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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2007631

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2007631

mardi 28 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2007631
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation1ère chambre
Avocat requérantSCP BLUMBERG & JANET ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 24 septembre 2020 et 12 février 2021, M. E B, agissant tant en son nom personnel qu'au nom de sa fille G B et Mme A B représentés par Me Blumberg-Mokri, demandent au tribunal dans le dernier état de leurs écritures :

1°) à titre principal, de condamner les Hôpitaux de Saint-Maurice à verser, en réparation des conséquences dommageables du décès de Tiziana C, la somme totale de 363 573,92 euros à M. B en son nom propre, la somme totale de 85 344,49 euros à M. B en sa qualité de représentant légal de sa fille G et la somme totale de 74 503,66 euros à Mme A B ;

2°) à titre subsidiaire, de condamner les Hôpitaux de Saint-Maurice à leur verser les sommes qui ont été allouées, à titre de provision, par l'ordonnance du juge des référés n° 1800744 du 18 décembre 2018.

3°) de mettre à la charge des Hôpitaux de Saint-Maurice la somme de 15 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- la responsabilité pour faute des Hôpitaux de Saint-Maurice est engagée en raison du défaut de surveillance et de prise en charge de Tiziana C ;

- les Hôpitaux de Saint-Maurice doivent réparer intégralement les préjudices subis par l'allocation des sommes de 326 778,85 euros au titre du préjudice économique de M. B, 55 344,49 euros au titre du préjudice économique de sa fille G, 44 503,66 euros au titre du préjudice économique de Mme A B, 30 000 euros à chacun en réparation du préjudice moral résultant du décès de Tiziana C, et 6 795,05 euros au titre des frais d'obsèques.

Par deux mémoires en défense enregistrés les 14 janvier et 18 mai 2021, les Hôpitaux de Saint-Maurice, représentés par Me Chiffert, concluent au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge des requérants en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- si leur responsabilité pour faute doit être engagée, une perte de chance de 30 % doit être retenue compte tenu de l'état de santé de Tiziana C qui présentait un risque suicidaire majeur ;

- après application du taux de perte de chance de 30 %, les sommes suivantes peuvent être allouées : 102 451,63 euros au titre du préjudice économique de M. B, 12 090,12 euros au titre de celui de sa fille G ; 9 721,92 euros au titre du préjudice économique de Mme A B ; 6 000 euros en réparation du préjudice moral de M. B, 7 500 euros au titre de celui sa fille G et 7 500 en réparation du préjudice moral de Mme A B ;

- les frais d'obsèques ne peuvent pas être indemnisés, faute de justificatifs suffisants.

La requête a été communiquée à la Caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) de Paris qui n'a pas produit d'observations.

Par une ordonnance du 16 juin 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 16 septembre 2022.

Un mémoire, enregistré le 1er mars 2023, présenté par M. E B, Mme G B et Mme A B, n'a pas été communiqué en application de l'article R. 613-3 du code de justice administrative.

Deux mémoires en défense, enregistrés les 27 février et 3 mars 2023, présentés par les Hôpitaux de Saint-Maurice, n'ont pas été communiqués en application de l'article R. 613-3 du code de justice administrative.

Vu :

- l'ordonnance n°1806658 du 14 novembre 2019 par laquelle le président du tribunal a liquidé et taxé les frais de l'expertise confiée par le juge des référés à M. D, expert, à la somme de 2 340 euros ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la santé publique ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Aurore Perrin, première conseillère,

- les conclusions de Mme Sophie Delormas, rapporteure publique,

- et les observations de Me Blumberg-Mokri, avocate des requérants, et de Me Chéreau, substituant Me Chiffert, avocate des Hôpitaux de Saint-Maurice.

Considérant ce qui suit :

1. Après avoir fait une tentative de suicide à son domicile par ingestion médicamenteuse, Tiziana C a fait l'objet, le 26 avril 2018, d'une mesure d'hospitalisation sous contrainte en soins psychiatriques et a été admise aux Hôpitaux de Saint-Maurice. Le soir du 28 avril 2018, elle est décédée après s'être pendue dans sa chambre d'hôpital. M. E B, son conjoint, agissant tant en son nom propre qu'en celui de représentant légal de sa fille G, et Mme A B, première fille de la défunte, devenue majeure en cours d'instance, demandent au tribunal de condamner les Hôpitaux de Saint-Maurice à leur verser diverses indemnités en réparation des conséquences dommageables de ce décès.

Sur les conclusions à fin d'indemnisation, présentées à titre principal :

En ce qui concerne la responsabilité :

2. Aux termes de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " I. - Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute () ".

