vendredi 23 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2007659 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | TOURAUT & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
A une requête et des mémoires, enregistrés les 28 septembre 2020, 26 août 2021, 6 octobre 2021 et 26 octobre 2021, Mme E D, représentée A Me Meurin, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 4 avril 2019 A lequel le maire de Dammartin-en-Goële ne s'est pas opposé à la déclaration préalable de travaux déposée A M. B à fin de surélever le toit terrasse en vue de l'aménagement d'une pièce habitable sur un immeuble de logements collectifs situé sur la parcelle cadastrée AC n° 179 au 9 rue Notre-Dame ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Dammartin-en-Goële une somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle a intérêt à agir contre la décision attaquée dès lors qu'elle est propriétaire privative d'un mur sur lequel la construction s'appuiera, qu'elle est membre du syndicat des copropriétaires alors que le projet n'a pas été autorisé en assemblée générale et que le projet envisagé lui causera un préjudice esthétique, une perte d'ensoleillement et une vue droite sur sa propriété ;
- sa requête est recevable dès lors que l'arrêté n'a pas fait l'objet d'un affichage régulier et qu'elle a introduit un recours gracieux le 24 juillet 2020 ;
- l'arrêté est insuffisamment motivé en fait ;
- le dossier n'est pas complet dès lors qu'aucun plan de masse coté en trois dimensions et aucun document d'insertion paysagère n'est fourni ; ainsi, il y a lieu de s'interroger sur le respect de l'article UA.10 du règlement du plan local d'urbanisme qui fixe à 14 mètres la hauteur maximale des constructions ;
- le projet méconnaît les dispositions de l'article UA.11 du règlement du plan local d'urbanisme dès lors qu'il comporte un toit terrasse intégral ;
- il méconnaît les dispositions de l'article UA.12 du règlement du plan local d'urbanisme dès lors qu'aucune aire de stationnement n'est prévue ;
- le pétitionnaire n'a fourni aucune autorisation alors que le projet s'appuie sur le toit terrasse et les murs porteurs de l'étage inférieur ainsi qu'un des murs de la requérante, ces ouvrages étant la propriété exclusive du syndicat des copropriétaires et de la requérante ;
- le pétitionnaire ne justifie pas de frais d'instance ni d'un préjudice alors que les travaux ont été réalisés nonobstant la procédure contentieuse.
A un mémoire en défense enregistré le 9 septembre 2021, la commune de Dammartin-en-Goële, représentée A Me Lherminier, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 500 euros soit mise à la charge de la requérante en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable dès lors qu'il n'est pas établi que la requérante soit réellement propriétaire d'un appartement dont le projet impactera les conditions d'occupation ;
- le moyen tiré de ce que la décision attaquée est insuffisamment motivée est inopérant dès lors que l'arrêté constitue une décision favorable d'octroi d'une autorisation d'urbanisme ;
- l'absence de plan de masse coté dans les trois dimensions n'a pas empêché le service instructeur d'instruire la demande dès lors que le document de projection graphique fait apparaître que la surélévation de l'immeuble se fait dans la continuité de l'existant et que le bâtiment existant ne dépasse pas la limite de hauteur de 14 mètres prévue à l'article UA 10 du règlement du plan local d'urbanisme ;
- les documents graphiques joints ont permis au service instructeur de comparer l'état existant du haut de l'immeuble et l'état de l'immeuble avec la surélévation projetée ; ainsi, il a pu appréhender l'impact du projet ;
- le projet du pétitionnaire n'a pas d'effet sur la règle d'interdiction des toitures terrasses si ces dernières dépassent le quart de l'emprise au sol du bâtiment ;
- le projet ne créant pas de nouveau logement, aucune place de stationnement ne doit être créée ;
- le pétitionnaire a bien attesté avoir qualité pour présenter sa déclaration préalable de travaux.
A des mémoires enregistrés les 22 juillet 2021, 9 septembre 2021, 13 septembre 2021 et 14 octobre 2021, M. F B conclut au rejet de la requête, à la condamnation de la requérante à lui verser la somme de 5 000 euros à titre de dommages et intérêts et à ce qu'une somme de 2 500 euros soit mise à la charge de la requérante au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la requête est tardive et irrecevable dès lors que l'affichage de l'arrêté a été régulier ;
- il a subi un préjudice important en raison du caractère abusif des procédures de la requérante et de ses agissements malveillants.
