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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2010084

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2010084

mardi 13 septembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2010084
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation7ème chambre
Avocat requérantHELIANS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 7 décembre 2020 et le 16 juin 2021, M. B C et Mme D C, représentés par Me Guerin, demandent au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite intervenue le 21 août 2020 par laquelle le maire de Champigny-sur-Marne ne s'est pas opposé à la déclaration préalable présentée par la société SAS MJM Immobilier tendant à la division du terrain situé au 224 boulevard de Stalingrad ainsi que la décision implicite de rejet de leur recours gracieux née le 25 novembre 2020 ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Champigny-sur-Marne une somme de 5 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- ils ont intérêt à agir contre les décisions contestées en leur qualité de propriétaires et voisins immédiats dès lors que le projet implique, d'une part, l'ouverture d'un important chantier avec toutes les nuisances associées, et, d'autre part, de conséquences considérables sur leurs conditions de vie ; leur requête n'est pas, par ailleurs, tardive ;

- le certificat de non-opposition à déclaration préalable a été signé par une autorité incompétente ;

- la décision n'a pas été transmise au service du contrôle de légalité dans un délai de quinze jours à compter de sa signature ;

- il n'est pas établi que la société MJM Immobilier disposait d'un titre lui permettant de déposer une demande de déclaration préalable ;

- la décision méconnaît les dispositions de l'article R. 424-7 du code de l'urbanisme en ce qu'elle ne fixe pas le montant des contributions financières ;

- le dossier de déclaration préalable souffre d'insuffisances en méconnaissance des dispositions de l'article R. 441-10 du code de l'urbanisme faute d'avoir été joint à cette déclaration un croquis et un plan coté dans les trois dimensions ;

- la décision contestée méconnaît les dispositions de l'article R. 111-26 du code de l'urbanisme dès lors qu'elle n'est assortie d'aucune prescription spéciale et que le projet en litige aura pour effet de compromettre leur cadre de vie ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme, reprises à l'article II.1. du règlement du plan local d'urbanisme applicable à l'ensemble des zones urbaines, pour ne pas avoir suffisamment pris en compte l'intérêt des lieux avoisinants ;

- elle méconnaît l'article II 2 du règlement du plan local d'urbanisme de Champigny-sur-Marne dès lors que la construction porte atteinte aux caractéristiques du patrimoine d'intérêt local voisin ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article II.9. du règlement du plan local d'urbanisme de Champigny-sur-Marne dès lors que le projet prévoit l'abattage d'arbres sans aucune justification ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article I.2. de ce règlement applicables à la zone UP " qui interdit toutes nouvelles constructions ;

- elle est incompatible avec les orientations d'aménagement et de programmation (OAP) n°3 " Préserver et développer la trame végétalisée et paysagère " du plan local d'urbanisme de Champigny-sur-Marne ;

- elle est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité du plan local d'urbanisme de Champigny-sur-Marne dont plusieurs dispositions du règlement sont illégales, notamment en ce

qu'elles prévoient diverses règles d'implantation des constructions nouvelles, alors même

qu'il était démontré que ces constructions étaient interdites en zone UP.

Par un mémoire en défense enregistré le 22 janvier 2021, la société MJM Immobilier, représentée par Me Caillet, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge de M. et Mme C la somme de 5 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que les moyens soulevés par M. et Mme C ne sont pas fondés.

Par un mémoire en défense enregistré le 17 juin 2021, la commune de Champigny-sur-Marne conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. et Mme C la somme de 3 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

elle soutient que :

- la requête est irrecevable dès lors que M. et Mme C n'ont pas intérêt à agir ;

- les moyens soulevés par M. et Mme C ne sont pas fondés.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. A,

- les conclusions de M. Zanella, rapporteur public,

- et les observations de Me Vidalie, représentant la société MJM Immobilier.

