mardi 7 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2010244 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | RICHER & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 11 décembre 2020 et 3 janvier 2022, M. A C, représenté par le cabinet Adaes avocats, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 12 octobre 2020 par lequel la maire de Limeil-Brévannes a refusé de lui délivrer un permis de construire pour l'extension et la mise en conformité d'un restaurant situé sur les parcelles cadastrées section AD n°s122 et 439 au 31 rue Henri Barbusse ;
2) d'annuler l'arrêté du 12 octobre 2020 par lequel la maire de Limeil-Brévannes a refusé de lui délivrer une dérogation aux règles d'accessibilité et une autorisation de travaux pour le réaménagement et la mise en conformité d'un établissement recevant du public situé sur les parcelles cadastrées section AD n°s122 et 439 au 31 rue Henri Barbusse ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Limeil-Brévannes une somme de 4 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- sa requête est recevable dès lors qu'il dispose notamment de la qualité et d'un intérêt à agir en tant que gérant du Tabac de la poste, établissement installé au 31 rue Henri Barbusse à Limeil-Brévannes.
En ce qui concerne les moyens communs aux deux arrêtés :
- ils sont entachés d'incompétence dès lors que la signature de l'auteur de l'acte est illisible ;
- l'avis défavorable émis le 12 août 2020 par la commission consultative départementale de sécurité et d'accessibilité du Val-de-Marne relatif à l'accessibilité aux personnes handicapées est illégal du fait d'un vice de procédure en ce qu'il est signé du président de la sous-commission départementale d'accessibilité des personnes handicapées et non du préfet ;
En ce qui concerne les moyens dirigés contre l'arrêté de refus de permis de construire :
- l'autorité administrative n'avait pas à soumettre une demande d'avis à l'architecte des bâtiments de France dès lors que l'immeuble concerné par les travaux n'est pas visible depuis le château, hôpital de Brévannes, monument classé monument historique. Il en résulte que l'arrêté de refus de permis de construire ne pouvait être fondé sur ce motif et a été pris à l'issue d'une procédure irrégulière ;
- il est entaché d'une erreur d'appréciation en ce qu'il prend en compte l'avis défavorable de Grand Paris Sud Est émis le 12 août 2020 en sa qualité de gestionnaire de voirie, eau potable et assainissement dès lors qu'il est illégal pour comporter une erreur de fait en ne prenant pas en compte la note technique et le plan transmis dans le dossier de demande de permis de construire ;
En ce qui concerne le moyen dirigé contre l'arrêté de refus de dérogations et d'autorisation de travaux :
- il est entaché d'une erreur d'appréciation en ce qu'il prend en compte l'avis défavorable émis le 12 août 2020 par la commission consultative départementale de sécurité et d'accessibilité du Val-de-Marne relatif à l'accessibilité aux personnes handicapées qui est illégal pour, d'une part, subordonner son accord de dérogation à l'obtention d'un avis favorable sur les travaux projetés et, d'autre part, comporter des erreurs quant au calcul du pourcentage de la rampe amovible envisagée et à la présence de ressauts sur cette rampe.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 19 mars 2021 et 12 février 2022, la commune de Limeil-Brévannes, représentée par le cabinet Richer et associés, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. C au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable dès lors que, d'une part, M. C ne dispose ni de la qualité, ni de l'intérêt pour agir et que, d'autre part, les deux arrêtés contestés ne présentent pas de lien suffisant entre eux pour pouvoir être contestés par une requête unique ;
- le moyen tiré de ce que la signature de l'auteur de l'acte serait illisible est inopérant;
- les autres moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par des courriers du 18 janvier 2023 et du 9 février 2022, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur deux moyens relevés d'office, tirés d'une part de l'irrecevabilité des conclusions dirigées contre l'arrêté portant autorisation de construire, d'aménager ou de modifier un établissement recevant du public du 12 octobre 2020, qui ne constitue pas un acte faisant grief mais une mesure préparatoire à la délivrance du permis de construire, et d'autre part, de la compétence liée du maire de la commune de Limeil-Brévannes pour refuser le permis de construire au pétitionnaire à la suite de l'avis défavorable de l'architecte des bâtiments de France, rendant inopérants les autres moyens dirigés contre cette décision.
