vendredi 12 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2006951 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | GONZALEZ AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 3 septembre 2020 et le 1er mars 2024, M. D B, agissant en qualité d'héritier de E, représenté par Me Gonzalez, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures ;
1°) de condamner le centre hospitalier du Sud Seine-et-Marne à lui verser la somme totale de 57 097 euros ;
2°) de mettre à la charge du centre hospitalier du Sud Seine-et-Marne une somme
de 5 000 euros sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le centre hospitalier de Nemours a commis une faute, consistant en une erreur de diagnostic dans la prise en charge de F B entrainant un retard de prise en charge de son infarctus, de nature à engager sa responsabilité ;
- cette faute est à l'origine de complications présentées par F B ;
- il est fondé à demander réparation au titre des postes de préjudice et des sommes suivants : frais d'assistance par tierce personne : 19 900 euros ; déficit fonctionnel temporaire :
12 197 euros ; souffrances endurées : 2 000 euros ; préjudice esthétique temporaire : 500 euros ; déficit fonctionnel permanent : 15 000 euros ; préjudice d'agrément : 5 000 euros ; préjudice esthétique permanent : 2 500 euros ;
Par des mémoires, enregistrés le 6 février 2024 et le 28 mai 2024, la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) du Loir-et-Cher, représentée par Me Maury, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de condamner le centre hospitalier du Sud Seine-et-Marne et la société Relyens Mutual Insurance à lui verser la somme totale de 1 941,05 euros au titre des débours qui ont été exposés du fait des conséquences dommageables dont fait état le requérant, assortie des intérêts de droit au taux légal à compter du 6 février 2024 ;
2°) de mettre à la charge du centre hospitalier du Sud Seine-et-Marne et de la société Relyens Mutual Insurance l'indemnité prévue par le neuvième alinéa de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale ;
3°) de mettre à la charge du centre hospitalier du Sud Seine-et-Marne et de la société Relyens Mutual Insurance la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient qu'elle est fondée à réclamer le remboursement des prestations imputables aux faits en cause.
Par des mémoires en défense enregistrés le 24 septembre 2020 et le 4 novembre 2020, le centre hospitalier du Sud Seine-et-Marne et la société Relyens Mutual Insurance, représentés par Me Boileau, demande au tribunal :
1°) de limiter l'indemnisation de M. B à la somme totale de 1 835,85 euros ou à titre subsidiaire à la somme de 2 480,47 euros ;
2°) de rejeter les conclusions présentées par la CPAM du Loir-et-Cher, et subsidiairement de limiter la condamnation prononcée à leur encontre à la somme de 65,50 euros ;
3°) de laisser à chaque partie la charge des sommes exposées au titre de frais et dépens ou ramener à de plus justes proportions la demande formulée au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu :
- l'ordonnance n° 1908173 du 12 mars 2024 par laquelle le président du tribunal a liquidé et taxé les frais et honoraires de M. C, expert, à la somme de 2 160 euros ;
- l'ordonnance n° 1908173 du 12 octobre 2023 par laquelle le président du tribunal a liquidé et taxé les frais et honoraires de Mme A, experte, à la somme de 2 000 euros ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- les code des assurances ;
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Dominique Binet, premier conseiller,
- les conclusions de M. Cyril Dayon, rapporteur public,
- les observations de Me Gonzales, avocat de M. B,
- et les observations de Me Boileau, avocat du centre hospitalier du Sud Seine-et-Marne et de la société Relyens Mutual Insurance.
Considérant ce qui suit :
1. F B s'est présenté au service des urgences de l'hôpital de Nemours, qui relève du centre hospitalier du Sud Seine-et-Marne, le 24 mars 2018 à 09 heures 24 pour des dorsalgies et cervicalgies évoluant depuis deux jours. Le médecin a diagnostiqué une névralgie cervicobrachiale associée à un syndrome inflammatoire viral et l'intéressé a quitté le service le jour même à 16 heures 41. Le 25 mars 2018 à 19 heures 34, F B s'est présenté au service des urgences du centre hospitalier de l'agglomération montargoise pour une douleur dorsolombaire avec hématurie et le médecin du service a finalement diagnostiqué un infarctus du myocarde circonférentiel semi-récent. Par la requête visée ci-dessus, F B a introduit une instance, reprise après son décès par M. D B, en vue de demander la condamnation du centre hospitalier du Sud Seine-et-Marne à lui verser une indemnité en réparation des conséquences dommageables de la prise en charge médicale dont il a été l'objet à l'hôpital de Nemours.
