vendredi 24 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2006629 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | MARIE JOSE GUEDJ AVOCAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 22 août 2020, Mme D H épouse F, représentée par Me Guedj, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 4 novembre 2019 par laquelle le président du conseil départemental de Seine-et-Marne a suspendu son agrément en qualité d'assistante familiale, ensemble la décision du 19 février 2020 rejetant son recours gracieux ;
2°) d'annuler la décision du 2 avril 2020 par laquelle le président du conseil départemental de Seine-et-Marne a retiré son agrément en qualité d'assistante familiale ;
3°) d'annuler la décision du 24 avril 2020 par laquelle le président du conseil départemental de Seine-et-Marne l'a licenciée ;
4°) de mettre à la charge du département de Seine-et-Marne une somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme H épouse F soutient que :
En ce qui concerne la décision de suspension:
- elle est entachée de l'incompétence de son auteure ;
- elle est entachée d'un vice dans la procédure fixée par les articles L. 122-1 et L. 122-2 du code des relations entre le public et l'administration dès lors qu'elle n'a été convoquée que deux jours ouvrables avant son entretien, ce qui ne lui a pas laissé un délai raisonnable pour s'y préparer, ni pour trouver un conseil pour l'assister ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- l'enquête administrative est entachée de partialité dès lors qu'elle a été menée exclusivement à charge par la cheffe adjoint du service de la protection maternelle et infantile (PMI) et de la petite enfance, alors que celle-ci est la signataire de la décision de suspension ;
- l'enquête administrative est entachée de détournement de pouvoir dès lors que l'objectif poursuivi par le chef adjoint du service de la PMI et de la petite enfance était de la priver de son travail ;
- la matérialité des faits n'est pas établie dès lors que les enfants qu'elle accueillait attestent qu'ils étaient bien chez elle et que l'enquête administrative ne rapporte aucune preuve objective que les enfants qui lui ont été confiés pouvaient être en danger à son domicile ;
- la décision de suspension a porté préjudice aux enfants qui lui étaient confiés depuis de longues années et qui ont été réorientés sans explication ;
- la décision de suspension s'appuie sur un évènement exceptionnel sorti d'un contexte très particulier ;
En ce qui concerne la décision de retrait d'agrément:
- elle entachée de l'incompétence de son auteur ;
- elle est entachée d'un vice de procédure tiré de ce que la commission consultative paritaire départementale, qui a rendu un avis sur la proposition de retrait de son agrément, était composée de 3 représentants du département et d'une représentante des assistants maternels et familiaux, soit un nombre inégal de ces deux catégories de représentants en méconnaissance de l'article R. 421-27 du code de l'action sociale et des familles qui prévoit une composition paritaire ;
- elle méconnaît l'article L. 421-6 du code de l'action sociale et des familles en ce qu'elle a été signée par un auteur incompétent ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation et manque d'objectivité en ce qu'elle mentionne que l'intégralité des membres de la commission a émis un avis en faveur d'une décision de retrait alors que seuls 2 des membres sur 4 ont émis un tel avis ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation et manque d'objectivité en ce qu'elle mentionne qu'elle aurait nié que son conjoint ait frappé un enfant accueilli et qu'elle serait restée passive durant cette altercation alors qu'elle a précisé n'avoir rien vu de cette scène, raison pour laquelle l'administration ne peut affirmer qu'elle est restée passive ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation et manque d'objectivité en ce que le motif, tiré de ce qu'elle n'a pas été en mesure de mettre des limites à son employeur sur le nombre d'enfants accueillis, et plus particulièrement lorsque ces derniers présentaient des troubles du comportement importants nécessitant une prise en charge complexe, ne saurait lui être opposé dès lors que la quasi-totalité des enfants placés en famille d'accueil présentaient des troubles du comportement importants et nécessitaient une prise en charge complexe, que le fait pour une assistante familiale de refuser des placements d'enfants dans la limite de son agrément est un motif de licenciement pour cause réelle et sérieuse et que ce motif