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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2010391

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2010391

mardi 27 septembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2010391
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation7ème chambre
Avocat requérantSCP LONQUEUE SAGALOVITSCH EGLIE-RICHTERS & ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 16 décembre 2020 et le 28 février 2022, le syndicat des copropriétaires du 87, avenue de Verdun à Fontenay-sous-Bois, représenté par Me Turbe, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 7 septembre 2020 par lequel le maire de Fontenay-sous-Bois a délivré à M. et Mme A un permis de construire une maison unifamiliale composée de trois logements au 85 boulevard de Verdun ainsi que la décision implicite de rejet de son recours gracieux ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Fontenay-sous-Bois une somme de 3 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- sa requête est recevable ; en particulier, elle n'est pas tardive et il a intérêt pour agir ;

- le projet en litige méconnaît les dispositions de l'article R.111-27 du code de l'urbanisme et de l'article L.642-1 du même code en raison de sa hauteur (12 mètres) ainsi que du volume architectural, des façades et de la toiture qui font apparaître une rupture totale avec le quartier ;

- compte tenu de l'impact du projet sur le quartier, le maire aurait dû solliciter une étude d'impact visuel du projet et a entaché son arrêté d'erreur manifeste d'appréciation ;

- il n'existe pas " de précisions de fournisseurs sur l'autorisation de construire " dès lors que l'arrêté ne contient aucune prescription reprenant les préconisations de Veolia, des sapeur-pompiers et d'Enedis ;

- le projet méconnaît les dispositions du plan local d'urbanisme de la commune applicables à la zone UCc dès lors que le projet porte sur un immeuble tandis que le quartier est pavillonnaire et à préserver.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 18 février 2022 et le 19 avril 2022, la commune de Fontenay-sous-Bois, représentée par la SCP Lonqueue - Sagalovitsch - Eglie -Richters et associés, conclut au rejet de la requête à ce qu'il soit mis à la charge du syndicat des copropriétaires du 87, avenue de Verdun à Fontenay-sous-Bois une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- à titre principal, la requête du syndicat est irrecevable faute pour ce dernier de démontrer son intérêt et sa qualité pour agir ;

- à titre subsidiaire, les moyens soulevés par le syndicat des copropriétaires du 87, avenue de Verdun à Fontenay-sous-Bois ne sont pas fondés.

Par un mémoire enregistré le 14 mars 2022, M. C A et Mme B A, représentés par Me Doueb, concluent à titre principal au rejet de la requête, à titre subsidiaire, de sursoir à statuer sur le fondement des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme afin de permettre la régularisation du permis de construire, et en tout état de cause à ce qu'il soit mis à la charge du syndicat des copropriétaires du 87, avenue de Verdun à Fontenay-sous-Bois une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- les moyens de la requête ne sont pas fondés ;

- à supposer que le tribunal retienne le moyen tiré de ce que l'arrêté attaqué devait reprendre les préconisations des services consultés, il est demandé à la juridiction de surseoir à statuer, en application des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, pour permettre sur ce point la régularisation de l'autorisation d'urbanisme.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme E,

- les conclusions de M. Zanella, rapporteur public ;

- et les observations de Me Krasniqi, représentant la commune de Fontenay-sous-Bois, et de Me Doueb, représentant M. et Mme A.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté n° PC 094 033 20 N1042 du 7 septembre 2020, le maire de Fontenay-sous-Bois a délivré, à M. et Mme A, un permis de construire une maison unifamiliale de trois logements, sur un terrain situé 85 avenue de Verdun. Par la requête susvisée, le syndicat des copropriétaires du 87, avenue de Verdun à Fontenay-sous-Bois, en qualité de propriétaire de parcelles mitoyennes du terrain d'assiette du projet, demande au tribunal d'annuler cet arrêté, ainsi que la décision de rejet implicite de son recours gracieux.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, les demandes de permis de construire sont instruites dans les conditions prévues aux articles L. 423-1 et R. 423-1 et suivants du code de l'urbanisme. Il ne résulte d'aucune de ces dispositions que la demande de permis de construire devait contenir une étude d'impact visuel pour mesurer les conséquences du projet sur les lieux avoisinants.

3. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 423-50 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente recueille auprès des personnes publiques, services ou commissions intéressés par le projet, les accords, avis ou décisions prévus par les lois ou règlements en vigueur. ". La circonstance que le permis de construire ne viserait pas tous les avis qui devaient être obligatoirement recueillis sur le projet qu'il autorise est sans incidence sur sa légalité.

