vendredi 16 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2009055 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | BLANC |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 6 novembre 2020, M. A B, représenté par
Me Blanc, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 22 septembre 2020 par laquelle le directeur territorial de Créteil de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) lui a refusé le bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;
2°) d'enjoindre à l'OFII de l'admettre au bénéfice des conditions matérielles d'accueil dans un délai de trois jours à compter de la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, subsidiairement de réexaminer sa situation dans le même délai ;
3°) de mettre à la charge de l'OFII la somme de 1 500 euros à verser à son conseil au titre de l'article L 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du
10 juillet 1991 relative à l'aide juridique sous réserve qu'elle renonce percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle.
M. B soutient que :
- la décision contestée est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation personnelle et d'un défaut d'évaluation de sa vulnérabilité ;
- elle est entachée d'une erreur de droit, le directeur territorial de l'OFII ayant méconnu l'étendue de sa compétence ;
- elle méconnaît les dispositions du 2° de l'article L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il a présenté sa demande d'asile moins de 90 jours après son entrée en France.
L'OFII, à qui la requête a été communiquée le 12 novembre 2020, n'a pas produit de mémoire en défense avant la clôture de l'instruction.
Une mise en demeure a été adressée à l'OFII le 27 juillet 2022.
Un mémoire présenté par l'OFII a été enregistré le 23 novembre 2022, postérieurement à la clôture de l'instruction, et n'a pas donné lieu à communication.
Par décision du 20 janvier 2021, M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Par une ordonnance du 27 juillet 2022 la clôture de l'instruction a été fixée au
15 septembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991,
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu, au cours de l'audience publique, le rapport de Mme Sonia Norval-Grivet, première conseillère.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant bangladais né le 1er décembre 1991 à Vill Charhear (Bangladesh), a demandé l'asile en France le 22 septembre 2020 auprès du guichet unique des demandeurs d'asile de la préfecture du Val-de-Marne. Par une décision du 22 septembre 2020 dont l'intéressé demande l'annulation, le directeur territorial de Créteil de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) lui a refusé le bénéfice des conditions matérielles d'accueil.
Sur les conclusions en annulation :
En ce qui concerne l'acquiescement aux faits :
2. Aux termes de l'article R. 612-6 du code de justice administrative : " Si, malgré une mise en demeure, la partie défenderesse n'a produit aucun mémoire, elle est réputée avoir acquiescé aux faits exposés dans les mémoires du requérant ".
3. Sous réserve du cas où postérieurement à la clôture de l'instruction le défendeur soumettrait au juge une production contenant l'exposé d'une circonstance de fait dont il n'était pas en mesure de faire état avant cette date et qui serait susceptible d'exercer une influence sur le jugement de l'affaire, le défendeur à l'instance qui, en dépit d'une mise en demeure, n'a pas produit avant la clôture de l'instruction est réputé avoir acquiescé aux faits exposés par le requérant dans ses écritures. Il appartient alors seulement au juge de vérifier que la situation de fait invoquée par le demandeur n'est pas contredite par les pièces du dossier.
En ce qui concerne les faits de l'espèce :
4. Aux termes de l'article L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors en vigueur : " Outre les cas, mentionnés à l'article L. 744-7, dans lesquels il est immédiatement mis fin de plein droit au bénéfice des conditions matérielles d'accueil, le bénéfice de celles-ci peut être : () / 2° Refusé si le demandeur présente une demande de réexamen de sa demande d'asile ou s'il n'a pas sollicité l'asile, sans motif légitime, dans le délai prévu au 3° du III de l'article L. 723-2. ( ) ". Le délai prévu au 3° du III de son article L. 723-2 dans sa version applicable entre le 1er janvier 2019 et le 1er mai 2021 est fixé à 90 jours à compter de l'entrée en France du demandeur d'asile.
5. En l'espèce, la décision de refus est fondée sur la circonstance que M. B a présenté sa demande d'asile, sans motif légitime, plus de 90 jours après son entrée en France, délai qui était applicable à la date de cette demande. Toutefois, M. B soutient qu'il est entré en France le 8 août 2020, date qu'il a indiquée dans le formulaire destiné à l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, et produit au soutien de ces allégations un billet de train à son nom concernant un trajet de Milan à Rome le 22 juillet 2020, ainsi qu'un billet relatif à un trajet de Nice à Paris en date du 8 août 2020. Dans la mesure où l'inexactitude des faits allégués par M. B ne ressort d'aucune des pièces versées au dossier avant la clôture de l'instruction, l'Office français de l'immigration et de l'intégration, qui n'a produit en défense que la veille de l'audience, doit être réputé avoir acquiescé aux faits allégués par l'intéressé, conformément aux dispositions de l'article R. 612-6 du code de justice administrative. Dans ces conditions, le requérant est fondé à soutenir que l'OFII a méconnu les dispositions de l'article L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que la décision du 22 septembre 2020 du directeur territorial de Créteil de l'OFII doit être annulée.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
7. Compte tenu du motif d'annulation retenu au point 5, le présent jugement n'implique pas qu'il soit enjoint à l'office français de l'immigration et de l'intégration d'admettre M. B au bénéfice des conditions matérielles d'accueil. Il y a lieu, en revanche, dans les circonstances de l'espèce, d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de réexaminer la demande d'admission de M. B au bénéfice des conditions matérielles d'accueil des demandeurs d'asile dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement. En revanche, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
8. M. B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'OFII, partie perdante, le versement à la Me Blanc, conseil de M. B, d'une somme de 900 euros à ce titre, sous réserve que ledit conseil renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat à la mission d'aide juridictionnelle qui lui aura été confiée.
D E C I D E :
Article 1er : La décision en date du 22 septembre 2020 par laquelle le directeur territorial de Créteil de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a refusé d'octroyer à M. B les conditions matérielles d'accueil des demandeurs d'asile est annulée.
Article 2 : Il est enjoint à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de réexaminer la situation de M. B et sa demande d'admission au bénéfice des conditions matérielles d'accueil et de prendre une nouvelle décision dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Office français de l'immigration et de l'intégration versera une somme de 900 euros à Me Blanc, conseil de M. B, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Blanc renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Blanc et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 24 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Benoist Guével, président,
Mme Sonia Norval-Grivet, première conseillère,
Mme Félicie Bouchet, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 décembre 2022.
La rapporteure,
S. Norval-GrivetLe président,
B. GuévelLa greffière,
O. Dusautois
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026