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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2008967

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2008967

mardi 12 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2008967
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation8ème chambre
Avocat requérantCAZENAVE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 4 novembre 2020, M. C B, représenté par Me Cazenave, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 7 juillet 2020 par lequel le préfet de Seine-et-Marne lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français et a fixé le pays de destination de sa reconduite à la frontière ;

2°) d'enjoindre au préfet de Seine-et-Marne de lui délivrer un titre de séjour ou à défaut de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et de réexaminer sa situation dans le délai de deux mois à compter de la date de notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat (préfet de Seine-et-Marne) le versement à son conseil, Me Cazenave, de la somme de 1 500 euros au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

M. B soutient que :

La décision de refus de titre de séjour :

- est illégale faute pour le préfet d'avoir saisi la commission du titre de séjour ;

- méconnaît l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

La décision portant obligation de quitter le territoire :

- est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision de refus de titre.

Par un mémoire en défense, enregistré le 13 novembre 2020, le préfet de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 16 septembre 2020.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme A a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. C B, ressortissant malien né le 8 février 1977 à Bamako (Mali) est entré, selon ses déclarations, sur le territoire national en 2007. Il a sollicité le 29 août 2016 la délivrance d'un titre de séjour, sur le fondement de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 12 septembre 2017, le préfet de police a rejeté cette demande. M. B a à nouveau sollicité le 18 janvier 2019 la régularisation de sa situation administrative sur le même fondement. Par arrêté du 7 juillet 2020, le préfet de Seine-et-Marne a refusé de lui délivrer le titre demandé, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Par la présente requête, M. B demande l'annulation de ces décisions.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne le refus de titre de séjour :

2. En premier lieu, qu'aux termes de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors applicable : " La carte de séjour temporaire mentionnée à l'article L. 313-11 ou la carte de séjour temporaire mentionnée au 1° de l'article L. 313-10 peut être délivrée, sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, à l'étranger ne vivant pas en état de polygamie dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 311-7. () L'autorité administrative est tenue de soumettre pour avis à la commission mentionnée à l'article L. 312-1 la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par l'étranger qui justifie par tout moyen résider en France habituellement depuis plus de dix ans () ".

3. Si M. B soutient qu'il est lié à la société Sodexo par un contrat à durée indéterminée depuis le 1er mai 2017, il ressort des pièces du dossier d'une part, que le requérant a exercé au moins en décembre 2017, en décembre 2018 et en mars 2019 une activité professionnelle auprès d'autres employeurs. Par ailleurs, il ressort également des pièces du dossier qu'à compter du mois de février 2020, les bulletins de salaire émis par la société Sodexo indiquent que le requérant est absent de manière injustifiée sur l'intégralité de son temps de travail, ce qui n'est pas de nature à démontrer que M. B exerçait toujours une activité professionnelle à la date de la décision attaquée. En outre, le requérant ne conteste pas les affirmations du préfet de Seine-et-Marne selon lesquels il est célibataire, sans charge de famille en France, que ses deux sœurs résident dans son pays d'origine où il a vécu jusqu'à l'âge de trente ans et qu'il a obtenu son contrat de travail en présentant une fausse carte de résident. Dans ces conditions, en considérant que la situation du requérant ne relevait pas manifestement de considérations humanitaires ou de motifs d'exceptionnels d'admission au séjour, le préfet de Seine-et-Marne n'a pas méconnu l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

4. En second lieu, aux termes des dispositions alors codifiées à l'article L. 312-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, une commission du titre de séjour est instituée dans chaque département, laquelle, aux termes de l'article L. 312-2 alors applicable du même code : " () est saisie par l'autorité administrative lorsque celle-ci envisage de refuser de délivrer ou de renouveler une carte de séjour temporaire à un étranger mentionné à l'article L. 313-11 ou de délivrer une carte de résident à un étranger mentionné aux articles L. 314-11 et L. 314-12, ainsi que dans les cas prévus à l'article L. 431-3 () ". Aux termes de l'article R. 312-2 du même code, alors en vigueur : " Le préfet ou, à Paris, le préfet de police saisit pour avis la commission lorsqu'il envisage de refuser de délivrer ou de renouveler l'un des titres mentionnés aux articles L. 313-11, L. 314-11 et L. 314-12 à l'étranger qui remplit effectivement les conditions qui président à leur délivrance. / La commission est également saisie dans les cas prévus aux articles L. 313-14 et L. 431-3. / Cette demande d'avis est accompagnée des documents nécessaires à l'examen de l'affaire, comportant notamment les motifs qui conduisent le préfet à envisager une décision de retrait, de refus de délivrance ou de renouvellement de titre de séjour, ainsi que les pièces justifiant que l'étranger qui sollicite une admission exceptionnelle au séjour réside habituellement en France depuis plus de dix ans. () ".

5. Il résulte de ces dispositions et notamment de l'article R. 312-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, que le préfet est tenu de saisir la commission du titre de séjour du cas des seuls étrangers qui remplissent les conditions prévues aux articles ainsi mentionnés, ou aux stipulations équivalentes de l'accord franco-algérien, auxquels il envisage de refuser le titre de séjour sollicité, et non de celui de tous les étrangers qui se prévalent de ces dispositions.

6. Si M. B soutient résider en France depuis 2007, il ressort toutefois des pièces du dossier que ces dernières ne permettent pas de justifier de ses dix années de présence alléguée sur le territoire national. En tout état de cause, ainsi qu'il a été dit au point 3, M. B ne remplit pas les conditions pour se voir délivrer de plein droit un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dès lors, le préfet de Seine-et-Marne n'était pas tenu de saisir la commission du titre de séjour.

7. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation du refus de séjour contesté.

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

8. En l'absence d'illégalité établie de la décision portant refus de séjour, comme il est dit au point 7 le moyen tiré, par la voie de l'exception d'illégalité, de l'illégalité de la décision fixant l'obligation de quitter le territoire français doit être écarté.

9. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 7 juillet 2020, par lequel le préfet de Seine-et-Marne lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, avec obligation de quitter le territoire français et fixation du pays de destination.

10. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée, y compris les conclusions aux fins d'injonction et celles présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au préfet de Seine-et-Marne.

Délibéré après l'audience du 28 juin 2022, à laquelle siégeaient :

M. Gracia, président,

M. Israël, premier conseiller,

Mme Potin, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 juillet 2022.

La rapporteure,

M. Potin

Le président,

J-Ch. GraciaLa greffière,

C. Mahieu

La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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