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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2007968

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2007968

jeudi 6 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2007968
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation9ème chambre
Avocat requérantARVIS AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 5 octobre 2020 et régularisée le 22 février 2024, et un mémoire enregistré le 30 juillet 2021, Mme B A, assistée de son curateur, l'ATFPO-Val-de-Marne, et représentée par le cabinet Arvis Avocats, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 3 août 2020 par laquelle la directrice des ressources humaines du conseil départemental du Val-de-Marne a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de ses congés de maladie à compter du 1er janvier 2017 ;

2°) d'enjoindre au président du conseil départemental du Val-de-Marne de reconnaître l'imputabilité au service de ses congés de maladie pris à compter du 1er janvier 2017, ou, à défaut, de réexaminer sa demande, dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge du département du Val-de-Marne la somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la décision attaquée a été prise par une autorité incompétente ;

- elle a été prise au terme d'une procédure irrégulière en l'absence de consultation préalable de la commission de réforme ;

- sa maladie ayant été diagnostiquée antérieurement à l'entrée en vigueur de l'ordonnance du 19 janvier 2017 instaurant le congé pour invalidité temporaire imputable au service, sa situation relève des dispositions de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984 et de l'article 16 du décret du 30 juillet 1987 ; les dispositions des articles 37-2 et 37-3 de ce décret, issues du décret n° 2019-301 du 10 avril 2019, ne lui sont pas applicables ; or, en vertu des dispositions applicables du décret du 30 juillet 1987, aucun délai n'était fixé pour déposer une demande de reconnaissance d'imputabilité au service d'une maladie ; ainsi, en faisant application des dispositions de l'ordonnance du 19 janvier 2017, le département du Val-de-Marne a commis une erreur de droit ;

- à titre subsidiaire, le département du Val-de-Marne ne pouvait considérer qu'elle n'avait pas précisé le fondement de sa demande dès lors que celle-ci était formulée sans ambiguïté et visait l'aggravation de ses troubles psychologiques dans l'exercice de ses fonctions ; en outre, le département ne pouvait lui opposer la tardiveté de sa demande dès lors que sa situation était régie par les dispositions du dernier alinéa de l'article 15 du décret du 10 avril 2019 qui l'autorisaient à déposer sa demande dans un délai expirant le 1er juin 2021 ;

- elle est entachée d'erreur d'appréciation ; ses difficultés de santé mentale se sont substantiellement aggravées par l'attitude du département du Val-de-Marne ; elle a en effet subi plusieurs épreuves, liées à la gestion de sa situation par le département, notamment sa radiation des cadres, qui ont eu une incidence sur sa carrière professionnelle ; si elle avait des antécédents d'altération de sa santé psychique, l'aggravation de ses troubles présente toutefois bien un lien avec l'exercice de ses fonctions.

Par un mémoire en défense, enregistré le 13 janvier 2021, le département du Val-de-Marne, représenté par le président du conseil départemental du Val-de-Marne en exercice, conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.

Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le tribunal est susceptible de relever d'office les moyens suivants tirés de ce que :

- d'une part, l'administration a méconnu le champ d'application de la loi en ayant appliqué les dispositions de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 à la situation de Mme A alors que celle-ci relève des dispositions de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984 dans leur version applicable avant l'entrée en vigueur de l'ordonnance n° 2017-53 du

19 janvier 2017 ;

- d'autre part, le tribunal est susceptible de procéder d'office à une substitution de base légale en substituant les dispositions de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984 à celles de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983.

Par une ordonnance du 22 février 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 8 mars 2024 à 12 heures.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;

- le décret n° 87-602 du 30 juillet 1987 ;

- le décret n° 2019-301 du 10 avril 2019 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Réchard,