Considérant ce qui suit :

1. La société MJM Immobilier a déposé le 21 juillet 2020 une déclaration préalable tendant à la division en cinq lots de la parcelle située au 224 boulevard de Stalingrad à Champigny-sur-Marne. En l'absence de toute décision expresse, une décision implicite de non-opposition à déclaration préalable est née à compter du 21 août 2020. Le maire de Champigny-sur-Marne a alors délivré le 26 août 2020 à la société MJM Immobilier un certificat attestant de ce qu'il ne s'était pas opposé à la déclaration préalable. M. et Mme C demandent au tribunal d'annuler pour excès de pouvoir, d'une part, la décision implicite de non-opposition a déclaration préalable intervenue le 21 août 2020, et, d'autre part, la décision implicite de rejet de leur recours gracieux.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, l'article R. 424-13 du code de l'urbanisme dispose que : " En cas de permis tacite ou de non-opposition à un projet ayant fait l'objet d'une déclaration, l'autorité compétente en délivre certificat sur simple demande du demandeur, du déclarant ou de ses ayants droit. / Ce certificat mentionne la date d'affichage en mairie de l'avis de dépôt prévu à l'article R.423-6. / En cas de permis tacite, ce certificat indique la date à laquelle le dossier a été transmis au préfet ou à son délégué dans les conditions définies aux articles L. 2131-1 et L. 2131-2 du code général des collectivités territoriales ".

3. Le certificat visé à l'article précité a pour seul objet d'attester l'existence d'une décision implicite de non-opposition à déclaration préalable. Les vices propres susceptibles d'entacher ce certificat sont dès lors sans incidence sur la légalité de la décision de non-opposition obtenue tacitement et ne peuvent donc pas être utilement invoqués. Il suit de la que le moyen soulevé par les requérants relatif à la compétence de l'auteur du certificat de non-opposition à déclaration préalable tacite est inopérant et ne peut être qu'écarté.

4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 2131-1 du code général des collectivités territoriales : " " I. - Les actes pris par les autorités communales sont exécutoires de plein droit dès qu'ils ont été portés à la connaissance des intéressés dans les conditions prévues au présent article et, pour les actes mentionnés à l'article L. 2131-2, qu'il a été procédé à la transmission au représentant de l'Etat dans le département ou à son délégué dans l'arrondissement prévue par cet article. () ". En outre, l'article L. 2131-2 du même code dispose que : " Sont soumis aux dispositions de l'article L. 2131-1 les actes suivants : () / 6° Le permis de construire et les autres autorisations d'utilisation du sol et le certificat d'urbanisme délivrés par le maire () ". Enfin, l'article L. 424-8 du code de l'urbanisme dispose que : " Le permis tacite et la décision de non-opposition à une déclaration préalable sont exécutoires à compter de la date à laquelle ils sont acquis. " et l'article R. 423-7 du même code précise que : " Lorsque l'autorité compétente pour délivrer le permis ou pour se prononcer sur un projet faisant l'objet d'une déclaration préalable est le maire au nom de la commune, celui-ci transmet un exemplaire de la demande ou de la déclaration préalable au préfet dans la semaine qui suit le dépôt. ".

5. Il résulte de ces dispositions qu'une décision de non-opposition à déclaration préalable tacite est exécutoire dès qu'elle est acquise, sans qu'il y ait lieu de rechercher si elle a été transmise au représentant de l'Etat et qu'une commune doit être réputée avoir satisfait à l'obligation prévue à l'article L. 2131-1 précité dès lors qu'elle transmet l'entier dossier de demande, en application de l'article R. 423-7 du code de l'urbanisme. Toutefois, la méconnaissance de cette obligation est sans incidence sur sa légalité et a pour seul effet de différer le délai dans lequel le préfet peut saisir le tribunal administratif d'un déféré préfectoral. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision contestée n'aurait pas été transmise au service du contrôle de légalité ne peut être qu'écarté.

6. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme : " Les demandes de permis de construire, d'aménager ou de démolir et les déclarations préalables sont adressées par pli recommandé avec demande d'avis de réception ou déposées à la mairie de la commune dans laquelle les travaux sont envisagés : () a) Soit par le ou les propriétaires du ou des terrains, leur mandataire ou par une ou plusieurs personnes attestant être autorisées par eux à exécuter les travaux ; ". Aux termes de l'article R. 441-9 du même code " () La déclaration comporte également l'attestation du ou des déclarants qu'ils remplissent les conditions définies à l'article R. 423-1 pour déposer une déclaration préalable. () ".