Sur la responsabilité :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " I. - Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute. / () ".
3. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport de l'experte désignée par le juge des référés, que le médecin des urgences du centre hospitalier de Nemours a diagnostiqué de manière erronée le 24 mars 2018 que F B présentait une névralgie cervicobrachiale associée à un syndrome inflammatoire viral lors de l'admission aux urgences, consistant en des douleurs cervicales irradiant dans les deux bras avec une hypotension et une tachycardie sinusale, alors que ces symptômes justifiaient la réalisation d'un électrocardiogramme qui aurait permis le diagnostic d'un infarctus du myocarde, qui a finalement été posé par le service des urgences du centre hospitalier de l'agglomération montargoise le jour suivant. Dans ces conditions, l'absence de recours en urgence à un électrocardiogramme en vue d'établir le diagnostic d'infarctus du myocarde et de mise en œuvre une prise en charge adaptée, constitue une faute de nature à engager la responsabilité du centre hospitalier du Sud Seine-et-Marne.
Sur le lien de causalité :
4. Dans le cas où la faute commise lors de la prise en charge ou le traitement d'un patient dans un établissement public hospitalier a compromis ses chances d'obtenir une amélioration de son état de santé ou d'échapper à son aggravation, le préjudice résultant directement de la faute commise par l'établissement et qui doit être intégralement réparé n'est pas le dommage corporel constaté, mais la perte de chance d'éviter que ce dommage soit advenu. La réparation qui incombe à l'hôpital doit alors être évaluée à une fraction du dommage corporel déterminée en fonction de l'ampleur de la chance perdue.
5. D'une part, il résulte de l'instruction, et notamment du rapport de l'experte désignée en référé, que le maintien du taux de troponine T mesuré le 25 mars 2023 à 20 heures 40 à 5 ng/ml, au cours de l'hospitalisation de F B au service des urgences du centre hospitalier de l'agglomération montargoise, démontre que l'infarctus dont il a été victime est survenu au moins 72 heures avant la réalisation de ce bilan. F B s'est ainsi présenté au service des urgences de l'hôpital de Nemours, plus de 12 heures après la survenue de cet accident cardiaque. Il résulte également de l'instruction que le traitement de l'infarctus du myocarde doit être mis en œuvre le plus rapidement possible pour en limiter l'étendue, consistant en la désobstruction de l'artère coronaire dont la mise en œuvre au-delà d'un délai de 12 heures est d'une efficacité limitée sur la fonction musculaire cardiaque de telle sorte que, en l'espèce, le manquement fautif à fait perdre à F B 10 % de chance d'éviter les conséquences de cet accident. Par suite, les héritiers de F B sont fondés à demander réparation au centre hospitalier du Sud Seine-et-Marne de la fraction du préjudice lié à la faute évoquée précédemment à hauteur d'un taux global de 10 %.
Sur le préjudice :
6. D'une part, il résulte de l'instruction que la date de consolidation de l'état de santé de F B peut être fixée au 25 février 2019 et que son décès est survenu
le 24 novembre 2020.
7. D'autre part, il résulte des dispositions de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale, que le législateur a entendu que la priorité accordée à la victime sur la caisse pour obtenir le versement à son profit des indemnités mises à la charge du tiers responsable, dans la limite de la part du dommage qui n'a pas été réparée par des prestations, s'applique, notamment, lorsque le tiers n'est déclaré responsable que d'une partie des conséquences dommageables de l'accident. Dans ce cas, l'indemnité mise à la charge du tiers, qui correspond à une partie des conséquences dommageables de l'accident, doit être allouée à la victime tant que le total des prestations dont elle a bénéficié et de la somme qui lui est accordée par le juge ne répare pas l'intégralité du préjudice qu'elle a subi. Quand cette réparation est effectuée, le solde de l'indemnité doit, le cas échéant, être alloué à la caisse. Toutefois, le respect de cette règle s'apprécie poste de préjudice par poste de préjudice, puisqu'en vertu du troisième alinéa, le recours des caisses s'exerce dans ce cadre.