revient à lui faire supporter le fait que son employeur abuse de sa patience ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation et manque d'objectivité en ce qu'il ne saurait lui être tenu rigueur de la circonstance que certains enfants confiés se sont retrouvés en danger du fait de violences exercées par d'autres enfants qui lui étaient également confiés dès lors que ces évènements sont sortis de leur contexte, qu'ils ne résultaient pas de son fait mais du vécu de ces enfants et des violences qu'ils ont eux-mêmes subies, qu'elle n'a jamais abandonné un enfant qui présentait des troubles du comportement, qu'elle est restée vigilante, qu'il n'est rien arrivé de grave à ces enfants et que la décision de placer des enfants violents en famille d'accueil alors qu'ils n'y ont pas leur place ne lui incombait pas mais relevait des services sociaux ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation et manque d'objectivité en ce que, contrairement aux affirmations du directeur adjoint à la solidarité, elle a toujours observé, écouté et pris en compte les besoins particuliers du mineur ou jeune majeur accueilli, posé un cadre éducatif cohérent, structurant et adapté à leurs besoins et adopté une attitude conforme à l'intérêt supérieur de l'enfant ;
En ce qui concerne la décision de licenciement:
- elle est entachée de l'incompétence de son auteure ;
- elle est entachée, par voie d'exception, de l'illégalité de la décision de retrait de son agrément d'assistante familiale sur laquelle elle se fonde.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 octobre 2022, le département de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête.
Le département de Seine-et-Marne fait valoir que:
- la requête est irrecevable en ce qu'elle est dirigée collectivement contre plusieurs décisions ;
- les conclusions tendant à l'annulation de la décision de licenciement sont irrecevables en ce que l'intéressée avait précédemment fait l'objet d'une décision de retrait de son agrément d'assistante familiale et que son employeur était dès lors en situation de compétence liée pour y procéder ;
- les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Par des ordonnances du 6 et du 18 octobre 2022, la clôture de l'instruction, initialement fixée au 21 octobre 2022, a été reportée au 31 octobre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code général des collectivités territoriales;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C,
- et les conclusions de Mme Vergnaud, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme H épouse F était agréée en qualité d'assistante familiale par le département de Seine-et-Marne depuis le 10 mai 2006 et était employée par cette même collectivité en cette qualité depuis le 20 juin 2006. Le 22 octobre 2019, un signalement a été reçu par le service de la PMI de la maison départementale des solidarités (MDS) de Coulommiers, faisant état de suspicions d'actes de maltraitance qui auraient été commis par le conjoint de l'intéressée, lui-même assistant familial, à l'encontre d'enfants accueillis à leur domicile. Par une décision du 4 novembre 2019, le président du conseil départemental de Seine-et-Marne a suspendu l'agrément d'assistante familiale de Mme H épouse F. Par un courrier du 2 janvier 2020, l'intéressée a formé un recours gracieux contre cette décision qui a été rejeté par une décision du 19 février 2020. Suite à un avis de la commission consultative paritaire départementale (CCPD) en date du 24 février 2020, le président du conseil départemental de Seine-et-Marne a, par une décision en date du 2 avril 2020, retiré l'agrément d'assistante familiale de Mme H épouse F, puis, par une décision du 24 avril 2020, l'a licenciée. La requérante demande au tribunal d'annuler les décisions du 4 novembre 2019, du
19 février 2020, du 2 avril 2020 et du 24 avril 2020.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision de suspension de son agrément d'assistante familiale:
En ce qui concerne la légalité externe:
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 421-6 du code de l'action sociale et des familles: "() En cas d'urgence, le président du conseil départemental peut suspendre l'agrément. Tant que l'agrément reste suspendu, aucun enfant ne peut être confié ()". Aux termes de l'article L. 3221-3 du code général des collectivités territoriales: "() Le président du conseil départemental est le chef des services du département. Il peut, sous sa surveillance et sa responsabilité, donner délégation de signature en toute matière aux responsables desdits services".