7. Les autorisations d'utilisation du sol, qui ont pour seul objet de s'assurer de la conformité des travaux qu'elles autorisent avec la législation et la réglementation d'urbanisme, étant accordées sous réserve du droit des tiers, il n'appartient pas à l'autorité compétente de vérifier, dans le cadre de l'instruction d'une déclaration préalable, la validité de l'attestation établie par le demandeur. Ainsi, sous réserve de la fraude, le pétitionnaire qui fournit l'attestation prévue à l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme doit être regardé comme ayant qualité pour présenter sa demande. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que, conformément aux dispositions précitées de l'article R. 441-9 du code de l'urbanisme, la société MJM Immobilier a attesté, dans le formulaire Cerfa joint à sa déclaration préalable, remplir les conditions prévues à l'article R. 423-1 du même code pour déposer cette déclaration. Par suite, le moyen tiré de ce que la société MJM Immobilier n'aurait pas justifié disposer d'un titre lui permettant de déposer une demande de déclaration préalable doit être écarté.

8. En quatrième lieu, aux termes de l'article R. 424-7 du code de l'urbanisme : " Lorsque la décision met à la charge du bénéficiaire du permis une ou plusieurs des contributions mentionnées à l'article L. 332-28, elle fixe le montant de chacune d'elles ". En outre, l'article R. 424-8 du même code dispose que : " Dans le délai de deux mois à compter de l'intervention d'un permis tacite ou d'une décision de non-opposition à une déclaration préalable, l'autorité compétente peut, par arrêté, fixer les participations exigibles du bénéficiaire du permis ou de la décision prise sur la déclaration préalable. ".

9. Il résulte de ces dispositions que la circonstance que le projet puisse être soumis à des participations ne fait pas obstacle à ce que puisse naître une décision implicite de non-opposition à déclaration préalable, l'autorité compétente disposant alors d'un délai de deux mois à compter de l'intervention de cette décision pour les fixer. Par suite, la légalité de la décision s'appréciant à la date à laquelle elle est intervenue, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que la décision implicite de non-opposition serait illégale dès lors que le projet était soumis à des participations exigibles.

10. En cinquième lieu, aux termes de l'article R. 441-10 du code de l'urbanisme : " Le dossier joint à la déclaration comprend :/ a) Un plan permettant de connaître la situation du terrain à l'intérieur de la commune ; / b) Un plan sommaire des lieux indiquant les bâtiments de toute nature existant sur le terrain ; / c) Un croquis et un plan coté dans les trois dimensions de l'aménagement faisant apparaître, s'il y a lieu, la ou les divisions projetées./ Il est complété, s'il y a lieu, par les documents mentionnés aux articles R. 441-4-1 et R. 441-5, au a de l'article R. 441-6, aux articles R. 441-6-1 à R. 441-8-1 et au b de l'article R. 442-21. ".

11. Il ressort des pièces du dossier que le dossier joint à la déclaration préalable présenté par la société MJM Immobilier contenait un plan de situation du bâtiment existant, dans son environnement proche et lointain, un plan côté permettant d'identifier les éléments bâtis et naturels présents sur le terrain et deux plans côtés décrivant les divisions projetées. En particulier, il contenait, sous le numéro DP9a et avec l'intitulé " plan parcellaire ", un plan coté dans les trois dimensions faisant apparaître la division projetée. Par suite, M. et Mme C ne sont pas fondés à soutenir que l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la règlementation applicable aurait été faussée en raison de l'incomplétude alléguée du dossier joint à la déclaration préalable.

12. En sixième lieu, aux termes de l'article L. 421-6 du code de l'urbanisme : " Le permis de construire ou d'aménager ne peut être accordé que si les travaux projetés sont conformes aux dispositions législatives et réglementaires relatives à l'utilisation des sols, à l'implantation, la destination, la nature, l'architecture, les dimensions, l'assainissement des constructions et à l'aménagement de leurs abords et s'ils ne sont pas incompatibles avec une déclaration d'utilité publique. "

