jeudi 1 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2010037 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | HOUNSA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 4 décembre 2020, Mme D B F, représentée par Me Hounsa, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le préfet du Val-de-Marne a refusé de renouveler son titre de séjour ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de réexaminer sa demande dans un délai de deux mois et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'incompétence ;
- elle méconnaît, à titre principal, les dispositions de l'article L. 313-11 6° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en exigeant la preuve, par la requérante, de la contribution du père de son enfant à son entretien et à son éducation ;
- elle méconnaît, à titre subsidiaire, les dispositions de l'article 47 du code civil ;
- elle est entachée d'une erreur de fait, la filiation de son enfant étant établie à l'égard des deux parents ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la Convention internationale relative aux droits de l'enfant.
Le préfet du Val-de-Marne, à qui la requête a été communiquée le 8 décembre 2020, n'a pas produit d'observations.
Par ordonnance du 24 janvier 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 14 février 2022 à 12 h 00.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la Convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code civil ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique, le rapport de Mme A.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D B F, ressortissante camerounaise née le 13 juillet 1989, a bénéficié d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", en qualité de parent d'enfant français, valable du 11 juin 2018 au 10 juin 2019. A l'issue du dépôt de sa demande de renouvellement de ce titre le 4 juin 2019, Mme B s'est vue remettre un récépissé valable du 4 juin au 10 décembre 2019, puis un deuxième valable du 26 novembre 2019 au 25 février 2020 et un troisième récépissé dont la validité du 16 février au 16 mai 2020, a été prolongée jusqu'au 16 novembre 2020 en raison de la crise sanitaire. Mme B demande l'annulation de la décision implicite de rejet opposée par le préfet du Val-de-Marne.
Sur la décision attaquée :
2. Lorsqu'un requérant conteste, dans les délais de recours, une décision implicite de rejet et une décision expresse de rejet intervenue postérieurement, ses conclusions doivent être regardées comme dirigées uniquement contre la seconde décision, qui s'est substituée à la première.
3. Il ressort des pièces du dossier que par courriel du 23 novembre 2020 correspondant à un " message automatique ", le préfet du Val-de-Marne, saisie d'une demande de délivrance de titre de séjour présentée par Mme B F, a opposé un refus. Cette décision s'est substituée à la décision implicite de refus née antérieurement, de sorte que les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme B F doivent être regardées comme étant dirigées exclusivement contre la décision du 23 novembre 2020.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. Le courriel attaqué du 23 novembre 2020, par lequel la sous-préfecture de Nogent-sur-Marne a informé Mme B F du rejet de sa demande, ne comporte aucune indication sur l'identité et la qualité de son auteur, de sorte que, en l'état des éléments versés au dossier, alors que la préfète du Val-de-Marne n'a pas défendu, le tribunal n'est pas mis en mesure d'apprécier la compétence de l'auteur de l'acte attaqué, notamment s'il disposait d'une délégation de signature régulière à cette fin. Par conséquent, Mme B F est fondée à soutenir que l'acte attaqué est entaché d'incompétence.
5. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que Mme B est fondée à demander l'annulation de la décision attaquée du 23 novembre 2020.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
6. Aux termes des dispositions de l'article L. 911-2 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision juridictionnelle, que cette nouvelle décision doit intervenir dans un délai déterminé. / () ".
7. Compte tenu du moyen d'annulation retenu, l'exécution du présent jugement implique le réexamen, par la préfète du Val-de-Marne, de la situation de Mme E. Il y a lieu de l'enjoindre d'y procéder dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, sans qu'il y ait lieu de prononcer l'astreinte réclamée.
Sur les frais liés au litige :
8. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " () Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".
9. Dans les circonstances de l'espèce, il sera alloué à Mme B F une somme de 1 200 euros au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : La décision du préfet du Val-de-Marne du 23 novembre 2020 est annulée.
Article 2 : Il est enjoint à la préfète du Val-de-Marne de réexaminer la situation de Mme B F dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à Mme B F une somme de 1 200 euros au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme B F est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme D B F et à la préfète du Val-de-Marne.
Copie en sera adressée pour information au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 17 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Lopa Dufrénot, présidente,
Mme Leconte, conseillère,
Mme Delon, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er décembre 2022.
La rapporteure,
E. A
La présidente,
M. CLa greffière,
V. TAROT
La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026