jeudi 22 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2008521 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | BEGUIN |
Vu la procédure suivante :
I.) Par une requête et un mémoire, enregistrés le 22 octobre 2020 et le 6 janvier 2023 sous le n°2008521, Mme G F, représentée par Me Beguin puis par
Me Cacciapaglia, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 12 octobre 2020 par laquelle le directeur du centre hospitalier interdépartemental de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent Fondation Vallée a mis fin à sa décision de lui confier l'enfant H à compter du 16 novembre 2020 ;
2°) d'enjoindre au centre hospitalier de maintenir l'accueil de H à son domicile, dans un délai de 15 jours à compter du jugement à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge du centre hospitalier la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme F soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'un premier vice de procédure dès lors que l'administration ne démontre pas avoir saisi le juge des enfants, comme le prévoit l'article
L. 223-3 du code de l'action sociale et des familles ;
- elle est entachée d'un second vice de procédure tirée de ce qu'elle n'a pas été consultée comme le prévoit l'article L. 421-16 du code de l'action sociale et des familles ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation en droit ;
- les faits à l'origine du changement de lieu d'accueil ne sont pas établis dès lors que sa relation avec Gwennaelle est tout à fait satisfaisante, que l'enfant elle-même va bien et qu'elle n'est pas isolée puisqu'elle est scolarisée et fréquente le centre municipal de loisirs ;
- la décision litigieuse est entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard tant de sa manière de servir que de l'intérêt de l'enfant et des conditions d'accueil par une autre assistante familiale ;
- la décision litigieuse est entachée de détournement de pouvoir.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 juin 2022, le centre hospitalier interdépartemental de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent Fondation Vallée, représenté par Me Hamri, Me Khatri et Me Miloux, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de Mme F la somme de 3 000 euros au titre des frais de l'instance.
Le centre hospitalier interdépartemental fait valoir :
- à titre principal, que la juridiction administrative n'est pas compétente pour connaître de la requête ;
- à titre subsidiaire, qu'il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du centre hospitalier interdépartemental du 12 octobre 2020 dès lors que celle-ci, qui n'a pas été exécutée, a été abrogée par une décision de ce même établissement du
19 février 2021, laquelle est devenue définitive ;
- et que les moyens soulevés à l'appui de la requête ne sont pas fondés.
Une lettre du 7 décembre 2022 a informé les parties, en application de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, que la clôture de l'instruction était susceptible d'intervenir à compter du 9 janvier 2023.
Une ordonnance du 15 février 2023 a prononcé la clôture immédiate de l'instruction.
II.) Par une requête et un mémoire, enregistrés le 18 avril 2021 et le 6 janvier 2023 sous le n°2103585, Mme G F, représentée par Me Lehoux puis par Me Cacciapaglia, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 18 février 2021 par laquelle le directeur du centre hospitalier interdépartemental de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent Fondation Vallée l'a licenciée pour insuffisance professionnelle ;
2°) d'enjoindre au centre hospitalier de la réintégrer dans ses effectifs, dans un délai de 15 jours à compter du jugement à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge du centre hospitalier la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme F soutient que :
- la décision du 18 février 2021 est entachée d'un vice de procédure tiré de qu'elle a été prise avant même la convocation à un entretien préalable ;
- elle est entachée d'un vice de procédure tiré de ce que le motif tiré de l'insuffisance professionnelle n'a pas été soumis à la commission consultative paritaire préalablement à son licenciement ;
- elle est entachée d'un vice de procédure tiré de l'absence de communication de son dossier en intégralité ;
- elle est entachée d'un vice de procédure tiré de l'absence d'information quant à la tenue d'une commission administrative paritaire, laquelle s'est réunie le 7 décembre 2020 pour rendre un avis préalable à son licenciement ;
- elle est entachée d'un vice de procédure tiré de l'absence de communication de ses observations en défense à la commission administrative paritaire ;
- elle est entachée d'un vice de procédure tiré de l'absence de convocation à la réunion de la commission administrative paritaire du 7 décembre 2020 ;
- elle est entachée d'un vice de procédure quant à la composition de la commission administrative paritaire ;
- elle est entachée d'incompétence ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle méconnaît les droits de la défense;
- elle est entachée d'erreurs de faits;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle est entachée d'un détournement de pouvoir.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 juin 2022, le centre hospitalier interdépartemental de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent Fondation Vallée, représenté par Me Hamri, Me Khatri et Me Miloux, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de Mme F la somme de 3 000 euros au titre des frais de l'instance.
Le centre hospitalier interdépartemental fait valoir que les moyens soulevés à l'appui de la requête ne sont pas fondés.
Une lettre du 7 décembre 2022 a informé les parties, en application de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, que la clôture de l'instruction était susceptible d'intervenir à compter du 9 janvier 2023.
Une ordonnance du 15 février 2023 a prononcé la clôture immédiate de l'instruction.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code civil ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de la santé publique;
- le décret n° 91-155 du 6 février 1991 ;
- l'article 65 de la loi du 22 avril 1905 ;
- l'arrêté ministériel du 8 janvier 2018 relatif aux commissions consultatives paritaires compétentes à l'égard des agents contractuels de la fonction publique hospitalière ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Dumas,
- les conclusions de Mme Vergnaud, rapporteure publique,
- et les observations de Me Cacciapaglia, représentant Mme F, présente, ainsi que celles de Me Spitz, substituant Me Hamri, Me Khatri et Me Miloux, représentant le centre hospitalier interdépartemental de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent Fondation Vallée.
