jeudi 5 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2010422 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | GIRIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires complémentaires, enregistrés les 16 décembre 2020, 22 mars, 17 juillet, 17 décembre 2021, 3 octobre 2022, 23 mars et 11 septembre 2023, Mme A B, représentée par Me Girier, doit être regardée comme demandant au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1°) de prononcer la décharge de l'obligation de payer résultant de la notification d'une saisie administrative à tiers détenteur en date du 25 août 2020 ;
2°) d'enjoindre au directeur départemental des finances publiques du Val-de-Marne d'établir un décompte sincère et actualisé, de procéder au remboursement du trop-perçu et de cesser toute mesure d'exécution forcée au besoin sous astreinte.
La requérante soutient que :
- elle était à jour du paiement de ses impôts lorsqu'on lui a délivré une attestation de mainlevée définitive le 8 février 2012 ;
- les impositions qui lui sont réclamées ne correspondent à rien ;
- l'administration lui avait accordé la remise des intérêts et majorations ;
- on lui réclame le paiement de taxes foncières au titre des années 2010 à 2012 qu'elle ne doit pas ;
- l'administration ne démontre pas que sa dette est certaine ;
- elle a proposé de régler sa dette par délais de paiement ;
- elle a demandé la remise de sa taxe foncière 2016 ;
- l'administration a, à tort, remis en cause la procédure de surendettement qu'elle avait engagée ;
- le décompte de l'administration ne fait pas état des versements obtenus dans le cadre de procédures de saisies immobilières ;
- elle a été admise au bénéfice de la procédure de surendettement à compter du 5 janvier 2021.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 15 janvier, 21 mai, 19 novembre 2021, 18 février, 1er décembre 2022 et 24 mars 2023, le directeur départemental des finances publiques du Val-de-Marne conclut au rejet de la requête en faisant valoir que les moyens développés ne sont pas fondés.
Par décision du 17 février 2021, Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Meyrignac ;
- et les conclusions de M. Philipbert, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La comptable du service des impôts des particuliers de Créteil a notifié une saisie administrative à tiers détenteur à l'encontre de Mme B le 30 juillet 2020, pour obtenir le recouvrement de cotisations d'impôt sur le revenu de l'année 2013, de taxe d'habitation des années 2013, 2014 et 2015 et de taxe foncière des années 2014 et 2015. L'intéressée a formé opposition à cet acte de poursuite le 25 août 2020, rejetée par décision du directeur départemental des finances publiques du Val-de-Marne en date du 29 octobre suivant. Par la requête précitée, Mme B doit être regardée comme demandant à être déchargée de son obligation de payer résultant de la notification de cet acte de poursuite.
2. Aux termes de l'article L. 281 du livre des procédures fiscales : " Les contestations relatives au recouvrement des impôts, taxes, redevances, amendes, condamnations pécuniaires et sommes quelconques dont la perception incombe aux comptables publics doivent être adressées à l'administration dont dépend le comptable qui exerce les poursuites. () Les contestations relatives au recouvrement ne peuvent pas remettre en cause le bien-fondé de la créance. Elles peuvent porter : () 2° () sur l'obligation au paiement, sur le montant de la dette compte tenu des paiements effectués et sur l'exigibilité de la somme réclamée () ". Aux termes de l'article R. 281-5 du même livre : " Le juge se prononce exclusivement au vu des justifications qui ont été présentées au chef de service. Les redevables qui l'ont saisi ne peuvent ni lui soumettre des pièces justificatives autres que celles qu'ils ont déjà produites à l'appui de leurs mémoires, ni invoquer des faits autres que ceux exposés dans ces mémoires () ".
3. Il résulte de l'instruction que le directeur départemental des finances publiques du Val-de-Marne a produit à l'appui de la décision en date du 29 octobre 2020 rejetant l'opposition à poursuite présentée par Mme B un bordereau de situation établi le 6 octobre précédent par la comptable du service des impôts des particuliers de Créteil et mentionnant l'ensemble des dettes fiscales émises à l'encontre de l'intéressée depuis l'année 2004 en principal et majoration, ainsi que l'ensemble des recouvrements opérés depuis l'année 2007.
4. En premier lieu, Mme B conteste les sommes qui lui ont été réclamées par la saisie administrative à tiers détenteur contestée. Toutefois, en se bornant à soutenir que l'administration a reconnu qu'elle était à jour du paiement de ses impôts lorsqu'une attestation de mainlevée définitive lui a délivrée le 8 février 2012, que les impositions qui lui sont réclamées ne correspondent à rien, que l'administration lui avait accordé la remise des intérêts et majorations, qu'on lui réclame le paiement de taxes foncières au titre des années 2010 à 2012 qu'elle ne doit pas, que l'administration ne démontre pas que sa dette est certaine, qu'elle a proposé de régler sa dette par délais de paiement, qu'elle a demandé la remise de sa taxe foncière 2016, que l'administration a, à tort, remis en cause la procédure de surendettement qu'elle avait engagée et que le décompte de l'administration ne fait pas état des versements obtenus dans le cadre de procédures de saisies immobilières, la requérante n'établit pas que le décompte porté sur le bordereau de situation précité serait erroné, alors qu'elle ne produit aucune pièce justificative de ce que le montant de la dette qui lui a été réclamée par la saisie administrative à tiers détenteur du 30 juillet 2020 excéderait, compte tenu des paiements déjà effectués, celle qu'elle devait à cette date.
5. En deuxième lieu, si dans le cadre de son dernier mémoire, l'intéressée soutient que l'administration n'apporte aucun élément sur la prescription de l'article L. 274 du livre des procédures fiscales, elle n'assortit pas ce moyen des précisions nécessaires permettant d'en apprécier le bien-fondé, alors qu'au demeurant, il n'a pas été invoqué dans le cadre de l'opposition à poursuite du 25 août 2020 conformément aux dispositions précitées de l'article R. 281-5 du livre des procédures fiscales.
6. En troisième lieu, si la requérante soutient qu'elle a été admise à une procédure de surendettement le 5 janvier 2021, que les recouvrements obtenus dans le cadre de la procédure qui s'est achevée le 22 avril 2021 de distribution du prix de vente résultant d'une procédure de saisie immobilière du 13 décembre 2019 n'ont pas été pris en compte et que sa dette fiscale n'est pas réactualisée, ces circonstances postérieures à la notification de la saisie administrative à tiers détenteur contestée sont sans influence sur la solution du présent litige.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de la requérante tendant à obtenir la décharge de l'obligation de payer résultant de la saisie administrative à tiers détenteur du 30 juillet 2020 doivent être rejetées. Par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte doivent également être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, à Me Girier et au directeur départemental des finances publiques du Val-de-Marne.
Délibéré après l'audience du 21 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Le Broussois, président,
M. Freydefont, premier conseiller,
M. Meyrignac, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 octobre 2023.
Le rapporteur,
Signé : P. Meyrignac Le président,
Signé : N. Le Broussois
Le greffier,
Signé : G. Ngassaki
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026