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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2008051

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2008051

vendredi 16 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2008051
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation7ème chambre
Avocat requérantMIROUSE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 7 octobre 2020, Mme et M. F et Olivier E, M. D C, M. K C et M. et Mme H et B I, représentés par Me Hemeury, demandent au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 17 août 2020 par lequel le préfet de Seine-et-Marne a approuvé la création de la zone d'aménagement concerté (A) dite " centre-ville " sur le territoire de la commune de Cesson ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat, de la commune de Cesson et de l'établissement public d'aménagement de la ville nouvelle de Sénart une somme globale de 5 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- leur requête est recevable ; en particulier, ils ont intérêt à agir pour contester l'arrêté attaqué en qualité d'habitants de la commune et de propriétaires de terrains situés dans le périmètre de la A ; leur requête n'est, en outre, pas tardive ;

- l'arrêté contesté méconnaît les dispositions de l'article L. 300-2 du code de l'urbanisme dès lors que le projet était déjà arrêté dans sa nature et ses options essentielles avant la fin de la concertation et que certains aménagements ont déjà été réalisés avant la création de la A ;

- pour le même motif, et par voie d'exception, la délibération 04/2018 du conseil d'administration de l'établissement public d'aménagement de la ville nouvelle de Sénart tirant le bilan de la concertation et arrêtant le projet de A est illégal au regard de l'engagement de la première tranche opérationnelle ;

- le rapport de présentation était insuffisant en méconnaissance de l'article R. 311-2 du code de l'urbanisme ;

- les règles de l'évaluation environnementale prévues au b) de la rubrique 1 de l'annexe à l'article R.122-2 du code de l'environnement ont été méconnues en ce que le projet supporte des station-service et un garage automobiles répertoriés au titre des installations classées pour la protection de l'environnement et soumises en tant que telles au régime de déclaration, ce qui aurait dû donné lieu à saisine de l'autorité environnementale.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 21 juin 2021 et 28 mars 2022, le préfet de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par Mme E et autres ne sont pas fondés.

Par un mémoire enregistré le 9 décembre 2020, l'établissement public d'aménagement de la ville nouvelle de Sénart (EPA Sénart), représenté par Me Coutaud, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de Mme E et autres la somme de 6 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de l'environnement ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme J,

- les conclusions de M. Zanella , rapporteur public,

- et les observations de Me Hemeury, représentant Mme E et autres, et de Me Coutaud, représentant l'établissement public d'aménagement de la ville nouvelle de Sénart.

Une note en délibéré présentée par Mme E et autres a été enregistrée le 22 novembre 2022.

Une note en délibéré, présentée par l'établissement public d'aménagement de la ville nouvelle de Sénart (EPA Sénart) a été enregistrée le 28 novembre 2022.

Considérant ce qui suit :