Considérant ce qui suit :
1. Mme F, assistante familiale agréée pour l'accueil de 2 enfants, a été engagée par le centre hospitalier interdépartemental de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent Fondation Vallée en qualité d'agent non titulaire par contrat à durée indéterminée en date du
4 mai 2017 pour l'accueil d'un enfant de façon intermittente à compter du 11 mai 2017 selon un agenda déterminé par le service d'accueil familial thérapeutique (SAFT) de cet établissement. Par un avenant en date du 17 novembre 2017, les parties ont convenu que Mme F assurerait la prise en charge d'un enfant accueilli de manière continue. Par des jugements en date du
20 septembre 2016, du 9 octobre 2018, du 24 septembre 2019 et du 21 septembre 2021, le juge des enfants du tribunal pour enfants de B a placé, puis maintenu, l'enfant H, née grande prématurée le 26 avril 2013, présentant une forme d'anorexie mentale et des troubles psycho-affectifs que ses parents n'étaient pas en mesure d'accompagner, au service de l'aide sociale à l'enfance (ASE) de B. Dans ce cadre, l'ASE a décidé d'hospitaliser Gwennaelle au SAFT du centre hospitalier interdépartemental de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent Fondation Vallée, lequel a mandaté Mme F pour l'accueil et la prise en charge thérapeutique de celle-ci, à compter du 17 novembre 2017, en concertation avec l'ASE. Suite aux difficultés rencontrées par Mme F dans la prise en charge de Gwennaelle, le directeur du centre hospitalier interdépartemental de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent Fondation Vallée a mis fin à l'accueil de cette enfant par l'intéressée par une décision du
12 octobre 2020. Par une première requête, enregistrée sous le n°2008521, Mme F demande au tribunal d'annuler cette décision. Suite à deux entretiens préalables à un licenciement qui se sont déroulés les 4 septembre et 6 octobre 2020, et à un avis favorable à son licenciement rendu par la commission consultative paritaire (CCP) du Val-de-Marne le
7 décembre 2020, Mme F a été licenciée à compter du 4 mai 2021 par une décision en date du 18 février 2021. Par une seconde requête, enregistrée sous le n°2103585, Mme F demande également au tribunal d'annuler cette décision.
Sur la jonction :
2. Les requêtes n 2008521 et 2103585 ont fait l'objet d'une instruction commune et présentent à juger des questions connexes. Par suite, il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur la compétence de la juridiction administrative pour statuer sur la décision par laquelle le centre hospitalier a mis fin à sa décision de confier l'enfant H à Mme F:
3. Il résulte de la décision du Conseil d'Etat n°423600, 423603, du 1er juillet 2020, Département de la Drôme, que le juge administratif est compétent pour connaître de l'action en responsabilité tirée de l'illégalité fautive de la décision prise par un département de retirer deux enfants accueillis au domicile d'une assistante familiale qu'il emploie. Dès lors, le juge administratif est également compétent pour connaître du recours pour excès de pouvoir dirigé contre la décision de retirer la garde d'un enfant à un assistant familial employé par une personne publique. Par suite, les conclusions tendant à ce que le tribunal se déclare incompétent ne peuvent être accueillies.
Sur l'étendue du litige dans l'affaire n°2008521 et l'exception de non-lieu à statuer en ce qui concerne la décision du 12 octobre 2020 :
4. D'une part, lorsqu'une décision administrative faisant l'objet d'un recours contentieux est retirée en cours d'instance pour être remplacée par une décision ayant la même portée, le recours doit être regardé comme tendant également à l'annulation de la nouvelle décision. Lorsque le retrait a acquis un caractère définitif, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions dirigées contre la décision initiale, qui ont perdu leur objet. Le juge doit, en revanche, statuer sur les conclusions dirigées contre la nouvelle décision.
5. D'autre part, dans le cas où l'administration se borne à procéder à l'abrogation de l'acte attaqué, cette circonstance prive d'objet le pourvoi formé à son encontre, à la double condition que cet acte n'ait reçu aucune exécution pendant la période où il était en vigueur et que la décision procédant à son abrogation soit devenue définitive.