3. Le département de Seine-et-Marne a produit un arrêté signé le 18 juillet 2018 par M. Patrick Septiers, président du conseil départemental de Seine-et-Marne, comportant la mention de sa publication au recueil des actes administratifs n°45 du 19 juillet 2018 et l'horodatage attestant de sa réception par la préfecture de Seine-et-Marne à cette même date, aux termes duquel celui-ci a donné délégation à Mme B E, chef adjoint du service de la PMI de la petite enfance de la maison départementale des solidarités de Coulommiers et signataire de la décision de suspension du 4 novembre 2019, à l'effet de signer "tous les actes suivants: () / - avis, mises en demeure et décisions relatifs aux agréments des assistants maternels et familiaux, à l'exception de ceux pris après avis de la commission consultative paritaire départementale (retrait, restriction et non-renouvellement) ()". Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit être écarté.
4. En deuxième lieu, il résulte des articles L. 421-6 et L. 423-8 du code de l'action sociale et des familles que le législateur a entendu, par ces dispositions, déterminer entièrement les règles de procédure auxquelles sont soumises les mesures de suspension de l'agrément des assistants maternels ou familiaux, qui s'inscrivent dans le cadre de la modification ou du retrait éventuel de cet agrément, soumis à une procédure contradictoire préalable précisée à l'article
R. 421-23 du même code. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance de la procédure prévue par les articles L. 122-1 et L. 122-2 du code des relations entre le public et l'administration ne saurait utilement être invoqué à l'encontre d'une telle mesure.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 421-6 du code de l'action sociale et des familles: "() Toute décision de retrait de l'agrément, de suspension de l'agrément ou de modification de son contenu doit être dûment motivée et transmise sans délai aux intéressés ()".
6. La décision de suspension litigieuse, qui cite les articles L. 421-3 et R. 421-3 du code de l'action sociale et des familles et vise l'article L. 421-6 du même code, mentionne que le service de la protection maternelle et infantile du département de Seine-et-Marne a été dépositaire d'une information préoccupante le 22 octobre 2019 qui fait état de suspicion d'agissement de la part du conjoint de Mme H épouse F, lui-même assistant familial, consistant en des actes de maltraitances à l'encontre d'un enfant qu'il accueille, que ces faits sont susceptibles d'être qualifiés pénalement, qu'un signalement a été transmis au parquet le lundi 28 octobre 2019 en lien avec cette information, que cette information préoccupante relate que la requérante encouragerait ces pratiques et qu'elle était présente au moment des faits, que l'intéressée a déjà, le 18 avril 2016, été mise en demeure d'améliorer ses pratiques professionnelles en posant un cadre éducatif, cohérent, structurant et adapté, et ce, après que le service a été dépositaire d'éléments recueillis par l'aide sociale à l'enfance auprès d'enfants accueillis, et que la capacité de la requérante à protéger les enfants qu'elle accueille des éventuels agissements de son conjoint ainsi que de ses propres agissements conduit à considérer que la conformité de ses conditions d'accueil aux textes visés n'était plus garantie. Ainsi rédigée, la décision du 4 novembre 2019 comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.
7. En quatrième lieu, la mesure de suspension de l'agrément d'un assistant familial constitue une mesure de police administrative, prise dans l'intérêt des enfants accueillis, qui n'a qu'un caractère conservatoire, raison pour laquelle elle est limitée à quatre mois au maximum pendant lesquels celui-ci est indemnisé. Ce délai a pour objet de laisser le temps à l'administration de mener une enquête administrative et de permettre des échanges contradictoires en vue de la réunion de la commission consultative paritaire départementale (CCPD), avant qu'une décision ne soit prise sur son agrément. Par suite, le moyen tiré de ce que l'enquête administrative serait entachée de partialité, laquelle a nécessairement été menée postérieurement à la mesure de suspension attaquée, ne peut qu'être écarté.
En ce qui concerne la légalité interne:
8. En premier lieu, aux termes de l'article L. 421-3 du code de l'action sociale et des familles : " L'agrément nécessaire pour exercer la profession d'assistant maternel ou d'assistant familial est délivré par le président du conseil départemental du département où le demandeur réside. () / L'agrément est accordé à ces deux professions si les conditions d'accueil garantissent la sécurité, la santé et l'épanouissement des mineurs et majeurs de moins de vingt et un ans accueillis, en tenant compte des aptitudes éducatives de la personne () ". Aux termes de l'article L. 421-6 du même code : " () Si les conditions de l'agrément cessent d'être remplies, le président du conseil départemental peut, après avis d'une commission consultative paritaire départementale, modifier le contenu de l'agrément ou procéder à son retrait. En cas d'urgence, le président du conseil général peut suspendre l'agrément. Tant que l'agrément reste suspendu, aucun enfant ne peut être confié () ". Aux termes de l'article
R. 421-24 du même code : " Le président du conseil départemental informe sans délai la commission consultative paritaire départementale de toute décision de suspension d'agrément prise en application de l'article L. 421-6. La décision de suspension d'agrément fixe la durée pour laquelle elle est prise qui ne peut en aucun cas excéder une période de quatre mois ".