A une lettre du 13 septembre 2021, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, de la période à laquelle il était envisagé d'appeler l'affaire à une audience et que l'instruction pourrait être close à partir du 15 octobre 2021 sans information préalable.
Une ordonnance portant clôture de l'instruction immédiate a été prise le 4 janvier 2022.
A une lettre en date du 20 juillet 2022, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement à intervenir est susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions présentées A le pétitionnaire tendant à la condamnation de la requérante au paiement de la somme de 5 000 euros à titre des dommages et intérêts dès lors que ces conclusions, qui doivent être regardées comme étant présentées sur le fondement de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme, n'ont pas été présentées dans un mémoire distinct.
Les parties ont été informées, le 18 novembre 2022, qu'en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, le tribunal est susceptible de surseoir à statuer sur la demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 4 avril 2019 jusqu'à l'expiration d'un délai de deux mois pour les motifs tenant à l'incomplétude du dossier dès lors que le service instructeur a été privé de la possibilité d'apprécier la surface du toit terrasse qui résulte des travaux projetés, la hauteur du projet et son insertion dans l'environnement et à la méconnaissance des dispositions de l'article UA.11 du règlement du plan local d'urbanisme.
Des observations ont été enregistrées pour la requérante le 23 novembre 2022.
Des observations ont été enregistrées pour la commune de Dammartin-en-Goële le 24 novembre 2022.
Des observations ont été enregistrées pour le pétitionnaire le 26 novembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- et les conclusions de M. Grand, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. B a déposé le 25 février 2019 une déclaration préalable d'extension de son appartement A surélevation du toit terrasse de l'immeuble situé sur la parcelle cadastrée AC n° 179 au 9 rue Notre-Dame à Dammartin-en-Goële. A arrêté du 4 avril 2019, le maire de Dammartin-en-Goële ne s'est pas opposé à cette déclaration préalable. A la présente requête, Mme D demande l'annulation de l'arrêté du 4 avril 2019.
Sur les fins de non-recevoir opposées en défense :
2. En premier lieu, si la commune soutient que la requérante ne présente pas d'intérêt lui donnant qualité pour agir, il ressort des pièces du dossier que la construction en cause comporte une fenêtre donnant sur la terrasse de la requérante, voisine immédiate du projet, et que le projet se situe directement sur la droite de sa terrasse. Ainsi, les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien sont susceptibles d'être directement affectées A le projet. A suite, la fin de non-recevoir doit être écartée.
3. En second lieu, aux termes de l'article R. 600-2 du code de l'urbanisme : " Le délai de recours contentieux à l'encontre d'une décision de non-opposition à une déclaration préalable ou d'un permis de construire, d'aménager ou de démolir court à l'égard des tiers à compter du premier jour d'une période continue de deux mois d'affichage sur le terrain des pièces mentionnées à l'article R. 424-15 ". Aux termes de l'article R. 424-15 du code de l'urbanisme : " Mention du permis explicite ou tacite ou de la déclaration préalable doit être affichée sur le terrain, de manière visible de l'extérieur, A les soins de son bénéficiaire, dès la notification de l'arrêté ou dès la date à laquelle le permis tacite ou la décision de non-opposition à la déclaration préalable est acquis et pendant toute la durée du chantier. (). / Cet affichage mentionne également l'obligation, prévue à peine d'irrecevabilité A l'article R. 600-1, de notifier tout recours administratif ou tout recours contentieux à l'auteur de la décision et au bénéficiaire du permis ou de la décision prise sur la déclaration préalable ". Aux termes de l'article A. 424-18 du même code : " Le panneau d'affichage doit être installé de telle sorte que les renseignements qu'il contient demeurent lisibles de la voie publique ou des espaces ouverts au public pendant toute la durée du chantier ". S'il incombe au bénéficiaire d'une non-opposition à déclaration préalable de justifier qu'il a bien rempli les formalités d'affichage prescrites A les dispositions précitées, le juge doit apprécier la continuité de l'affichage en examinant l'ensemble des pièces qui figurent au dossier qui lui est soumis.
