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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2010526

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2010526

jeudi 23 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2010526
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation6ème chambre
Avocat requérantLE BORGNE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 21 décembre 2020, Mme B A, représentée par Me Le Borgne, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 2 septembre 2020 par laquelle l'Office français de la biodiversité lui a notifié un trop-perçu d'un montant de 9 564,31 euros brut, révisé à 9 594,65 euros brut, soit 8 680,26 euros net, ensemble la décision rejetant son recours gracieux ;

2°) à titre subsidiaire, de ramener la somme réclamée, fixée par la décision contestée, à 2 878,95 euros brut soit 2 604,078 euros net ;

3°) en tout état de cause, de mettre à la charge de l'Office français pour la biodiversité une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- le courrier du 2 septembre 2020 a été pris par une autorité incompétente;

- il méconnait les dispositions de l'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration dès lors qu'il emporte retrait d'une décision créatrice de droits plus de quatre mois suivant la prise de celle-ci;

- l'Office français de la biodiversité a commis une faute en lui versant à tort une indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise (IFSE) à taux plein durant son temps partiel pour raisons thérapeutique.

Par un mémoire en défense, enregistré le 7 décembre 2023, l'Office français pour la biodiversité conclut au rejet de la requête.

Par ordonnance du 12 décembre 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 12 février 2024 à midi.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'environnement ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- loi n°2000-301 du 12 avril 2000;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Bourdin,

- les conclusions de M. Lacote, rapporteur public,

- et les observations de Mme A.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B A, cheffe technicienne de l'environnement, exerçant les fonctions de cheffe du service départemental de Seine-et-Marne de l'Office français de la biodiversité (OFB), a été placée à temps partiel thérapeutique du 27 novembre 2018 au 29 octobre 2019. Par un courrier du 2 septembre 2020, la directrice des ressources humaines de l'OFB lui a notifié un trop-perçu de rémunération d'un montant brut de 9 564,31 euros. Par courrier du 3 septembre 2020, reçu par l'OFB le 9 septembre suivant, Mme A a formé un recours gracieux contre cette décision, qui a été rejeté par courrier du 23 octobre 2020. Par la requête susvisée, Mme A demande l'annulation de ces deux décisions.

2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 130-31 du code de l'environnement : " Le directeur général dirige l'établissement. A ce titre : /1° Il assure le fonctionnement et l'organisation de l'ensemble des services ainsi que la gestion du personnel. Il a autorité sur l'ensemble des personnels, définit leurs attributions et nomme à toutes les fonctions pour lesquelles aucune autre autorité n'a reçu pouvoir de nomination. () / " Le directeur général peut déléguer, dans des limites qu'il détermine, sa signature aux directeurs généraux adjoints et directeurs généraux délégués ainsi qu'à des agents de l'établissement désignés pour exercer des fonctions de responsabilité spécifique en son sein. Les directeurs généraux adjoints et directeurs généraux délégués peuvent subdéléguer cette signature. () ".

3. Le courrier du 2 septembre 2020 est signé de Mme D C, directrice des ressources humaines, qui disposait par une décision n°2020-DGDR-02 du 1er juillet 2020 d'une délégation de signature du directeur général délégué " ressources " de l'OFB à l'effet de signer, dans les limites de son domaine fonctionnel " tout acte administratif unilatéral ou contractuel relatif à la gestion du personnels et les actes afférents ". Le directeur général délégué " ressources " dispose quant à lui, par décision n°2020-DGRD-27 du 1er juillet 2020 du directeur général de l'OFB librement accessible sur le site internet de l'OFB, d'une délégation de signature du directeur général de l'OFB à l'effet de prendre les mêmes actes. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte, qui manque en fait, doit être écarté.

4. En second lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration : " L'administration ne peut abroger ou retirer une décision créatrice de droits de sa propre initiative ou sur la demande d'un tiers que si elle est illégale et si l'abrogation ou le retrait intervient dans le délai de quatre mois suivant la prise de cette décision. ". D'autre part, aux termes de l'article 37-1 de la loi du 12 avril 2000 relative aux droits des citoyens : " Les créances résultant de paiements indus effectués par les personnes publiques en matière de rémunération de leurs agents peuvent être répétées dans un délai de deux années à compter du premier jour du mois suivant celui de la date de mise en paiement du versement erroné, y compris lorsque ces créances ont pour origine une décision créatrice de droits irrégulière devenue définitive. (). ".

5. Il résulte de ces dispositions que l'administration peut procéder à la répétition d'un indu dans les deux années suivant le premier jour du mois suivant la date de mise en paiement du versement erroné, quand bien même ces créances auraient pour origine une décision créatrice de droit. En se bornant à opposer la circonstance que le versement par l'administration d'un montant d'indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise (IFSE) équivalent à celui auquel elle aurait pu prétendre en travaillant à temps plein constitue une décision créatrice de droit, Mme A n'établit pas que l'OFB ne pouvait pas procéder à une répétition du montant de prime indûment versé, conformément aux dispositions de l'article 37-1 de la loi du 12 avril 2000 relative aux droits des citoyens dans leurs relations avec les administrations précitées. En tout état de cause, l'octroi de ces indemnités n'a pas le caractère d'une décision accordant un avantage financier et constitue une simple erreur de liquidation. Dans ce cas, il appartient à l'administration de corriger cette erreur et de réclamer le reversement des sommes payées à tort, sans que l'agent intéressé puisse se prévaloir de droits acquis à l'encontre d'une telle demande de reversement. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration ne peut qu'être écarté.

6. En troisième lieu, Mme A n'établit pas, ni même n'allègue l'existence d'un préjudice résultant de la faute de l'OFB qu'elle invoque. Par suite, sa demande tendant à voir diminuer le montant du trop-perçu sur rémunération ne peut qu'être rejetée.

7. Il résulte de ce tout ce qui précède et sans qu'il soit besoin d'en examiner la recevabilité, que la requête de Mme A doit être rejetée. Par voie de conséquence, ses conclusions au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative seront également rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au directeur général de l'Office français pour la biodiversité.

Délibéré après l'audience du 30 avril 2024, à laquelle siégeaient :

M. Dewailly, président,

Mme Bourdin, première conseillère,

M. Rehman-Fawcett, conseiller,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 mai 2024.

La rapporteure,

S. BOURDIN

Le président,

S. DEWAILLY

La greffière,

Y. SADLI

La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision

Pour expédition conforme,

La greffière,

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