6. Par la décision attaquée du 12 octobre 2020, le centre hospitalier interdépartemental de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent Fondation Vallée a mis fin à sa décision de confier l'enfant H à Mme F à compter du
16 novembre 2020. Par une décision du 19 février 2021, postérieure à l'introduction de la requête n° 2008521, ce même établissement a décidé de mettre fin à sa décision de lui confier l'enfant à compter du 19 mars 2021. Il s'ensuit que cette seconde décision du 19 février 2021 a reporté le retrait de l'enfant du domicile de l'assistante familiale du 16 novembre 2020 au 19 mars 2021 et a donc eu pour effet de maintenir l'enfant chez Mme F jusqu'au 19 mars 2021. Ainsi, cette décision du 19 février 2021, a implicitement mais nécessairement abrogé la première décision du 12 octobre 2020, alors qu'il est constant que celle-ci n'a reçu aucune exécution entre le
16 novembre 2020 et le 19 février 2021. La décision du 19 février 2021 étant devenue définitive en tant qu'elle porte abrogation de la première décision, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation dirigées contre la décision du 12 octobre 2020 initialement attaquée, qui ont perdu leur objet. Ces conclusions et les moyens s'y rapportant doivent toutefois être regardés comme étant dirigés contre la décision du 19 février 2021, en tant qu'elle a mis fin à la décision de confier l'enfant Gwennaelle à la requérante.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du 19 février 2021 mettant fin à la décision de confier l'enfant H à Mme F :
En ce qui concerne la légalité externe:
7. En premier lieu, la décision en litige n'est pas au nombre de celles que les dispositions de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration soumettent à l'obligation de motivation. Par suite, et en tout état de cause, le moyen tiré de son absence de motivation en droit doit être écarté.
8. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 223-3 du code de l'action sociale et des familles, dans sa rédaction applicable au présent litige: "() Lorsque le service départemental de l'aide sociale à l'enfance auquel est confié un enfant en application de l'article 375-3 du code civil envisage de modifier le lieu de placement de cet enfant, il en informe le juge compétent au moins un mois avant la mise en œuvre de sa décision. Cette disposition ne s'applique ni en cas d'urgence ni, pour l'enfant de deux ans révolus confié à une même personne ou à un même établissement pendant moins de deux années, en cas de modification prévue dans le projet pour l'enfant".
9. Si les actes administratifs doivent être pris selon les formes et conformément aux procédures prévues par les lois et règlements, un vice affectant le déroulement d'une procédure administrative préalable, suivie à titre obligatoire ou facultatif, n'est de nature à entacher d'illégalité la décision prise que s'il ressort des pièces du dossier qu'il a été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision prise ou qu'il a privé les intéressés d'une garantie.
10. Les dispositions de l'article L. 223-3 du code de l'action sociale et des familles figurent dans un chapitre relatif aux droits des familles dans leurs relations avec l'aide sociale à l'enfance. Mme F n'étant pas au nombre des membres de la famille de H au sens de ces dispositions, le vice de procédure invoqué ne porterait donc atteinte à aucune garantie l'affectant personnellement et ne serait pas susceptible d'avoir exercé une influence sur le sens de la décision attaquée. Par suite, et en tout état de cause, le moyen tiré du premier vice de procédure doit être écarté.
11. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 421-16 du code de l'action sociale et des familles : "Il est conclu entre l'assistant familial et son employeur, pour chaque mineur accueilli, un contrat d'accueil annexé au contrat de travail. () / Sauf situation d'urgence mettant en cause la sécurité de l'enfant, l'assistant familial est consulté préalablement sur toute décision prise par la personne morale qui l'emploie concernant le mineur qu'elle accueille à titre permanent ; elle participe à l'évaluation de la situation de ce mineur".
12. Il ressort des pièces du dossier, et plus particulièrement du compte rendu d'entretien rédigé le 11 septembre 2020, intervenu la semaine précédente entre le docteur E, Mme C et Mme F, que celle-ci était, à cette date informée de l'intention du centre hospitalier interdépartemental de lui retirer l'enfant et qu'elle a fait part de ses observations à ses interlocuteurs. Par suite, le moyen tiré du second vice de procédure doit être écarté.
En ce qui concerne la légalité interne:
13. En premier lieu, pour mettre fin à l'accueil de l'enfant H par Mme F, le directeur du centre hospitalier interdépartemental de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent Fondation Vallée s'est fondé sur le fait que l'équipe de soins du SAFT a relevé plusieurs circonstances remettant en cause l'adéquation du placement chez
Mme F, telles qu'une souffrance chez l'enfant induite par le placement, des difficultés d'ajustement et de contenance de l'enfant par Mme F lors d'épisodes clastiques constatés essentiellement au domicile de celle-ci, un manque d'adhésion et de collaboration de
Mme F dans le cadre du suivi thérapeutique de l'enfant, la contestation régulière par Mme F de certaines préconisations médicales prises par l'équipe de soins dans l'intérêt du bon développement thérapeutique de l'enfant, comme la remise en cause des refus opposés à ses demandes d'hospitalisation contre-indiquées par le SAFT au regard des besoins de l'enfant, ainsi qu'une demande régulière de Mme F de mise à distance de l'enfant allant à l'encontre du placement à temps plein dont l'enfant doit faire l'objet pour son bon développement.
