vendredi 16 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2009108 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | CABINET HUG & ABOUKHATER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 7 novembre 2020, M. A B, représenté par Me Hug, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 20 octobre 2020 par laquelle le directeur territorial de Créteil de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) lui a refusé le rétablissement de ses conditions matérielles d'accueil ;
2°) d'enjoindre à l'OFII de rétablir le versement de l'allocation de demandeur d'asile, rétroactivement depuis le 11 mai 2020, dans un délai de quinze jours à compter du jugement à intervenir sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'OFII le versement de la somme de 1 200 euros à Me Hug au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du
10 juillet 1991.
M. B soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'incompétence ;
- la décision est insuffisamment motivée, ne précise pas à quelles convocations il ne se serait pas rendu alors qu'il s'agissait déjà de l'un des motifs de l'ordonnance de référé du
27 juillet 2020 qui a suspendu l'exécution d'une première décision du 11 mai 2020 ;
- l'OFII ne démontre pas qu'il aurait été informé des conséquences de l'absence de respect des obligations de présentation ;
- l'OFII n'a pas pris en compte son état de santé et n'a pas procédé à un examen de sa situation particulière ;
- il n'a pas bénéficié de l'entretien prévu par l'article L. 744-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 novembre 2022, l'OFII conclut au non-lieu à statuer.
Il fait valoir qu'il a, en exécution de l'ordonnance n° 2009092 rendue le
17 novembre 2020 par juge des référés du tribunal administratif de Melun, rétabli l'allocation pour demandeur d'asile au bénéfice de M. B, à titre rétroactif, pour la période comprise entre le 1er juin 2020 et le 16 novembre 2020.
Par décision du 16 décembre 2020, M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu :
- l'ordonnance n° 2005080 du 27 juillet 2020 et l'ordonnance n° 2009092 du
17 novembre 2020 du juge des référés, ainsi que le jugement n° 2005090 du 10 janvier 2022 du tribunal administratif de Melun ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu, au cours de l'audience publique, le rapport de Mme Sonia Norval-Grivet, première conseillère.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant pakistanais né le 27 juillet 1985, a sollicité l'asile au titre de la procédure Dublin, le 22 octobre 2019, et accepté le même jour l'offre de prise en charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII), avant de solliciter l'asile en procédure normale le 25 novembre 2019. Par une première décision du 11 mai 2020, l'Office français de l'immigration et de l'intégration lui a suspendu le bénéfice des conditions matérielles d'accueil pour n'avoir pas respecté les exigences des autorités chargées de l'asile en s'abstenant de se présenter à elles sur le fondement des dispositions des articles L. 744-7 et L. 744-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Cette décision, dont l'exécution a été suspendue par ordonnance n° 2005080 rendue le 27 juillet 2020 par le juge des référés du tribunal administratif de Melun, a été annulée par jugement n° 2005090 du 10 janvier 2022 enjoignant à l'OFII de rétablir M. B dans ses droits au bénéfice des conditions matérielles d'accueil à compter de la date à laquelle la décision annulée du 11 mai 2020 avait produit ses effets, dans un délai de quinze jours. Par une nouvelle décision du 20 octobre 2020 dont l'exécution a été suspendue par ordonnance n° 2009092 du juge des référés du
17 novembre 2020 et dont le requérant sollicite l'annulation, le directeur territorial de Créteil de l'OFII a refusé à M. B le rétablissement de ses conditions matérielles d'accueil.
Sur l'exception de non-lieu à statuer opposée par l'OFII :
2. Lorsque l'administration ne prend une décision faisant droit à la demande d'un administré qu'en vue d'assurer l'exécution de l'ordonnance par laquelle un juge des référés a suspendu l'exécution de la décision de refus initiale et enjoint à l'autorité administrative de procéder à un réexamen de la demande, une telle décision, qui revêt par sa nature même un caractère provisoire, n'a pas pour effet de priver d'objet les conclusions tendant à l'annulation de la décision initiale de refus.