4. Le pétitionnaire soutient que la requête est tardive au motif que la déclaration préalable a fait l'objet d'un affichage sur le terrain depuis la fin de l'année 2019. S'il produit des témoignages de riverains attestant de la présence d'un panneau d'affichage depuis le mois de décembre 2019 sur la porte de garage visible depuis la voie publique, ces seuls éléments ne peuvent suffire à établir la complétude des mentions ainsi portées, ainsi que la continuité de l'affichage pendant une durée de deux mois alors que la requérante produit des témoignages circonstanciés qui contredisent les attestations produites A le pétitionnaire faisant état de l'absence de panneau d'affichage à des périodes précises et du signalement de cette irrégularité au requérant en avril 2020. En outre, la requérante a formé un recours gracieux le 24 juillet 2020 réceptionné le 27 juillet 2020 A la commune de Dammartin-en-Goële, seul à même d'établir la connaissance acquise de la décision attaquée, auquel la commune n'a pas donné suite, et a introduit sa requête le 28 septembre 2020. Dans ces conditions, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'affichage, comportant notamment la mention des voies et délais de recours, ait été régulier et continu pendant la période de deux mois prévue A les dispositions de l'article R. 600-2 du code de l'urbanisme citées au point précédent, ni, A suite, qu'il ait été de nature à faire courir le délai de recours contentieux. Dès lors, la fin de non-recevoir opposée A le pétitionnaire doit être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
5. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. () ". Aux termes de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme : " Lorsque la décision rejette la demande ou s'oppose à la déclaration préalable, elle doit être motivée. / Cette motivation doit indiquer l'intégralité des motifs justifiant la décision de rejet ou d'opposition, notamment l'ensemble des absences de conformité des travaux aux dispositions législatives et réglementaires mentionnées à l'article L. 421-6. / Il en est de même lorsqu'elle est assortie de prescriptions, oppose un sursis à statuer ou comporte une dérogation ou une adaptation mineure aux règles d'urbanisme applicables ". Il résulte de ces dispositions qu'une décision ne s'opposant pas à une déclaration préalable n'est pas au nombre des décisions administratives défavorables qui doivent être motivées au sens des dispositions du code des relations entre le public et l'administration.
6. L'arrêté litigieux, qui ne s'oppose pas à la déclaration préalable du pétitionnaire, ni ne l'assortit de prescriptions, constitue une décision individuelle favorable qui, A conséquent, n'a pas à faire l'objet d'une motivation particulière. A suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation doit être écarté comme inopérant.
7. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme : " Les demandes de permis de construire, d'aménager ou de démolir et les déclarations préalables sont adressées A pli recommandé avec demande d'avis de réception ou déposées à la mairie de la commune dans laquelle les travaux sont envisagés : / a) Soit A le ou les propriétaires du ou des terrains, leur mandataire ou A une ou plusieurs personnes attestant être autorisées A eux à exécuter les travaux ; / b) Soit, en cas d'indivision, A un ou plusieurs co-indivisaires ou leur mandataire ; / c) Soit A une personne ayant qualité pour bénéficier de l'expropriation pour cause d'utilité publique " et aux termes de l'article R. 431-35 du même code : " La déclaration comporte également l'attestation du ou des déclarants qu'ils remplissent les conditions définies à l'article R*423-1 pour déposer une déclaration préalable ". Il résulte des dispositions de l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme que, sous réserve de la fraude, dès lors que le pétitionnaire fournit l'attestation prévue à l'article R. 431-35 du code de l'urbanisme selon laquelle il remplit les conditions définies à l'article R. 423-1 pour déposer une déclaration préalable, il doit être regardé comme ayant qualité pour présenter cette demande. Il en résulte également qu'une demande d'autorisation d'urbanisme concernant un terrain soumis au régime juridique de la copropriété peut être régulièrement présentée A son propriétaire, son mandataire ou A une ou plusieurs personnes attestant être autorisées A lui à exécuter les travaux, alors même que la réalisation de ces travaux serait subordonnée à l'autorisation de l'assemblée générale de la copropriété, une contestation sur ce point ne pouvant être portée, le cas échéant, que devant le juge judiciaire.