1. Par une délibération du 4 février 2011, le conseil municipal de Cesson a instauré un périmètre d'étude sur le centre-bourg de la commune dans le cadre d'un projet de renouvellement urbain dont l'objectif est de revitaliser ce secteur par la création, notamment, de nouveaux logements. A la suite d'une étude de faisabilité menée conjointement par la commune et l'établissement public d'aménagement de la ville nouvelle de Sénart (EPA Sénart), le conseil municipal de Cesson a approuvé, par une délibération du 5 novembre 2014, les objectifs poursuivis à travers une opération de renouvellement urbain et d'aménagement ainsi que les modalités d'une concertation préalable à la création d'une zone d'aménagement concerté (A) sur le centre-ville. Le conseil d'administration de l'EPA Sénart a approuvé, par une délibération du 17 décembre 2014, les objectifs et les modalités de la concertation préalable à la création de la zone d'aménagement concerté dite " A de Cesson centre " sur le territoire de cette commune. L'établissement public a ensuite saisi, le 6 octobre 2017, le préfet de la région d'Ile-de-France, en qualité d'autorité environnementale, d'une demande d'examen au cas par cas en vue de la réalisation éventuelle d'une évaluation environnementale pour le projet dit " A centre-ville à Cesson " comprenant la construction de 304 nouveaux logements et des 111 logements réalisés ou en cours de réalisation dans le périmètre de ce projet. Par une décision du 10 novembre 2017, le préfet de la région d'Ile-de-France a dispensé le projet de la réalisation d'une étude d'impact. Le projet de dossier de création de la A a fait l'objet d'une mise à disposition au public du 29 janvier au 28 février 2018 inclus. Par une délibération du 7 mars 2018, le conseil d'administration de l'EPA Sénart a arrêté le bilan de la concertation préalable et, par une autre délibération du même jour, a approuvé le dossier de création cette A. Le conseil communautaire de la communauté d'agglomération " Grand Paris Sud Seine Essonne Sénart " a émis, par une délibération du 26 juin 2018, un avis favorable sur le projet. Par un arrêté du 7 novembre 2018, le préfet de Seine-et-Marne a procédé à la création de la A " Centre-Ville " sur le territoire de la commune de Cesson pour un " programme global prévisionnel des constructions à édifier dans la zone [d'] () environ 19 300 m² de surface de plancher destinés à la création d'environ 304 logements nouveaux dont environ 30 % de logements locatifs sociaux. ". A la suite d'un recours exercé par les requérants, le préfet de Seine-et-Marne a abrogé, par un arrêté du 17 août 2020, l'arrêté du 7 novembre 2018. Par un arrêté du même jour, il a approuvé la création de la A centre-ville de Cesson. Par la présente requête, Mme F E et autres demandent au tribunal d'annuler ce dernier arrêté du 17 août 2020.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes de l'article L. 300-2 du code de l'urbanisme alors en vigueur : I. ' Font l'objet d'une concertation associant, pendant toute la durée de l'élaboration du projet, les habitants, les associations locales et les autres personnes concernées : /1° L'élaboration ou la révision du schéma de cohérence territoriale ou du plan local d'urbanisme ; / 2° La création d'une zone d'aménagement concerté ; / 3° Les projets et opérations d'aménagement ou de construction ayant pour effet de modifier de façon substantielle le cadre de vie, notamment ceux susceptibles d'affecter l'environnement, au sens de l'article L. 122-1 du code de l'environnement, ou l'activité économique, dont la liste est arrêtée par décret en Conseil d'Etat. / 4° Les projets de renouvellement urbain. / II. ' Les objectifs poursuivis et les modalités de la concertation sont précisés par : / 1° Le préfet lorsque la révision du document d'urbanisme ou l'opération sont à l'initiative de l'Etat ; / 2° L'organe délibérant de la collectivité ou de l'établissement public dans les autres cas. /Toutefois, lorsque la concertation est rendue nécessaire en application du 2° ou du 3° du I ou lorsqu'elle est organisée alors qu'elle n'est pas obligatoire, les objectifs poursuivis et les modalités de la concertation peuvent être précisés par le président de l'organe délibérant de la collectivité ou de l'établissement public compétent. / Les modalités de la concertation permettent, pendant une durée suffisante et selon des moyens adaptés au regard de l'importance et des caractéristiques du projet, au public d'accéder aux informations relatives au projet et aux avis requis par les dispositions législatives ou réglementaires applicables et de formuler des observations et propositions qui sont enregistrées et conservées par l'autorité compétente. /Lorsqu'une opération d'aménagement doit faire l'objet d'une concertation en application des 2° ou 3° du I et nécessite une révision du schéma de cohérence territoriale ou du plan local d'urbanisme, la commune ou l'établissement public de coopération intercommunale compétent peut décider que la révision du document d'urbanisme et l'opération font l'objet d'une concertation unique. Dans ce cas, les objectifs poursuivis et les modalités de la concertation sont précisés par le conseil municipal ou par l'organe délibérant de l'établissement public de coopération intercommunale. / III. ' A l'issue de la concertation, l'autorité mentionnée au II en arrête le bilan. Lorsque le projet fait l'objet d'une enquête publique réalisée conformément au chapitre III du titre II du livre Ier du code de l'environnement, le bilan de la concertation est joint au dossier de l'enquête. / III bis.- Les projets de travaux ou d'aménagements soumis à permis de construire ou à permis d'aménager, autres que ceux mentionnés au 3° du I, situés sur un territoire couvert par un schéma de cohérence territoriale, par un plan local d'urbanisme ou par un document d'urbanisme en tenant lieu ou par une carte communale peuvent faire l'objet de la concertation prévue au même I. Celle-ci est réalisée préalablement au dépôt de la demande de permis, à l'initiative de l'autorité compétente pour statuer sur la demande de permis ou, avec l'accord de celle-ci, à l'initiative du maître d'ouvrage. /Dans ce cas, le maître d'ouvrage transmet à l'autorité compétente pour statuer un dossier de présentation du projet comportant au moins une description de sa localisation dans l'environnement et sur le terrain concerné, sa destination, les caractéristiques des constructions ou aménagements envisagés, comprenant un avant-projet architectural dans le cas où le projet comporte des bâtiments, ainsi que la desserte du projet par les équipements publics et l'aménagement de ses abords. /L'autorité compétente met ce dossier à la disposition du public dans des conditions lui permettant d'en prendre connaissance et de formuler des observations ou propositions. Celles-ci sont enregistrées et conservées. Le bilan de la concertation est joint à la demande de permis. /Pour les projets devant faire l'objet d'une étude d'impact et pour lesquels la concertation préalable est réalisée, il n'y a pas lieu d'organiser l'enquête publique mentionnée à l'article L. 123-1 du code de l'environnement. /La demande de permis de construire ou de permis d'aménager, l'étude d'impact et le bilan de la concertation font l'objet d'une mise à disposition du public selon les modalités prévues au II de l'article L. 120-1-1 du même code. / L'autorité mentionnée aux 1° ou 2° du II du présent article peut prendre une décision ou une délibération définissant, parmi les projets de travaux ou d'aménagements mentionnés au présent III bis, ceux qui, compte tenu de leur importance, de leur impact potentiel sur l'aménagement de la commune ou de la sensibilité du lieu où ils seront implantés, sont soumis à cette concertation. / IV. ' Les documents d'urbanisme et les opérations mentionnées aux I, II et III bis ne sont pas illégaux du seul fait des vices susceptibles d'entacher la concertation, dès lors que les modalités définies au présent article et par la décision ou la délibération prévue au II ont été respectées. Les autorisations d'occuper ou d'utiliser le sol ne sont pas illégales du seul fait des vices susceptibles d'entacher cette délibération ou les modalités de son exécution.

