jeudi 29 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2007357 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | HOUARD BREDON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistré les 15 septembre 2020 et
15 décembre 2020, M. B A, représenté par Me Mesbahi, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 15 juillet 2020 par laquelle la ministre du travail, de l'emploi et de l'insertion a annulé la décision de l'inspecteur du travail en date du 30 décembre 2019 et a autorisé son licenciement ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 400 euros au titre de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le principe du contradictoire n'a pas été respecté dans le cadre de l'instruction de son recours hiérarchique ;
- la décision attaquée est insuffisamment motivée en ce qui concerne l'absence de lien avec son mandat ;
- la ministre a entaché sa décision d'une erreur de droit et a inexactement qualifié les faits en considérant que la faute qui lui est reprochée est suffisamment grave pour justifier son licenciement.
Par des mémoires enregistrés les 16 octobre 2020, 21 février 2020 et 4 février 2021, la société Airport Passengers and Freight Security (APFS), représentée par
Me Houard-Bredon, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de M. A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La procédure a été communiquée à la ministre du travail, de l'emploi et de l'insertion qui n'a pas produit de mémoire.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Timothée Gallaud, président,
- et les conclusions de Mme Sophie Delormas, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. La société Airport Passengers and Freight Security (APFS) a sollicité le 31 octobre 2019 l'autorisation de licencier pour motif disciplinaire M. B A, qui occupait les fonctions d'opérateur sureté qualifié et bénéficiait d'une protection liée à sa candidature aux élections professionnelles du comité social et économique de l'établissement APFS Orly, organisées le 4 novembre 2019. Par une décision du 30 décembre 2019, l'inspecteur du travail a refusé d'accorder l'autorisation ainsi sollicitée par la société APFS. Cette dernière a formé un recours hiérarchique reçu par la ministre du travail, de l'emploi et de l'insertion le 17 février 2020. Par une décision du 15 juillet 2019, dont M. A demande l'annulation, la ministre a annulé la décision de l'inspection du travail et accordé l'autorisation sollicitée par la société AFPS.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, d'une part, aux termes de l'article R. 2422-1 du code du travail : " Le ministre chargé du travail peut annuler ou réformer la décision de l'inspecteur du travail sur le recours de l'employeur, du salarié ou du syndicat que ce salarié représente ou auquel il a donné mandat à cet effet. / Ce recours est introduit dans un délai de deux mois à compter de la notification de la décision de l'inspecteur. / Le silence gardé pendant plus de quatre mois sur ce recours vaut décision de rejet ". D'autre part, aux termes de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable. ". Aux termes de l'article L. 110-1 du même code : " Sont considérées comme des demandes au sens du présent code, les demandes et les réclamations, y compris les recours gracieux ou hiérarchiques, adressées aux autorités administratives. () ". Enfin, l'article L. 211-2 dudit code dispose que : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / () 4° retirent ou abrogent une décision créatrice de droits () ".
3. Il résulte de la combinaison des dispositions citées ci-dessus qu'il appartient à l'autorité administrative compétente pour adopter une décision individuelle entrant dans leur champ de mettre elle-même la personne intéressée en mesure de présenter des observations. Il en va de même, à l'égard du bénéficiaire d'une décision, lorsque l'administration est saisie par un tiers d'un recours gracieux ou hiérarchique contre cette décision. Ainsi, le ministre chargé du travail, saisi sur le fondement des dispositions de l'article R. 2422-1 du code du travail, d'un recours contre une décision autorisant ou refusant d'autoriser le licenciement d'un salarié protégé, doit mettre le tiers au profit duquel la décision contestée a créé des droits - à savoir, respectivement, l'employeur ou le salarié protégé - à même de présenter ses observations, notamment par la communication de l'ensemble des éléments sur lesquels le ministre entend fonder sa décision.
4. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que si les parties avaient été convoquées à un entretien le 20 mars 2020 puis le 1er avril suivant et que cet entretien n'a finalement pas eu lieu eu égard au contexte sanitaire, M. A a bien reçu une copie du recours hiérarchique et de ses annexes, l'autorité administrative lui a indiqué qu'il pouvait faire valoir ses observations par courriel et être entendu par téléphone, faculté qu'a exercé M. A le 1er avril, et celui-ci a pu adresser des documents à l'administration. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du caractère contradictoire de l'instruction du recours hiérarchique du requérant doit être écarté.