8. Si la requérante soutient que le pétitionnaire aurait dû joindre à son dossier l'autorisation de la requérante ainsi que celle du syndicat des copropriétaires dès lors que le projet du pétitionnaire s'appuie sur des ouvrages qui sont la propriété exclusive du syndicat et de la requérante et que le dossier a été déposé plus de huit mois avant l'autorisation de l'assemblée générale, il ressort, toutefois, des pièces du dossier que la déclaration préalable de travaux comporte, en page 3, l'attestation prévue à l'article R. 431-35 du code de l'urbanisme et permet ainsi la délivrance d'une autorisation d'urbanisme sous réserve du droit des tiers, sans que l'administration doive procéder à une instruction lui permettant de recueillir des informations de nature à établir ou à faire apparaître le caractère frauduleux. En tout état de cause, si le jugement devenu définitif du tribunal judiciaire de Meaux du 4 mai 2021 a annulé l'autorisation accordée A l'assemblée générale des copropriétaires le 7 décembre 2019 en raison de l'irrégularité de la convocation de cette assemblée générale, il ressort également des pièces du dossier que l'assemblée générale a ensuite été convoquée les 20 février 2021 et 9 octobre 2021 pour ratifier les travaux d'extension du pétitionnaire et autoriser la vente de la toiture terrasse. A suite, le moyen tiré de l'absence de qualité du déclarant doit être écarté.
9. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 431-36 du code de l'urbanisme, dans sa rédaction applicable à la date de la déclaration préalable : " Le dossier joint à la déclaration comprend : / a) Un plan permettant de connaître la situation du terrain à l'intérieur de la commune ; / b) Un plan de masse coté dans les trois dimensions lorsque le projet a pour effet de créer une construction ou de modifier le volume d'une construction existante ; (). ". Aux termes de l'article R. 431-10 du même code : " Le projet architectural comprend également : () / c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction A rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; () ".
10. La circonstance que le dossier de déclaration préalable ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés A les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité l'arrêté de non-opposition que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée A l'autorité administrative sur la conformité du projet déclaré à la réglementation applicable.
11. Il est constant, d'une part, que le dossier joint à la déclaration ne comporte pas de plan de masse coté dans les trois dimensions et, d'autre part, qu'il ne comporte pas non plus de document d'insertion paysagère. En outre, le dossier de déclaration préalable présente un caractère sommaire. Ainsi, l'absence de plan de masse n'est compensée A aucune autre pièce du dossier et les modélisations fournies A le pétitionnaire ne permettent pas d'apprécier l'insertion du projet A rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages. Dans ces conditions, le service instructeur a été, notamment, privé de la possibilité d'apprécier la surface du toit terrasse qui résulte des travaux projetés, la hauteur du projet et son insertion dans l'environnement. A suite, le moyen tiré de l'insuffisance du dossier, soulevé en ce sens, doit être accueilli.
12. En quatrième lieu, aux termes de l'article UA.11 du règlement du plan local d'urbanisme relatif à l'aspect extérieur des constructions et aux aménagements de leurs abords : " () 1. Toiture / Les combles et toitures doivent présenter une simplicité de volume et une unité de conception. / Les constructions doivent comporter obligatoirement une toiture à deux versants dont la pente sera comprise entre 40 ° et 45 ° et ne comportant aucun débord sur les pignons. Des pentes plus faibles en égout de toit pourront être admises ponctuellement : auvent sur entrée, coyaux sur garage uniquement. / La toiture terrasse ne sera pas exclue dans la mesure où elle ne couvrira pas plus du quart de la surface à construire au sol. () ".
13. La requérante soutient que le projet méconnaît les dispositions de l'article UA.11 du règlement du plan local d'urbanisme dès lors qu'il comporte un toit terrasse intégral. Ainsi qu'il a été exposé au point 11, l'insuffisance du dossier de demande ne permet pas d'apprécier le respect des dispositions précitées, alors que le dossier ne comporte aucun document représentant l'ensemble de l'immeuble, ni aucun document précisant la surface du toit terrasse A rapport à la surface totale de la toiture de l'immeuble qui possède, A ailleurs, des toitures à versants. A suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article UA.11 du règlement du plan local d'urbanisme doit être accueilli.