9. Une mesure de suspension d'agrément peut être prononcée lorsque les faits imputés au bénéficiaire de l'agrément ou à son entourage, relatifs à des comportements susceptibles de compromettre la santé, la sécurité ou l'épanouissement de l'enfant, présentent, eu égard aux éléments en possession de l'administration à la date de la mesure de suspension, un caractère suffisant de vraisemblance et de gravité et sont, en l'espèce, susceptibles de révéler une situation d'urgence. A cette fin, il appartient au président du conseil départemental de tenir compte de tous les éléments portés à la connaissance des services compétents du département ou recueillis par eux et de déterminer si ces éléments sont suffisamment établis pour lui permettre raisonnablement de penser que l'enfant est victime des comportements en cause ou risque de l'être, et il incombe aux services départementaux de faire les diligences nécessaires pour porter une appréciation sur la réalité du risque présenté par le milieu de garde avant que le président du conseil général ne prenne une décision de suspension d'agrément.
10. Pour suspendre l'agrément délivré à Mme H épouse Da Rocha, le président du conseil départemental a indiqué s'être fondé sur une information préoccupante faisant état de violences physiques commises le 17 octobre 2019 par son conjoint, lui aussi assistant familial, à leur domicile, sur un enfant de 11 ans confié à celui-ci mais en présence de l'intéressée, sans que celle-ci ne réagisse. D'autres faits similaires se seraient produits au domicile de Mme H épouse F.
11. Il ressort des pièces du dossier que ces propos émanant de l'enfant plaignant, ainsi que le témoignage direct de cet évènement émanant d'un autre enfant accueilli du
15 octobre 2019 au 18 octobre 2019 au domicile de Mme H épouse F, ont été recueillis par une éducatrice de la maison d'enfants à caractère social de Luzancy qui a également entendu, le 18 octobre 2019, le conjoint de l'intéressée, lequel lui a expliqué qu'il avait recadré l'enfant " comme il se doit ". Ces éléments, qui ont été transcrits dans une note qui est parvenue à la PMI le 22 octobre 2019, et qui sont de nature à compromettre les conditions garantissant la sécurité, la santé et l'épanouissement des mineurs ou des jeunes majeurs accueillis, présentent un caractère de vraisemblance suffisant et révèlent, également, une situation d'urgence. Par suite, le président du conseil départemental était fondé à suspendre l'agrément de Mme H épouse F en application des dispositions des articles L. 421-6 et R. 421-24 du code de l'action sociale et des familles.
12. En deuxième lieu, si la requérante soutient que la matérialité des faits n'est pas établie dès lors que les enfants qu'elle accueillait attestent qu'ils étaient bien chez elle et que l'enquête administrative ne rapporte aucune preuve objective que les enfants qui lui ont été confiés pouvaient être en danger à son domicile, il ressort toutefois des pièces du dossier, d'une part, ainsi qu'il a été dit au point 11, que les faits présentaient un caractère de vraisemblance suffisant pour prononcer une suspension et, d'autre part, que les arguments développés se rapportent à l'enquête administrative menée postérieurement à la décision de suspension. Par suite, ce moyen doit être écarté.
13. En troisième lieu, la requérante soutient, d'une part, que la suspension a porté préjudice aux enfants qui lui étaient confiés depuis de longues années et qui ont été réorientés sans explication et, d'autre part, qu'elle est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors qu'elle s'appuie sur un évènement exceptionnel sorti d'un contexte très particulier. Toutefois, d'une part, la mesure de suspension ne présentait qu'un caractère conservatoire limité à quatre mois et, d'autre part, son objet est de protéger les enfants accueillis pendant le temps nécessaire à l'enquête administrative, dont l'objet est, notamment, de confirmer ou d'infirmer le contenu de l'information préoccupante. Par suite, ces moyens doivent être écartés.