13. Il résulte des dispositions du code de l'urbanisme que les lotissements, qui constituent des opérations d'aménagement ayant pour but l'implantation de constructions, doivent respecter les règles tendant à la maîtrise de l'occupation des sols édictées par le code de l'urbanisme ou les documents locaux d'urbanisme, même s'ils n'ont pour objet ou pour effet, à un stade où il n'existe pas encore de projet concret de construction, que de permettre le détachement d'un lot d'une unité foncière. Il appartient, en conséquence, à l'autorité compétente de s'opposer à la déclaration préalable notamment lorsque, compte tenu de ses caractéristiques telles qu'elles ressortent des pièces du dossier qui lui est soumis, un projet de lotissement permet l'implantation de constructions dont la compatibilité avec les règles d'urbanisme ne pourra être ultérieurement assurée lors de la délivrance des autorisations d'urbanisme requises.

14. D'une part, aux termes de l'article R. 111-26 du code de l'urbanisme " Le permis ou la décision prise sur la déclaration préalable doit respecter les préoccupations d'environnement définies aux articles L. 110-1 et L. 110-2 du code de l'environnement. Le projet peut n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si, par son importance, sa situation ou sa destination, il est de nature à avoir des conséquences dommageables pour l'environnement. Ces prescriptions spéciales tiennent compte, le cas échéant, des mesures mentionnées à l'article R. 181-43 du code de l'environnement. ".

15. En l'espèce, en se bornant à affirmer, sans autre précision, que le projet, dont les dimensions ne seraient pas adaptées au tissu environnant, serait de nature à porter atteinte à la protection de leur cadre de vie et qu'ils subiraient une réduction sensible de l'ensoleillement ainsi que de nombreuses pertes de vues directes depuis leur propriété, les requérants n'établissent pas en quoi ce projet porterait atteinte aux préoccupations d'environnement telles que définies aux articles L. 110-1 et L.110-2 du code de l'environnement. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision litigieuse méconnaîtrait les dispositions de l'article R. 111-26 du code de l'urbanisme doit être écarté.

16. D'autre part, aux termes de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales. ". Aux termes de l'article II. 1 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Champigny-sur-Marne : " Le permis de construire peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions particulières si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales (cônes de vues repérés sur les documents graphiques, ainsi que dans l'Orientation d'Aménagement et de Programmation " Préserver et Développer la Trame Végétale et Paysagère ") () ".

17. Pour apprécier si un projet de construction porte atteinte, en méconnaissance des dispositions de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme ou de celles du règlement d'un plan local d'urbanisme ayant le même objet et dont les exigences ne sont pas moindres, au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales, il appartient à l'autorité administrative d'apprécier, dans un premier temps, la qualité du site sur lequel la construction est projetée et d'évaluer, dans un second temps, l'impact que cette construction, compte tenu de sa nature et de ses effets, pourrait avoir sur le site.

18. Il ressort des pièces du dossier, notamment des plans et des photographies produites, que le terrain d'assiette du projet, qui est entouré par des constructions, est localisé au sein d'une zone urbanisée ne faisant l'objet d'aucune protection patrimoniale, environnementale, historique ou urbanistique. Dans ces conditions, il ne ressort pas de ces mêmes pièces, compte tenu de ses caractéristiques, que le projet de lotissement ne permettrait pas une implantation de constructions dont la compatibilité avec les règles d'urbanisme précitées ne pourrait être ultérieurement assurée lors de la délivrance des autorisations d'urbanisme requises.

19. En septième lieu, l'article II.9. du règlement du plan local d'urbanisme précise, en son dernier alinéa que " Tout abattage d'arbre doit être justifié () et compensé par la plantation d'un arbre de même qualité ".

20. Il est constant que la division en cinq lots de la parcelle située au 224 boulevard de Stalingrad a pour finalité la construction de cinq immeubles à usage d'habitation. Il ressort des pièces du dossier, et notamment des hypothèses d'implantation jointes au dossier de déclaration préalable, qu'elle pourrait entraîner l'abattage d'une partie des arbres situés sur les lots. Toutefois, il n'apparaît pas que cet abattage éventuel ne puisse être justifié lors de la délivrance ultérieure des autorisations d'urbanisme requises, ni être compensé. Dans ces conditions, faute d'établir que cette obligation ne pourrait être respectée lors de la délivrance des permis de construire, le moyen ne peut être qu'écarté.

