vendredi 16 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2007246 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | VI VAN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 13 septembre 2020, M. A B, représenté par Me Vi Van, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler la décision du 24 juillet 2020 par laquelle du délégué territorial
d'Evry-Courcouronnes de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a décidé de suspendre le bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;
3°) d'enjoindre à l'OFII de le rétablir dans le bénéfice des conditions matérielles d'accueil rétroactivement à compter de la date à laquelle ce bénéfice a été suspendu ;
4°) de mettre à la charge de l'OFII la somme de 1 200 euros à verser à son conseil au titre de l'article L 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du
10 juillet 1991 relative à l'aide juridique sous réserve qu'elle renonce percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle.
M. B soutient que :
- la décision contestée est entachée d'incompétence ;
- elle a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière : il n'a pas été mis en mesure de présenter ses observations ; l'entretien prévu par l'article L. 744-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile n'a pas été réalisé ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen ;
- elle a été prise sur le fondement des dispositions de l'article L. 744-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui ne sont pas compatibles avec la directive du 26 juin 2013 ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
L'OFII, à qui la requête a été communiquée le 15 septembre 2020, n'a pas produit de mémoire en défense.
Une mise en demeure a été adressée à l'OFII le 6 juillet 2022.
Par décision du 16 septembre 2020, M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
La clôture de l'instruction est intervenue le 20 septembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu, au cours de l'audience publique, le rapport de Mme Sonia Norval-Grivet, première conseillère.
Une note en délibéré présentée par l'OFII a été enregistrée le 24 novembre 2022 à 11h38.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant somalien né le 15 juin 1992 à Jubbada Hoose (Somalie), a demandé l'asile en France le 4 octobre 2019 et a accepté le 9 octobre suivant les conditions matérielles d'accueil proposées par l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII). Par une décision du 24 juillet 2020, le délégué territorial
d'Evry-Courcouronnes relevant de la direction territoriale de Créteil de l'OFII a décidé de suspendre le bénéfice des conditions matérielles d'accueil. L'exécution de cette décision a été suspendue par ordonnance du juge des référés du tribunal administratif de Melun du
23 septembre 2020, qui a enjoint à l'OFII de rétablir les conditions matérielles d'accueil de
M. B dans le délai de sept jours à compter de la notification l'ordonnance. Par la présente requête, M. B demande l'annulation de la décision du 24 juillet 2020.
Sur l'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". L'article 62 du décret du 19 décembre 1991 dispose que : " L'admission provisoire peut être prononcée d'office si l'intéressé a formé une demande d'aide juridictionnelle sur laquelle il n'a pas encore été définitivement statué ".
3. Il ressort des pièces du dossier que M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 16 septembre 2020. Dès lors, ses conclusions tendant à ce que le tribunal l'admette à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle sont devenues sans objet. Il n'y a, par suite, pas lieu de statuer sur celles-ci.
Sur les conclusions en annulation :
En ce qui concerne l'acquiescement aux faits et la note en délibéré :
4. Aux termes de l'article R. 612-6 du code de justice administrative : " Si, malgré une mise en demeure, la partie défenderesse n'a produit aucun mémoire, elle est réputée avoir acquiescé aux faits exposés dans les mémoires du requérant ".
5. Sous réserve du cas où postérieurement à la clôture de l'instruction le défendeur soumettrait au juge une production contenant l'exposé d'une circonstance de fait dont il n'était pas en mesure de faire état avant cette date et qui serait susceptible d'exercer une influence sur le jugement de l'affaire, le défendeur à l'instance qui, en dépit d'une mise en demeure, n'a pas produit avant la clôture de l'instruction est réputé avoir acquiescé aux faits exposés par le requérant dans ses écritures. Il appartient alors seulement au juge de vérifier que la situation de fait invoquée par le demandeur n'est pas contredite par les pièces du dossier.
6. Aux termes de l'article R. 731-1 du code de justice administrative : " A l'issue de l'audience, toute partie à l'instance peut adresser au président de la formation de jugement une note en délibéré. ".