3. Pour établir l'existence d'une faute dans l'organisation du service hospitalier au titre du défaut de surveillance d'un patient atteint d'une pathologie psychiatrique, il convient de tenir compte notamment, lorsque l'état de santé de ce patient fait courir le risque qu'il commette un acte agressif à son égard ou à l'égard d'autrui, non seulement de la pathologie en cause et du caractère effectivement prévisible d'un tel passage à l'acte, mais également du régime d'hospitalisation, libre ou sous contrainte, ainsi que des mesures que devait prendre le service, compte tenu de ses caractéristiques et des moyens dont il disposait.

4. Il résulte de l'instruction que, lorsqu'il a été décidé de l'hospitaliser sous contrainte, au service de psychiatrie des Hôpitaux de Saint-Maurice, le 26 avril 2018, Tiziana C, venait de faire une tentative de suicide à son domicile par ingestion médicamenteuse et présentait un risque suicidaire et une absence de critique de son passage à l'acte. Lors de son admission, l'équipe soignante a indiqué dans le dossier comme conduite à tenir : " retrait des objets dangereux, surveillance des constances et du comportement car risque suicidaire ". Le lendemain, le 27 avril 2018, le médecin chargé d'examiner Tiziana C a mentionné dans le dossier la nécessité d'assurer " une surveillance du comportement +++ (risque suicidaire) " et a prescrit le retrait de tout objet dangereux. Le 28 avril 2018, lorsqu'elle a été vue à 10 heures par le psychiatre de garde, la patiente a évoqué des angoisses et le praticien a noté un " vécu délirant persécutif interprétatif ", en précisant qu'elle verbalisait de façon persistante des idées suicidaires. Une surveillance en vue de prévenir le risque suicidaire a, en conséquence, été de nouveau préconisée par le médecin. Le même jour, après que, vers 17h30, l'administrateur de garde lui a confirmé la poursuite de son hospitalisation sous contrainte, Tiziana C a été retrouvée pendue au robinet de sa douche avec le câble d'un chargeur de téléphone portable vers 18h45. Son décès a été constaté environ une heure plus tard après que le service d'aide médicale urgente a tenté en vain de la réanimer.

5. S'il est constant que le câble avec lequel Tiziana C s'est pendue n'était pas le sien, son chargeur, comprenant le câble, ayant été consigné, à son arrivée au sein du service, dans le bureau infirmier auquel elle n'avait pas accès, il n'est pas contesté qu'elle a pu récupérer un câble dans une autre chambre dès lors qu'elle avait le droit de déambuler dans le service et que d'autres patients pouvaient conserver ce type d'objet. En outre, il est constant que Tiziana C, qui présentait un risque suicidaire élevé, se trouvait seule dans sa chambre le jour de son décès, la patiente hospitalisée dans la même chambre étant absente pour la fin de semaine alors qu'il avait été décidé une hospitalisation en chambre double, afin de minimiser le risque de suicide. Enfin, il résulte de l'instruction que Tiziana C n'a pas été revue par le psychiatre de garde le 28 avril 2018 et que son traitement n'a pas été adapté alors qu'il n'est pas contesté que son état de santé s'était aggravé au cours de la journée, ainsi que l'avait rapporté le psychiatre qu'elle avait vu le matin, que l'avait relevé l'infirmière dans les observations pluri-professionnelles de la journée et que l'avait remarqué son compagnon, venu lui rendre visite dans l'après-midi, qui avait fait part de ses inquiétudes à l'équipe médicale. L'expert désigné par le juge des référés a d'ailleurs relevé que l'état de la patiente, tel qu'il a été constaté par l'équipe soignante le jour même, impliquait une surveillance renforcée, notamment pour adapter le traitement médicamenteux qui lui était prescrit en vue de prévenir le risque suicidaire, ce d'autant que ce risque a pu être accru par l'annonce à la patiente, en fin d'après-midi, de la poursuite de son hospitalisation, à laquelle elle ne consentait pas. Dans ces conditions, l'insuffisante surveillance de la patiente, telle qu'elle a été décrite ci-dessus, est constitutif d'une faute dans l'organisation et le fonctionnement du service de nature à engager la responsabilité des Hôpitaux de Saint-Maurice.

6. Les Hôpitaux de Saint-Maurice font valoir que, dans la mesure où Tiziana C souffrait d'une pathologie très grave avec un risque suicidaire majeur, la faute relevée ci-dessus n'a été à l'origine que d'une perte de chance pour elle d'échapper au risque de mettre fin à ses jours. Toutefois, il résulte de l'instruction que le suicide n'aurait pas eu lieu dans les circonstances de temps et de lieu dans lesquelles il est survenu si une surveillance renforcée, appropriée à son état de santé, avait été assurée. Par suite, la responsabilité des Hôpitaux de Saint- Maurice se trouve engagée à raison de la totalité des conséquences dommageables du décès de Tiziana C.