3. D'une part, il résulte de ces dispositions que la création d'une zone d'aménagement concerté doit être précédée d'une concertation associant les habitants, les associations locales et les autres personnes concernées. Le président de l'organe délibérant de la collectivité ou de l'établissement public compétent doit, avant que ne soit engagée la concertation, délibérer, d'une part, et au moins dans leurs grandes lignes, sur les objectifs poursuivis et, d'autre part, sur les modalités de la concertation, puis en arrêter le bilan. Si la délibération fixant les objectifs poursuivis et les modalités de la concertation est susceptible de recours devant le juge de l'excès de pouvoir, son illégalité ainsi que celle de la délibération tirant le bilan de la concertation ne peuvent, en revanche, eu égard à leur objet et à leur portée, être utilement invoquées contre la délibération approuvant la zone d'aménagement concerté. Par suite, le moyen tiré, par la voie de l'exception d'illégalité de la délibération n°04/2018 du conseil d'administration de l'EPA Sénart tirant le bilan de la concertation et arrêtant le projet de A doit être écarté comme inopérant.

4. D'autre part, il résulte des mêmes dispositions de l'article L. 300-2 du code de l'urbanisme que la concertation doit se dérouler avant que le projet ne soit arrêté dans sa nature et ses options essentielles et que ne soient pris les actes conduisant à la réalisation effective de l'opération, au nombre desquels figurent notamment les marchés de maîtrise d'œuvre de travaux, les déclarations d'utilité publique et les décisions arrêtant le dossier définitif du projet.