14. Si la requérante soutient que les faits à l'origine du changement de lieu d'accueil ne sont pas établis dès lors que sa relation avec Gwennaelle est tout à fait satisfaisante, que l'enfant elle-même va bien et qu'elle n'est pas isolée puisqu'elle est scolarisée et fréquente le centre municipal de loisirs, il ressort des pièces du dossier et plus particulièrement du rapport de l'équipe pluridisciplinaire du 18 septembre 2020, lequel a été signé par deux pédopsychiatres, une psychologue et un cadre socio-éducatif, que Mme F, qui a été recrutée pour exercer des fonctions d'assistante familiale thérapeutique, a, dès son embauche, exprimé le souhait de ne pas accueillir d'enfant encoprétique ou présentant des troubles du comportement de type hétéro-agressivité, et a formé des demandes de relais sur de nombreuses périodes venant traduire sa propre souffrance dans l'accueil de Gwennaelle et un besoin de mise à distance lors des visites à domicile mensuelles de l'éducatrice et de l'assistante sociale expliquant qu'elle n'avait plus de vie sociale à cause de l'enfant et trop de rendez-vous au SAFT, alors que, lors des périodes de tensions entre Mme F, l'enfant et le service, le médecin et la psychologue lui ont proposé un rendez-vous tous les 15 jours afin de pouvoir l'accompagner au mieux. Il ressort également des documents produits que la requérante n'avait alors pour seule demande que des temps d'hospitalisation de l'enfant, séparée d'elle, soient organisés. Le rapport relève également, que l'équipe médicale l'a accompagnée et lui a fréquemment répondu favorablement en adaptant les soins de l'enfant en fonction de ses possibilités et disponibilités (repas de famille un dimanche sans enfant, anniversaire sans enfant, temps du mercredi avec sa fille sans l'enfant, déplacement des temps de psychomotricité pour convenance personnelle, repas à la cantine, week-end, etc.), que toutefois, ses demandes répétées et sans possibilités d'aménagement ne permettent pas de travailler les problématiques de l'enfant in situ dans des liens constructifs pour un placement à temps plein comme précisé lors de son recrutement - entretiens que Mme F a eu avec le médecin, psychologue, cadre, assistante sociale et éducatrice-, et que les difficultés d'ajustements de Mme F ont été observées par la majorité des professionnels en charge de l'enfant à la fondation Vallée, à savoir notamment les personnels de l'unité de soin et d'observation Dolto, du centre d'accueil thérapeutique à temps partiel, les médecins lors des consultations en urgence à Bicêtre, ainsi que la psychomotricienne du centre médico-psychologique. Il ressort également des mêmes pièces qu'il est arrivé à plusieurs reprises que l'intéressée exprime ses difficultés et ses ressentis par les propos suivants : "elle me pompe l'air", "elle me vampirise" ou encore "je vais la déposer devant le SAFT si vous ne l'hospitalisez pas", que Mme F a incontestablement un positionnement qui ne correspond pas à un positionnement professionnel adapté aux modalités relationnelles de l'enfant à savoir fusion ou rejet. Les auteurs du rapport notent également les problématiques liées au fonctionnement pathologique de l'enfant, notamment le fait que les crises clastiques se déroulent au domicile, témoignant de la répétition d'une anxiété qui s'exprime sur ce lieu et des difficultés de
Mme F lors de ces épisodes, malgré un soutien téléphonique effectué régulièrement par la cadre de l'unité, qui ont parfois nécessité des déplacements au domicile, des passages au service d'accueil d'urgences de l'hôpital Bicêtre et des appels aux pompiers. Le rapport de l'équipe médicale du 18 septembre 2020 mentionne également que devant les difficultés rencontrées dans le cadre de cet accueil, Mme F a pu régulièrement remettre en question certaines des indications thérapeutiques, comme contester la décision médicale de ne pas hospitaliser l'enfant à certains moments, ou contester certaines décisions de l'équipe médicale concernant l'enfant pour convenance personnelle. L'intéressée a également pu faire la demande d'un internat à temps plein pour l'enfant afin d'être soulagée la semaine, alors que le profil de l'enfant ne correspond pas à cette indication, et l'équipe médicale relève qu'il est difficile de le lui faire entendre. Le service relève aussi que Mme F présente des difficultés d'adhésion au projet thérapeutique et au cadre du service dès lors qu'elle est en difficulté pour se représenter son poste d'assistante familiale au SAFT, ainsi que les attentes liées à sa fonction, qui implique d'accompagner à temps plein les soins de l'enfant, alors que ses demandes tendaient régulièrement à avoir des week-ends sans enfant, des dates de vacances qui ne prennent pas en compte les possibilités d'accueil de l'enfant, ainsi que des exigences de rencontres régulières avec sa propre famille sans l'enfant. Le service relève aussi que la requérante évoque fréquemment le dispositif du SAFT comme étant trop lourd et sollicitant, dès lors qu'il y aurait trop de rendez-vous pour elle ou pour l'enfant, alors que le service a modifié le planning pour retenir environ trois rendez-vous mensuels dans le service, un accompagnement aller/retour deux fois par semaine au centre d'accueil thérapeutique à temps partiel, ainsi qu'un accompagnement une fois par semaine