jeudi 21 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2008991 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | CHASTEL PRISCILLA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 4 novembre 2020 et le 29 janvier 2022, M. C B, représenté par Me Chastel, demande au tribunal :
1°) d'annuler le titre de perception n° 075000 010 254 075 485571 2019 0010942 émis le 5 novembre 2019 par le directeur régional des finances publiques d'Ile de France et de Paris pour un montant de 3 509,54 euros, ensemble la décision implicite de rejet du recours administratif préalable obligatoire formé contre le titre de perception précité ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
B soutient que la somme de 3 509,54 euros qui lui est réclamée en raison d'indus perçus en février, juin et juillet 2019 ne correspond pas aux sommes figurant sur ses bulletins de traitement du mois de février, de juin et de juillet 2019 ; elle lui demande une somme
de 1 528,34 euros au titre du traitement du mois de juillet 2019, alors qu'il n'a perçu qu'une somme de 60,28 euros au titre de ce mois ; en outre, il a été radié des cadres en mai 2019 ; en additionnant les nets à payer de juin et juillet 2019, il n'a perçu qu'une somme de 1 464,09 euros, de sorte que la somme de 3 509,54 euros de trop-perçu n'est pas justifiée ; l'explication opposée en défense tirée de ce qu'il aurait été à mi-traitement en janvier, février, et du 3 avril au 23 mai 2019 n'est pas pertinente, car il a perçu un traitement brut de 1 154,62 euros au mois d'avril 2019 ; l'administration n'établit donc pas le bien-fondé de ces créances, alors que la charge de la preuve lui appartient.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 décembre 2021, le garde des sceaux, ministre de la justice, conclut au rejet de la requête.
Le garde des sceaux, ministre de la justice, fait valoir que le bienfondé de la créance est établi ; le requérant a été placé en demi traitement pendant les mois de janvier et de février, ainsi que du 3 avril au 23 mai 2019, en raison de son placement en congé de maladie, alors qu'il a continué de percevoir l'intégralité de son traitement ; par ailleurs, en dépit de son licenciement au titre de sa radiation des cadres pour inaptitude physique, il a continué à percevoir un traitement au cours des mois de juin et juillet.
Par ordonnance du 4 février 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 1er mars 2022 à midi.
Par une lettre du 13 avril 2022, le tribunal a informé les parties, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le présent jugement est susceptible de reposer sur un moyen relevé d'office tiré de la tardiveté de la requête.
Par un mémoire du 14 avril 2022, M. B, représenté par Me Chastel soutient qu'en application des dispositions de l'ordonnance n° 2020-306 du 25 mars 2020, le délai de forclusion qui venait à échéance le 7 juillet 2020, c'est-à-dire pendant la période de suspension des délais du 12 mars 2020 au 23 juin 2020, a été prolongé au 19 octobre 2020.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat ;
- le décret n°2006-441 du 14 avril 2006 portant statut particulier des corps du personnel de surveillance de l'administration pénitentiaire ;
- le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique ;
- l'ordonnance n° 2020-306 du 25 mars 2020 relative à la prorogation des délais échus pendant la période d'urgence sanitaire et à l'adaptation des procédures pendant cette même période ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- les conclusions de M. Freydefont, rapporteur public,
- et les observations de Me Chastel, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. C B, a exercé les fonctions de surveillant pénitentiaire au sein de l'établissement public national de Fresnes à compter du 1er février 2000. Par un arrêté
du 17 mai 2019, le garde des sceaux, ministre de la justice, a prononcé sa radiation des cadres pour inaptitude totale et définitive aux fonctions de surveillant pénitentiaire et impossibilité de le reclasser professionnellement sur un poste administratif. Le directeur régional des finances publiques d'Ile de France et de Paris a émis le 5 novembre 2019 un titre de perception
n° 075000 010 254 075 485571 2019 0010942 pour un montant de 3 509,54 euros. Par une lettre en date du 18 décembre 2019, réceptionnée par l'administration le 7 janvier 2020, M. B a formé une opposition à exécution contre ce titre de perception, en application des dispositions de l'article 118 du décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique. Par une lettre du 9 janvier 2020, le directeur régional des finances publiques d'Ile de France et de Paris a accusé réception de ce recours administratif préalable obligatoire, a prononcé la suspension de la procédure de recouvrement des titres de perception en litige, et a transmis les demandes du requérant au garde des sceaux, ministre de la justice, en sa qualité d'ordonnateur des dépenses de traitement et d'indemnités de traitement des personnels de l'administration pénitentiaire. Le silence de six mois conservé par la garde des sceaux, ministre de la justice, à compter de la réception par l'administration des comptes publics du recours
de M. B a fait naître une décision implicite de rejet. Par la présente requête, M. B demande l'annulation du titre de perception émis le 5 novembre 2019.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article 24 du décret du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique : " Dans les conditions prévues pour chaque catégorie d'entre elles, les recettes sont liquidées avant d'être recouvrées. La liquidation a pour objet de déterminer le montant de la dette des redevables. () Toute créance liquidée faisant l'objet d'une déclaration ou d'un ordre de recouvrer indique les bases de liquidation. ". Ainsi, tout état exécutoire doit indiquer les bases de la liquidation de la créance pour laquelle il est émis et les éléments de calcul sur lesquels il se fonde, soit dans le titre lui-même, soit par référence précise à un document joint à l'état exécutoire ou précédemment adressé au débiteur.