14. En quatrième lieu, compte tenu de ce qui précède, la requérante ne démontre pas que le chef adjoint du service de la PMI et de la petite enfance ait usé de ses pouvoirs à d'autres fins que celles pour lesquels ils lui ont été confiés. Par suite, le moyen tiré du détournement de pouvoir doit lui aussi être écarté.
15. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de statuer sur la première fin de non-recevoir soulevées en défense, que la requérante n'est pas fondée à soutenir que la décision par laquelle le président du département de Seine-et-Marne a suspendu son agrément d'assistante familiale, ensemble la décision de rejet de son recours gracieux, sont illégales et à en demander l'annulation.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision de retrait de son agrément d'assistante familiale:
En ce qui concerne la légalité externe:
16. En premier lieu, aux termes de l'article L. 421-6 du code de l'action sociale et des familles: "() Si les conditions de l'agrément cessent d'être remplies, le président du conseil départemental peut, après avis d'une commission consultative paritaire départementale, modifier le contenu de l'agrément ou procéder à son retrait ()". Aux termes de l'article L. 3221-3 du code général des collectivités territoriales: "() Le président du conseil départemental est le chef des services du département. Il peut, sous sa surveillance et sa responsabilité, donner délégation de signature en toute matière aux responsables desdits services".
17. Le département de Seine-et-Marne a produit un arrêté signé le 16 novembre 2018 par M. Patrick Septiers, président du conseil départemental de Seine-et-Marne, comportant la mention de sa publication au recueil des actes administratifs n°76 du 3 décembre 2018 et l'horodatage attestant de sa réception par la préfecture de Seine-et-Marne le 30 novembre 2018, aux termes duquel celui-ci a donné délégation à M. G A, directeur général adjoint de la solidarité et signataire de la décision de retrait d'agrément du 2 avril 2020, à l'effet de signer "tous les actes suivants: () / - décisions relatives à l'agrément des assistants familiaux et des assistants maternels, - décisions relatives à l'agrément des accueillants familiaux de personnes âgées ou de personnes handicapées, ()". Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit être écarté.
18. En second lieu, aux termes de l'article R. 421-27 du code de l'action sociale et des familles: "La commission consultative paritaire départementale, prévue par l'article L. 421-6, comprend, en nombre égal, des membres représentant le département et des membres représentant les assistants maternels et les assistants familiaux agréés résidant dans le département. / Le président du conseil départemental fixe par arrêté le nombre des membres de la commission qui peut être de six, huit ou dix en fonction des effectifs des assistants maternels et des assistants familiaux agréés résidant dans le département".
19. Une commission administrative paritaire ne peut valablement délibérer qu'à la condition qu'aient été régulièrement convoqués, en nombre égal, les représentants de l'administration et les représentants du personnel, membres de la commission, habilités à siéger dans chacune de ces formations, et eux seuls, et que le quorum ait été atteint. S'il résulte de ces dispositions que la règle de la parité s'impose pour la composition de la commission consultative paritaire départementale, en revanche, la présence effective en séance d'un nombre égal de représentants du département et de représentants des assistants maternels et familiaux agréés résidant dans le département ne conditionne pas la régularité de la consultation de cette commission, dès lors que ni les dispositions citées ci-dessus, ni aucune autre règle, ni enfin aucun principe ne subordonnent la régularité des délibérations de la commission consultative paritaire départementale à la présence en nombre égal de représentants du département et de représentants des assistants maternels et familiaux agréés.
20. En l'espèce, Mme H épouse F, qui n'établit ni même n'allègue ni que l'arrêté du président du conseil départemental de Seine-et-Marne fixant la composition de la commission consultative paritaire départementale ne respecterait pas l'obligation de parité prévue à l'article R. 421-7 précité du code de l'action sociale et des familles, ni que les représentants de la commission consultative paritaire départementale n'auraient pas tous été convoqués à la séance du 24 février 2020, se borne à soutenir que lors de celle-ci, seuls 3 représentants de l'administration et une représentante des assistants familiaux et maternels étaient présents. Or, ainsi qu'il a été dit précédemment, la présence effective en séance d'un nombre égal de représentants du département et de représentants des assistants maternels et familiaux agréés résidant dans le département ne conditionne pas la régularité de la consultation de cette commission. Par suite, le moyen tiré du vice de procédure doit être écarté.
