mardi 5 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2006964 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | PIGOT SEGOND ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 4 septembre 2020, le 27 février 2023, la société Edéis, représentée par Me Segond, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 2 juillet 2020 par laquelle la ministre du travail, de l'emploi et de l'insertion a retiré la décision implicite née du silence gardé sur le recours hiérarchique présenté par M. C A contre la décision du 9 décembre 2019 par laquelle l'inspecteur du travail a autorisé la société Edéis à le licencier pour motif disciplinaire, a annulé la décision de l'inspecteur du travail et a refusé d'autoriser son licenciement ;
2°) d'enjoindre au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion de réexaminer sa demande dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- il n'est pas établi que la décision attaquée ait été prise par une autorité compétente ;
- il n'est pas établi que l'instruction du recours hiérarchique de M. A a été effectuée par une autorité compétente ;
- la décision a été rendue à l'issue d'une procédure irrégulière dès lors que la ministre du travail, de l'emploi et de l'insertion ne pouvait relever d'office l'incompétence territoriale de l'inspecteur du travail sans informer les parties dans le cadre de la procédure contradictoire ;
- la ministre du travail, de l'emploi et de l'insertion a inexactement apprécié la compétence de l'inspecteur du travail ;
- la ministre du travail, de l'emploi et de l'insertion a inexactement apprécié la matérialité des comportements fautifs sur lesquels se fonde la demande de licenciement de M. A et leur gravité.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 23 janvier et le 22 mai 2023, M. C A, représenté par Me Dorr, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de la société Edéis au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- il a été victime d'une discrimination en raison de son activité syndicale ;
- les moyens soulevés par la société requérante ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 janvier 2023, le ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion conclut au rejet de la requête. Il fait valoir que les moyens invoqués dans la requête ne sont pas fondés.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de ce que les moyens soulevés à l'encontre de la décision attaquée en tant qu'elle annule la décision de l'inspecteur du travail sont inopérants dès lors que la ministre du travail, de l'emploi et de l'insertion était en situation de compétence liée pour prononcer cette annulation dès lors que l'inspecteur du travail était territorialement incompétent pour traiter la demande d'autorisation de licenciement de M. C A.
Par un mémoire, enregistré le 15 novembre 2023, la société Edéis a présenté des observations en réponse à cette mesure d'information.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B,
- les conclusions de Mme Linda Mentfakh, rapporteure publique,
- les observations de Me Segond, représentant la société Edéis, et celles de Me Wurmberg Popovic, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. A a été recruté par la société B2000 ingénierie le 22 décembre 1999 en qualité de technicien VRD-infrastructure et a été désigné en mars 2008 délégué du personnel puis membre du comité d'entreprise. A la suite, du rachat de la société B2000 ingénierie par la société SNC Lavalin, puis de celle-ci par la société Edéis, cette dernière est devenue, le 30 décembre 2016, l'employeur de M. A qui a poursuivi l'exercice de fonctions syndicales. Le 11 janvier 2019, la société Edéis a proposé à M. A une nouvelle affectation sur un poste de gestion des sinistres à Illkirch-Graffenstaden, que celui-ci a refusée. Par une lettre du 30 septembre 2019, la société Edéis a demandé à l'inspection du travail l'autorisation de licencier M. A pour motif disciplinaire. Par une décision du 9 décembre 2019, l'inspecteur du travail a autorisé le licenciement de M. A. Le 28 janvier 2020, M. A a présenté un recours hiérarchique auprès de la ministre du travail, de l'emploi et de l'insertion qui, par une décision du 2 juillet 2020, a retiré la décision implicite de rejet qui était née du silence qu'il avait gardé sur ce recours hiérarchique, annulé la décision de l'inspecteur du travail et refusé d'autoriser son licenciement. La société Edéis demande au tribunal d'annuler cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, Mme D F, signataire de la décision attaquée, cheffe du bureau du statut protecteur, a, par un arrêté du 3 janvier 2020 du directeur général du travail, reçu délégation à l'effet de signer, au nom de la ministre chargée du travail et dans la limite des attributions de ce bureau, tous actes, décisions ou conventions à l'exclusion des décrets, dont les recours hiérarchiques des refus d'autorisation de licenciement de salarié protégé relèvent. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision attaquée aurait été signée par une autorité incompétente doit être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 2422-1 du code du travail : " Le ministre chargé du travail peut annuler ou réformer la décision de l'inspecteur du travail sur le recours de l'employeur, du salarié ou du syndicat que ce salarié représente ou auquel il a donné mandat à cet effet. ". En application des articles 2 et 3 du décret du 10 novembre 2009 relatif à l'organisation et aux missions des directions régionales des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi, alors applicable, le pôle politique du travail de la DIRECCTE est chargé des actions relatives à la politique du travail et des actions d'inspection de la législation du travail.
