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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2008026

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2008026

mardi 30 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2008026
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation6ème chambre
Avocat requérantFLORET

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 6 octobre 2020, 10 octobre et 6 novembre 2022, Mme A, représentée par Me Floret, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 28 juillet 2020, notifiée le 15 septembre 2020 par laquelle La Poste a diminué son taux d'incapacité permanente partielle (IPP) de 10 à 5% ;

2°) d'enjoindre à La Poste de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 250 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de La Poste une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la décision attaquée est entachée d'un vice d'incompétence ;

- la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation ;

- la décision attaquée est entachée d'un défaut d'examen de sa situation ;

- la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de la révision de son taux d'IPP.

Par un mémoire en défense, enregistré le 25 octobre 2022, La Poste conclut au rejet de la requête et demande qu'il soit mis à la charge de Mme A une somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la requête est irrecevable, la décision attaquée étant un acte préparatoire ;

- les autres moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.

Par ordonnance du 26 octobre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 28 novembre 2022 à midi.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;

- le décret n° 60-1089 du 6 octobre 1960 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Rehman-Fawcett,

- les conclusions de M. Lacote, rapporteur public,

- et les observations de Me Floret, représentant Mme A, et de Me Gueutier, représentant La Poste.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A, agent professionnel qualifié de second niveau à La Poste, a intégré le service public des postes et des télécommunications le 18 novembre 1982. A compter du 10 octobre 2004, elle a été affectée à l'établissement de Château-Landon, en qualité de factrice. Au cours de l'année 2012, elle s'est plaint de douleurs à l'épaule droite. Le 28 juillet 2014, elle a demandé à La Poste la reconnaissance de l'imputabilité au service de cette pathologie qu'elle estime avoir contractée dans l'exercice de ses fonctions. Par une décision du 21 juillet 2015, La Poste a rejeté sa demande. Le 21 mars 2016, Mme A a demandé l'indemnisation des préjudices qu'elle estime avoir subis. Par un jugement du 29 décembre 2017, le tribunal administratif de Melun a annulé la décision du 21 juillet 2015 et condamné La Poste à verser à Mme A une indemnité de 19 397 euros. Elle a été convoquée dans le cadre de la révision quinquennale de son allocation temporaire d'invalidité. Le 14 mai 2020, elle a été examinée par un médecin expert. Le 16 juillet 2020, son dossier a été examinée par la Commission de réforme. Par une décision du 28 juillet 2020, notifiée le 15 septembre 2020, La Poste a informé la requérante de la diminution de son taux d'invalidité permanente partielle de 10% à 5% au titre de sa maladie professionnelle du 26 juillet 2014. Mme A demande l'annulation de cette décision.

2. Aux termes de l'article 65 de la loi du 11 janvier 1984 susvisée : " Le fonctionnaire qui a été atteint d'une invalidité résultant d'un accident de service ayant entraîné une incapacité permanente d'au moins 10 % ou d'une maladie professionnelle peut prétendre à une allocation temporaire d'invalidité cumulable avec son traitement dont le montant est fixé à la fraction du traitement minimal de la grille mentionnée à l'article 15 du titre Ier du statut général, correspondant au pourcentage d'invalidité. Les conditions d'attribution ainsi que les modalités de concession, de liquidation, de paiement et de révision de l'allocation temporaire d'invalidité sont fixées par un décret en Conseil d'Etat qui détermine également les maladies d'origine professionnelle ".

3. Aux termes de l'article 1er du décret du 6 octobre 1960 susvisé : " L'allocation temporaire d'invalidité prévue à l'article 65 de la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 modifiée portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat est attribuée aux agents maintenus en activité qui justifient d'une invalidité permanente résultant : a) Soit d'un accident de service ayant entraîné une incapacité permanente d'un taux rémunérable au moins égal à 10 % ; b) Soit de l'une des maladies d'origine professionnelle énumérées dans les tableaux mentionnés à l'article L. 461-2 du code de la sécurité sociale ; c) Soit d'une maladie reconnue d'origine professionnelle dans les conditions prévues par les troisième et quatrième alinéas de l'article L. 461-1 du code de la sécurité sociale ; dans ces cas, par dérogation aux règles prévues par cet article, le pouvoir de décision appartient en dernier ressort au ministre dont relève l'agent et au ministre chargé du budget () ". Aux termes de l'article 5 de ce décret : " L'allocation temporaire d'invalidité est accordée pour une période de cinq ans. A l'expiration de cette période, les droits du fonctionnaire font l'objet d'un nouvel examen dans les conditions fixées à l'article 3 ci-dessus et l'allocation est attribuée sans limitation de durée, sous réserve des dispositions des alinéas suivants et de celles de l'article 6, sur la base du nouveau taux d'invalidité constaté ou, le cas échéant supprimée / () ". Aux termes de l'article 3 du même décret : " La réalité des infirmités invoquées par le fonctionnaire, leur imputabilité au service, la reconnaissance du caractère professionnel des maladies, les conséquences ainsi que le taux d'invalidité qu'elles entraînent sont appréciés par la commission de réforme prévue à l'article L. 31 du code des pensions civiles et militaires de retraite. Le pouvoir de décision appartient dans tous les cas au ministre dont relève l'agent et au ministre chargé du budget ".

Sur la recevabilité :

4. Il résulte des dispositions précitées, que, le pouvoir d'accorder le bénéfice de l'allocation temporaire d'invalidité appartient au ministre, sous réserve d'une prise de position de l'employeur. A la suite d'une notification d'un taux d'invalidité, il appartient dès lors à l'agent public, le cas échéant, de faire valoir les droits qu'il estimerait être les siens en contestant la décision de liquidation de l'allocation prise par le ministre compétent.

5. La Poste soutient que le courrier du 28 juillet 2020, notifiée le 15 septembre 2020, dont Mme A demande l'annulation ne constitue pas une décision faisant grief, dès lors qu'il s'agit d'un acte préparatoire et que la décision de modifier le taux d'IPP relève du ministre et ne produira d'effet que sous réserve de la validation par ce dernier. A cet égard, il résulte de l'instruction, que Mme A se borne à demander l'annulation du courrier du 28 juillet 2020 lui notifiant son taux d'invalidité à la suite de la révision quinquennale de son allocation temporaire d'invalidité, sans toutefois verser à la procédure d'éléments susceptibles d'établir que son allocation temporaire d'invalidité aurait été modifiée à la suite de cette notification. Dès lors, la décision attaquée ne faisant pas grief à l'intéressée, les conclusions dirigées contre la notification du taux d'invalidité en date du 28 juillet 2020 ne sont pas recevables.

6. Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter les conclusions à fin d'annulation de Mme A, ainsi que par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et d'astreinte, et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de Mme A la somme réclamée par La Poste sur le même fondement.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par La Poste au titre des frais exposés et non compris dans les dépens sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à La Poste.

Délibéré après l'audience du 26 mars 2024, à laquelle siégeaient :

M. Dewailly, président,

Mme Bourdin, première conseillère,

M. Rehman-Fawcett, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 avril 2024.

Le rapporteur,

C. REHMAN-FAWCETT

Le président,

S. DEWAILLY La greffière,

Y. SADLI

La République mande et ordonne au Ministre de l'économie des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision ;

Pour expédition conforme,

La greffière

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