En ce qui concerne la légalité interne:
21. Aux termes de l'article L. 421-3 du code de l'action sociale et des familles dans sa version alors en vigueur : " L'agrément nécessaire pour exercer la profession d'assistant maternel ou d'assistant familial est délivré par le président du conseil général du département où le demandeur réside. / Un référentiel approuvé par décret en Conseil d'Etat fixe les critères d'agrément. () / L'agrément est accordé () si les conditions d'accueil garantissent la sécurité, la santé et l'épanouissement des mineurs et majeurs de moins de vingt et un ans accueillis, en tenant compte des aptitudes éducatives de la personne () ". Aux termes de l'article L. 421-6 du même code dans sa version alors en vigueur : " () Si les conditions de l'agrément cessent d'être remplies, le président du conseil général peut, après avis d'une commission consultative paritaire départementale, modifier le contenu de l'agrément ou procéder à son retrait () / Les entretiens () avec un assistant familial agréé et les visites à son domicile doivent permettre d'apprécier, au regard des critères précisés dans le référentiel figurant à l'annexe 4-9 du présent code, si les conditions légales d'agrément sont remplies ". Le référentiel fixant les critères de l'agrément des assistants familiaux par le président du conseil départemental, annexé au décret n° 2014-918 du 18 août 2014 relatif au référentiel fixant les critères d'agrément des assistants familiaux, vise en sa sous-section 1 la capacité de l'intéressé à : " 1. Observer, écouter et prendre en compte les besoins particuliers du mineur ou du jeune majeur accueilli pour favoriser son développement physique, affectif, intellectuel et social. / 2. Proposer un cadre de vie favorisant la stabilité affective du mineur ou du jeune majeur accueilli. () / 4. Adopter une attitude conforme à l'intérêt supérieur de l'enfant accueilli et avoir une attitude neutre et respectueuse vis-à-vis des parents et de la famille du mineur ou du jeune majeur accueilli. ". En sa sous-section 2, il vise : " () 4. La capacité du candidat à s'inscrire dans une équipe professionnelle pluridisciplinaire autour du projet pour l'enfant ou le jeune majeur. / 5. La capacité du candidat à se représenter ses responsabilités vis-à-vis des services du département, et de son employeur, en charge de son accompagnement, de son contrôle et du suivi de ses pratiques professionnelles, et à comprendre et accepter leur rôle ".
22. En vertu des dispositions précitées, il incombe au président du conseil départemental de s'assurer que les conditions d'accueil garantissent la sécurité, la santé et l'épanouissement des enfants accueillis et de procéder au retrait de l'agrément si ces conditions ne sont plus remplies. A cette fin, dans l'hypothèse où il est informé de suspicions de comportements susceptibles de compromettre la santé, la sécurité ou l'épanouissement d'un enfant de la part du bénéficiaire de l'agrément ou de son entourage, il lui appartient de tenir compte de tous les éléments portés à la connaissance des services compétents du département ou recueillis par eux et de déterminer si ces éléments sont suffisamment établis pour lui permettre raisonnablement de penser que l'enfant est victime des comportements en cause ou risque de l'être.