4. Mme E G, adjointe au responsable du pôle travail de l'unité départementale du Val-de-Marne, signataire de la lettre du 4 février 2020 par lequel elle a accusé réception du recours hiérarchique de M. A et a procédé à l'instruction de celui-ci, avait reçu subdélégation de signature aux fins de signer tous les actes relevant des attributions du responsable de l'unité départementale du Val-de-Marne, dans la limite de ses propres attributions. Elle était donc compétente pour procéder à l'instruction du recours hiérarchique de M. A. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'autorité instructrice du recours hiérarchique doit en tout état de cause être écarté.
En ce qui concerne le retrait de la décision implicite de rejet du recours hiérarchique et l'annulation de la décision du 9 décembre 2019 de l'inspection du travail :
5. D'une part, aux termes de l'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration : " L'administration ne peut abroger ou retirer une décision créatrice de droits de sa propre initiative ou sur la demande d'un tiers que si elle est illégale et si l'abrogation ou le retrait intervient dans le délai de quatre mois suivant la prise de cette décision ". D'autre part, aux termes de l'article L. 2421-3 du code du travail : " La demande d'autorisation de licenciement est adressée à l'inspecteur du travail dont dépend l'établissement dans lequel le salarié est employé () ". Aux termes de l'article R. 8122-3 de ce code : " Sans préjudice des dispositions de l'article R. 8121-15, les inspecteurs et les contrôleurs du travail exercent leur mission : / 1° Soit dans une unité de contrôle départementale ou infra-départementale ; / () ". Aux termes de l'article R. 8122-4 du même code : " Les unités de contrôle de niveau infra-départemental () rattachées à une unité départementale () sont composées de sections, dans lesquelles un inspecteur () exerce ses compétences. / () ". Aux termes de l'article R. 8122-10 de ce code : " I - Dans chaque unité de contrôle mentionnée au 1° de l'article R. 8122-3, l'agent de contrôle de l'inspection du travail exerce ses missions sur le territoire d'une section. Il peut, lorsqu'une action le rend nécessaire, intervenir sur le reste du territoire de l'unité départementale à laquelle est rattachée l'unité de contrôle où il est affecté. / () / IV. - Toutefois, l'inspecteur du travail est seul habilité à prendre, dans la section où il exerce ses missions, les décisions qui relèvent de sa compétence exclusive en vertu de dispositions législatives ou réglementaires ". Aux termes de l'article R. 8122-11 du même code : " Lorsque les actions d'inspection de la législation du travail ont été confiées, dans une section, à un contrôleur du travail, le directeur régional des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi : / 1° Désigne un ou plusieurs inspecteurs du travail pour prendre les décisions qui relèvent de la compétence exclusive de l'inspecteur du travail, en vertu de dispositions législatives ou réglementaires ; / () ".