En ce qui concerne les postes de préjudice patrimonial :
S'agissant des postes de préjudice patrimonial temporaire :
Quant aux dépenses de santé actuelles :
8. En premier lieu, il résulte de l'instruction, notamment du rapport de l'experte désignée en référé, que l'hospitalisation de F B au sein de l'unité cardiologique de la clinique de la Reine blanche à Orléans du 21 au 23 juin 2018 pour l'implantation d'un défibrillateur est en lien avec l'accident dont il a été victime, aux conséquences duquel la faute relevée au point 3 lui a fait perdre une chance d'échapper. Le montant total des débours de la CPAM du Loir-et-Cher correspondant à cette hospitalisation s'élève à 14 004,50 euros.
9. En second lieu, il résulte de l'instruction que la CPAM du Loir-et-Cher a pris en charge, du fait de l'accident dont F B a été victime, des frais médicaux pour un montant de 1 852,81 euros, des frais pharmaceutiques pour un montant de 320,60 euros et des frais d'appareillage pour un montant de 2 352 euros, soit un montant total de 4 525,41 euros duquel il faut déduire une franchise médicale d'un montant de 21 euros.
10. Le requérant ne fait pas valoir qu'une somme serait restée à la charge de la victime au titre des dépenses de santé actuelles. Il s'ensuit que, après application du taux de perte de chance de 10 % évoqué au point 5, la CPAM du Loir-et-Cher est fondée à demander le remboursement d'une somme de 1 850,89 euros.
Quant aux frais divers :
11. Il résulte de l'instruction que la dégradation de l'état de santé de Jean-Pierre B à la suite de l'accident dont il a été victime, aux conséquences duquel la faute relevée au point 3 lui a fait perdre une chance d'échapper, a nécessité, avant la consolidation de son état de santé, une assistance par une tierce personne, évaluée à 2 heures par jour du 21 avril 2018 au 25 février 2019. Pour l'évaluation de ce poste de préjudice, il y a lieu de tenir compte d'un taux horaire de 18 euros tenant compte des charges patronales et des majorations de rémunération pour travail le dimanche et sur une base de 412 jours par an pour tenir compte des congés et des jours fériés. Le montant du préjudice subi à ce titre peut ainsi être évalué à la somme de 12 632,82 euros.
12. Par ailleurs, il résulte de l'instruction, en particulier de l'attestation d'imputabilité établie par le médecin conseil de la CPAM que celle-ci a exposé des frais de transport à hauteur de 654,99 euros.
13. Il résulte de ce qui précède que le montant total du préjudice indemnisable par le centre hospitalier du Sud Seine-et-Marne au titre des frais divers, après application du taux de perte de chance de 10 %, s'établit à 1 328,78 euros. Il s'ensuit que les héritiers de F B doivent se voir allouer cette somme, dès lors que le montant du préjudice qu'il a subi est supérieur au montant indemnisable évoqué ci-dessus. En application du principe de priorité évoqué au point 7 et en l'absence de reliquat, la caisse primaire d'assurance maladie n'est fondée à obtenir le remboursement d'aucune somme au titre de ce poste de préjudice.
S'agissant des postes de préjudice patrimonial permanent :
Quant aux dépenses de santé futures :
14. La CPAM du Loir-et-Cher justifie d'un montant de 246,58 euros de dépenses de santé futurs correspondant aux consultations psychiatriques, à la prescription d'anxiolytique et de diurétique et à la réalisation d'écho doppler, imputables à l'accident médical dont a été victime F B. Le requérant ne fait état d'aucune dépense qui serait restée à la charge de la victime au titre des dépenses de santé futures. Par suite, la caisse est, compte tenu du taux de perte de chance de 10 %, fondée à obtenir le remboursement d'une somme de 24,66 euros au titre de ce poste de préjudice.