au centre médico-psychologique. Il ressort des mêmes pièces produites aux débats que Mme F a également inscrit Gwennaelle au centre aéré certains mercredis, alors même qu'il lui a été demandé de tenir compte des rendez-vous au SAFT avant de l'inscrire (visites médiatisées, démarche éducative), que les rendez-vous en psychomotricité au centre médico-psychologique de Gentilly pour l'enfant le mercredi ont dû être décalés au mardi, alors que le changement d'école pour le cours préparatoire avec dérogation a également été demandé par le SAFT sur l'insistance de Mme F. Le service relève en particulier que la plupart de ces modifications se sont faites, souvent, dans un climat de tension qui n'a pas permis d'avoir un échange constructif et que l'équipe médicale a dû fréquemment donner une réponse favorable en aménageant systématiquement le projet de soins de l'enfant. Enfin, le service relève que
Mme F a eu une attitude non professionnelle et en inadéquation avec l'exercice de fonctions en milieu hospitalier lors de la crise sanitaire du Covid, dès lors que de nombreux aménagements ont été réalisés par l'équipe afin de soutenir Mme F (par exemple 2 à 3 demi-journées de prise en charge par semaine sur le SAFT pour la soulager lors de la crise sanitaire du Covid). L'équipe médicale relève également l'insistance de Mme F pour faire hospitaliser l'enfant, demande qui n'était pas justifiée cliniquement (hospitalisation de 6 semaines sans possibilité de sorties le week-end), son refus d'accompagner l'enfant dans l'enceinte de l'hôpital par crainte que l'enfant ne la contamine, et son refus de se rendre aux différents rendez-vous proposés par l'équipe médicale et soignante de l'unité Dolto pendant cette période. Le rapport de l'équipe médicale conclut, de ces difficultés récurrentes à pouvoir accompagner et contenir un enfant avec des troubles psychiques dans le cadre d'un accueil familial thérapeutique à temps plein, à la nécessité de mettre un terme à l'accueil de l'enfant chez Mme F. Eu égard aux faits qui ont été retenus, et qui étaient de nature à justifier qu'il soit mis fin à l'accueil de l'enfant H au domicile de l'intéressée, c'est sans commettre d'erreur de fait ou d'erreur manifeste d'appréciation que le directeur du centre hospitalier interdépartemental de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent Fondation Vallée a mis fin à l'accueil de l'enfant H par Mme F.
15. En second lieu, si Mme F soutient que le centre hospitalier interdépartemental nourrirait des griefs à son égard parce qu'elle "tiendrait la plume" d'un groupe d'assistants familiaux qui revendiquent davantage de droits, il ne résulte pas de ce qui précède qu'en mettant fin à l'accueil de l'enfant H par Mme F, le directeur du centre hospitalier interdépartemental de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent Fondation Vallée aurait usé de ses pouvoirs à d'autres fins que celles pour lesquelles ils lui ont été confiés. Par suite, le moyen tiré du détournement de pouvoir doit être écarté.
16. Il résulte de tout ce qui précède que la requérante n'est pas fondée à soutenir que la décision du 18 février 2021, par laquelle le directeur du centre hospitalier interdépartemental de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent Fondation Vallée a mis fin à l'accueil de l'enfant H à son domicile, est illégale et à en demander l'annulation.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision de licenciement du 18 février 2021:
En ce qui concerne la légalité externe:
17. En premier lieu, aux termes de l'article L. 6143-7 du code de la santé publique, dans sa rédaction en vigueur au 18 février 2021 : "Le directeur, président du directoire, conduit la politique générale de l'établissement. Il représente l'établissement dans tous les actes de la vie civile (). / Le directeur dispose d'un pouvoir de nomination dans l'établissement ()".
18. Par un arrêté du 31 mai 2018 de la directrice générale du centre national de gestion, M. D A, directeur d'hôpital, directeur du groupe hospitalier Paul Guiraud à Villejuif (Val-de-Marne), a également été nommé, dans le cadre de la convention de direction commune, directeur du centre hospitalier Fondation Vallée à Gentilly (Val-de-Marne) à compter du 2 avril 2018. Par suite, il disposait du pouvoir de nomination au sein du centre hospitalier Fondation Vallée et le moyen tiré de l'incompétence de M. A, signataire de la décision de licenciement du 18 février 2021, doit être écarté.
19. En deuxième lieu, aux termes de l'article 44 du décret n° 91-155 du
6 février 1991, relatif aux dispositions générales applicables aux agents contractuels des établissements mentionnés à l'article 2 de la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 modifiée portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière : " Lorsqu'à l'issue de la consultation de la commission consultative paritaire prévue à l'article 2-1, et de l'entretien prévu à l'article 43, l'administration décide de licencier un agent, elle lui notifie sa décision par lettre recommandée avec demande d'avis de réception ou par lettre remise en main propre contre décharge. Cette lettre précise le ou les motifs du licenciement, ainsi que la date à laquelle celui-ci doit intervenir compte tenu des droits à congés annuels restant à courir et de la durée du préavis ".