6. En premier lieu, en vertu de la décision n° 2019-95 du 28 octobre 2019 relative à la localisation et à la délimitation des unités de contrôle et des sections d'inspection du travail de l'unité départementale du Val-de-Marne, publiée au recueil des actes administratifs spécial n° IDF-041-2019-10 du 30 octobre 2019, la commune d'Ivry-sur-Seine se situe dans les limites de la section 6 de l'unité de contrôle 4 de l'unité départementale du Val-de-Marne, à l'exception des territoires définis pour les sections 4 et 5 de l'unité de contrôle 4, qui incluent notamment le côté pair du boulevard Paul Vaillant-Couturier. Il ressort toutefois des pièces du dossier que M. A est employé par la société Edéis, dont le siège se situe au 19 boulevard Paul Vaillant-Couturier. Dans ces conditions, l'inspecteur du travail de la section 6 de l'unité de contrôle 4 de l'unité départementale du Val-de-Marne était compétent pour instruire la demande d'autorisation de licenciement de M. A. Il résulte de ce qui précède que la ministre du travail, de l'emploi et de l'insertion a prononcé à bon droit le retrait de la décision implicite de rejet du recours hiérarchique présenté par M. A et l'annulation de la décision du 9 décembre 2019 au motif que l'inspecteur du travail de la section 5 de l'unité de contrôle n° 4 de l'unité départementale du Val-de-Marne était incompétent.
7. En deuxième lieu, il résulte de ce qui a été dit au point précédent que, pour prononcer le retrait de la décision implicite de rejet du recours hiérarchique présenté par M. A et annuler la décision du 9 décembre 2019 par laquelle l'inspection du travail avait autorisé la société Edéis à procéder à son licenciement pour motif disciplinaire, au motif de l'incompétence territoriale de l'inspecteur du travail ayant traité la demande d'autorisation présentée par la société Edéis, la ministre du travail, de l'emploi et de l'insertion s'est bornée à faire un simple constat, à savoir que l'adresse du siège social de la société Edeis correspond à un numéro impair du boulevard Paul Vaillant-Couturier, sans avoir ainsi à porter une appréciation sur les faits de l'espèce, de sorte qu'elle se trouvait en situation de compétence liée. Ainsi, le moyen tiré de ce que ladite société n'a pas été informée par la ministre du travail, de l'emploi et de l'insertion, de ce qu'elle était susceptible de relever d'office l'incompétente territoriale de l'inspecteur du travail pour procéder au retrait de la décision implicite de rejet du recours hiérarchique de M. A et à l'annulation de la décision du 9 décembre 2019 est inopérant tous comme les autres moyens, à l'exception de celui qui a été examiné au point précédent, que la société Edeis aurait entendu invoquer à l'encontre de ces décisions.
En ce qui concerne le rejet de la demande d'autorisation de licenciement de M. A :
8. En vertu des dispositions du code du travail, le licenciement des salariés légalement investis de fonctions représentatives, qui bénéficient d'une protection exceptionnelle dans l'intérêt de l'ensemble des travailleurs qu'ils représentent, ne peut intervenir que sur autorisation de l'inspecteur du travail. Lorsque leur licenciement est envisagé, celui-ci ne doit pas être en rapport avec les fonctions représentatives normalement exercées ou avec leur appartenance syndicale. Dans le cas où la demande de licenciement est motivée par un comportement fautif, il appartient à l'inspecteur du travail saisi et, le cas échéant, au ministre compétent, de rechercher, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, si les faits reprochés au salarié sont d'une gravité suffisante pour justifier le licenciement, compte tenu de l'ensemble des règles applicables au contrat de travail de l'intéressé et des exigences propres à l'exécution normale du mandat dont il est investi.
9. Le refus opposé par un salarié protégé à un changement de ses conditions de travail décidé par son employeur en vertu, soit des obligations souscrites dans le contrat de travail, soit de son pouvoir de direction, constitue, en principe, une faute. L'employeur, s'il ne peut directement imposer au salarié le changement, doit, sauf à y renoncer, saisir l'inspecteur du travail d'une demande d'autorisation de licenciement. Dans ce cas, l'autorité administrative doit, après s'être assurée que la mesure envisagée ne constitue pas une modification du contrat de travail de l'intéressé, apprécier si le refus du salarié constitue une faute d'une gravité suffisante pour justifier l'autorisation sollicitée.
10. En premier lieu, contrairement à ce que soutient la société Edéis, la ministre pouvait légalement se fonder, pour apprécier les faits de l'espèce au regard des principes rappelés au point 9, sur les conditions dans lesquelles un nouveau poste a été proposé au salarié et en particulier les besoins de formation qu'impliquaient pour lui la perspective d'occuper ce poste. Si la société requérante soutient en outre que c'est de façon inexacte que la décision en litige relève que la proposition du poste adressée le 11 janvier 2019 n'était accompagnée d'aucune proposition ayant trait à la formation devant accompagner la prise de ce poste, elle n'apporte aucun élément de nature à démontrer, comme elle le soutient, qu'il était bien prévu de mettre en place une telle formation, ce qui ne saurait être présumé.