4. Le syndicat requérant soutient que ne sont repris dans l'arrêté attaqué ni les préconisations formulées par les services consultés, en l'occurrence Veolia dans son avis du 23 juillet 2020, Enedis dans son avis du 27 juillet 2020 et le bureau de la prévention de la préfecture de police dans son avis du 28 juillet 2020, ni les dispositions des articles 23 et 25 de l'arrêté du 31 janvier 1986 relatif à la protection contre l'incendie des bâtiments d'habitation pris en compte par le bureau de la prévention dans ce dernier avis. Alors qu'une telle omission serait sans incidence sur la légalité de la décision contestée, il ressort de l'arrêté attaqué qu'il vise les " avis des services intéressés ", quand bien même il ne reprend pas dans ses motifs leur contenu.

5. En troisième lieu, et d'une part, aux termes de l'article R.111-27 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales ".

6. Si les constructions projetées portent atteinte à l'intérêt des lieux avoisinants, l'autorité administrative compétente peut refuser de délivrer l'autorisation sollicitée ou l'assortir de prescriptions spéciales. Pour rechercher l'existence d'une atteinte à un paysage naturel ou urbain de nature à fonder le refus d'autorisation ou les prescriptions spéciales accompagnant sa délivrance, il lui appartient d'apprécier, dans un premier temps, la qualité du site naturel ou urbain sur lequel la construction est projetée et d'évaluer, dans un second temps, l'impact que cette construction, compte tenu de sa nature et de ses effets, pourrait avoir sur le site.

7. En l'espèce, le projet se situe en zone UC du plan local d'urbanisme de la commune de Fontenay-sous-Bois, laquelle est définie par le règlement de ce plan comme correspondant à des tissus urbains mixtes à dominante résidentielle pavillonnaire, caractérisé par l'existence d'un patrimoine bâti et architectural à maintenir et plus particulièrement en secteur UCC correspondant à un " tissu pavillonnaire caractérisé par la présence d'un habitat modeste implanté sur un parcellaire préserver, à maîtriser ". Il ressort des pièces du dossier que le projet, qui tend à la réalisation d'une maison unifamiliale de trois logements, s'inscrit dans une zone fortement urbanisée caractérisée par la présence de nombreux bâtiments d'habitation collectifs présentant une hauteur et un gabarit important et sans particularité architecturale. Il n'est notamment pas contesté que le bâtiment voisin jouxtant immédiatement le terrain d'assiette du projet a une hauteur et un volume plus importants que la construction projetée. Au demeurant, le document graphique et les documents photographiques joints à la demande de permis de construire font apparaître que le projet en litige présente une hauteur et un volume similaire à ceux des bâtiments implantés à proximité immédiate du terrain d'assiette du projet. Enfin, si le règlement du plan local d'urbanisme précise, s'agissant de la zone UCc, qu'il s'agit d'un tissu pavillonnaire à maîtriser, cette seule mention, ni au demeurant aucune disposition du règlement du plan local d'urbanisme, n'ont pour effet d'interdire par elles-mêmes la construction d'une maison unifamiliale de trois logements.

8. D'autre part, si le syndicat requérant allègue que le permis de construire a été délivré en violation des dispositions de l'article L.642-1 du code de l'urbanisme pour être implanté au sein d'une aire de mise en valeur de l'architecture et du patrimoine, il n'apporte au soutien de son allégation aucun élément de nature à permettre au tribunal d'en apprécier le bien-fondé.

9. Il résulte de ce qui précède que les moyens tirés de la méconnaissance du règlement du plan local d'urbanisme et des dispositions des articles R. 111-27 et L. 642-1 du code de l'urbanisme doivent être écartés.

10. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée par la commune de Fontenay-sous-Bois, que les conclusions à fin d'annulation présentées par le syndicat des copropriétaires du 87, avenue de Verdun à Fontenay-sous-Bois doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Fontenay-sous-Bois, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que le syndicat des copropriétaires du 87, avenue de Verdun à Fontenay-sous-Bois demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge du syndicat des copropriétaires du 87, avenue de Verdun à Fontenay-sous-Bois une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par la commune de Fontenay-sous-Bois et non compris dans les dépens et une autre somme de 1 000 euros à verser à M. et Mme A, au même titre.

D E C I D E :

Article 1er : La requête du syndicat des copropriétaires du 87, avenue de Verdun à Fontenay-sous-Bois est rejetée.

Article 2 : Le syndicat des copropriétaires du 87 avenue de Verdun versera à la commune de Fontenay-sous-Bois une somme de 1 000 euros et à M. et Mme A une autre somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : La présente décision sera notifiée au syndicat des copropriétaires du 87, avenue de Verdun à Fontenay-sous-Bois, à la commune de Fontenay-sous-Bois, à M. C A et Mme B A.

Délibéré après l'audience du 13 septembre 2022, à laquelle siégeaient :

M. L'hirondel , président,

Mme Morisset, premier conseiller,

M. Cabal, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 septembre 2022.

La rapporteure,

A. E

Le président,

M. L'HIRONDEL La greffière,

M. D

La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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