mardi 7 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2006548 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | SCP GASCHIGNARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés les 20 août 2020 et 14 novembre 2022, l'association pour la promotion de l'information et de la communication (APIC), représentée par Me Gaschignard, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 19 décembre 2019 par laquelle le ministre de la culture a refusé de lui attribuer une subvention d'exploitation, ainsi que la décision du 6 mai 2020 par laquelle il a rejeté son recours gracieux dirigé contre cette décision ;
2°) d'enjoindre à la ministre de la culture de lui accorder la subvention d'exploitation pour 2019 dans un délai de deux mois ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les décisions :
- sont entachées d'une erreur de droit en se fondant sur la circonstance que les revenus provenant de la cession de programmes radiophoniques n'étaient pas prévus dans la convention d'exploitation conclue avec le Conseil supérieur de l'audiovisuel pour refuser de les comptabiliser parmi les " produits d'exploitation courante et normale " du service ;
- sont entachées d'une erreur de droit en se fondant sur l'absence de valeur probante des factures produites à l'appui de sa demande ;
- sont entachées d'une erreur d'appréciation en estimant que le pourcentage des recettes publicitaires était supérieur au maximum autorisé.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 décembre 2020, la ministre de la culture conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 21 novembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 5 décembre 2022 à midi.
Un mémoire produit pour l'APIC a été enregistré le 10 février 2023 et n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 86-1067 du 30 septembre 1986 relative à la liberté de communication ;
- le décret n° 2006-1067 du 25 août 2006 pris pour l'application de l'article 80 de la loi n° 86-1067 du 30 septembre 1986 relative à la liberté de communication ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- et les conclusions de Mme Leboeuf, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. L'association pour la promotion de l'information et de la communication (APIC), qui exploite la station de radio " 77FM ", a sollicité une subvention d'exploitation auprès du Fonds de soutien à l'expression radiophonique locale (FSER), au titre de l'année 2019. Par une décision du 19 décembre 2019, le ministre de la culture a rejeté sa demande. Par un courrier du 28 janvier 2020, l'association a exercé un recours gracieux contre cette décision, lequel a été rejeté par une décision du 6 mai 2020. Par sa requête, l'APIC demande au tribunal l'annulation de ces décisions.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 80 de la loi du 30 septembre 1986 relative à la liberté de communication : " Les services de radio par voie hertzienne mentionnés au quinzième alinéa de l'article 29, lorsque leurs ressources commerciales provenant de messages diffusés à l'antenne et présentant le caractère de publicité de marque ou de parrainage sont inférieures à 20 % de leur chiffre d'affaires total bénéficient d'une aide selon des modalités fixées par décret en Conseil d'Etat. () ". Aux termes de l'article 5 du décret du 25 août 2006 pris pour l'application de l'article 80 de la loi n° 86-1067 du 30 septembre 1986 relative à la liberté de communication : " () La subvention d'exploitation est attribuée aux services de radio par voie hertzienne qui en font la demande au plus tard le 15 avril de l'année suivant celle de la clôture de l'exercice et qui remplissent les deux conditions suivantes : / 1° Proposer une programmation d'intérêt local, spécifique à la zone géographique de diffusion, d'une durée quotidienne d'au moins quatre heures entre 6 heures et minuit hors programmes musicaux dépourvus d'animation ou fournis par un tiers ;/ 2° Justifier que cette programmation est réalisée, pour la durée minimale et dans les conditions mentionnées au 1°, par des personnels d'antenne et dans des locaux situés dans cette zone de diffusion. () ". Aux termes de l'article 1er de ce même décret : " () on entend par : / - ressources commerciales provenant de messages diffusés à l'antenne et présentant le caractère de publicité de marque ou de parrainage : les recettes correspondant aux sommes facturées aux annonceurs, directement ou par l'intermédiaire d'une régie, pour la diffusion de leurs messages publicitaires ou de parrainage à l'antenne ; / - chiffre d'affaires total : les produits d'exploitation normale et courante du service correspondant à l'activité radiophonique par voie hertzienne ".