Des mémoires présentés par M. C et par la commune de Limeil-Brévannes ont été enregistrés le 13 février 2023 en réponse au moyen relevé d'office.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'urbanisme ;
- l'arrêté du 8 décembre 2014 fixant les dispositions prises pour l'application des articles R. 111-19-7 à R. 111-19-11 du code de la construction et de l'habitation et de l'article 14 du décret n° 2006-555 relatives à l'accessibilité aux personnes handicapées des établissements recevant du public situés dans un cadre bâti existant et des installations existantes ouvertes au public ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B,
- les conclusions de M. Zanella, rapporteur public,
- et les observations de Me Dupigny, représentant M. C.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 12 octobre 2020, la maire de Limeil-Brévannes a, au nom de la commune, refusé de délivrer à l'établissement Tabac de la Poste, représenté par son gérant, M. A C, le permis de construire qu'il avait sollicité en vue de réaliser des travaux d'extension et de mise en conformité de son restaurant situé sur les parcelles cadastrées section AD n°s 122 et 439 au 31 rue Henri Barbusse à Limeil-Brévannes. Par un arrêté du même jour, la maire de Limeil-Brévannes s'est, au nom de l'Etat, opposée à accorder une dérogation aux conditions d'accessibilité ainsi qu'une autorisation de travaux qu'il avait sollicitée en vue de réaliser des travaux de réaménagement et de mise en conformité de ce restaurant. M. C demande au tribunal d'annuler ces deux arrêtés.
Sur les conclusions aux fin d'annulation et d'injonction :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 425-3 du code de l'urbanisme : " Lorsque le projet porte sur un établissement recevant du public, le permis de construire tient lieu de l'autorisation prévue par l'article L. 122-3 du code de la construction et de l'habitation dès lors que la décision a fait l'objet d'un accord de l'autorité administrative compétente qui peut imposer des prescriptions relatives à l'exploitation des bâtiments en application de l'article L. 143-2 du code de la construction et de l'habitation. Le permis de construire mentionne ces prescriptions. Toutefois, lorsque l'aménagement intérieur d'un établissement recevant du public ou d'une partie de celui-ci n'est pas connu lors du dépôt d'une demande de permis de construire, le permis de construire indique qu'une autorisation complémentaire au titre de l'article L. 122-3 du code de la construction et de l'habitation devra être demandée et obtenue en ce qui concerne l'aménagement intérieur du bâtiment ou de la partie de bâtiment concernée avant son ouverture au public ". Aux termes de l'article L. 111-8 du code de la construction et de l'habitation alors en vigueur: " Les travaux qui conduisent à la création, l'aménagement ou la modification d'un établissement recevant du public ne peuvent être exécutés qu'après autorisation délivrée par l'autorité administrative qui vérifie leur conformité aux règles prévues aux articles L. 111-7, L. 123-1 et L. 123-2. / Lorsque ces travaux sont soumis à permis de construire, celui-ci tient lieu de cette autorisation dès lors que sa délivrance a fait l'objet d'un accord de l'autorité administrative compétente mentionnée à l'alinéa précédent () ".