11. En deuxième lieu, si la société Edéis soutient que le refus de M. A de la prévenir en amont de ses déplacements réalisés en tant que représentant du personnel constitue une faute en ce qu'il ne lui permet pas de garantir la protection de M. A en déplacement et produit des correspondances adressées à M. A dans lesquels elle lui demande de lui indiquer son planning prévisionnel et les motifs de déplacement, elle n'apporte en tout état de cause aucun élément de nature à démontrer que les déplacements de M. A réalisés en tant que représentant du personnel entraînent un trouble dans le fonctionnement de l'entreprise justifiant une information de la société requérante en amont des déplacements de M. A réalisés dans l'exercice de ses fonctions syndicales.
12. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier que M. A a été recruté par la société B2000 ingénierie le 22 décembre 1999 en qualité de technicien VRD-infrastructure par un contrat à durée indéterminée qui prévoyait la mise à disposition d'un véhicule de service. Cet avantage a été supprimé à la suite de la signature de l'avenant au contrat de travail de M. A le 5 janvier 2009, qui prévoyait que celui-ci utilise les transports en commun en priorité puis, si nécessaire, les véhicules de la société. Il ressort des pièces du dossier que la société a sollicité les du 8 janvier, 16 avril, 1er et 30 octobre et du 4 novembre 2019 auprès de M. A la restitution du véhicule de service utilisé dans le cadre de l'exercice de ses activités syndicales, qui a procédé à cette restitution le 18 mars 2020. Il ressort également des pièces du dossier que le poste qu'occupait M. A au sein de la société B2000 ingénierie a été transféré lors du rachat de la société par la SNC Lavalin SAS en 2009, puis a disparu à la suite de la perte d'un contrat par cette société le 1er janvier 2012. A la suite du rachat des titres de la SNC Lavalin par la société Edéis, cette dernière est devenue, à compter du 30 décembre 2016, l'employeur de M. A, qui était alors rattaché à l'agence d'Illkirch-Graffenstaden sans affectation. A ce titre, il ressort des pièces du dossier que la société Edéis n'a proposé à M. A que le 7 septembre 2017 trois postes de responsable " sinistres et expertises " situés à Bordeaux, Lyon et Nantes puis, le 11 janvier 2019, une nouvelle affectation sur un poste de gestion des sinistres à Illkirch-Graffenstaden, que celui-ci a refusés. En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier que des formations ont été préparées et proposées à M. A en vue de faciliter sa prise de poste ou sa requalification dans un autre domaine. Dans ces conditions, en estimant que le refus de M. A de restituer un véhicule de service ne présentait pas une gravité suffisante pour justifier le licenciement sollicité, alors qu'il ressort des pièces du dossier d'une part qu'il avait bénéficié d'un tel avantage dans le cadre de son contrat de travail initial et que le véhicule n'a été utilisé qu'à l'occasion de l'exercice de ses fonctions syndicales et, d'autre part, que la société Edéis ne démontre pas avoir effectué toutes les diligences afin de trouver une affectation à M. A, sans activité depuis plusieurs années à la date de la reprise de son contrat de travail, la ministre du travail, de l'emploi et de l'insertion n'a pas fait une appréciation erronée des faits de l'espèce.
13. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par la société Edéis doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
14. L'exécution du présent jugement n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions de la requête à fin d'injonction doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
15. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance. Il y a lieu, en revanche, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la société Edéis une somme de 1 000 euros à verser à M. A au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société Edéis est rejetée.
Article 2 : La société Edéis versera à M. A une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société Edéis, au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion et à M. C A.
Délibéré après l'audience du 17 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Timothée Gallaud, président,
Mme Félicie Bouchet, première conseillère,
M. Cyril Dayon, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 décembre 2023.
Le rapporteur,
C. B
Le président,
T. Gallaud
La greffière,
L. Potin
La République mande et ordonne au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026