3. L'OFII fait valoir la circonstance que, en exécution de l'ordonnance n° 2009092 rendue le 17 novembre 2020 par juge des référés du tribunal administratif de Melun, l'allocation pour demandeur d'asile a été rétablie et versée à M. B, à titre rétroactif, pour la période comprise entre le 1er juin 2020 et le 16 novembre 2020. Or cette décision, ayant été prise en exécution de l'ordonnance du juge des référés du 17 novembre 2020, présente un caractère provisoire. Par suite, elle n'a pas pour effet de priver d'objet les conclusions tendant à l'annulation de la décision de refus du 20 octobre 2020. L'exception ainsi opposée doit, par conséquent, être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. Aux termes de l'article L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa rédaction applicable à l'espèce : " Le bénéfice des conditions matérielles d'accueil peut être : / 1° Suspendu si, sans motif légitime, le demandeur d'asile a abandonné son lieu d'hébergement déterminé en application de l'article L. 744-7, n'a pas respecté l'obligation de se présenter aux autorités, n'a pas répondu aux demandes d'informations ou ne s'est pas rendu aux entretiens personnels concernant la procédure d'asile () / Lorsque le bénéfice des conditions matérielles d'accueil a été suspendu, le demandeur d'asile peut en demander le rétablissement à l'Office français de l'immigration et de l'intégration. ".
5. Il résulte de ces dispositions que l'OFII peut suspendre le bénéfice de ces conditions lorsque le demandeur a quitté le lieu d'hébergement proposé ou la région d'orientation ou n'a pas respecté les exigences des autorités chargées de l'asile, notamment de se rendre aux entretiens, de se présenter aux autorités et de fournir les informations utiles afin de faciliter l'instruction des demandes. Si le bénéfice des conditions matérielles d'accueil a été suspendu, le demandeur d'asile peut en demander le rétablissement à l'office, qui devra apprécier la situation particulière du demandeur à la date de la demande de rétablissement au regard notamment de sa vulnérabilité, de ses besoins en matière d'accueil ainsi que, le cas échéant, des raisons pour lesquelles il n'a pas respecté les obligations auxquelles il avait consenti au moment de l'acceptation initiale des conditions matérielles d'accueil.
6. Pour refuser le rétablissement des conditions matérielles d'accueil de M. B, le directeur territorial de Créteil de l'OFII s'est fondé sur la circonstance que l'intéressé s'était abstenu de se présenter aux autorités. Toutefois, M. B conteste avoir commis aucun manquement et soutient qu'il n'a jamais manqué de se présenter à aucune convocation. Le directeur territorial de l'OFII n'établit pas que le requérant ne se serait pas présenté à une convocation, dont la date n'est au demeurant pas mentionnée dans la décision contestée. Par suite, M. B est fondé à soutenir que c'est à tort que l'OFII a refusé de le rétablir dans ses conditions matérielles d'accueil. Par suite, la décision attaquée du 20 octobre 2020 doit, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, être annulée.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
7. Eu égard au rétablissement non contesté de M. B dans ses droits, l'exécution du présent jugement n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, ses conclusions à fin d'injonction et d'astreinte doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
8. M. B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'OFII, partie perdante, le versement à la Me Hug, conseil de M. B, d'une somme de 900 euros à ce titre, sous réserve que ledit conseil renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat à la mission d'aide juridictionnelle qui lui aura été confiée.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du directeur territorial de Créteil de l'Office français de l'immigration et de l'intégration du 20 octobre 2020 est annulée.
Article 2 : L'Office français de l'immigration et de l'intégration versera une somme de 900 euros à Me Hug, conseil de M. B, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Hug renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Elsa Hug et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 24 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Benoist Guével, président,
Mme Sonia Norval-Grivet, première conseillère,
Mme Félicie Bouchet, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 décembre 2022.
La rapporteure,
S. Norval-GrivetLe président,
B. GuévelLa greffière,
O. Dusautois
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026