14. En dernier lieu, aux termes de l'article UA.12 du règlement du plan local d'urbanisme relatif aux obligations imposées aux constructeurs en matière de réalisation d'aires de stationnement : " 1. Principes / Le stationnement des véhicules de toute nature correspondant aux besoins des constructions et installations nouvelles doit être assuré en dehors de la voie publique. / Il doit être réalisé, à l'occasion de toute construction ou installation nouvelle, des aires de stationnement sur le terrain propre à l'opération et selon les normes recommandées au paragraphe 2 ci-après du présent article. () Les normes de stationnement ne sont pas applicables aux aménagements et aux extensions limitées des constructions existantes (moins de 10 % de la surface de plancher existante) : / s'il n'y a pas création de nouveaux logements ; / et s'il n'y a pas réduction du nombre de places de stationnement A logement, tel que défini au 2 du présent article (). / Construction à usage d'habitation collective / Il doit être créé une place de stationnement A tranche de 40 m² de surface de plancher avec un minimum de deux places A logement. () ".
15. Il résulte de ces dispositions que seules les extensions limitées des constructions existantes ne peuvent se voir opposer les normes de stationnement sous réserve qu'il n'y ait pas de création de nouveaux logements. Ainsi, contrairement à ce qui est soutenu A la commune en défense, alors que le projet du pétitionnaire ne crée A de nouveaux logements, il ne peut se voir opposer l'exception prévue aux dispositions de l'article UA.12 précitées du règlement du plan local d'urbanisme dès lors qu'il est constant que son projet, qui prévoit l'extension de son logement de 49 m² A la création de 12 m² de surface de plancher, soit plus de 10 % de la surface de plancher existante, ne constitue pas une extension limitée au sens des dispositions précitées. Toutefois, l'extension projetée n'a pas pour effet d'augmenter la surface de plancher d'une nouvelle tranche de 40 m². Dans ces conditions, le projet ne nécessite pas la création de deux places de stationnement supplémentaires. A suite, la requérante n'est pas fondée à soutenir que le projet méconnaît les dispositions de l'article UA.12 du règlement du plan local d'urbanisme et le moyen soulevé en ce sens ne peut qu'être écarté.
Sur l'application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme :
16. Aux termes de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice entraînant l'illégalité de cet acte est susceptible d'être régularisé, sursoit à statuer, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe pour cette régularisation, même après l'achèvement des travaux. Si une mesure de régularisation est notifiée dans ce délai au juge, celui-ci statue après avoir invité les parties à présenter leurs observations. Le refus A le juge de faire droit à une demande de sursis à statuer est motivé ".
17. Il résulte de tout ce qui précède que la requérante est seulement fondée à soutenir que le projet autorisé est insuffisant dès lors que le service instructeur a été privé de la possibilité d'apprécier la surface du toit terrasse qui résulte des travaux projetés, la hauteur du projet et son insertion dans l'environnement et qu'il méconnaît les dispositions de l'article UA.11 du règlement du plan local d'urbanisme, pour les motifs énoncés aux points 9 et 11. Les parties ayant été informées de ce que le tribunal était susceptible de surseoir à statuer en application des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, il y a lieu de surseoir à statuer jusqu'à l'expiration d'un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, dans l'attente de la notification au tribunal d'une mesure de régularisation délivrée au pétitionnaire A le maire de Dammartin-en-Goële régularisant les vices précités. Il y a lieu de réserver tous droits et moyens des parties, sur lesquels il n'a pas été expressément statué A ce jugement, jusqu'en fin d'instance.
D E C I D E :
Article 1er : Avant de statuer sur les conclusions de la requérante tendant à l'annulation de l'arrêté du 4 avril 2019 délivré à M. B, il est sursis à statuer jusqu'à l'expiration d'un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, dans l'attente de la notification au tribunal d'une mesure de régularisation délivrée à M. B A le maire de Dammartin-en-Goële régularisant les vices tenant à l'insuffisance du dossier de déclaration préalable et à la méconnaissance des dispositions de l'article UA.11 du règlement du plan local d'urbanisme.
Article 2 : Tous droits et moyens des parties, sur lesquels il n'est pas expressément statué A le présent jugement, sont réservés jusqu'en fin d'instance.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme E D, à la commune de Dammartin-en-Goële et à M. F B.
Délibéré après l'audience du 2 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Mullié, présidente,
Mme Jeannot, première conseillère,
Mme Blanc, conseillère.
Rendu public A mise à disposition au greffe le 23 décembre 2022.
La rapporteure,
F. CLa présidente,
N. MULLIE
La greffière,
C. ROUILLARD
La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026