jeudi 13 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2009135 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET CASSEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 9 novembre 2020, M. B E, représenté par Me Cassel, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 27 juillet 2020 par laquelle il lui a été notifié le montant de la prime exceptionnelle qui lui a été accordé dans le cadre de l'état d'urgence sanitaire mis en œuvre pour faire face à l'épidémie de covid-19 ;
2°) d'annuler la décision du 30 septembre 2020 par laquelle le directeur interrégional des services pénitentiaires de Paris a rejeté son recours administratif contre cette décision ;
3°) d'annuler la décision implicite de rejet née du silence gardé pendant deux mois sur sa demande tendant à ce que l'administration pénitentiaire révise à la hausse le montant de la prime exceptionnelle qui lui a été accordée par décision du 27 juillet 2020, dans le cadre de l'état d'urgence sanitaire pour faire face à l'épidémie de covid-19 ;
4°) d'enjoindre au garde des sceaux, ministre de la justice, à titre principal, de réviser le montant de la prime exceptionnelle qui lui a été accordée pour lui accorder le montant maximum de cette prime, soit mille euros ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les décisions des 27 juillet et 30 septembre 2020 ont été prises par une autorité incompétente ;
- la décision du 30 septembre 2020 est insuffisamment motivée ;
- les décisions contestées sont entachées d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il a été amené à avoir un surcoût significatif de travail pour assurer la continuité du fonctionnement des services sur la période comprise entre le 16 mars et le 15 mai 2020 inclus justifiant que lui soit octroyé le montant maximum de la prime.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 novembre 2022, le ministre de la justice conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 21 novembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 21 décembre 2022 à midi.
Par une lettre du 9 mars 2023, le tribunal a informé les parties, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions de la requête tendant à l'annulation la décision implicite de rejet née du silence gardé pendant deux mois sur la demande de M. E tendant à ce que l'administration pénitentiaire révise à la hausse le montant de la prime exceptionnelle qui lui a été accordé par décision du 27 juillet 2020 dans le cadre de l'état d'urgence sanitaire déclarer pour faire face à l'épidémie de covid-19 en ce qu'elles sont dirigées contre une décision inexistante dès lors qu'une décision explicite de rejet de cette demande, contestée dans la même instance, est intervenue antérieurement le 30 septembre 2020 faisant ainsi obstacle à la naissance d'une telle décision implicite.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique d'Etat ;
- le décret n° 2020-570 du 14 mai 2020 relatif au versement d'une prime exceptionnelle à certains agents civils et militaires de la fonction publique de l'Etat et de la fonction publique territoriale soumis à des sujétions exceptionnelles pour assurer la continuité des services publics dans le cadre de l'état d'urgence sanitaire déclaré pour faire face à l'épidémie de covid-19 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C,
- et les conclusions de Mme Leboeuf, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B E, surveillant pénitentiaire affecté au centre de détention de Melun, a obtenu, par décision du 27 juillet 2020, le bénéfice d'une " prime covid " d'un montant de 600 euros. Par un courrier du 31 juillet 2020, M. E a exercé un recours administratif contre cette décision, sollicitant la révision du montant octroyé. Par une décision du 30 septembre 2020, le directeur interrégional des services pénitentiaires de Paris a refusé de réviser le montant de cette prime. Par sa requête M. E demande au tribunal l'annulation de ces décisions ainsi que de la décision implicite de rejet qui serait née du silence gardé sur sa demande du 31 juillet 2020.
Sur la recevabilité des conclusions à fin d'annulation de la décision implicite :
2. Il ressort des pièces du dossier que le directeur interrégional des services pénitentiaires de Paris a, par une décision du 30 septembre 2020 contestée dans le cadre de la présente instance, explicitement rejeté la demande de M. E tendant à la révision de sa prime Covid. Par suite, aucune décision implicite de rejet de cette demande n'a pu naître du silence gardé par l'administration sur cette demande et les conclusions à fin d'annulation dirigées contre une décision inexistante, ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. En premier lieu, il est toujours loisible à la personne intéressée, sauf à ce que des dispositions spéciales en disposent autrement, de former à l'encontre d'une décision administrative un recours gracieux devant l'auteur de cet acte et de ne former un recours contentieux que lorsque le recours gracieux a été rejeté. L'exercice du recours gracieux n'ayant d'autre objet que d'inviter l'auteur de la décision à reconsidérer sa position, un recours contentieux consécutif au rejet d'un recours gracieux doit nécessairement être regardé comme étant dirigé, non pas tant contre le rejet du recours gracieux dont les vices propres ne peuvent être utilement contestés, que contre la décision initialement prise par l'autorité administrative. En vertu de ces principes, M. E ne saurait utilement soutenir que la décision du 30 septembre 2020 par laquelle le directeur interrégional des services pénitentiaires de Paris a rejeté son recours administratif contre la décision du 27 juillet 2020 par laquelle il lui a été notifié le montant de la prime exceptionnelle qui lui a été accordé dans le cadre de l'état d'urgence sanitaire déclarer pour faire face à l'épidémie de covid-19 serait prise par une autorité incompétente ou serait insuffisamment motivée dès lors qu'il n'appartient pas au juge administratif de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée.
