal, son pays d'origine, où il n'est notamment pas contesté qu'il a vécu avec son père, ses deux frères et ses trois sœurs jusqu'à l'âge de seize ans et dont il n'est pas allégué qu'il se trouve dans l'impossibilité de s'y établir de nouveau. Dès lors, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, notamment des attaches conservées dans son pays d'origine, la décision contestée n'a pas porté au droit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels elle a été prise. Dès lors, elle n'a méconnu ni les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni les dispositions du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa rédaction alors en vigueur. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance de ces dispositions doivent être écartés.
En ce qui concerne la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
17. En premier lieu, la décision portant refus de titre de séjour n'étant pas illégale, le moyen tiré, par voie d'exception, de l'illégalité de cette décision, soulevé à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français, doit être écarté.
18. En deuxième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 16 du présent jugement, la décision portant obligation de quitter le territoire français attaquée n'a pas davantage méconnu le droit de M. A de mener une vie privée et familiale normale garanti par les stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales. Par suite, le moyen tiré d'une telle méconnaissance doit être écarté.
19. En troisième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés ci-dessus, la décision contestée ne peut être regardée comme entachée d'erreur manifeste dans l'appréciation de l'ensemble des conséquences qu'elles emportent sur la situation personnelle de l'intéressé.
20. En dernier lieu, si M. A soulève à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français, le moyen tiré de la méconnaissance du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qu'il avait déjà soulevé à l'encontre de la décision portant refus de titre de séjour, ce moyen est inopérant à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français. En tout état de cause, pour les mêmes motifs que ceux précédemment exposés, ce moyen n'est pas fondé et doit ainsi être écarté.
En ce qui concerne la décision portant fixation du pays de renvoi :
21. En premier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 16 du présent jugement, la décision portant fixation du pays de renvoi attaquée n'a pas davantage méconnu le droit de M. A de mener une vie privée et familiale normale garanti par les stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Par suite, le moyen tiré d'une telle méconnaissance doit être écarté.
22. En second lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés ci-dessus, la décision contestée ne peut être regardée comme entachée d'erreur manifeste dans l'appréciation de l'ensemble des conséquences qu'elles emportent sur la situation personnelle de l'intéressé.
23. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 26 février 2020 par lequel le préfet du Val-de-Marne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office lorsque le délai sera expiré.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
24. Le présent jugement, qui rejette les conclusions principales du requérant, n'implique aucune mesure d'exécution. Ses conclusions aux fins d'injonction sous astreinte ne peuvent, en conséquence, qu'être elles-mêmes rejetées.
Sur les frais liés au litige :
25. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, les sommes dont M. A demande le versement à son conseil, en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et de ce même article au titre des droits de plaidoirie.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à la préfète du Val-de-Marne et à Me Vernon.
Délibéré après l'audience du 1er septembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Lopa Dufrénot, présidente,
Mme Leconte, conseillère,
Mme Mentfakh, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 29 septembre 2022.
La rapporteure,
L. C
La présidente,
M. DLa greffière,
V. TAROT
La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui la concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
C. TRÉMOUREUX
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026