Quant aux frais d'assistance permanente par une tierce-personne :
15. Il résulte de l'instruction que la dégradation de l'état de santé de F B imputable à l'accident dont il a été victime a nécessité une assistance par une tierce personne, après la consolidation de son état de santé, évaluée à 2 heures par jour du 25 février 2019 au 21 novembre 2020. Il y a lieu d'évaluer le préjudice qui en ont résulté selon les mêmes modalités que celles qui ont été évoquées au point 9. Le montant du préjudice subi à ce titre peut ainsi être évalué à la somme de 25 834,32 euros. Compte tenu du taux de perte de chance de 10 %, les héritiers de F B sont ainsi fondés à demander une somme de 2 583,43 euros au titre des frais d'assistance permanente par une tierce-personne.
En ce qui concerne les postes de préjudice personnel :
S'agissant des postes de préjudice personnel temporaire :
16. En premier lieu, il résulte de l'instruction que F B a subi un déficit fonctionnel temporaire total du 25 mars 2018 au 20 mars 2018 et de classe III du 21 avril 2018 au 24 février 2019, date de consolidation. Il en sera fait une juste appréciation en l'évaluant à la somme de 3 600 euros.
17. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction que les souffrances endurées par Jean-Pierre B du fait des conséquences auxquelles il a perdu une chance d'échapper peuvent être évaluées à 2 sur une échelle de 0 à 7. Il sera fait une juste appréciation de ce poste de préjudice en l'évaluant à la somme de 2 000 euros.
18. En troisième lieu, il sera fait une juste appréciation du préjudice esthétique temporaire subi par F B en l'évaluant à la somme de 100 euros.
S'agissant des postes de préjudice personnel permanent :
19. En premier lieu, il résulte de l'instruction que le rapport d'expertise conclut que Jean-Pierre B présentait un déficit fonctionnel permanent de 50 % imputable aux conséquences de l'accident cardiaque dont il a été victime. Au regard de ce taux, de l'âge du requérant et de la date de son décès, il sera fait une juste évaluation des troubles de toute nature dans les conditions d'existence qui en ont résulté pour la victime en fixant à 30 000 euros la somme devant les réparer.
20. En deuxième lieu, s'il est demandé réparation au titre d'un préjudice d'agrément résultant de ce que la victime ne pouvait plus, après l'accident, pratiquer la pêche, la chasse en compétition et la marche en forêt, la réalité et l'intensité de la pratique de ces activités avant la survenue des séquelles affectant sa vie quotidienne de telle manière qu'ils seraient fondés à demander réparation d'un préjudice distinct des troubles de toute nature dans ses conditions d'existence qui sont déjà indemnisés au titre du déficit fonctionnel permanent.
21. En troisième lieu, il sera fait une juste appréciation du préjudice esthétique permanent subi par F B en l'évaluant à la somme de 1 000 euros.
22. Il résulte de ce qui a été dit aux points 16 à 21 que, après application du taux de perte de chance de 10 %, les héritiers de F B sont fondés à obtenir une somme
de 3 670 euros au titre du préjudice personnel subi par ce dernier.
Sur les droits respectifs des héritiers de F B et de la CPAM du Loir-et-Cher :
23. Il résulte de ce qui précède que M. B est fondé à demander la condamnation du centre hospitalier du Sud Seine-et-Marne à verser aux héritiers de F B la somme totale de 7 582,21 euros.
24. Par ailleurs, la CPAM du Loir-et-Cher est fondée à demander la condamnation solidaire du centre hospitalier du Sud Seine-et-Marne et de l'assureur de celui-ci, la société Relyens Mutual Insurance, à lui verser la somme totale de 1 875,55 euros.
Sur les intérêts :
25. La CPAM du Loir-et-Cher a droit aux intérêts au taux légal à compter du 6 février 2024, date à laquelle son premier mémoire a été enregistré.