4. En deuxième lieu, par un arrêté du 6 septembre 2019, régulièrement publié le 12 septembre 2019 au recueil des actes administratifs de la préfecture d'Ile-de-France, le directeur interrégional des services pénitentiaires de Paris a donné délégation à Mme D A, directrice des services pénitentiaires et signataire de l'arrêté attaqué, aux fins de signer, en toutes matières, tous les actes de gestion des personnels des services déconcentrés de l'administration pénitentiaires, au nombre desquels figure nécessairement la décision contestée. Par ailleurs, si le caractère contradictoire de la procédure fait en principe obstacle à ce que le juge se fonde sur des pièces qui n'auraient pas été préalablement communiquées à chacune des parties, le tribunal peut toutefois en l'espèce se fonder régulièrement sur l'arrêté précité du 6 septembre 2019, bien qu'il n'ait ni été produit par la défense, ni été communiqué aux parties, dès lors qu'il s'agit d'un acte réglementaire et régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture d'Ile-de-France le 12 septembre 2019 et qu'il est librement accessible et consultable, notamment sur le site Internet de la préfecture. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision contestée, qui manque en fait, doit être écarté.
5. En dernier lieu, aux termes de l'article 1er du décret du 14 mai 2020 relatif au versement d'une prime exceptionnelle à certains agents civils et militaires de la fonction publique de l'Etat et de la fonction publique territoriale soumis à des sujétions exceptionnelles pour assurer la continuité des services publics dans le cadre de l'état d'urgence sanitaire déclaré pour faire face à l'épidémie de covid-19 : " En application de l'article 11 de la loi du 25 avril 2020 susvisée, le présent décret détermine les conditions dans lesquelles l'Etat, les collectivités territoriales et leurs établissements publics et groupements d'intérêt public, à l'exclusion des établissements et services mentionnés au 6°, au 7° et au 9° de l'article L. 312-1 du code de l'action sociale et des familles, peuvent verser une prime exceptionnelle à ceux de leurs agents particulièrement mobilisés pendant l'état d'urgence sanitaire déclaré en application de l'article 4 de la du 23 mars 2020 susvisée afin de tenir compte d'un surcroît de travail significatif durant cette période. / Les bénéficiaires de la prime exceptionnelle sont nommément désignés à cet effet dans les conditions prévues par le présent décret ". L'article 2 de ce décret dispose que : " Sont considérés comme particulièrement mobilisés au sens de l'article 1er les personnels pour lesquels l'exercice des fonctions a, en raison des sujétions exceptionnelles auxquelles ils ont été soumis pour assurer la continuité du fonctionnement des services, conduit à un surcroît significatif de travail, en présentiel ou en télétravail ou assimilé. " Aux termes de l'article 4 de ce décret : " Le montant plafond de la prime exceptionnelle est fixé à 1 000 euros. " Selon l'article 7 de ce décret : " Pour l'Etat, ses établissements publics et ses groupements d'intérêts publics, les bénéficiaires de la prime exceptionnelle et le montant alloué sont déterminés par le chef de service ou l'organe dirigeant ayant autorité sur les personnels. / Le montant de la prime est modulable comme suit, en fonction notamment de la durée de la mobilisation des agents : / - taux n° 1 : 330 euros ; / - taux n° 2 : 660 euros ; / - taux n° 3 : 1 000 euros. / La prime exceptionnelle fait l'objet d'un versement unique. ". Ces dispositions donnent au chef de service le pouvoir de déterminer les critères d'attribution de cette prime.
6. Il ressort des pièces du dossier qu'en application de ces dispositions le directeur interrégional des services pénitentiaires de Paris a décidé de la détermination du montant de la prime allouée aux agents en fonction du nombre de jours d'absence sur la période du 16 mars au 15 mai 2020, moins de 8 jours d'absence valant 1 000 euros, entre 9 et 16 jours d'absence valant 660 euros, entre 17 et 30 jours d'absence valant 330 euros. M. E, qui ne conteste pas utilement ces critères d'attribution, a été absent 12 jours durant cette période, justifiant que lui soit octroyé une prime d'un montant de 660 euros. Par suite, en dépit de la circonstance qu'il aurait travaillé 35 jours durant cette période et pendant les week-ends contrairement à d'autres de ces collègues, il n'est pas fondé à soutenir que les décisions contestées sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation.
7. Il résulte de tout ce qui précède que M. E n'est pas fondé à demander l'annulation la décision du 27 juillet 2020 par laquelle il lui a été notifié le montant de la prime exceptionnelle qui lui a été accordé dans le cadre de l'état d'urgence sanitaire déclarer pour faire face à l'épidémie de covid-19, ensemble la décision du 30 septembre 2020 par laquelle le directeur interrégional des services pénitentiaires de Paris a rejeté son recours administratif contre cette décision.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. E est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B E et garde des sceaux, ministre de la justice.
Délibéré après l'audience du 28 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Dewailly, président,
Mme Bourdin, première conseillère,
M. Lacote, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 avril 2023.
Le rapporteur,
J.-N. C
Le président,
S. DEWAILLY
La greffière,
H. BOURDAIS
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026