- et les conclusions de Mme Van Daële, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A, assistante socio-éducative, a exercé des fonctions d'éducatrice spécialisée au sein du département du Val-de-Marne depuis 2005. Le 17 février 2016, elle a été victime d'un accident de trajet reconnu imputable au service. Le 19 septembre 2017, le département du Val-de-Marne a prononcé sa radiation des cadres pour abandon de poste à compter du 20 septembre 2017. Par une ordonnance du juge des référés du tribunal administratif de Melun du 31 août 2018, cet arrêté portant radiation des cadres a été suspendu. A la demande de Mme A, le tribunal administratif de Melun a, par un jugement du 22 octobre 2020, annulé cet arrêté. Mme A sera réintégrée dans ses fonctions à compter du 3 septembre 2018 par un arrêté du 27 septembre 2018. En arrêt de travail à compter du 6 août 2018, Mme A sera, par un arrêté du 14 janvier 2019 du président du conseil départemental du Val-de-Marne, placée en congé de maladie ordinaire du 1er décembre 2018 au 2 janvier 2019 inclus et, par une décision du 11 octobre 2019 du président du conseil départemental du Val-de-Marne, placée en disponibilité d'office à mi-traitement à compter du 3 septembre 2019, date à laquelle elle avait épuisé ses droits à congé de maladie ordinaire, dans l'attente de l'avis du comité médical sur son aptitude à l'exercice de ses fonctions. Par un courrier du 24 janvier 2020, Mme A a sollicité la reconnaissance de l'imputabilité au service de ses congés de maladie à compter du

1er janvier 2017. Par une décision du 3 août 2020, dont Mme A demande l'annulation, la directrice des ressources humaines du département du Val-de-Marne a rejeté sa demande.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

En ce qui concerne le cadre juridique applicable au litige :

2. D'une part, aux termes de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, dans sa rédaction applicable au litige : " Le fonctionnaire en activité a droit : / () ; / 2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. Celui-ci conserve alors l'intégralité de son traitement pendant une durée de trois mois ; ce traitement est réduit de moitié pendant les neuf mois suivants. Le fonctionnaire conserve, en outre, ses droits à la totalité du supplément familial de traitement et de l'indemnité de résidence. Le bénéfice de ces dispositions est subordonné à la transmission par le fonctionnaire, à son administration, de l'avis d'arrêt de travail justifiant du bien-fondé du congé de maladie, dans un délai et selon les sanctions prévus en application de l'article 58. / Toutefois, si la maladie provient de l'une des causes exceptionnelles prévues à l'article L. 27 du code des pensions civiles et militaires de retraite ou d'un accident survenu dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions, le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à la mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident, même après la date de radiation des cadres pour mise à la retraite. / Dans le cas visé à l'alinéa précédent, l'imputation au service de l'accident ou de la maladie est appréciée par la commission de réforme instituée par le régime des pensions des agents des collectivités locales. / () ". Une maladie contractée par un fonctionnaire, ou son aggravation, doit être regardée comme imputable au service si elle présente un lien direct avec l'exercice des fonctions ou avec des conditions de travail de nature à susciter le développement de la maladie en cause, sauf à ce qu'un fait personnel de l'agent ou toute autre circonstance particulière conduise à détacher la survenance ou l'aggravation de la maladie du service.

3. D'autre part, aux termes du IV de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires issu de l'ordonnance du 19 juillet 2017, créé par l'ordonnance du 19 janvier 2017 portant diverses dispositions relatives au compte personnel d'activité, à la formation et à la santé et la sécurité au travail dans la fonction publique, et abrogé par l'ordonnance du 24 novembre 2021 portant partie législative du code général de la fonction publique : " Est présumée imputable au service toute maladie désignée par les tableaux de maladies professionnelles mentionnés aux articles L. 461-1 et suivants du code de la sécurité sociale et contractée dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par le fonctionnaire de ses fonctions dans les conditions mentionnées à ce tableau. / Si une ou plusieurs conditions tenant au délai de prise en charge, à la durée d'exposition ou à la liste limitative des travaux ne sont pas remplies, la maladie telle qu'elle est désignée par un tableau peut être reconnue imputable au service lorsque le fonctionnaire ou ses ayants droit établissent qu'elle est directement causée par l'exercice des fonctions. / Peut également être reconnue imputable au service une maladie non désignée dans les tableaux de maladies professionnelles mentionnés aux articles L. 461-1 et suivants du code de la sécurité sociale lorsque le fonctionnaire ou ses ayants droit établissent qu'elle est essentiellement et directement causée par l'exercice des fonctions et qu'elle entraîne une incapacité permanente à un taux déterminé et évalué dans les conditions prévues par décret en Conseil d'Etat. () ".