5. Les requérants soutiennent que l'arrêté contesté méconnaît ces dispositions dès lors que, dans la partie Est de la zone, une première tranche opérationnelle de la A a été mise en œuvre avant que le bilan de la concertation ne soit arrêté. Il résulte de l'arrêté attaqué que si la A créée englobe effectivement une partie Est sur laquelle des constructions ont déjà été réalisées, en l'occurrence une résidence intergénérationnelle comportant 82 logements et 31 logements en accession libre, cet arrêté n'autorise toutefois que la création d'un programme global prévisionnel des constructions à édifier à l'intérieur d'une zone d'environ 19 300 m² de surface de plancher destinée à la création d'environ 304 logements nouveaux dont environ 30 % de logements locatifs sociaux, ce qui n'inclut donc pas la partie Est. En outre, selon le rapport de présentation du dossier de création de la A, les opérations immobilières et l'aménagement de la partie Est ont donné lieu entre 2015 et 2017 à la délivrance de permis d'aménager et de permis de construire et n'ont été intégrés dans le périmètre de la A que pour des questions de continuité paysagère, de cohérence urbaine et de mixité sociale. Il s'ensuit que l'opération envisagée nécessitait l'engagement de la procédure de concertation prévue à l'article L. 300-2 du code de l'urbanisme qu'en tant qu'elle concernait seulement la création de la zone hors son emprise à l'Est. Par suite, la circonstance que le projet ait été déjà arrêté dans sa nature et ses options essentielles avant la fin de la concertation pour la partie Est de la A est sans incidence. En revanche, concernant les opérations d'aménagement à réaliser dans la zone hors son emprise à l'Est, il ressort des pièces du dossier que la concertation organisée a été engagée avant que le projet ne soit arrêté et que ne soient pris les actes conduisant à leur réalisation effective. Il n'est pas, par ailleurs, établi, ni même allégué que la concertation qui a été conduite n'a pas permis aux personnes intéressées de s'informer sur le projet et d'émettre leurs observations. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 300-2 du code de l'urbanisme pour avoir engagé une première tranche opérationnelle sur la partie Est de la A ne peut être qu'écarté.

6. Au surplus, si les actes administratifs doivent être pris selon les formes et conformément aux procédures prévues par les lois et règlements, un vice affectant le déroulement d'une procédure administrative préalable, suivie à titre obligatoire ou facultatif, n'est de nature à entacher d'illégalité la décision prise que s'il a été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de cette décision ou s'il a privé les intéressés d'une garantie.

7. En l'espèce, il est constant que l'arrêté contesté et les délibérations du 7 mars 2018 par lesquelles le conseil d'administration de l'EPA Sénart a arrêté le bilan de la concertation et approuvé le dossier de création de la A ont été pris alors que les projets sur la partie Est de la zone étaient déjà arrêtés, de sorte que ces décisions ont été adoptées en tenant compte de cette circonstance. Par ailleurs, s'agissant de la participation du public, il ressort des pièces du dossier que la construction d'une résidence intergénérationnelle de 80 logements locatifs sociaux ainsi que de 31 logements en accession libre à la propriété avait été projetée dès 2013, dans le cadre d'une précédente phase de concertation menée par la commune de Cesson. Il ressort également de ces mêmes pièces que, dans le cadre de la procédure de concertation propre à la A en litige, ce projet a été, d'une part, rappelé lors de la première réunion publique à laquelle cette procédure a donné lieu, le 30 juin 2017, et que, d'autre part, le projet de dossier de création, qui mentionnait que la construction de la résidence intergénérationnelle de 80 logements locatifs sociaux avait été réalisée tandis que celle des 31 logements en accession libre à la propriété était en cours de réalisation, a été mis à la disposition du public du 29 janvier au 28 février 2018. Dans ces conditions, à supposer même que la partie Est puisse être regardée comme partie intégrante de cette zone dès lors que les constructions qui y ont été édifiées concourent aux objectifs poursuivis pour la création de la A, la circonstance que projet était, dans cette partie Est et lors de la concertation organisée entre juin 2017 et février 2018, déjà arrêté dans sa nature et ses options essentielles et que des actes conduisant à la réalisation effective d'une partie de l'opération avaient déjà été ainsi pris, n'a pas été, en tout état de cause, de nature à avoir exercé, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision en litige, que ce soit directement ou par la voie de l'exception d'illégalité des délibérations du 7 mars 2018 du conseil d'administration de l'EPA Sénart, ni privé le public d'une garantie.

