jeudi 16 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2006859 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | WA NSANGA ALLEGRET |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance en date du 27 août 2020, enregistrée le 1er septembre 2020 au greffe du tribunal, le président du tribunal administratif de Paris a transmis la requête présentée par Mme A B.
Par une requête, enregistrée au greffe du tribunal de Paris le 27 juillet 2020 et trois mémoires, enregistrés les 12 novembre 2020 et 27 décembre 2021, Mme A B, représentée par Me Wa Nsanga Allegret, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision implicite de rejet par laquelle le ministre de l'action et des comptes publics a refusé de faire droit à sa demande de régularisation des cotisations employeurs versées pour son compte, formulée par courrier du 9 décembre 2019 avec toutes conséquences de droit ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit dès lors que la seule circonstance d'exercer les fonctions de médecin de prévention à temps incomplet à hauteur de 40% puis de 80% ne permet pas de la considérer comme étant une salariée employée à temps partiel au sens des dispositions de l'article L. 212-4-2 du code du travail ;
- l'administration n'était pas fondée en conséquence à proratiser les cotisations de retraite dues par l'employeur sur la base du plafond annuel de la sécurité sociale en application de l'article L.242-8 du code de la sécurité sociale ;
- elle fondée à solliciter que l'abattement effectué par l'administration soit réintégré dans l'assiette de ses cotisations sociales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 novembre 2021, le ministre de l'économie, des finances et de la relance conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête est tardive ;
- les conclusions indemnitaires sont irrecevables ;
- à titre subsidiaire, que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés et que les éventuels rappels de cotisation vieillesse antérieurs aux 1er janvier 2015 sont prescrits.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de l'incompétence de la juridiction administrative pour l'ensemble du litige, dès qu'il porte sur l'application des dispositions de l'article L. 242-8 du code de la sécurité sociale qui prévoient un abattement d'assiette pour le calcul des cotisations de sécurité sociale dues au titre des salariés employés à temps partiel .
Par ordonnance du 26 novembre 2021, la clôture d'instruction a été fixée au 1er janvier 2022 à midi.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bourdin,
- et les conclusions de M. Lacote, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B a été recrutée, par un premier contrat du 27 septembre 2006, en qualité de médecin de prévention à compter du 1er octobre 2006 auprès de la direction départementale de l'action sociale de la Seine-et-Marne pour un quota mensuel de 62,80 heures. A compter du 1er octobre 2007, elle a bénéficié de deux jours supplémentaires de travail par semaine. Dans le cadre de la contractualisation des médecins de prévention exerçant au sein des ministères économique et financier, elle a bénéficié d'un contrat à durée déterminée en date du 7 janvier 2010, pris sur le fondement des dispositions de l'article 4 de la loi du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires à la fonction publique de l'Etat pour la période du 15 octobre 2008 au 30 septembre 2012 pour effectuer un service à temps partiel d'une durée égale à 80% d'un temps plein. Depuis le 1er octobre 2012, elle exerce ses fonctions dans le cadre d'un contrat de travail à durée indéterminée pris sur le fondement des dispositions des articles 4 et 6 bis de la loi du 11 janvier 1984 précitée. Par courrier du 9 décembre 2019, reçu par l'administration le 12 décembre 2019, Mme B a demandé au ministre de l'action et des comptes publics de rétablir le versement de ses cotisations de retraite sur la totalité de l'assiette de cotisation à compter de l'année 2006 jusqu'au jour de sa demande. Une décision implicite de rejet est née le 12 février 2020. Par la requête susvisée, Mme B doit être regardée comme demandant l'annulation de la décision implicite de rejet par laquelle le ministre de l'action et des comptes publics a refusé de faire droit à sa demande de régularisation des cotisations employeurs versées pour son compte formulée par courrier du 9 décembre 2019 et qu'il soit enjoint au ministre de procéder à la réintégration de l'abattement effectué dans l'assiette de ses cotisations sociales.
2. Aux termes de l'article L. 142-1 du code de la sécurité sociale : " Le contentieux de la sécurité sociale comprend les litiges relatifs :/ 1° A l'application des législations et réglementations de sécurité sociale et de mutualité sociale agricole ;() ". Aux termes de l'article L. 242-8 du code de la sécurité sociale, applicable à compter du 11 août 2016: " Pour le calcul des cotisations de sécurité sociale dues au titre des salariés employés à temps partiel, au sens de l'article L. 3123-1 du code du travail, et qui sont déterminées compte tenu du plafond prévu à l'article L. 241-3, il est opéré un abattement d'assiette destiné à compenser la différence entre le montant des cotisations dues au titre de chacun de ces salariés et le montant des cotisations qui seraient dues pour une durée de travail identique dans le cas où chacun d'eux travaillerait à temps complet. ". Aux termes de ce même article dans sa rédaction antérieure au 11 août 2016 : "Pour le calcul des cotisations de sécurité sociale dues au titre des salariés employés à temps partiel, au sens de l'article L. 212-4-2 du code du travail, et qui sont déterminées compte tenu du plafond prévu à l'article L. 241-3, il est opéré un abattement d'assiette destiné à compenser la différence entre le montant des cotisations dues au titre de chacun de ces salariés et le montant des cotisations qui seraient dues pour une durée de travail identique dans le cas où chacun d'eux travaillerait à temps complet ". En application de l'article L.142-1 du code de la sécurité sociale, le contentieux de la sécurité sociale comprend les litiges relatifs à l'application des législations et réglementations de sécurité sociale et en ce qui concerne les fonctionnaires ou agents non titulaire de l'Etat et des collectivités publiques, le critère de la compétence des organismes du contentieux de la sécurité sociale est lié, non à la qualité des personnes en cause, mais à la nature même du différend.
3. En l'espèce, Mme B soutient que l'administration a commis une erreur de droit en procédant à l'abattement d'assiette prévu à l'article L.248-2 du code de la sécurité sociale, considérant que la seule circonstance de travailler à temps incomplet en qualité d'agent non titulaire d'une administration publique ne la faisait pas entrer dans la catégorie des salariés employés à temps partiel visés par ce texte. En procédant aux abattements contestés, l'administration a entendu faire application des dispositions précitées de l'article L. 242-8 du code de la sécurité sociale. Par suite, la décision implicite de rejet contestée se rattache au calcul des cotisations de sécurité sociale dues au titre des salariés employeurs tel que prévu par le code de la sécurité sociale. Indépendamment du bien-fondé du calcul opéré par l'administration sur le montant des cotisations sociales, un tel litige relève par nature de la compétence des juridictions judiciaires.
4. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au ministre de l'économie des finances et de la souveraineté industrielle.
Délibéré après l'audience du 10 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Ghaleh Marzban présidente,
Mme Bourdin, première conseillère,
M. Rheman-Fawcett, conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 novembre 2023.
La rapporteure,
S. BOURDIN
La présidente,
S. GHALEH-MARZBANLa greffière,
Y. SADLI
La République mande et ordonne au ministre de l'économie des finances et de la souveraineté industrielle en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026