vendredi 30 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2009929 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET LAPUELLE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 2 décembre 2020 et 6 mars 2023, M. B A, représenté par Me Lapuelle, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite du 3 octobre 2020 par laquelle le préfet de police de Paris a rejeté sa demande tendant à l'octroi d'une période préparatoire au reclassement ;
2°) d'enjoindre au préfet de police de Paris, à titre principal, de l'admettre au bénéfice de la période de préparation au reclassement, ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la requête conserve son objet ;
- la décision est intervenue à l'issue d'une procédure irrégulière dès lors qu'il ne lui a pas été proposé de période de préparation au reclassement ;
- la décision méconnaît les dispositions de l'article 63 de la loi du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique d'Etat et est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors qu'il remplissait les conditions pour bénéficier d'une période de préparation au reclassement.
Par deux mémoires en défense enregistrés les 31 janvier et 7 avril 2023, le préfet de police de Paris conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions à fin d'annulation de la requête et au rejet des conclusions présentées sur le fondement de l'article L 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que, postérieurement à l'introduction de la requête, plusieurs postes ont été proposés à M. A qui n'a pas donné suite à ces propositions de sorte qu'il doit être regardé comme ayant refusé le bénéfice d'une période préparatoire au reclassement.
Par une ordonnance n° 2100068 du 27 janvier 2021, le juge des référés du tribunal administratif de Melun a, sur demande de M. A, ordonné la suspension de l'exécution de la décision implicite du 3 octobre 2020 par laquelle le préfet de police de Paris a rejeté sa demande tendant à l'octroi d'une période de préparation au reclassement et enjoint au préfet de Police de réexaminer sa situation dans un délai de deux mois.
Un mémoire présenté pour M. A, enregistré le 24 avril 2023, n'a pas été communiqué.
Par une ordonnance du 11 avril 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 26 avril 2023 à midi.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le décret n° 84-1051du 30 novembre 1984 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Lacote,
- et les conclusions de Mme Leboeuf, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, brigadier de police affecté au sein de la direction interdépartementale de la police aux frontières du Mesnil-Amelot, a bénéficié d'un congé de longue maladie du 16 juillet 2015 au 15 juillet 2018 et, après épuisement de ses droits à congés, a été placé en disponibilité d'office pour raison de santé à compter du 16 juillet 2018. Lors de sa réunion du 2 juillet 2019, le comité médical a déclaré M. A inapte de manière définitive et absolue aux fonctions de police active. Par courrier du 29 juillet 2020, notifié le 3 août 2020 à la préfecture de police, M. A a sollicité le bénéfice d'une période préparatoire au reclassement. Une décision implicite de rejet est née le 3 octobre 2020 du silence gardé par l'administration sur cette demande. Par sa requête, M. A demande au tribunal l'annulation de cette décision.
Sur l'exception de non-lieu à statuer opposée en défense :
2. Aux termes de l'article 63 de la loi du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique d'Etat, dans sa version alors en vigueur : " Lorsque les fonctionnaires sont reconnus, par suite d'altération de leur état physique, inaptes à l'exercice de leurs fonctions, le poste de travail auquel ils sont affectés est adapté à leur état physique. Lorsque l'adaptation du poste de travail n'est pas possible, ces fonctionnaires peuvent être reclassés dans des emplois d'un autre corps s'ils ont été déclarés en mesure de remplir les fonctions correspondantes. / () / Le fonctionnaire à l'égard duquel une procédure tendant à reconnaître son inaptitude à l'exercice de ses fonctions a été engagée a droit, selon des modalités définies par décret en Conseil d'Etat, à une période de préparation au reclassement avec traitement d'une durée maximale d'un an. Cette période est assimilée à une période de service effectif. Pendant son congé pour raison de santé, le fonctionnaire peut, sur la base du volontariat et avec l'accord de son médecin traitant, suivre une formation ou un bilan de compétences. ".
3. Aux termes de l'article 2 du décret du 30 novembre 1984 relatif au reclassement des fonctionnaires de l'État reconnus inaptes à l'exercice de leurs fonctions : " Lorsque l'état de santé d'un fonctionnaire, sans lui interdire d'exercer toute activité, ne lui permet pas de remplir les fonctions correspondant aux emplois de son corps, l'administration, après avis du comité médical, propose à l'intéressé une période de préparation au reclassement en application de l'article 63 de la loi du 11 janvier 1984 susvisée. / () ". Aux termes de l'article 2-1 du même décret : " La période de préparation au reclassement a pour objet de préparer et, le cas échéant, de qualifier son bénéficiaire pour l'occupation de nouveaux emplois compatibles avec son état de santé, s'il y a lieu en dehors de son administration d'affectation. Elle vise à accompagner la transition professionnelle du fonctionnaire vers le reclassement. / La période de préparation au reclassement peut comporter, dans l'administration d'affectation de l'agent ou dans toute administration ou établissement public mentionnés à l'article 2 de la loi du 13 juillet 1983 susvisée, des périodes de formation, d'observation et de mise en situation sur un ou plusieurs postes. Les modalités d'accueil de l'agent lorsque ces périodes se déroulent en dehors de son administration d'affectation font l'objet d'une convention tripartite conclue entre cette administration, l'administration ou l'établissement d'accueil et l'intéressé. / Pendant la période de préparation au reclassement, le fonctionnaire est en position d'activité dans son corps d'origine et perçoit le traitement correspondant. ".