4. L'application des dispositions de l'article 21 bis de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 résultant de l'ordonnance du 19 janvier 2017 étant manifestement impossible en l'absence d'un texte réglementaire fixant notamment les conditions de procédure applicables à l'octroi du nouveau congé pour invalidité temporaire imputable au service, ces dispositions ne sont donc entrées en vigueur, en tant qu'elles s'appliquent à la fonction publique territoriale, qu'à la date d'entrée en vigueur, le 13 avril 2019, du décret du 10 avril 2019 relatif au congé pour invalidité temporaire imputable au service dans la fonction publique territoriale, par lequel le pouvoir réglementaire a pris les dispositions réglementaires nécessaires pour cette fonction publique et dont l'intervention était, au demeurant, prévue, sous forme de décret en Conseil d'Etat, par le VI de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 résultant de l'article 10 de l'ordonnance du 19 janvier 2017. Il en résulte que les dispositions de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984 dans leur rédaction antérieure à celle résultant de l'ordonnance du 19 janvier 2017 sont demeurées applicables jusqu'à l'entrée en vigueur du décret du 10 avril 2019.

5. Enfin, les droits des agents publics en matière d'accident de service et de maladie professionnelle sont constitués à la date à laquelle l'accident est intervenu ou la maladie diagnostiquée.

6. Ainsi que le soutient Mme A, la directrice des ressources humaines du département du Val-de-Marne qui s'est prononcée sur un " congé pour invalidité temporaire imputable au service ", doit être regardée comme ayant fait application des dispositions de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 ayant institué un tel congé. Or, il résulte de ce qui a été dit au point 4. du présent jugement, que la maladie dont se prévaut Mme A ayant été diagnostiquée avant le 13 avril 2019, la directrice des ressources humaines du département du Val-de-Marne a méconnu le champ d'application de la loi en faisant application des dispositions de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 résultant de l'ordonnance du 19 janvier 2017, alors que, ainsi que le soutient la requérante, seules les dispositions de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984 sont applicables à sa situation.

7. Lorsqu'il constate que la décision contestée devant lui aurait pu être prise, en vertu du même pouvoir d'appréciation, sur le fondement d'un autre texte que celui dont la méconnaissance est invoquée, le juge de l'excès de pouvoir peut substituer ce fondement à celui qui a servi de base légale à la décision attaquée, sous réserve que l'intéressé ait disposé des garanties dont est assortie l'application du texte sur le fondement duquel la décision aurait dû être prononcée.

8. En l'espèce, la décision attaquée trouve son fondement légal dans les dispositions de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984 qui peuvent être substituées aux dispositions de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983, dès lors que cette substitution de base légale n'a pour effet de priver l'intéressée d'aucune garantie et que le département du Val-de-Marne dispose du même pouvoir d'appréciation pour appliquer l'une ou l'autre de ces deux dispositions.

En ce qui concerne la légalité de la décision du 3 août 2020 :

9. Aux termes de l'article 37-2 du décret du 30 septembre 1987 pris pour l'application de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale et relatif à l'organisation des comités médicaux, aux conditions d'aptitude physique et au régime des congés de maladie des fonctionnaires territoriaux, issu du décret du 10 avril 2019 relatif au congé pour invalidité temporaire imputable au service dans la fonction publique territoriale : " Pour obtenir un congé pour invalidité temporaire imputable au service, le fonctionnaire, ou son ayant-droit, adresse par tout moyen à l'autorité territoriale une déclaration d'accident de service, d'accident de trajet ou de maladie professionnelle accompagnée des pièces nécessaires pour établir ses droits. / La déclaration comporte : / 1° Un formulaire précisant les circonstances de l'accident ou de la maladie. Ce formulaire est transmis par l'autorité territoriale à l'agent qui en fait la demande, dans un délai de quarante-huit heures suivant celle-ci et, le cas échéant, par voie dématérialisée, si la demande le précise ; / 2° Un certificat médical indiquant la nature et le siège des lésions résultant de l'accident ou de la maladie ainsi que, le cas échéant, la durée probable de l'incapacité de travail en découlant ". Aux termes de l'article 37-3 de ce même décret, également issu du décret du 10 avril 2019 : " I.- La déclaration d'accident de service ou de trajet est adressée à l'autorité territoriale dans le délai de quinze jours à compter de la date de l'accident. / Ce délai n'est pas opposable à l'agent lorsque le certificat médical prévu au 2° de l'article 37-2 est établi dans le délai de deux ans à compter de la date de l'accident. Dans ce cas, le délai de déclaration est de quinze jours à compter de la date de cette constatation médicale. / II.- La déclaration de maladie professionnelle prévue à l'article 37-2 est adressée à l'autorité territoriale dans le délai de deux ans suivant la date de la première constatation médicale de la maladie ou, le cas échéant, de la date à laquelle le fonctionnaire est informé par un certificat médical du lien possible entre sa maladie et une activité professionnelle. / () ". Aux termes de l'article 15 du décret du 10 avril 2019 relatif au congé pour invalidité temporaire imputable au service dans la fonction publique territoriale : " () / Les délais mentionnés à l'article 37-3 du même décret courent à compter du premier jour du deuxième mois suivant la publication du présent décret lorsqu'un accident ou une maladie n'a pas fait l'objet d'une déclaration avant cette date ".

