vendredi 22 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2008578 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | SIMARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 22 octobre 2020, 14 janvier 2022, 27 février 2022, 14 avril 2022 et 21 mai 2022, la société à responsabilité limitée (SARL) Fredland, représentée par Me Bousquet, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 4 juin 2020 par lequel le maire de Tournan-en-Brie a retiré le permis d'aménager qui lui avait été délivré le 5 juillet 2019 autorisant l'extension d'un camping et la création de 27 emplacements supplémentaires sur un terrain situé parc de Combreux, incluant les parcelles cadastrées C 11, C 12, C 13, C 32, C 24, C 25, C 251 et C 316 à Tournan-en-Brie, ensemble la décision portant rejet de son recours gracieux contre cet arrêté ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Tournan-en-Brie une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le retrait du permis d'aménager délivré méconnaît les dispositions de l'article L. 424-5 du code de l'urbanisme dès lors qu'il est intervenu plus de trois mois après la délivrance du permis, qu'aucune fraude n'est caractérisée et que le permis délivré n'était pas illégal ;
- aucune fraude n'est caractérisée dès lors que le dossier de demande a été élaboré sur la base du nombre d'emplacements autorisés initialement, que la société n'a jamais eu l'intention d'aménager plus de 199 emplacements, que 199 emplacements étaient représentés dans le plan de masse et que la déclaration d'achèvement des travaux portait sur la réalisation de 199 emplacements et non 217 ;
- le permis d'aménager initial n'était pas illégal ; la fraude, à la supposer établie, n'est pas une cause d'illégalité du permis ;
- la société a parfaitement respecté le permis d'aménager délivré puisqu'elle n'a matériellement aménagé que 199 emplacements sur le terrain ; ainsi, aucune étude environnementale n'avait à être réalisée ;
- la société avait simplement fait usage de la possibilité d'augmenter, dans la limite de 10 %, le nombre d'emplacements sans nouvelle autorisation d'urbanisme en application des dispositions de l'article R. 421-19 du code de l'urbanisme et de l'arrêté du 10 avril 2019 fixant les normes et la procédure de classement des terrains de camping et de caravanage et des parcs résidentiels de loisirs, la fixation à 199 de la nouvelle capacité du terrain de camping incluant bien tous les emplacements qui avaient été créés au titre de cette marge de 10 %, de sorte qu'aucune déclaration préalable n'était nécessaire.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 14 janvier 2022, 29 mars 2022 et 28 avril 2022, la commune de Tournan-en-Brie, représentée par Me Simard, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 500 euros soit mise à la charge de la société requérante sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la fraude est caractérisée alors même que la commune n'ignorait pas l'illégalité qui avait fait l'objet d'un procès-verbal d'infraction dès lors que la société pétitionnaire avait pour intention, dans ses déclarations, de tromper l'administration ; en outre, un rapport de constatation du 22 octobre 2021 fait état de la création de 193 emplacements, ce qui démontre le caractère systématiquement erroné des déclarations du pétitionnaire ;
- une déclaration préalable était nécessaire pour augmenter de 10 % le nombre d'emplacements du camping ;
- la société requérante exploite le camping de manière irrégulière au lieu de régulariser sa situation ;
- la procédure de classement des terrains de camping est bien régie par des règles distinctes de celles des autorisations d'urbanisme.
Par une lettre du 16 mai 2022, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, de la période à laquelle il était envisagé d'appeler l'affaire à une audience et que l'instruction pourrait être close à partir du 31 mai 2021 sans information préalable.
Une ordonnance portant clôture de l'instruction immédiate a été prise le 8 juin 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- les conclusions de M. Toutias, rapporteur public,
- et les observations de Me Bousquet, représentant la SARL Fredland, et de Me Simard, représentant la commune de Tournan-en-Brie.
Une note en délibéré, présentée pour la commune de Tournan-en-Brie par Me Simard, a été enregistrée le 11 juillet 2022. Elle n'a pas été communiquée.
Une note en délibéré, présentée pour la SARL Fredland par Me Bousquet, a été enregistrée le 12 juillet 2022. Elle n'a pas été communiquée.
Considérant ce qui suit :
1. Le 5 juillet 2019, le maire de Tournan-en-Brie a délivré à la SARL Fredland un permis d'aménager portant sur l'extension d'un camping et la création de 27 emplacements supplémentaires, pour un total de 199 emplacements. Par un arrêté du 4 juin 2020, dont la société requérante demande l'annulation, le maire a retiré le permis d'aménager délivré le 5 juillet 2019 pour le motif qu'il avait été obtenu par fraude.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. D'une part, aux termes de l'article L. 424-5 du code de l'urbanisme : " La décision de non-opposition à une déclaration préalable ou le permis de construire ou d'aménager ou de démolir, tacite ou explicite, ne peuvent être retirés que s'ils sont illégaux et dans le délai de trois mois suivant la date de ces décisions. Passé ce délai, la décision de non-opposition et le permis ne peuvent être retirés que sur demande expresse de leur bénéficiaire () ". En outre, un acte administratif obtenu par fraude ne créant pas de droits, il peut être abrogé ou retiré par l'autorité compétente pour le prendre, alors même que le délai qui lui est normalement imparti à cette fin serait expiré. D'autre part, un permis ne peut faire l'objet d'un retrait, une fois devenu définitif, qu'au vu d'éléments établissant l'existence d'une fraude à la date de la délivrance du permis. La fraude suppose, pour pouvoir être caractérisée, que le pétitionnaire ait procédé à des manœuvres de nature à tromper l'administration sur la réalité du projet. La circonstance qu'un dossier de demande de permis comporterait des mentions erronées ne permet pas, par elle-même, de caractériser une fraude.
