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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2006927

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2006927

mardi 20 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2006927
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation5ème chambre, JU
Avocat requérantSELARL GRIMALDI-MOLINA ET ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 3 septembre 2020, Mme B A, représentée par Me Grimaldi, demande au tribunal :

1°) d'annuler le compte rendu de son évaluation professionnelle au titre de l'année 2019, ensemble la décision du 19 juin 2020 par laquelle le maire de Crécy-la-Chapelle a rejeté son recours gracieux ;

2°) d'enjoindre à la commune de Crécy-la-Chapelle de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Crécy-la-Chapelle une somme de 2 000 euros, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la procédure préalable est irrégulière en ce qu'elle méconnaît les articles du décret du 16 décembre 2014 relatif à l'appréciation de la valeur professionnelle des fonctionnaires territoriaux ;

- le compte rendu de son évaluation professionnelle au titre de l'année 2019 est entaché d'une erreur manifeste sur l'appréciation portée sur sa manière de servir.

Par un mémoire en défense, enregistré le 13 octobre 2022, la commune de Crécy-la-Chapelle, représentée par Me Bazin, conclut à ce qu'il soit constaté n'y avoir lieu à statuer sur la requête.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général de la fonction publique ;

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;

- le décret n° 2014-1526 du 16 décembre 2014 ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Lopa Dufrénot, vice-présidente, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Après avoir, au cours de l'audience publique, présenté son rapport et entendu les conclusions de Mme Delormas, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. Titulaire du grade de gardien brigadier, Mme B A exerce les fonctions de gardien de la paix au sein de la police municipale de la commune de Crécy-la-Chapelle. L'intéressée demande l'annulation du compte rendu de son évaluation professionnelle au titre de l'année 2019 ainsi que de la décision du maire du 2 juillet 2020, rejetant son recours gracieux.

Sur l'exception de non-lieu :

2. La circonstance que, par courrier du 14 septembre 2020, adressé à Mme A, le maire a, tout en indiquant accéder à sa demande à la suite de son recours gracieux, convoqué l'intéressée à un nouvel entretien professionnel n'est pas de nature à regarder le compte rendu de son évaluation professionnelle au titre de l'année 2019 comme ayant été retiré, ni même abrogé. Par suite, il y a lieu à statuer sur les conclusions à fin d'annulation de la requête.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

3. En premier lieu, aux termes de l'article 17 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, désormais codifié à l'article du code général de la fonction publique : " Les notes et appréciations générales attribuées aux fonctionnaires et exprimant leur valeur professionnelle leur sont communiquées. / Les statuts particuliers peuvent ne pas prévoir de système de notation ". Aux termes de l'article 76 de la loi du 26 janvier 1984 : " Le pouvoir de fixer les notes et appréciations générales exprimant la valeur professionnelle des fonctionnaires dans les conditions définies à l'article 17 du titre Ier du statut général est exercé par l'autorité territoriale au vu des propositions du secrétaire général ou du directeur des services de la collectivité ou de l'établissement. En outre, aux termes de l'article 6 du décret du 16 décembre 2014 relatif à l'appréciation de la valeur professionnelle des fonctionnaires territoriaux : " Les modalités d'organisation de l'entretien professionnel sont les suivantes :1° Le fonctionnaire est convoqué huit jours au moins avant la date de l'entretien par le supérieur hiérarchique direct ; 2° La convocation est accompagnée de la fiche de poste de l'intéressé et d'un exemplaire de la fiche d'entretien professionnel servant de base au compte rendu ; () ".

4. En outre, si les actes administratifs doivent être pris selon les formes et conformément aux procédures prévues par les lois et règlements, un vice affectant le déroulement d'une procédure administrative préalable, suivie à titre obligatoire ou facultatif, n'est de nature à entacher d'illégalité la décision prise que s'il ressort des pièces du dossier qu'il a été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision prise ou qu'il a privé les intéressés d'une garantie.

5. D'une part, il n'est pas contesté qu'à la convocation adressée à la requérante afin de se présenter le 30 janvier 2020, date de l'entretien professionnel de Mme A, n'était pas annexée à sa fiche de poste, ni un exemplaire de la fiche d'entretien professionnel servant de base au compte rendu. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que l'intéressée exerce ses fonctions au sein de la police municipale depuis plusieurs années, fonctions dont il n'est pas allégué qu'elles auraient fait l'objet d'évolution. De plus, celle-ci n'a pas sollicité la communication de sa fiche de poste, ni davantage un exemplaire de la fiche d'entretien. Au demeurant, elle n'allègue pas n'en avoir jamais été destinataire. Dans ces conditions, la circonstance que l'intéressée n'a pas été destinataire de sa fiche de poste préalablement à son entretien d'évaluation pour l'année 2019, ni d'une fiche d'entretien professionnelle n'a pas eu d'incidence sur le sens de la décision contestée et n'a pas privé cette agente de la garantie de préparer celui-ci comme elle l'affirme sans apporter à cet égard de précision. Par suite, le moyen tiré de vices de procédure doit être écarté.