10. Pour rejeter la demande de Mme A tendant à voir reconnaître imputable au service la dépression dont elle souffre, la directrice des ressources humaines du département du Val-de-Marne a relevé que, d'une part, sa demande ne précisait pas à quel titre elle demandait l'octroi d'un congé pour invalidité temporaire imputable au service dans la mesure où elle n'indiquait pas s'il devrait lui être accordé au titre de l'accident de service ou de la maladie professionnelle et, d'autre part, sa demande était tardive.

11. D'une part, il ressort des termes de sa demande du 24 janvier 2020, que Mme A, qui décrit la pathologie dont elle souffre et se prévaut de l'existence d'un lien entre l'aggravation de son état dépressif et ses conditions de travail sans faire aucune référence à un évènement brutal et soudain susceptible d'être analysé comme un accident, a nécessairement entendu se prévaloir des dispositions relatives à la reconnaissance d'une maladie d'origine professionnelle.

12. D'autre part, en application des dispositions combinées des articles 37-3 du décret du 30 septembre 1987 issu du décret du 10 avril 2019 et de l'article 15 du décret du 10 avril 2019 prévoyant les dispositions transitoires, la déclaration de maladie professionnelle renseignée par Mme A devait être adressée à l'autorité territoriale dans le délai de deux ans courant à compter du 1er juin 2019. Ainsi, Mme A, qui, ainsi qu'il a été dit au point précédent doit être regardée comme ayant formé une déclaration de maladie d'origine professionnelle, ne pouvait légalement se voir opposer le délai de quinze jours applicable uniquement en matière d'accident de service. Ainsi, le délai dont Mme A disposait pour faire sa déclaration de maladie professionnelle expirait au 1er juin 2021. Par suite, la directrice des ressources humaines du département du Val-de-Marne ne pouvait légalement lui opposer la tardiveté de sa demande de reconnaissance de maladie professionnelle présentée le 24 janvier 2020.

13. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que Mme A est fondée à demander l'annulation de la décision du 3 août 2020 par laquelle la directrice des ressources humaines du département du Val-de-Marne a refusé de reconnaître sa pathologie imputable au service.

Sur les conclusions aux fins d'injonction :

14. Eu égard aux motifs d'annulation retenus, seuls susceptibles d'entraîner l'annulation de la décision en litige, l'exécution du présent jugement implique seulement que le président du conseil départemental du Val-de-Marne réexamine la situation de Mme A, en procédant notamment à la saisine de la commission de réforme, et ce, dans un délai de trois mois. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les frais liés au litige :

15. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du département du Val-de-Marne une somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La décision du 3 août 2020 par laquelle la directrice des ressources humaines du département du Val-de-Marne a refusé de reconnaître la maladie de Mme A imputable au service est annulée.

Article 2 : Il est enjoint au département du Val-de-Marne de réexaminer la situation de Mme A, en saisissant la commission de réforme, dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : Le département du Val-de-Marne versera à Mme A une somme de 1 500 (mille-cinq-cents) euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme A est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au département du Val-de-Marne.

Délibéré après l'audience du 7 mai 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Bonneau-Mathelot, présidente,

Mme Réchard, première conseillère,

Mme Luneau, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 juin 2024.

La rapporteure,

J. RECHARD

La présidente,

S. BONNEAU-MATHELOT La greffière,

S. SCHILDER

La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

2

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