5. En deuxième lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ". D'autre part, aux termes de l'article R. 2421-16 du code du travail : " L'inspecteur du travail et, en cas de recours hiérarchique, le ministre examinent notamment si la mesure de licenciement envisagée est en rapport avec le mandat détenu, sollicité ou antérieurement exercé par l'intéressé ".
6. En l'espèce, il ressort des termes de la décision en litige qu'elle examine explicitement, avant de l'écarter, l'éventualité d'un lien entre la demande d'autorisation de licenciement et le mandat sollicité par M. A. Par suite, ce dernier n'est pas fondé à soutenir que la décision serait insuffisamment motivée sur ce point.
7. En troisième et dernier lieu, en vertu des dispositions du code du travail, les salariés légalement investis de fonctions représentatives bénéficient, dans l'intérêt de l'ensemble des salariés qu'ils représentent, d'une protection exceptionnelle. Lorsque le licenciement d'un de ces salariés est envisagé, ce licenciement ne doit pas être en rapport avec les fonctions représentatives normalement exercées ou l'appartenance syndicale de l'intéressé. Dans le cas où la demande de licenciement est motivée par un comportement fautif, il appartient à l'inspecteur du travail, et le cas échéant au ministre, de rechercher, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, si les faits reprochés au salarié sont d'une gravité suffisante pour justifier son licenciement, compte tenu de l'ensemble des règles applicables au contrat de travail de l'intéressé et des exigences propres à l'exécution normale du mandat dont il est investi.
8. Il est constant, que, le 21 octobre 2019, M. A, préposé à un poste d'inspection et de filtrage des voyageurs pour l'accès à la partie critique de la zone de sûreté à accès réglementé de l'aérodrome de Paris-Orly, n'a pas identifié parmi les bagages d'une voyageuse un fusil de chasse dont cette dernière a ainsi pu se munir à bord de la cabine d'un aéronef assurant un vol commercial. Un tel manquement revêt un caractère fautif ce que, du reste, M. A ne conteste pas. L'intéressé soutient en revanche qu'une telle faute n'est pas suffisamment grave pour justifier son licenciement.
9. M. A soutient que, de manière générale les conditions de travail auxquelles il était soumis étaient particulièrement dégradées et induisaient un risque que les agents chargés du contrôle des passagers commettent un manquement tel que celui qui lui est reproché et que la faute qu'il a commise présente un caractère isolé. Il ressort toutefois des pièces du dossier, et notamment de l'enquête établie dans le cadre du recours hiérarchique formé par l'intéressé, que les durées et les temps de repos étaient respectés au cours de la période durant laquelle les faits en litige ont eu lieu, M. A ayant en outre effectué une pause peu de temps avant l'incident. Il ressort par ailleurs des pièces du dossier que des protocoles précis existent sur la conduite à tenir en cas d'article complexe ou indéterminé, en vue notamment d'éviter l'intrusion d'une arme dans la partie critique de la zone de sûreté à accès règlementé de l'aérodrome, événement qui peut comporter des conséquences d'une extrême gravité. Enfin, il est constant que le manquement commis par M. A a eu pour conséquence l'engagement d'une procédure de sanction administrative à l'encontre de la société APFS. Dans ces circonstances et compte tenu des fonctions confiées à l'intéressé, qui impliquent une vigilance particulière et un strict respect des procédures en vue de concourir à la mission de sûreté aéroportuaire confiée à son employeur et quand bien même il n'aurait pas fait preuve antérieurement d'une telle négligence, la ministre n'a pas commis d'erreur de droit ni inexactement qualifié les faits reprochés à M. A en estimant qu'ils constituaient une faute d'une gravité suffisante pour justifier son licenciement.
10. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de
non-recevoir opposée en défense par la société APFS, M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 15 juillet 2020.
Sur les frais liés au litige :
11. D'une part, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante, la somme que demande M. A au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. D'autre part, dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la société APFS présentées sur le fondement des mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la société Airport Passengers Freight Security sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à la société Airport Passengers Freight Security et au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion.
Délibéré après l'audience publique du 12 septembre 2022 à laquelle siégeaient :
M Timothée Gallaud, président,
Mme Sonia Norval-Grivet, première conseillère,
M. Jean-René Guillou, premier conseiller honoraire.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 septembre 2022.
Le président-rapporteur,
T. GallaudL'assesseure la plus ancienne
dans l'ordre du tableau,
S. Norval-Grivet
La greffière,
O. Dusautois
La République mande et ordonne au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026