6. D'autre part, l'absence de notification à la requérante du compte rendu de son évaluation professionnelle au titre de l'année 2018 est sans incidence sur la régularité des décisions attaquées.

7. En dernier lieu, aux termes de l'article 3 du décret du 16 décembre 2014 relatif à l'appréciation de la valeur professionnelle des fonctionnaires territoriaux : " L'entretien professionnel porte principalement sur : 1° Les résultats professionnels obtenus par le fonctionnaire eu égard aux objectifs qui lui ont été assignés et aux conditions d'organisation et de fonctionnement du service dont il relève / 2° Les objectifs assignés au fonctionnaire pour l'année à venir et les perspectives d'amélioration de ses résultats professionnels, compte tenu, le cas échéant, des évolutions prévisibles en matière d'organisation et de fonctionnement du service /3° La manière de servir du fonctionnaire / 4° Les acquis de son expérience professionnelle / 5° Le cas échéant, ses capacités d'encadrement / 6° Les besoins de formation du fonctionnaire eu égard, notamment, aux missions qui lui sont imparties, aux compétences qu'il doit acquérir et à son projet professionnel ainsi que l'accomplissement de ses formations obligatoires / 7° Les perspectives d'évolution professionnelle du fonctionnaire en termes de carrière et de mobilité. L'agent est invité à formuler, au cours de cet entretien, ses observations et propositions sur l'évolution du poste et le fonctionnement du service. ". L'article 4 du même décret énonce que les critères à partir desquels la valeur professionnelle du fonctionnaire est appréciée, au terme de cet entretien, fonction de la nature des tâches qui lui sont confiées et du niveau de responsabilité assumé. Ces critères portent notamment sur les compétences professionnelles et techniques, les qualités relationnelles et la capacité d'encadrement ou d'expertise ou, le cas échéant, à exercer des fonctions d'un niveau supérieur. Il résulte des dispositions de l'article 5 du décret du 16 décembre 2014, que l'autorité hiérarchique a l'obligation de synthétiser, de manière motivée, l'appréciation portée sur la valeur professionnelle de l'agent au regard du travail accompli par ce dernier au cours de l'année écoulée, évaluée selon les critères d'efficacité dans l'emploi et la réalisation des objectifs, des compétences professionnelles et techniques mises en œuvre ainsi que des qualités relationnelles.

8. Il résulte des pièces du dossier que si ont été reconnues les qualités de disponibilité et de ponctualité, l'appréciation littérale portée sur la valeur professionnelle de Mme A est mitigée en ce qu'elle doit notamment respecter sa hiérarchie directe, améliorer ses écrits professionnels et se remettre en cause. Tout d'abord, à la supposer établie, la circonstance que n'a pas fait l'objet de notification régulière à l'intéressée, le compte rendu de son évaluation professionnelle au titre de l'année 2018, avant sa contestation du compte rendu attaqué est sans incidence sur sa légalité. Ensuite, en se bornant à affirmer que la formation relative à la rédaction des écrits professionnels qu'elle n'a pas pu suivre l'année précédente pour des motifs d'intérêt du service, est organisée au cours de l'année 2020, Mme A ne conteste pas l'appréciation ainsi portée alors qu'il ressort des pièces du dossier que sur les comptes rendus de ses évaluations professionnelles au titre des années précédentes, notamment 2017 et 2018, est relevée, au titre d'objectif et de formation, la nécessité d'améliorer ses écrits professionnels d'initiative et d'accomplir une formation dédiée. Enfin, Mme A affirme que sa manière de servir n'a, au cours de l'année 2019, pas donné lieu à observation et que les insuffisances relevées dans son comportement notamment à l'égard de sa hiérarchie directe sont contradictoires avec les appréciations réalisées les années précédentes. Ce faisant, elle ne conteste pas utilement l'appréciation portée par le maire de Crécy-la-Chapelle sur sa valeur professionnelle, qui n'est pas manifestement erronée.

9. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation du compte rendu de son évaluation professionnelle au titre de l'année 2019 ainsi que de la décision du maire de Crécy-la-Chapelle du 2 juillet 2020, rejetant son recours gracieux. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction, assorties d'astreinte présentées et celles au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sont rejetées.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la commune de Crécy-la-Chapelle.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 20 décembre 2022.

La magistrate désignée,

M. CLa greffière,

V. TAROT

La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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