vendredi 7 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2008505 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | ROBIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 21 octobre 2020, M. C B, représenté par Me Robin, doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) la suppression des deux potelets installés en juillet 2020 sur la voirie communale devant l'immeuble sis 63, avenue Georges Clémenceau à Maisons-Alfort, sous astreinte de
500 euros par jour ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Maisons-Alfort une somme de 4 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision de rejet de son recours gracieux ne comporte pas de motivation suffisante, et n'est pas accompagnée de la décision d'installation des potelets ;
- elle méconnait le droit d'accès et la servitude de passage grevant le domaine public, qui implique le droit d'accès en véhicule à sa propriété dès lors qu'un tel accès ne présente pas de danger pour les autres usagers de la voie publique ;
- elle est entachée de plusieurs erreurs matérielles : la porte cochère d'une largeur de 1,86 m permet l'accès d'un véhicule à la cour de l'immeuble ; il existait un bateau permettant l'accès d'un véhicule sur le trottoir jusqu'en juillet 2020 ; la place réservée aux personnes handicapées, présente devant la porte cochère depuis 2012, avait été déplacée à la date de la décision attaquée de sorte que l'accès était possible ;
-ces potelets représentent une gêne pour les piétons ;
-la décision est entachée d'un détournement de pouvoir.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 novembre 2020, la commune de Maisons-Alfort, représentée par la SELARL Genesis Avocats, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 500 euros soit mise à la charge de M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le requérant ne présente pas d'intérêt lui donnant qualité pour agir contre la décision en cause ;
- le moyen tiré de ce que la motivation de la décision en cause serait insuffisante est inopérant ;
- les autres moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 22 juin 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 25 juillet 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- les conclusions de Mme Vergnaud, rapporteure publique,
- et les observations de Me Lopes, représentant la commune de Maisons-Alfort.
Considérant ce qui suit :
1.M. B est propriétaire d'un logement situé 63 avenue Georges Clemenceau à Maisons-Alfort (Val-de-Marne). Le 2 juillet 2020, M. B a constaté l'installation de deux potelets sur le trottoir situé au droit de cet immeuble, qui ont révélé l'existence d'une décision d'implantation de ces potelets. Par courrier daté du 15 juillet 2020, le requérant a sollicité le retrait de ces potelets, afin, selon les termes du courrier, de permettre l'accès de véhicules à son immeuble. Cette demande a été rejetée par un courrier daté 20 août 2020 dont le requérant demande " l'annulation ".
Sur le cadre juridique applicable :
2. Lorsqu'il est saisi d'une demande tendant à ce que soit ordonnée la démolition ou le déplacement d'un ouvrage public dont il est allégué qu'il est irrégulièrement implanté par un requérant qui estime subir un préjudice du fait de l'implantation de cet ouvrage et qui en a demandé sans succès la démolition à l'administration, il appartient au juge administratif, juge de plein contentieux, de déterminer, en fonction de la situation de droit et de fait existant à la date à laquelle il statue, si l'ouvrage est irrégulièrement implanté, puis, si tel est le cas, de rechercher, d'abord, si eu égard notamment à la nature de l'irrégularité, une régularisation appropriée est possible, puis, dans la négative, de prendre en considération, d'une part les inconvénients que la présence de l'ouvrage entraîne pour les divers intérêts publics ou privés en présence, notamment, le cas échéant, pour le propriétaire du terrain d'assiette de l'ouvrage, d'autre part, les conséquences de la démolition pour l'intérêt général, et d'apprécier, en rapprochant ces éléments, si la démolition n'entraîne pas une atteinte excessive à l'intérêt général.
Sur la demande du requérant :
3. Il résulte de l'instruction que la commune, pourtant invitée à produire la décision expresse d'installation des potelets, n'a procédé à cette communication ni dans la phase précontentieuse, ni au cours de l'instruction alors qu'il résulte de l'instruction que l'avenue Georges Clémenceau n'est pas interdite au stationnement. Par suite, en l'absence de décision expresse ou d'un arrêté motivé pris dans les conditions de l'article L. 2213-2 du code général des collectivités territoriales pour réglementer l'arrêt et le stationnement des véhicules ou de certaines catégories d'entre eux, ainsi que la desserte des immeubles riverains, les ouvrages publics que constituent les potelets ne peuvent être regardés comme ayant été régulièrement implantés, sans que la commune puisse utilement invoquer la circonstance que le rejet du recours gracieux énonce plusieurs motifs. Toutefois, il résulte de l'instruction que l'implantation des potelets sur une ancienne place de stationnement était justifiée par le souci de prévenir les tentatives d'arrêt ou de stationnement de véhicules dans un espace qui n'est plus adapté à cet effet en raison de l'emprise de la terrasse du restaurant voisin. Si le requérant soutient que cette implantation résulte d'un détournement de pouvoir destiné à porter atteinte à son droit de propriété, en empêchant d'entrer et sortir de l'immeuble en voiture, il résulte de l'instruction que les caractéristiques de la porte de l'immeuble ne permettent pas un accès en voiture pour la quasi-totalité du parc automobile, et, du reste, il n'est pas contesté que depuis au moins 2012, une place de stationnement située au droit de l'immeuble, à la place des potelets, fait obstacle à un tel accès. Par ailleurs, contrairement à ce qui est soutenu, les potelets en litige ne représentent pas de gêne pour les piétons compte tenu de la largeur du trottoir. Ainsi, eu égard à la nature de l'irrégularité constatée, et à la possibilité d'y remédier par l'édiction d'un arrêté motivé pris dans les conditions de l'article L. 2213-2 du code général des collectivités territoriales, l'implantation des ouvrages publics litigieux peut faire l'objet d'une régularisation appropriée. Dès lors, il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense, que les conclusions de M. B tendant à la suppression des potelets litigieux doivent être rejetées.
Sur les frais d'instance :
4. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune Maisons-Alfort, qui n'est pas partie perdante dans la présente instance, la somme que demande M. B titre des frais liés à l'instance. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de rejeter les conclusions de la commune présentées sur le même fondement.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Maisons-Alfort au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et à la commune de Maisons-Alfort.
Délibéré après l'audience du 22 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Lalande, président,
M. Allègre, premier conseiller,
M. Dumas, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition du greffe le 7 octobre 2022.
Le rapporteur,
E. ALLEGRELe président,
D. LALANDE
La greffière,
C. KIFFER
La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026