8. En deuxième lieu, aux termes de l'article R.311-2 du code de l'urbanisme alors en vigueur : " La personne publique qui a pris l'initiative de la création de la zone constitue un dossier de création, approuvé, sauf lorsqu'il s'agit de l'Etat, par son organe délibérant. Cette délibération peut tirer simultanément le bilan de la concertation, en application de l'article L. 103-6. / Le dossier de création comprend : / a) Un rapport de présentation, qui expose notamment l'objet et la justification de l'opération, comporte une description de l'état du site et de son environnement, indique le programme global prévisionnel des constructions à édifier dans la zone, énonce les raisons pour lesquelles, au regard des dispositions d'urbanisme en vigueur sur le territoire de la commune et de l'insertion dans l'environnement naturel ou urbain, le projet faisant l'objet du dossier de création a été retenu ; / b) Un plan de situation ; / c) Un plan de délimitation du ou des périmètres composant la zone ; / d) L'étude d'impact définie à l'article R. 122-5 du code de l'environnement lorsque celle-ci est requise en application des articles R. 122-2 et R. 122-3 du même code. / Le dossier précise également si la part communale ou intercommunale de la taxe d'aménagement sera ou non exigible dans la zone.

9. Il résulte des termes mêmes des dispositions précitées que le dossier de création d'une zone d'aménagement concerté doit comporter, soit dans le rapport de présentation, soit dans l'une de ses autres pièces, une description de l'état du site et de son environnement, dont le caractère suffisant est apprécié souverainement par le juge du fond. Cet environnement peut comprendre, notamment, les autres opérations d'urbanisme en cours ou en projet dans l'environnement du site.

10. Les requérants soutiennent que le rapport de présentation contenu dans le dossier est insuffisant pour ne pas décrire l'état initial de la partie Est de la A, et dans l'étude de biodiversité, pour ne pas recenser comme arboricole le verger qui y est présent, ne pas faire état d'un recensement arboricole, ni des zones humides dans le périmètre de la A et à proximité et pour ne pas mentionner les effets des travaux et aménagements au regard du voisinage.

11. Toutefois, il ressort des pièces du dossier, que la dossier de création comportait notamment un rapport de présentation précisant la situation et le périmètre de l'opération, son objet et sa justification, une description de l'état du site et de son environnement, la description de l'opération, le programme global prévisionnel des constructions à édifier dans la zone, les raisons pour lesquelles le projet a été retenu au regard des dispositions d'urbanisme en vigueur et de l'insertion dans l'environnement naturel ou urbain et, enfin, les raisons du choix de l'opération. Au titre de la situation et du périmètre de l'opération, il décrit notamment, ainsi qu'il a été dit, l'état de la partie Est de la A et les programmes de logements déjà réalisés. Il indique, par ailleurs, parmi les justifications de l'opération, qu'elle aura notamment pour objet de mettre en valeur la nature dans l'îlot et créer un jardin public par un développement de plus de deux hectares d'espaces verts se traduisant, entre autres, par la conservation d'une partie du terrain du verger afin de permettre le maintien du " corridor " écologique qu'il représente entre les différents bois avoisinants et pour participer également à la bonne gestion des eaux. Il mentionne également, dans la partie " description de l'opération ", que l'ancien verger, d'une superficie d'environ 4 280 m2, deviendra l'espace public principal du nouveau quartier et articulera l'organisation des formes urbaines alentours en constituant un espace d'agrément, de détente et de rencontre à l'échelle du quartier mais aussi du centre-ville de manière à tisser un lien social et culturel notamment autour du thème de l'arbre fruitier. La conservation des certaines espèces arboricoles est également énoncée comme faisant partie de l'opération et un plan des espaces verts publics programmés est présenté. Le milieu naturel du site est, par ailleurs, décrit aux pages 11 à 15 du rapport dont des parties sont consacrées à la géologie et à l'hydrologie ainsi qu'à la faune et à la flore. A ce dernier titre, le rapport de présentation rappelle, notamment, les espèces recensées lors de la réalisation, en 2015, d'inventaires faunistiques et floristiques sur le périmètre de la A. Le dossier de création comportait, de plus, la décision de l'autorité environnementale du 10 novembre 2017 permettant de connaître les motifs pour lesquels le projet a été dispensé de la réalisation d'une étude d'impact en application de l'article R. 122-3 du code de l'environnement. Il résulte de cette décision que si le terrain comprend notamment un verger de grande qualité patrimoniale, le site n'intercepte cependant pas de périmètres de protection ou d'inventaire relatifs aux milieux naturels, au paysage, au patrimoine, aux nuisances, aux risques naturels et technologiques. Si le projet est par ailleurs de nature à imperméabiliser une partie de la parcelle, des mesures sont prévues afin de limiter cette imperméabilisation, notamment par le maintien d'espaces de pleine terre. De même, la gestion des eaux de ruissellement sera assurée par une rétention des eaux pluviales avec un débit de rejet limité à 1 l/s/ha. Enfin, s'agissant des travaux, il résulte de cette même décision que le maître d'ouvrage s'est engagé, par les éléments qu'il a fournis, à limiter les nuisances susceptibles d'être engendrées par ces travaux (bruits, poussières, pollutions accidentelles, difficultés de circulation,..), par la mise en place d'une charte de chantier propre ainsi qu'à respecter la réglementation en vigueur visant à préserver la qualité de vie et la sécurité des riverains en limitant les impacts de ces travaux sur l'environnement. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'insuffisance du rapport de présentation ne peut être qu'écarté.