3. Il ressort du volet intitulé " détail de la somme à payer " du titre de perception en litige que ce dernier mentionne l'objet de la créance du garde des sceaux, ministre de la justice, à savoir un " indû sur rémunération issu de paye de juillet 2019 " avant d'en préciser le détail en terme de traitement, d'indemnités de traitement et de cotisations sociales, un rappel de sommes versées au titre du mois de novembre 2018, de janvier 2019, de février 2019, de décembre 2018 et de juin 2019. Ainsi, le titre de perception indique l'objet de la créance, la période en cause pour les éléments composant cette créance ainsi que les modalités de calcul de la dette. Ces indications étaient suffisamment précises pour permettre au requérant de comprendre les bases de la liquidation de sa dette. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation du titre de perception en litige doit être écarté.
4. En second lieu, aux termes de l'article 20 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires : " Les fonctionnaires ont droit, après service fait, à une rémunération comprenant le traitement, l'indemnité de résidence, le supplément familial de traitement ainsi que les indemnités instituées par un texte législatif ou réglementaire. () ".
5. En se bornant à comparer les indus mentionnés dans le titre de perception contesté aux bulletins de paie des mois auxquels le titre renvoie alors qu'il convient de se reporter aux décomptes annexés à ses bulletins, lesquels exposent au fur et à mesure l'état des sommes restant à recouvrer sur les trop-perçus de rémunération de M. B sur les mois antérieurs, M. B n'assorti son moyen d'aucun élément permettant d'en apprécier le bienfondé.
6. En tout état de cause, d'une part, M. B conteste devoir à l'administration de la justice la somme de 1 528,34 euros au titre du traitement du mois de juillet 2019 en raison de ce qu'il a seulement perçu la somme de 60,28 euros sur son bulletin de traitement de juillet 2019. Toutefois, il résulte de l'instruction que le décompte annexé à son bulletin de traitement de
février 2019 fait apparaître des trop-perçus de 690,12 euros en novembre 2018, 661,37 euros en décembre 2018, 851,69 euros en janvier 2020, celui annexé à son bulletin de traitement de juin 2019 un trop-perçu de 812,94 euros en mai 2019 et celui annexé à son bulletin de traitement de juillet 2019 un trop-perçu de 258,17 euros en mai 2019 et de 1 751,01 euros en juin 2019. En outre, il en ressort que du mois de novembre 2018 à juin 2019, M. B a perçu un total de trop-perçus d'un montant de 5 025,30 euros, au demeurant bien supérieur à la somme qui lui est réclamée de 3 509,54 euros, sur lequel M. B n'apporte aucune contestation pertinente du bienfondé.
7. Enfin, à supposer que M. B ait entendu contester à l'administration le droit de lui réclamer en novembre 2019 la somme de 3 509,54 euros alors qu'il a été il a été radié des cadres à compter de mai 2019 et invoquer la prescription de la créance, les dispositions de
l'article 37-1 de la loi du 12 avril 2000 relative aux droits des citoyens dans leurs relations avec les administrations prévoient que " Les créances résultant de paiements indus effectués par les personnes publiques en matière de rémunération de leurs agents peuvent être répétées dans un délai de deux années à compter du premier jour du mois suivant celui de la date de mise en paiement du versement erroné, y compris lorsque ces créances ont pour origine une décision créatrice de droits irrégulière devenue définitive. ". Ainsi, les rémunérations versées à tort peuvent donner lieu à demande de remboursement de l'administration dans le délai de deux ans à partir du premier jour du mois suivant le paiement erroné. Par suite, l'administration pouvait régulièrement demander à M. B en novembre 2019 de rembourser des trop-perçus qui dataient, pour le plus ancien, de novembre 2018, quand bien même l'intéressé a été radié des cadres en mai 2019.
8. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la recevabilité de la requête, que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation du titre de perception émis le 5 novembre 2019 par le directeur régional des finances publiques d'Ile-de-France et de Paris pour un montant de 3 509,54 euros. Par voie de conséquence, ses conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être également rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au garde des sceaux, ministre de la justice.
Délibéré après l'audience du 21 avril 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Bruno-Salel, président,
M. Delmas, premier conseiller,
M. Lacote, conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 juillet 2022.
Le rapporteur,
S. A
La présidente,
C. BRUNO-SALELLa greffière,
C. RICHEFEU
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2008991
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026