3. Pour refuser d'accorder la subvention d'exploitation sollicitée par l'association APIC, le ministre de la culture a refusé de tenir compte d'une somme de 42 000 euros dans le chiffre d'affaires total réalisé par l'APIC et versée par l'association Oxygène pour la vente de modules sonores au motif que cette somme n'était pas prévue par la convention conclue avec le conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) et, qu'en tout état de cause, la réalité de cette ressource n'était pas établie. Il en a déduit que les ressources commerciales présentant le caractère de publicité, d'un montant de 17 676 euros, excédaient les 20% du chiffre d'affaires de l'association, lequel s'élève à une somme de 59 793 euros, déduction faite, notamment, de la somme de 42 000 euros précitée.
4. En premier lieu, si la convention conclue le 14 juin 2012 entre l'association requérante et le CSA a notamment pour objet de fixer les règles particulières applicables au service pour l'exploitation duquel l'autorisation d'émettre sur les fréquences hertziennes est délivrée, elle ne contient aucune clause contractuelle relative au financement de la radio et n'exclut, en particulier, pas que l'APIC puisse disposer de ressources tirées de la vente de produits d'exploitation. Par suite, l'association est fondée à soutenir qu'en déduisant la somme de 42 000 euros du calcul du chiffre d'affaires total, motif pris de ce que la convention avec le CSA ne la prévoyait pas, le ministre a entaché sa décision d'une erreur de droit.
5. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier qu'à l'appui de son dossier de demande de subvention, l'APIC a produit la copie de factures pour un montant de 42 000 euros pour la vente de modules sonores à l'association Oxygène. A cet égard, les circonstances qu'elles manqueraient de précision quant aux productions faisant l'objet de la vente, qui manque en fait, qu'elles ne comporteraient pas le cachet de l'association et de signature, alors qu'aucune disposition ou principe n'imposent de tels éléments sur des factures, ou qu'elles ne comporteraient pas de date d'échéance de paiement, ne sauraient à elles seules remettre en cause la réalité de ces dépenses alors que la réalité même de cette somme a été certifiée par un cabinet d'expert-comptable. Dans ces conditions, l'association requérante est fondée à soutenir que c'est à tort que le ministre de la culture a estimé que l'existence de cette ressource n'était pas établie.
6. En dernier lieu, dès lors qu'en intégrant cette ressource d'un montant de 42 000 euros dans le calcul du chiffre d'affaires total, les ressources commerciales présentant le caractère de publicité sont inférieures à 20% de son chiffre d'affaires, l'association requérante est fondée à soutenir que c'est à tort que le ministre de la culture a refusé de lui verser, pour ce motif, une subvention d'exploitation au titre de l'année 2019.
7. Il résulte de tout ce qui précède que l'APIC est fondée à demander l'annulation de la décision du 19 décembre 2019 par laquelle le ministre de la culture a refusé de lui attribuer une subvention d'exploitation et, par voie de conséquence, la décision du 6 mai 2020 par laquelle il a rejeté son recours gracieux dirigé contre cette décision.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
8. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. La juridiction peut également prescrire d'office cette mesure ".
9. Eu égard au motif d'annulation retenu, il y a lieu d'enjoindre à la ministre de la culture de verser la subvention d'exploitation à l'APIC au titre de l'année 2019, dans un délai de deux mois suivant la notification du présent jugement.
Sur les frais liés à l'instance :
10. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".
11. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à l'APIC au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 19 décembre 2019 par laquelle le ministre de la culture a refusé d'attribuer une subvention d'exploitation à l'association pour la promotion de l'information et de la communication et la décision du 6 mai 2020 par laquelle il a rejeté son recours gracieux dirigé contre cette décision sont annulées.
Article 2 : Il est enjoint à la ministre de la culture de verser la subvention d'exploitation à l'association pour la promotion de l'information et de la communication au titre de l'année 2019, dans le délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir.
Article 3 : L'Etat versera à l'association pour la promotion de l'information et de la communication une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à l'association pour la promotion de l'information et de la communication et à la ministre de la culture.
Délibéré après l'audience du 14 février 2023, à laquelle siégeaient :
M. Dewailly, président,
Mme Bourdin, première conseillère,
M. Lacote, conseiller.
Rendue public par mise à disposition au greffe le 7 mars 2023.
Le rapporteur,
J.-N. A
Le président,
S. DEWAILLY
La greffière,
C. SISTAC
La République mande et ordonne à la ministre de la culture en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026