20. La décision du 18 février 2021, qui vise les articles L. 421-1 et suivants du code de l'action sociale et des familles, les articles L. 1232-2 et suivants du code du travail et le décret n°91-155 du 6 février 1991, mentionne que Mme F a rencontré des difficultés organisationnelles, qui ont pu être source de rapports conflictuels avec les équipes du SAFT, et la cause d'une certaine régression de l'enfant, qu'elle ne conteste pas avoir rencontré de manière régulière des difficultés d'ajustement et de contenance de l'enfant lors d'épisodes clastiques à son domicile et a fait état d'une souffrance induite par le placement, affectant la prise en charge de l'enfant, malgré un accompagnement adapté et continu du SAFT, qu'elle a insisté afin d'obtenir des mesures d'éloignement visant à la soulager de la prise en charge de l'enfant contre l'avis médical et thérapeutique des équipes du SAFT, faisant ainsi obstacle à l'objet même du placement à temps plein prononcé dans l'intérêt de l'enfant, qu'elle a été entendue sur une pétition intitulée "contre le retrait d'une petite fille de 7 ans placée en famille d'accueil", laquelle contenait des propos diffamatoires dirigés à l'encontre du centre hospitalier, que la remise en cause du travail institutionnel et du suivi thérapeutique de l'enfant démontre de la part de
Mme F de réelles difficultés d'adhésion au mode de fonctionnement du centre hospitalier, et en particulier du SAFT, que la dégradation continue et persistante des relations de travail entre elle et les équipes du SAFT intervient au détriment de l'intérêt de l'enfant et du bon fonctionnement du service et que le lien de confiance, indispensable au fonctionnement du service, est manifestement rompu compte tenu du manque de coopération et de coordination dont la requérante a fait preuve et qui a obligé les services du SAFT à s'adapter à ses propres besoins et contraintes. Ainsi rédigée, la décision du 18 février 2021, qui a suivi l'avis favorable au licenciement rendu par la commission consultative paritaire (CCP), énonce les éléments de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, cette décision est suffisamment motivée, sans qu'y fasse obstacle, le cas échéant, l'éventuel caractère vicié de l'avis rendu par la CCP.
21. En troisième lieu, aux termes de l'article 41-2 du décret du 6 février 1991: " L'agent contractuel peut être licencié pour un motif d'insuffisance professionnelle. / Il doit préalablement être mis à même de demander la communication de l'intégralité de toute pièce figurant dans son dossier individuel, dans un délai suffisant d'au moins cinq jours permettant à l'intéressé d'en prendre connaissance. Le droit à communication concerne également toute pièce sur laquelle l'administration entend fonder sa décision ".
22. Il ressort des pièces du dossier que Mme F a été convoquée par un courrier du 6 octobre 2020 à un entretien préalable à son licenciement prévu le 27 octobre 2020. Ce courrier mentionnait expressément qu'elle pourrait notamment consulter son dossier administratif "au service de la gestion des ressources humaines, entre le 8 et le 26 octobre 2020 entre 9h00 et 16b00 (excepté les week-ends)". Ainsi, l'intéressée a été mise à même de prendre connaissance de son dossier dans le délai de 5 jours prévu à l'article 41-2 du décret du 6 février 1991. Par suite, le moyen tiré de l'absence de communication de son dossier doit être écarté.
23. En quatrième lieu, aucun texte de valeur législative ou règlementaire n'interdit au directeur d'un établissement de soins de recueillir l'avis du service de l'aide sociale à l'enfance, préalablement au licenciement d'un agent non titulaire employé en qualité d'assistant familial chargé d'accueillir un enfant confié à ce service, ou avec tout autre service administratif en lien avec la mission de celui-ci. Il n'a à communiquer la teneur de ses échanges à l'agent que s'il entend se fonder sur leur contenu pour le licencier. Il ne ressort pas des pièces du dossier que tel soit le cas en l'espèce. Par suite, le moyen tiré de l'absence d'information quant à certains visas de la décision attaquée doit être écarté.
24. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 423-10 du code de l'action sociale et des familles : "L'employeur qui envisage, pour un motif réel et sérieux, de licencier un assistant maternel ou un assistant familial qu'il emploie depuis trois mois au moins convoque celui-ci et le reçoit en entretien dans les conditions prévues aux articles L. 1232-2 à L. 1232-4 du code du travail. Au cours de l'entretien, l'employeur est tenu d'indiquer le ou les motifs de la décision envisagée et de recueillir les explications du salarié".
25. Il ressort des termes du compte rendu de l'entretien préalable au licenciement du 27 octobre 2020 que l'employeur de Mme F lui a " fait part des éléments motivant la procédure en cours et venant compléter l'entretien du 4 septembre 2020" et de son "manque de professionnalisme". Il ressort également du compte rendu de l'entretien du 4 septembre 2020, ainsi que des observations formulées par Mme F en réponse à celui-ci, que l'intéressée avait pleinement conscience des griefs de son employeur à son égard, tirés de ses manquements et insuffisances professionnels. Par suite, le moyen tiré de l'absence d'information quant au motif de licenciement doit être écarté.
26. En sixième lieu, aucune disposition législative ou réglementaire n'impose à l'administration d'informer l'agent non titulaire qu'elle emploie de la date de la commission consultative paritaire devant rendre un avis dans le cadre d'une procédure de licenciement le concernant, de lui faire parvenir les observations de l'agent, ou de l'y convoquer. Par suite, les moyens tirés de vices de procédure tirés de tels manquements doivent être écartés.
27. En septième lieu, l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales relatif au droit au procès équitable ne peut être utilement invoqué pour contester la régularité d'une procédure administrative, qui n'est pas un procès.
28. En huitième lieu, aux termes de l'article 2-1 du décret du 6 février 1991: "I.- Une commission consultative paritaire compétente à l'égard des agents contractuels mentionnés à l'article 1er est instituée, dans chaque département, par arrêté du directeur général de l'agence régionale de santé agissant au nom de l'Etat. Il en confie la gestion à l'un des établissements publics de santé dont le siège se trouve dans le département. (). / Les commissions consultatives paritaires comprennent, en nombre égal, des représentants de l'administration et des représentants des personnels mentionnés à l'article 1er. Leur composition et leur fonctionnement sont fixés par arrêté du ministre chargé de la santé ()".