21. En huitième lieu, selon l'article I.2. du règlement du plan local d'urbanisme : " sont interdits les usages et nature d'activités suivants : ()/ toute nouvelle construction en UP* ".

22. Il ressort des pièces du dossier que le terrain d'assiette du projet se situe en zone " UP " et non, contrairement à ce que soutiennent les requérants, en sous-zone " UP* ". En l'absence de s'inscrire en zone UP*, aucune interdiction absolue de construire ne s'applique au projet. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées du règlement du plan local d'urbanisme ne peut être qu'écarté.

23. En neuvième lieu, une autorisation d'urbanisme ne peut être légalement délivrée si les travaux qu'elle prévoit sont incompatibles avec les orientations d'aménagement et de programmation d'un plan local d'urbanisme et, en particulier, en contrarient les objectifs. En se bornant à citer des extraits de l'orientation d'aménagement et de programmation (OAP) n°3, dont le terrain d'assiette du projet est voisin, M. et Mme C n'apportent aucun élément à l'appui de leur moyen tendant à établir l'incompatibilité alléguée entre le projet et l'OAP, ni de ce que le projet en litige serait susceptible d'en contrarier les objectifs. Par suite, le moyen qui n'est pas assorti des précisions suffisantes doit être écarté.

24. En dixième et dernier lieu, si une autorisation d'urbanisme ne peut être délivrée que pour un projet qui respecte la réglementation d'urbanisme en vigueur, elle ne constitue pas un acte d'application de cette réglementation. Par suite, un requérant demandant l'annulation d'une décision de non-opposition à une déclaration préalable de lotissement ne saurait utilement se borner à soutenir qu'elle a été délivrée sous l'empire d'un document d'urbanisme illégal, quelle que soit la nature de l'illégalité dont il se prévaut. Cependant, il résulte de l'article L. 600-12 du code de l'urbanisme que la déclaration d'illégalité d'un document d'urbanisme a, au même titre que son annulation pour excès de pouvoir, pour effet de remettre en vigueur le document d'urbanisme immédiatement antérieur. Dès lors, il peut être utilement soutenu devant le juge qu'une décision de non-opposition à déclaration préalable a été délivrée sous l'empire d'un document d'urbanisme illégal, sous réserve, en ce qui concerne les vices de forme ou de procédure, des dispositions de l'article L. 600-1 du même code et à la condition que le requérant fasse en outre valoir que cette déclaration préalable méconnaît les dispositions pertinentes ainsi remises en vigueur.

25. Il suit de là que le moyen tiré de l'illégalité, invoquée par voie d'exception, du règlement du plan local d'urbanisme de Champigny-sur-Marne, notamment en ce qu'il comporte des règles d'implantation de constructions nouvelles en zone UP, est inopérant, dès lors que les requérants ne soutiennent pas également que la décision tacite attaquée méconnaît les dispositions pertinentes qui seraient remises en vigueur du fait de la déclaration de l'illégalité de ce document.

26. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée par la commune de Champigny-sur-Marne, que M. et Mme C ne sont pas fondés à demander l'annulation de la décision de non-opposition à déclaration préalable intervenue le 21 août 2020 et de la décision implicite de rejet de leur recours gracieux.

Sur les frais liés au litige :

27. Les dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Champigny-sur-Marne qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. et Mme C demandent au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de M. et Mme C une somme de 1 000 euros à verser à la commune de Champigny-sur-Marne et une autre somme de 1000 euros à verser à la société MJM Immobilier au titre des frais exposés par elles et non compris dans les dépens

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. et Mme C est rejetée.

Article 2 : M. et Mme C verseront une somme de 1 000 euros à la commune de Champigny-sur-Marne et une autre somme de 1 000 euros à la société MJM Immobilier au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : La présente décision sera notifiée à M. B C, Mme D C, à la commune de Champigny-sur-Marne et à la société MJM immobilier.

Délibéré après l'audience du 2 septembre 2022, à laquelle siégeaient :

M. L'hirondel, président,

Mme Morisset, conseillère,

M. Cabal, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 septembre 2022.

Le rapporteur,

P.Y. A

Le président,

M. L'HIRONDEL La greffière,

L. DARNAL

La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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