4. Le préfet de police fait valoir que postérieurement, à l'introduction de la requête, M. A s'est vu proposer, par mail du 12 janvier 2022, trois fiches de postes de secrétaire administratif à Paris et par courrier du 5 décembre 2022, notifié aux deux adresses connues de l'intéressé, six postes sur l'un desquels il devait se positionner jusqu'au 15 décembre 2022 pour bénéficier de la période préparatoire au reclassement et qu'il n'a pas donné suite à ces propositions de sorte qu'il doit être regardé comme ayant refusé de bénéficier de celles-ci. Toutefois, la période de préparation au reclassement prévue par les dispositions précitées n'est pas subordonnée à l'acceptation par le fonctionnaire, qui reste en position d'activité dans son corps d'origine durant cette période, d'un autre emploi et en tout état de cause à son reclassement préalable. Par suite, en refusant les propositions de postes, M. A ne saurait être regardé comme ayant renoncé au bénéfice de la période préparatoire au reclassement. Dans ces conditions, l'exception de non-lieu opposée en défense ne peut être accueillie.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
5. Il résulte des dispositions précitées que l'administration doit, après avis du comité médical, inviter l'agent qui a été déclaré inapte à l'exercice de ses fonctions, par suite de l'altération de son état physique et dont le poste de travail ne peut être adapté, à présenter une demande de reclassement dans un emploi d'un autre corps et proposer à l'intéressé une période de préparation au reclassement
6. Il ressort des pièces du dossier que dans son avis du 2 juillet 2019, le comité médical a déclaré M. A inapte de manière définitive et absolue aux fonctions de police active. Il ne ressort pas des pièces du dossier que M. A ne remplissait pas les conditions lui permettant de bénéficier de la période de préparation au reclassement prévue à l'article 63 de la loi du 11 janvier 1984, dans sa rédaction alors applicable. Par suite, M. A est fondé à soutenir que la décision contestée méconnaît ces dispositions.
7. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que M. A est fondé à demander l'annulation de la décision implicite de rejet par laquelle le préfet de police de Paris lui a refusé le bénéfice d'une période de préparation au reclassement.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
8. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. / La juridiction peut également prescrire d'office cette mesure ".
9. Eu égard au motif d'annulation retenu, l'exécution du présent jugement implique seulement que le préfet de police de Paris prenne un arrêté accordant à M. A le bénéfice de la période de préparation au reclassement, sous réserve de l'avis du conseil médical, sollicité en vertu du 5° de l'article 7 du décret du 14 mars 1986 relatif à la désignation des médecins agréés, à l'organisation des conseils médicaux, aux conditions d'aptitude physique pour l'admission aux emplois publics et au régime de congés de maladie des fonctionnaires et d'un changement de circonstances de droit ou de fait. Il y a lieu de lui enjoindre d'y procéder dans un délai de trois mois à compter de la notification de la présente décision, sans qu'il soit besoin d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés à l'instance :
10. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".
11. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à M. A au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La décision implicite du 3 octobre 2020 par laquelle le préfet de police de Paris a rejeté la demande de M A tendant à l'octroi d'une période préparatoire au reclassement est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de police de Paris d'accorder à M. A le bénéfice de la période de préparation au reclassement, sous réserve de l'avis du conseil médical, sollicité en vertu du 5° de l'article 7 du décret du 14 mars 1986 relatif à la désignation des médecins agréés, à l'organisation des conseils médicaux, aux conditions d'aptitude physique pour l'admission aux emplois publics et au régime de congés de maladie des fonctionnaires et d'un changement de circonstances de droit ou de fait, dans le délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'État versera une somme de 1 500 euros à M. A en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 20 juin 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Ledamoisel, présidente,
Mme Bourdin, première conseillère,
M. Lacote, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 juin 2023.
Le rapporteur,
J.-N. LACOTE
La présidente,
C. LEDAMOISEL
La greffière,
H. BOURDAIS
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
2
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026