29. Une commission administrative paritaire ne peut valablement délibérer qu'à la condition qu'aient été régulièrement convoqués, en nombre égal, les représentants de l'administration et les représentants du personnel, membres de la commission, habilités à siéger dans chacune de ces formations, et eux seuls, et que le quorum ait été atteint. S'il résulte de ces dispositions que la règle de la parité s'impose pour la composition de la commission consultative paritaire départementale, en revanche, la présence effective en séance d'un nombre égal de représentants du département et de représentants des assistants maternels et familiaux agréés résidant dans le département ne conditionne pas la régularité de la consultation de cette commission, dès lors que ni les dispositions citées ci-dessus, ni aucune autre règle, ni enfin aucun principe ne subordonnent la régularité des délibérations de la commission consultative paritaire départementale à la présence en nombre égal de représentants du département et de représentants des assistants maternels et familiaux agréés.
30. En l'espèce, Mme F, qui n'établit ni même n'allègue que l'arrêté du directeur général de l'agence régionale de santé agissant au nom de l'Etat fixant la composition de la commission consultative paritaire départementale ne respecterait pas l'obligation de parité prévue à l'article 2-1 du décret du 6 février 1991, ni que les représentants de la commission consultative paritaire départementale n'auraient pas tous été convoqués à la séance du
7 décembre 2020, se borne à soutenir que lors de celle-ci, 4 représentants de l'administration et 3 représentants des membres du personnel étaient présents et que la parité n'était de ce seul fait, pas respectée, alors qu'une telle circonstance n'est pas contraire aux dispositions précitées. Par suite, le moyen tiré de ce vice de procédure doit être écarté.
En ce qui concerne la légalité interne:
31. En premier lieu, aux termes de l'article 41-2 du décret du 6 février 1991: "L'agent contractuel peut être licencié pour un motif d'insuffisance professionnelle ()". Le licenciement pour inaptitude professionnelle d'un agent public ne peut être fondé que sur des éléments révélant l'inaptitude de l'agent à exercer normalement les fonctions pour lesquelles il a été engagé ou correspondant à son grade et non sur une carence ponctuelle dans l'exercice de ces fonctions.
32. En l'espèce, Mme F, assistante familiale agréée pour l'accueil de 2 enfants, a été engagée par le centre hospitalier interdépartemental de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent Fondation Vallée en qualité d'agent non titulaire par contrat à durée indéterminée en date du 4 mai 2017 pour prendre en charge l'accueil d'un enfant de façon intermittente à compter du 11 mai 2017 selon un agenda déterminé par le service d'accueil familial thérapeutique (SAFT) de cet établissement. Par un avenant en date du 17 novembre 2017, les parties ont convenu que Mme F assurerait la prise en charge à temps plein d'un enfant accueilli de manière continue. Le contrat se réfère expressément aux dispositions du code de l'action sociale et des famille applicables aux assistants familiaux et plus particulièrement à celles applicables à leur agrément.
33. Aux termes du référentiel fixant les critères de l'agrément des assistants familiaux figurant à l'annexe 4-9 du code de l'action sociale et des familles, les capacités et les compétences attendues pour l'exercice de la profession d'assistant familial comprennent notamment, s'agissant des qualités personnelles : "() la capacité du candidat à : 1. Observer, écouter et prendre en compte les besoins particuliers du mineur ou du jeune majeur accueilli pour favoriser son développement physique, affectif, intellectuel et social. / 2. Proposer un cadre de vie favorisant la stabilité affective du mineur ou du jeune majeur accueilli. / 3. Poser un cadre éducatif cohérent, structurant et adapté aux besoins du mineur ou du jeune majeur accueilli. / 4. Adopter une attitude conforme à l'intérêt supérieur de l'enfant accueilli et avoir une attitude neutre et respectueuse vis-à-vis des parents et de la famille du mineur ou du jeune majeur accueilli. / 5. Repérer et prévenir les risques liés aux comportements personnels ou familiaux susceptibles d'avoir une incidence sur la santé, la sécurité, le développement physique, affectif, intellectuel et social du mineur ou du jeune majeur accueilli ()", s'agissant de la connaissance du métier, du rôle et des responsabilités de l'assistant familial: "() la capacité du candidat à : () 2. La connaissance du rôle et de la fonction d'assistant familial. / 3. La capacité du candidat à identifier et assumer ses responsabilités vis-à-vis du mineur ou du jeune majeur accueilli ainsi que le rôle et la place des parents dans le cadre de la prise en charge. / 4. La capacité du candidat à s'inscrire dans une équipe professionnelle pluridisciplinaire autour du projet pour l'enfant ou le jeune majeur. / 5. La capacité du candidat à se représenter ses responsabilités vis-à-vis des services du département, et de son employeur, en charge de son accompagnement, de son contrôle et du suivi de ses pratiques professionnelles, et à comprendre et accepter leur rôle. / 6. La capacité du candidat à mesurer ses obligations au regard du secret professionnel attaché à ses fonctions", s'agissant de la disponibilité et la capacité à s'organiser et à s'adapter à des situations variées: " () la capacité du candidat à : / 1. Concilier l'accueil du mineur ou du jeune majeur avec le mode de vie familial, notamment à offrir la disponibilité nécessaire au mineur ou au jeune majeur accueilli au regard de ses activités professionnelles, personnelles et de sa vie familiale. / 2. S'organiser au quotidien, notamment pour l'accompagnement nécessaire du mineur ou du jeune majeur dans ses déplacements. / 3. S'adapter à une situation d'urgence ou imprévue et à prendre les mesures appropriées. / 4. Avoir conscience des exigences et des contraintes liées à l'accueil de mineurs ou de jeunes majeurs en situation de handicap ou atteints de maladie chronique".