En ce qui concerne les frais d'obsèques :

7. M. E B justifie avoir exposé personnellement des frais pour les obsèques et la sépulture de Tiziana C à hauteur d'une somme totale de 5 115,05 euros. En revanche, il n'établit pas, par la facture qui n'est pas établi à son nom mais à celui d'un autre membre de la famille de la défunte, avoir personnellement exposé les frais d'obsèques facturés par une entreprise italienne pour un montant de 2 580 euros.

En ce qui concerne le préjudice économique :

8. Le foyer de Tiziana C, âgée de cinquante-quatre ans à la date de son décès, comprenait également son conjoint, M. B, ainsi que leurs deux filles, A, née le 9 novembre 2002, et G, née le 17 septembre 2005. Il résulte de l'instruction que les revenus du foyer l'année précédant le décès peuvent être estimés à 99 016 euros, selon l'avis d'imposition 2018 au titre des revenus 2017, que le revenu disponible après soustraction de la part de consommation de la défunte qu'il convient de fixer, dans les circonstances de l'espèce, à 20 %, compte tenu de la composition du foyer incluant les deux filles du couple vivant au domicile familial, doit être estimé à 79 213 euros, et que les revenus de M. B postérieurement au décès sont de 69 645 euros, selon l'avis d'imposition 2019 au titre des revenus 2018. Il s'ensuit que la perte annuelle de revenus du foyer doit être fixée à 9 568 euros.

9. Eu égard au montant du préjudice annuel de la famille qui s'élève ainsi à 9 568 euros, la perte patrimoniale de revenu du foyer imputable aux manquements des Hôpitaux

de Saint-Maurice et devant être mise à sa charge au titre des arrérages échus entre le 28 avril 2018, date du décès de Tiziana C, et le 24 mars 2023, date de mise à disposition du présent jugement, s'établit à la somme de 47 840 euros.

10. Afin de déterminer le montant du préjudice pour l'avenir, il y a lieu de capitaliser le montant du préjudice économique annuel, soit 9 568 euros, en tenant compte de l'âge du conjoint survivant, qui serait normalement décédé le premier, en l'espèce M. B qui a une espérance de vie moindre, soit 59 ans à la date de la liquidation, et d'un prix de l'euro de rente viagère qui s'élève à 27,359 issu du barème de capitalisation publié à la Gazette du Palais en 2022, soit la somme de 261 771 euros.

11. Il résulte de ce qui précède que le préjudice économique total du foyer s'élève à 309 611 euros. La part de consommation des filles de F C et de M. B doit être évaluée à 20 % chacune, en sorte que le préjudice économique annuel de chacune d'elle peut être fixé à 1 914 euros.

12. La perte de revenus subie par Mme A B, née le 9 novembre 2002, depuis le décès de sa mère le 28 avril 2018 jusqu'à la date de mise à disposition du présent jugement, s'établit, ainsi qu'il a été dit ci-dessus, à la somme 9 568 euros à laquelle s'ajoute la capitalisation d'une rente annuelle de 1 914 euros, de l'âge de 20 ans, son âge à la date de mise à disposition du présent jugement, jusqu'à l'âge de 25 ans, âge auquel il peut être estimé qu'elle aurait cessé d'être à la charge de ses parents, calculée par application du barème de capitalisation pour 2022 publié à la Gazette du Palais, soit 9 857 euros. Le montant total de la perte subie par Mme A B peut, par suite, être fixé à la somme de 19 425 euros. Il convient de soustraire de ce montant la somme de 39 208 euros correspondant aux arrérages échus de la pension de réversion, qu'elle perçoit, d'un montant mensuel de 676 euros, versé à compter du 29 avril 2018 et jusqu'à ses 21 ans. Il s'ensuit que compte tenu des prestations indemnitaires déjà perçues, Mme A B n'a pas subi de préjudice économique.

13. La perte de revenus subie par G, fille mineure de M. B, née le 17 septembre 2005, s'établit, ainsi qu'il a été dit ci-dessus, à la somme de 9 568 euros, à laquelle s'ajoute la capitalisation d'une rente annuelle de 1 914 euros, de l'âge de 17 ans, son âge à la date de mise à disposition du présent jugement, jusqu'à l'âge de 25 ans, calculée par application du barème de capitalisation pour 2022 publié à la Gazette du Palais, soit 16 013 euros. Le montant total de la perte subie par G peut, par suite, être fixé à la somme de 25 581 euros. Il convient de soustraire de ce montant la somme de 39 208 euros correspondant aux arrérages échus de la pension de réversion, qu'elle perçoit, d'un montant mensuel de 676 euros, versé à compter du 29 avril 2018 jusqu'à ses 21 ans. Il s'en suit que compte tenu des prestations indemnitaires déjà perçues, G n'a pas subi de préjudice économique.