23. Pour retirer l'agrément délivré à Mme H épouse Da Rocha, le président du conseil départemental de Seine-et-Marne a estimé qu'elle ne remplissait plus les conditions requises pour l'exercice de la profession d'assistante familiale dès lors qu'elle est restée passive et qu'elle a varié dans ses déclarations quant à ce dont elle a été le témoin, lors d'une altercation survenue le 17 octobre 2019 à son domicile entre son conjoint, lui aussi assistant familial et l'un des enfants qu'il avait en charge d'accueillir, âgé de 11 ans au moment des faits, à l'encontre duquel il aurait commis des actes de violence à cette occasion alors qu'elle se trouvait dans la même pièce, qu'elle n'a pas été en mesure de mettre des limites auprès de son employeur sur le nombre d'enfants ou de jeunes accueillis (jusqu'à six enfants ou jeunes accueillis au domicile pour les deux agréments) et plus particulièrement lorsque ces derniers présentaient des troubles du comportement importants, qu'elle n'a pas pris conscience, malgré la sensibilisation faite par les membres de la commission lors des échanges, de la nécessité de mettre en place une prise en charge particulière et individuelle de chaque enfant accueilli, que par les profils singuliers des nombreux enfants accueillis, elle s'est elle-même mise en difficulté et a eu une posture peu professionnelle. La décision attaquée mentionne également qu'elle n'a pas été en mesure de repérer et de prévenir les risques liés aux comportements personnels ou familiaux susceptibles d'avoir une incidence sur la santé et la sécurité des mineurs ou jeunes majeurs accueillis.
24. Il ressort des pièces du dossier et plus particulièrement du compte rendu d'entretien du 4 novembre 2019 et du rapport d'enquête administrative, que deux témoignages concordants d'enfants, recueillis par une éducatrice de la maison d'enfants à caractère social de Luzancy, corroborent le fait que le conjoint de Mme H épouse F, lui aussi assistant familial, a, au domicile familial, le 17 octobre 2019, poussé un enfant de 11 ans dont il avait la charge au point de le faire chuter, lui a donné une claque et des coups et l'a tiré par les cheveux. Il ressort du rapport d'enquête administrative du 30 janvier 2020 que son conjoint lui-même a reconnu avoir donné une gifle à cet enfant. Lors du compte rendu d'entretien du
4 novembre 2019, Mme H épouse F a déclaré au sujet de cet incident " ils étaient debout tous les deux dans la pièce à vivre, mon conjoint a poussé à l'épaule et il est tombé au sol sur les fesses ", puis, lors du passage devant la commission départementale paritaire, s'est rétractée, alléguant n'avoir rien vu, tout en affirmant qu'elle se trouvait dans la même pièce que son conjoint et l'enfant lors de cet incident. En outre, si la requérante soutient que le motif, tiré de ce qu'elle n'a pas été en mesure de mettre des limites à son employeur sur le nombre d'enfants accueillis ne saurait lui être opposé dès lors que le fait pour une assistante familiale de refuser des placements d'enfants dans la limite de son agrément est un motif de licenciement pour cause réelle et sérieuse, il ressort du rapport d'enquête administrative et du procès-verbal de la commission départementale paritaire que Mme H épouse F, qui bénéficiait depuis 2007 d'une extension de son agrément à 3 mineurs ou jeunes majeurs de moins de 21 ans accueillis, a donné son accord, entre 2010 et 2020, à 17 dérogations au-delà de cette limite, acceptant parfois la charge de 5 enfants ou jeunes majeurs accueillis simultanément alors que la quasi-totalité de ceux-ci présentaient des troubles du comportement importants et nécessitaient une prise en charge complexe. L'intéressée, qui a consenti aux termes de son contrat, et qui n'établit pas qu'elle ne pouvait, au besoin, s'appuyer sur l'équipe de professionnels qualifiés dans les domaines social, éducatif, psychologique et médical, que le département a mis en place en vertu de l'article L. 422-5 du code de l'action sociale et des familles pour soutenir ses assistants familiaux, ne saurait sérieusement soutenir que l'accueil de ces enfants lui a été imposé par le département. Par ailleurs, Mme H épouse F, qui était une assistante familiale agréée et, à ce titre une professionnelle de l'accueil d'enfants en difficulté ayant 14 années d'expérience à la date de la décision attaquée, ne saurait davantage se dégager de toute responsabilité quant aux violences qui sont survenues à son domicile entre enfants accueillis au seul motif que ces évènements ne résultent pas de son fait mais du vécu de ces enfants et des violences qu'ils ont eux-mêmes subies. En outre, il ressort des pièces du dossier que l'intéressée, qui a également jeté un verre d'eau au visage d'un enfant accueilli au motif que celui-ci faisait preuve de violence à l'égard d'un