3. Il résulte de ces dispositions que l'autorisation de création d'un établissement recevant du public délivrée par l'autorité compétente pour qu'un permis de construire puisse être délivré, constitue une mesure préparatoire à la délivrance de ce permis de construire, seule décision susceptible de recours contentieux. Dans ces conditions, les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté du 12 octobre 2020 par lequel la maire de Limeil-Brévannes a, au nom de l'Etat, refusé de délivrer à M. C une dérogation aux règles d'accessibilité et une autorisation de travaux pour le réaménagement et la mise en conformité d'un établissement recevant du public, alors même qu'il a été révélé par un acte distinct du permis de construire délivré par cette même autorité le 12 octobre 2020, sont dirigées contre un acte insusceptible de recours. Par suite, elles sont irrecevables et doivent être rejetées.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 423-54 du code de l'urbanisme : " Lorsque le projet est situé dans le périmètre d'un site patrimonial remarquable ou dans les abords des monuments historiques, l'autorité compétente recueille l'accord ou, pour les projets mentionnés à l'article L. 632-2-1 du code du patrimoine, l'avis de l'architecte des Bâtiments de France. ". Selon l'article L. 621-30 du code du patrimoine dans sa rédaction applicable au présent litige : " Lorsqu'un immeuble non protégé au titre des monuments historiques fait l'objet d'une procédure d'inscription ou de classement ou d'une instance de classement, l'architecte des Bâtiments de France peut proposer, en fonction de la nature de l'immeuble et de son environnement, un périmètre de protection adapté. La distance de 500 mètres peut alors être dépassée avec l'accord de la commune ou des communes intéressées. Ce périmètre est créé par l'autorité administrative après enquête publique. / Les périmètres prévus aux quatrième et cinquième alinéas peuvent être modifiés par l'autorité administrative, sur proposition de l'architecte des Bâtiments de France, après accord de la commune ou des communes intéressées et enquête publique, de façon à désigner des ensembles d'immeubles, bâtis ou non, qui participent de l'environnement d'un monument historique, pour en préserver le caractère ou contribuer à en améliorer la qualité. () / Lorsque la modification du périmètre est réalisée à l'occasion de l'élaboration, de la modification ou de la révision d'un plan local d'urbanisme ou d'une carte communale, elle est soumise à enquête publique par le maire ou le président de l'établissement public de coopération intercommunale compétent, en même temps que le plan local d'urbanisme ou la carte communale. L'approbation du plan ou de la carte emporte modification du périmètre. Le tracé du périmètre prévu au présent article est annexé au plan local d'urbanisme dans les conditions prévues à l'article L. 126-1 du code de l'urbanisme. ()".
5. Il résulte de ces dispositions que, lorsqu'une commune a instauré un périmètre de protection, les projets situés dans ce périmètre sont soumis à l'avis préalable de l'architecte des bâtiments de France.
6. D'une part, il ressort des pièces du dossier que le terrain d'assiette du projet est situé dans le périmètre de protection instauré sur le territoire de la commune de Limeil-Brévannes par le plan local d'urbanisme approuvé par délibération du conseil municipal du 11 octobre 2012. Il est, en outre, situé, selon l'avis émis par l'architecte des bâtiments de France, aux abords d'un monument historique, en l'espèce, l'ancien hospice situé 48 rue Henri Barbusse. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir qu'en consultant pour avis l'architecte des bâtiments de France, la maire de Limeil-Brévannes a entaché sa décision d'un vice de procédure. Par suite le moyen doit être écarté.
7. D'autre part, il est constant que l'architecte des bâtiments de France, saisi du projet en litige par la maire de la commune en application des dispositions de l'article R. 423-54 du code de l'urbanisme, s'est opposé, le 14 août 2020, à ce projet en raison de l'incomplétude du dossier qui ne lui permettait pas d'exercer sa compétence. Dans ces conditions, la maire de Limeil-Brévannes était tenue de refuser le permis de construire sollicité par M. C. Les autres moyens invoqués à l'encontre de l'arrêté attaqué sont, dès lors, inopérants.
8. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir opposées par la commune de Limeil-Brévannes, que les conclusions présentées par M. C à fin d'annulation doivent être rejetées, ainsi que par voie de conséquence, celles présentées à fin d'injonction.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Limeil-Brévannes, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. C demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. C une somme de 1 500 euros à verser à la commune de Limeil-Brévannes au titre de ces mêmes dispositions.
D E C I D E:
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : M. C versera une somme de 1 500 euros à la commune de Limeil-Brévannes au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et à la commune de Limeil-Brévannes.
Délibéré après l'audience du 14 février 2023, à laquelle siégeaient :
M. L'hirondel , président,
M. Duhamel, premier conseiller,
M. Cabal, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 mars 2023.
Le rapporteur,
B. B
Le président,
M. L'HIRONDELLa greffière,
M.NODIN
La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026