Sur les frais liés au litige :
26. En premier lieu, le neuvième alinéa de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale dispose que : " En contrepartie des frais qu'elle engage pour obtenir le remboursement mentionné au troisième alinéa ci-dessus, la caisse d'assurance maladie à laquelle est affilié l'assuré social victime de l'accident recouvre une indemnité forfaitaire à la charge du tiers responsable et au profit de l'organisme national d'assurance maladie. Le montant de cette indemnité est égal au tiers des sommes dont le remboursement a été obtenu, dans les limites d'un montant maximum de 910 euros et d'un montant minimum de 91 euros. A compter du 1er janvier 2007, les montants mentionnés au présent alinéa sont révisés chaque année, par arrêté des ministres chargés de la sécurité sociale et du budget, en fonction du taux de progression de l'indice des prix à la consommation hors tabac prévu dans le rapport économique, social et financier annexé au projet de loi de finances pour l'année considérée ". Aux termes de l'article 1 de l'arrêté interministériel susvisé du 18 décembre 2023 : " Les montants minimal et maximal de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale sont fixés respectivement à 118 € et 1 191 € au titre des remboursements effectués au cours de l'année 2024 ".
27. En application des dispositions qui viennent d'être citées, une somme de 625,18 euros, représentant le tiers des sommes dont la CPAM du Loir-et-Cher obtient le remboursement en vertu du présent jugement, doit être mise à la charge du centre hospitalier du Sud Seine-et-Marne.
28. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties () ". L'article R. 621-13 du même code prévoit que : " Lorsque l'expertise a été ordonnée sur le fondement du titre III du livre V, le président du tribunal () en fixe les frais et honoraires par une ordonnance prise conformément aux dispositions des articles R. 621-11 et R. 761-4. Cette ordonnance désigne la ou les parties qui assumeront la charge de ces frais et honoraires () Dans le cas où les frais d'expertise mentionnés à l'alinéa précédent sont compris dans les dépens d'une instance principale, la formation de jugement statuant sur cette instance peut décider que la charge définitive de ces frais incombe à une partie autre que celle qui a été désignée par l'ordonnance mentionnée à l'alinéa précédent ou par le jugement rendu sur un recours dirigé contre cette ordonnance () ".
29. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre les frais de l'expertise de M. C, expert désigné initialement par le juge des référés et ceux de Mme A, experte désignée en remplacement de M. C, à la charge définitive du centre hospitalier du Sud Seine-et-Marne.
30. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".
31. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du centre hospitalier du Sud Seine-et-Marne une somme de 2 000 euros au titre des frais exposés par le requérant et non compris dans les dépens et de mettre à la charge du même centre hospitalier, une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par la caisse primaire d'assurance maladie du Loir-et-Cher et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Le centre hospitalier Sud Seine-et-Marne est condamné à verser aux héritiers de Jean-Pierre B une somme de 7 582,21 euros.
Article 2 : Le centre hospitalier Sud Seine-et-Marne et la société Relyens Assurance sont condamnés solidairement à verser à la caisse primaire d'assurance maladie du Loir-et-Cher une somme de 1 875,55 euros avec intérêts au taux légal à compter du 6 février 2024.
Article 3 : Les frais et honoraires de l'expertise confiée, d'abord à M. C et ensuite à Mme A, liquidés et taxés respectivement aux sommes de 2 160 euros par l'ordonnance n° 1908173 du 12 mars 2024 et 2 000 euros par l'ordonnance n° 1908173 du 12 octobre 2023, sont mis à la charge définitive du centre hospitalier du Sud Seine-et-Marne.
Article 4 : Le centre hospitalier du Sud Seine-et-Marne versera à la CPAM du Loir-et-Cher la somme de 625,18 euros au titre du neuvième alinéa de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale.
Article 5 : Le centre hospitalier du Sud Seine-et-Marne versera aux héritiers de F B la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 6 : Le centre hospitalier Sud Seine-et-Marne versera à la caisse primaire d'assurance maladie du Loir-et-Cher la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 7 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 8 : Le présent jugement sera notifié à M. D B, au centre hospitalier du Sud Seine-et-Marne, à la société Relyens Mutual Insurance et à la caisse primaire d'assurance maladie du Loir-et-Cher.
Délibéré après l'audience du 28 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Timothée Gallaud, président,
Mme Félicie Bouchet, première conseillère
M. Dominique Binet, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 juillet 2024.
Le rapporteur,
D. Binet
Le président,
T. Gallaud
La greffière,
L. Potin
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026