autre, qui rejette la responsabilité de l'altercation survenue entre son conjoint et un enfant de 11 ans exclusivement sur ce dernier, l'accusant d'avoir lui-même commis plusieurs actes de violence sur d'autres enfants et de l'avoir injuriée, alors qu'elle n'établit, ni même n'allègue avoir alerté les services du département sur ces situations et ce climat de violence, n'est pas fondée à soutenir qu'elle serait restée vigilante, qu'il ne serait rien arrivé de grave aux enfants qu'elle accueillait ou encore que la responsabilité de ces évènements incomberait aux seuls services sociaux qui ont décidé de les lui confier. Par ailleurs, il ressort également des pièces du dossier que Mme H épouse F a remis en cause les recommandations d'une psychologue au sujet d'un enfant atteint d'énurésie dont l'intéressée avait mis l'armoire à vêtements en dehors de sa chambre et alors qu'une forte odeur d'urine imprégnait celle-ci. Enfin, les membres de la commission lui ont fait observer à plusieurs reprises que le terme "dégager", qu'elle a persisté à employer lors de son audition, était inapproprié s'agissant du refus d'un enfant accueilli, alors qu'elle n'établit pas être capable de se remettre en question et que l'enquête administrative a également relevé "le fait que madame isole parfois les enfants dans la véranda avec leur deux bergers allemands, madame ayant observé que cela puisse avoir une vertu éducative".
25. Les éléments ainsi relevés par le président du département de Seine-et-Marne compromettent les conditions garantissant la sécurité, la santé et l'épanouissement des mineurs ou des jeunes majeurs accueillis par Mme H épouse F. Par suite, celle-ci n'est pas fondée à soutenir que la décision attaquée manquerait d'objectivité et serait entachée d'une erreur d'appréciation.
26. Il résulte de tout ce qui précède, et, ainsi qu'il a été dit au point 15, sans qu'il soit besoin de statuer sur la première fin de non-recevoir soulevée en défense, que la requérante n'est pas fondée à soutenir que la décision par laquelle le président du département de Seine-et-Marne a retiré son agrément d'assistante familiale est illégale et à en demander l'annulation.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision de licenciement:
27. Aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'action sociale et des familles : " Les articles L. 423-3 à L. 423-13, L. 423-15, L. 423-17 à L. 423-22, L. 423-27 à L. 423-33 et L. 423-35 s'appliquent aux assistants maternels et aux assistants familiaux employés par des personnes morales de droit public ". Aux termes de l'alinéa 2 de l'article L. 423-8 du code de l'action sociale et des familles : " () en cas de retrait d'agrément, l'employeur est tenu de procéder au licenciement par lettre recommandée avec accusé de réception ". Il résulte de ce texte que le département se trouve en état de compétence liée pour prononcer le licenciement dès lors que l'agrément d'une assistante familiale est retiré ou non renouvelé.
28. Il résulte de ce qui précède que le président du conseil départemental de Seine-et-Marne qui, par une décision du 2 avril 2020, a retiré l'agrément que Mme H épouse F détenait en qualité d'assistante familiale, était tenu de prononcer son licenciement. Par suite eu égard à la situation de compétence liée dans laquelle se trouvait placée l'administration, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte est inopérant.
29. Compte tenu de ce qui précède, le moyen tiré de ce que la décision de licenciement serait entachée par voie d'exception de l'illégalité de la décision de retrait de son agrément d'assistante familiale sur laquelle elle se fonde doit, lui aussi, être écarté.
30. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de statuer sur les fins de non-recevoir soulevées en défense, que Mme H épouse F n'est pas fondée à soutenir que la décision du 24 avril 2020, par laquelle le président du conseil départemental de Seine-et-Marne l'a licenciée, serait illégale et à en demander l'annulation.
Sur les frais liés au litige:
31. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du département de Seine-et-Marne, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que Mme H épouse F lui demande au titre des frais qu'elle a exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme H épouse F est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D H épouse F et au département se Seine-et-Marne.
Délibéré après l'audience du 9 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Lalande, président,
M. Allègre, premier conseiller,
M. Dumas, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 mars 2023.
Le rapporteur,
M. DUMAS Le président,
D. LALANDE
La greffière,
C. KIFFER
La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2006629
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026