7. A cet égard, lorsqu'il est saisi, postérieurement à la clôture de l'instruction et au prononcé éventuel des conclusions du rapporteur public, d'une note en délibéré émanant d'une des parties à l'instance, il appartient dans tous les cas au juge administratif d'en prendre connaissance avant la séance au cours de laquelle sera rendue la décision. S'il a toujours la faculté, dans l'intérêt d'une bonne justice, de rouvrir l'instruction et de soumettre au débat contradictoire les éléments contenus dans la note en délibéré, il n'est tenu de le faire à peine d'irrégularité de sa décision que si cette note contient soit l'exposé d'une circonstance de fait dont la partie qui l'invoque n'était pas en mesure de faire état avant la clôture de l'instruction et que le juge ne pourrait ignorer sans fonder sa décision sur des faits matériellement inexacts, soit d'une circonstance de droit nouvelle ou que le juge devrait relever d'office.
En ce qui concerne les faits de l'espèce :
8. Aux termes de l'article L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa version applicable à l'espèce : " Le bénéfice des conditions matérielles d'accueil peut être : 1° Suspendu si, sans motif légitime, le demandeur d'asile a abandonné son lieu d'hébergement déterminé en application de l'article L. 744-7 () ".
9. Il ressort des pièces du dossier et notamment du dépôt de plainte, des ordonnances médicales et des diverses attestations produites par M. B que celui-ci, qui bénéficiait d'une place dans un centre d'hébergement d'urgence situé à Leudeville, a été victime, à plusieurs reprises, d'agressions de la part de plusieurs résidents, à la suite desquelles il s'est vu prescrire un traitement médical régulier. Il a ainsi été contraint de quitter cet hébergement à la suite d'une violente altercation survenue le 10 mai 2020, et a ensuite exposé ces difficultés par un courrier et un courriel adressés à l'OFII le 15 juin 2020, rédigés avec l'aide d'associations. Dans la mesure où l'inexactitude des faits allégués par le requérant ne ressort d'aucune des pièces versées au dossier avant la clôture de l'instruction, l'Office français de l'immigration et de l'intégration, qui n'a pas produit en défense malgré mise en demeure, doit être réputé avoir acquiescé aux faits allégués par l'intéressé, conformément aux dispositions de l'article R. 612-6 du code de justice administrative. En outre, la note en délibéré produite par cet office contient l'exposé de circonstances de fait qu'il était en mesure de faire état avant la clôture de l'instruction. Dans ces conditions, le requérant est fondé à soutenir qu'en estimant qu'il avait abandonné son lieu d'hébergement sans motif légitime, le délégué territorial d'Evry-Courcouronnes de l'OFII a entaché sa décision d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions précitées de l'article L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il s'ensuit que la décision contestée doit, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, être annulée.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
10. Eu égard au motif d'annulation qu'il retient, le présent jugement implique en principe d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de rétablir
M. B dans ses conditions matérielles d'accueil et de lui verser l'allocation pour demandeur d'asile à compter du 24 juillet 2020, sous réserve d'un changement dans les circonstances de fait ou de droit de l'intéressé. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions de la requête tendant à ce que cette injonction soit assortie d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
11. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de M. B présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur la demande d'admission à l'aide juridictionnelle de M. B.
Article 2 : La décision du délégué territorial d'Evry-Courcouronnes de l'Office français de l'immigration et de l'intégration du 24 juillet 2020 est annulée.
Article 3 : Il est enjoint à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de rétablir M. B dans ses conditions matérielles d'accueil et de lui verser l'allocation pour demandeur d'asile à compter du 24 juillet 2020.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Vi Van et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 24 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Benoist Guével, président,
Mme Sonia Norval-Grivet, première conseillère,
Mme Félicie Bouchet, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 décembre 2022.
La rapporteure,
S. Norval-GrivetLe président,
B. GuévelLa greffière,
O. Dusautois
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026