3. Il ressort des pièces du dossier que la SARL Fredland a déposé le 5 décembre 2018 une demande de permis d'aménager indiquant que le projet portait sur l'extension d'un camping à hauteur de 27 emplacements supplémentaires portant le nombre d'emplacements global à 199. Si la demande mentionnait le nombre initial de 172 emplacements, il ressort également des pièces du dossier que la société pétitionnaire a sollicité la commune en vue de procéder à un comptage du nombre d'emplacements sur la totalité du camping. Le 3 janvier 2019, le nombre de 189 emplacements a été comptabilisé par un agent assermenté de la commune. Par courrier du 31 mai 2019, le maire de Tournan-en-Brie a informé la SARL Fredland que le projet déposé comportait une anomalie dans le nombre initial d'emplacements déclaré et qu'il convenait de la corriger. A défaut, le permis serait délivré en l'état au vu des pièces produites et un retrait pourrait être envisagé si la commune estimait que l'autorisation délivrée n'était pas conforme aux dispositions du code de l'urbanisme. Toutefois, un permis d'aménager n'a pas d'autre objet que d'autoriser les aménagements conformes aux plans et indications fournis par le pétitionnaire. Il ressort des pièces du dossier que le plan de composition et des coupes fait apparaître un nombre de 199 emplacements. S'il est constant que la société pétitionnaire n'a pas procédé à une correction du nombre initial d'emplacements dans son dossier de demande de permis d'aménager, cette seule carence ne suffit pas à révéler l'intention frauduleuse de la société pétitionnaire alors que l'administration n'ignorait pas la nature du projet en cause. Contrairement à ce que soutient la commune en défense, le permis d'aménager accordé, qui autorise l'aménagement de 27 emplacements supplémentaires, n'autorise, ainsi que le mentionne ses visas, que l'aménagement maximal de 199 emplacements de camping et non 217. En outre, la circonstance tirée de ce que l'exécution du permis accordé conduirait à un nombre d'emplacements supérieur au nombre maximal autorisé par le permis litigieux est, en l'absence de fraude, sans incidence sur sa légalité. En tout état de cause, un rapport de constatations du 22 octobre 2021 mentionne la comptabilisation de 193 emplacements après achèvement des travaux. Enfin, à supposer qu'une déclaration préalable était nécessaire pour augmenter de 10 % le nombre d'emplacements initial du camping préalablement au dépôt de la demande de permis d'aménager, cette circonstance est sans incidence sur la légalité du permis d'aménager du 5 juillet 2019. De même, la procédure de classement des terrains de camping est sans incidence sur la légalité du retrait du permis d'aménager. Dans ces conditions, compte tenu de l'ensemble des pièces produites lors du dépôt du dossier de demande de permis d'aménager et du comportement de la société pétitionnaire durant l'instruction du dossier ne révélant aucune volonté de tromper l'administration, la SARL Fredland est fondée à soutenir qu'aucune fraude n'est caractérisée et que le retrait du permis d'aménager du 5 juillet 2019 est illégal.
4. Aux termes de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme : " Lorsqu'elle annule pour excès de pouvoir un acte intervenu en matière d'urbanisme (), la juridiction administrative se prononce sur l'ensemble des moyens de la requête qu'elle estime susceptibles de fonder l'annulation (), en l'état du dossier ". Pour l'application de ces dispositions, aucun autre moyen n'est de nature à justifier l'annulation de l'arrêté du 4 juin 2020.
5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 4 juin 2020 doivent être accueillies.
Sur les frais liés au litige :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la SARL Fredland, qui n'est pas la partie perdante à la présente instance, la somme que la commune de Tournan-en-Brie demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la commune de Tournan-en-Brie une somme de 1 500 euros à verser à la SARL Fredland au même titre.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du maire de Tournan-en-Brie du 4 juin 2020 est annulé.
Article 2 : La commune de Tournan-en-Brie versera à la SARL Fredland une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Les conclusions présentées par la commune de Tournan-en-Brie au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la SARL Fredland et à la commune de Tournan-en-Brie.
Délibéré après l'audience du 8 juillet 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Mullié, présidente,
Mme Jeannot, première conseillère,
Mme Blanc, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 juillet 2022.
La rapporteure,
F. ALa présidente,
N. MULLIE
La greffière,
H. KELI
La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026