12. En troisième lieu, aux termes de l'article R.122-2 du code de l'environnement dans sa rédaction alors applicable : " I. - Les projets relevant d'une ou plusieurs rubriques énumérées dans le tableau annexé au présent article font l'objet d'une évaluation environnementale, de façon systématique ou après un examen au cas par cas, en application du II de l'article L. 122-1, en fonction des critères et des seuils précisés dans ce tableau. () " Selon le b) de ce tableau, sont soumis à évaluation environnementale : " Création d'établissements entrant dans le champ de l'article L. 515-32 du code de l'environnement, et modifications faisant entrer un établissement dans le champ de cet article ". Aux termes de l'article L. 515-32 de ce code : " I. - La présente section s'applique aux installations, dont la liste est fixée par décret en Conseil d'Etat, dans lesquelles des substances, préparations ou mélanges dangereux sont présents dans des quantités telles qu'ils peuvent être à l'origine d'accidents majeurs. () ".

13. L'opération en litige, qui porte sur la création d'une zone d'aménagement concerté n'entre pas dans le champ d'application du b) du tableau annexé à l'article R.122-2 du code de l'environnement qui concerne des installations dans lesquelles des substances, préparations ou mélanges dangereux sont présents dans des quantités telles qu'ils peuvent être à l'origine d'accidents majeurs. Dans ces conditions, alors que de plus le garage et la station essence dont font état les requérants ont été supprimés à la suite de la réalisation de la résidence intergénérationnelle, le moyen tiré du vice de procédure en l'absence de réalisation d'une évaluation environnementale sur le fondement du b) du tableau annexé à l'article R.122-2 du code de l'environnement ne peut être, en tout état de cause, qu'être écarté comme inopérant.

14. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme E et autres doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

15. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, de l'EPA Sénart et de la commune de Cesson, qui ne sont pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que Mme E et autres demandent au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de Mme E et autres une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par l'EPA Sénart et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête présentée par Mme E et autres est rejetée.

Article 2 : Mme E et autres verseront ensemble la somme totale de 1 500 euros à l'EPA Sénart sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme F E et M. G E, à M. D C, à M. K C, à M. H I et Mme B I, au préfet de Seine-et-Marne, à la commune de Cesson et à l'établissement public d'aménagement de la ville nouvelle de Sénart.

Délibéré après l'audience du 22 novembre 2022, à laquelle siégeaient :

M. L'hirondel , président,

Mme Morisset, conseillère,

M. Cabal, conseiller,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 décembre 2022.

La rapporteure,

A. J

Le président,

M. L'HIRONDEL La greffière,

L. DARNAL

La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

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