14. Il résulte de ce qui précède que le préjudice économique de M. B, qui est constitué par la différence entre la perte totale de revenus du foyer et les pertes de revenus subies par ses filles avant déduction des prestations indemnitaires qu'elle ont déjà perçues, s'élève à 264 605 euros.

En ce qui concerne le préjudice d'affection :

15. Le requérant a subi un préjudice d'affection en lien direct avec la faute des Hôpitaux de Saint-Maurice, du fait de la perte soudaine de sa concubine, Tiziana C, âgée de 54 ans. Il en sera fait une juste appréciation en l'évaluant à la somme de 25 000 euros.

16. Par ailleurs, il sera fait une juste appréciation du préjudice d'affection subie par les filles de la victime en leur allouant chacune une somme de 25 000 euros.

17. Il résulte de tout ce qui précède, que, d'une part, M. B est fondé à demander la condamnation des Hôpitaux de Saint-Maurice à lui verser, en son nom propre, une somme de 294 720,05 euros et à lui verser, en sa qualité de représentant légal de sa fille mineure G, une somme de 25 000 euros et que, d'autre part, Mme A B est fondée à demander la condamnation des Hôpitaux de Saint-Maurice à lui verser une somme de 25 000 euros.

Sur les conclusions à fin d'indemnisation présentées à titre subsidiaire :

18. Si les requérants demandent au tribunal, à titre subsidiaire, de leur allouer les sommes que le juge des référés a condamné les Hôpitaux de Saint-Maurice à leur verser à titre de provision, par l'ordonnance n° 1807444 du 18 décembre 2018, le juge statuant au fond n'est pas lié par le montant d'une provision qui est allouée, sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, par le juge des référés qui, ainsi qu'en dispose l'article L. 511-1 de ce code, statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire. Au demeurant, l'ordonnance dont se prévalent les requérants a été définitivement annulée par un arrêt n° 18PA04069 du 22 mai 2020 de la cour administrative d'appel de Paris.

Sur les frais liés au litige :

19. Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties () ". L'article R. 621-13 du même code prévoit que : " Lorsque l'expertise a été ordonnée sur le fondement du titre III du livre V, le président du tribunal () en fixe les frais et honoraires par une ordonnance prise conformément aux dispositions des articles R. 621-11 et R. 761-4. Cette ordonnance désigne la ou les parties qui assumeront la charge de ces frais et honoraires () Dans le cas où les frais d'expertise mentionnés à l'alinéa précédent sont compris dans les dépens d'une instance principale, la formation de jugement statuant sur cette instance peut décider que la charge définitive de ces frais incombe à une partie autre que celle qui a été désignée par l'ordonnance mentionnée à l'alinéa précédent ou par le jugement rendu sur un recours dirigé contre cette ordonnance () ".

20. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre les frais et honoraires de l'expertise médicale, liquidés et taxés à la somme totale de 2 340 euros, à la charge définitive des Hôpitaux de Saint-Maurice.

21. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge des requérants qui ne sont pas, dans la présente instance, tenus aux dépens, la somme que les Hôpitaux de Saint-Maurice demandent au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge des Hôpitaux de Saint-Maurice une somme de 3 000 euros au titre des frais exposés par les requérants, pris ensemble, et non compris dans les dépens.

D E C I D E:

Article 1er : Les Hôpitaux de Saint Maurice sont condamnés à verser une somme de 294 720,05 euros à M. E B.

Article 2 : Les Hôpitaux de Saint Maurice sont condamnés à verser une somme de 25 000 euros à M. E B en sa qualité de représentant légal de sa fille mineure G.

Article 3 : Les Hôpitaux de Saint Maurice sont condamnés à verser une somme de 25 000 euros à Mme A B.

Article 4 : Les frais de l'expertise confiée à M. D, liquidés et taxés à 3 280,50 euros par l'ordonnance du 14 novembre 2019, sont mis à la charge définitive des Hôpitaux de Saint-Maurice.

Article 5 : Les Hôpitaux de Saint Maurice verseront aux requérants, pris ensemble, une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 6 : Le surplus des conclusions des parties est rejetée.

Article 7 : Le présent jugement sera notifié à M. E B, à Mme G B, à Mme A B, aux Hôpitaux de Saint-Maurice et à la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) de Paris.

Délibéré après l'audience du 10 mars 2023, à laquelle siégeaient :

M. Timothée Gallaud, président,

Mme Aurore Perrin, première conseillère,

Mme Félicie Bouchet, première conseillère,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 mars 2023.

La rapporteure,

A. PerrinLe président,

T. Gallaud

La greffière,

L. Potin

La République mande et ordonne au ministre des solidarités et de la santé en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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