34. Ainsi qu'il a été dit aux points 13 et 14 du présent jugement, il ressort des pièces du dossier et plus particulièrement du rapport de l'équipe pluridisciplinaire du
18 septembre 2020, lequel a été signé par deux pédopsychiatres, une psychologue et un cadre socio-éducatif, que plusieurs circonstances remettaient en cause l'adéquation du placement chez Mme F, telles qu'une souffrance chez l'enfant induite par le placement, des difficultés d'ajustement et de contenance de l'enfant par Mme F lors d'épisodes clastiques constatés essentiellement au domicile, un manque d'adhésion et de collaboration de Mme F dans le cadre du suivi thérapeutique de l'enfant, la contestation régulière par Mme F de certaines préconisations médicales prises par l'équipe de soins dans l'intérêt du bon développement thérapeutique de l'enfant, comme la remise en cause du rejet de ses demandes d'hospitalisation contre-indiquées par le SAFT au regard des besoins de l'enfant, une demande régulière de
Mme F de mise à distance de l'enfant allant à l'encontre du placement temps plein dont il doit faire l'objet pour son bon développement. Le rapport de l'équipe médicale conclut, de ces difficultés récurrentes à pouvoir accompagner et contenir un enfant avec des troubles psychiques dans le cadre d'un accueil familial thérapeutique à temps plein, à la nécessité de mettre un terme à l'accueil de l'enfant chez Mme F. D'autre part, il ressort des documents produits que la requérante ne s'est pas inscrite dans le cadre des pratiques professionnelles dès lors que si, lors des deux premiers rendez-vous avec le médecin et le cadre du service, elle semblait pouvoir accompagner le changement important pour l'enfant que représentait son changement de famille d'accueil, l'équipe médicale a appris incidemment qu'elle avait contacté l'assistante familiale pressentie pour accueillir Gwennaelle et l'avait informée de son désaccord complet quant à l'arrêt de l'accueil de l'enfant à son domicile. De plus, il ressort des documents produits que
Mme F a mis en ligne sur internet une pétition en faveur du maintien de l'enfant à son domicile, arborant une photo de celle-ci (de dos), au ton agressif à l'égard du service médical et de l'institution, ce qui ne permettait pas d'augurer favorablement une poursuite du travail engagé avec Mme F. Eu égard aux faits qui ont été retenus, et aux obligations contractuelles de Mme F, le directeur du centre hospitalier ne peut être regardé comme ayant commis une erreur de fait ou une erreur d'appréciation en considérant qu'ils étaient de nature à caractériser l'insuffisance professionnelle de la requérante, laquelle étant, ainsi qu'il a été dit précédemment, informée du motif d'insuffisance professionnelle la concernant relevé par son employeur.
35. En deuxième lieu, il ne résulte pas de ce qui précède que l'employeur de
Mme F aurait usé de ses pouvoirs à d'autres fins que celles pour lesquelles ils lui ont été confiés. Par suite, le moyen tiré du détournement de pouvoir doit être écarté.
36. Il résulte de tout ce qui précède que la requérante n'est pas fondée à soutenir que la décision du 18 février 2021, par laquelle le directeur du centre hospitalier interdépartemental de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent Fondation Vallée l'a licenciée, est illégale et à en demander l'annulation.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte:
37. Eu égard à ses motifs, le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions présentées à fin d'injonction et d'astreinte doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige:
38. D'une part, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du centre hospitalier interdépartemental de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent Fondation Vallée, qui n'est pas la partie perdante dans les présentes instances, les sommes que Mme F lui demande au titre des frais qu'elle a exposés et non compris dans les dépens.
39. D'autre part, dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de Mme F, les sommes que le centre hospitalier interdépartemental de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent Fondation Vallée lui réclame au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du
12 octobre 2020 du centre hospitalier interdépartemental de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent Fondation Vallée.
Article 2: Le surplus des conclusions de la requête n°2008521 est rejeté.
Article 3 : La requête de Mme F enregistrée sous le n°2103585 est rejetée.
Article 4: Les conclusions présentées dans les deux instances par le centre hospitalier interdépartemental de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent Fondation Vallée au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme G F et au centre hospitalier interdépartemental de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent Fondation Vallée.
Délibéré après l'audience du 8 juin 2023, à laquelle siégeaient :
M. Lalande, président,
M. Allègre, premier conseiller,
M. Dumas, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 juin 2023.
Le rapporteur,
M. DUMAS Le président,
D. LALANDE
La greffière,
C. KIFFER
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2008521
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026