vendredi 25 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2010616 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | GMR AVOCATS - GRANGE - MARTIN - RAMDENIE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 22 décembre 2020, 15 juillet 2021 et 26 juillet 2021, la société civile immobilière Paillard, la société à responsabilité limitée Concept Immo 157 et la société à responsabilité limitée Sofrane 1, représentées par Me Leparoux, demandent au tribunal :
1°) d'annuler le certificat d'urbanisme du 6 juillet 2020 par lequel le maire de Perthes-en-Gâtinais a déclaré non réalisable l'opération relative à la division foncière d'un terrain en deux lots, dont un à bâtir, portant sur les parcelles cadastrées section AC n° 250 p, 253, 256, 258, 259, 262, 264, 266, 269 et 271 situées 1 chemin de la Guinguère à Perthes-en-Gâtinais ainsi que la décision implicite rejetant leur recours gracieux formé le 1er septembre 2020 ;
2°) d'enjoindre au maire de Perthes-en-Gâtinais de procéder à une nouvelle instruction de leur demande de certificat d'urbanisme dans un délai d'un mois suivant la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Perthes-en-Gâtinais la somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elles soutiennent que :
- la décision attaquée a été prise par une autorité incompétente dès lors il n'est pas produit de délégation de compétence régulièrement publiée et exécutoire au profit de son signataire ;
- le règlement du plan local d'urbanisme est illégal dès lors que, s'il identifie un projet public en cours de construction, il ne fait référence à aucun des deux périmètres institués par les articles L. 151-41 du code de l'urbanisme et L. 424-1 du code de l'urbanisme ; ainsi, les dispositions illégales du règlement de la zone UF doivent être écartées ; en tout état de cause, les dispositions du règlement immédiatement antérieur sont aussi illégales ; la demande de certificat d'urbanisme doit donc être instruite en application des dispositions du règlement national d'urbanisme ;
- le motif opposé, tiré de la seule autorisation de constructions et d'installations nécessaires aux services publics ou d'intérêt collectif, est illégal dès lors que la zone Uf est identifiée comme étant destinée à accueillir de l'habitat et que le motif vient en contradiction avec l'objectif de création de logements fixé par le plan local d'urbanisme ;
- le zonage retenu pour le terrain d'assiette du projet est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il rend inconstructible la parcelle litigieuse dans l'attente de l'élaboration d'un projet depuis près de trente ans et que le terrain est bordé de constructions à destination d'habitation qui font l'objet d'un classement en zone Ua ou Ub ;
- la parcelle litigieuse peut, contrairement à ce qu'indique la décision attaquée, bénéficier de la pression nécessaire en eau potable dès lors que les capacités du réseau public d'eau potable satisfont les besoins actuels et futurs, que la commune a prévu un projet public d'envergure en cœur de village pouvant être desservi en eau potable, que seule la société Véolia, en sa qualité d'exploitante du réseau, serait compétente pour se prononcer sur la suffisance du réseau, que la commune était en mesure d'indiquer dans quel délai les travaux sur le réseau public d'eau potable seraient réalisés et que d'autres propriétaires se trouvant dans une situation identique à la leur bénéficient d'un tel raccordement pour lequel la pression est censée être identifiée comme insuffisante ;
- l'emplacement réservé n° 12 n'est pas incompatible avec la décision attaquée dès lors qu'il est devenu inopposable le 9 janvier 2020.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 17 juin 2021 et 9 septembre 2021, la commune de Perthes-en-Gâtinais, représentée par Me Ramdenie, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 500 euros soit mise à la charge solidaire des sociétés requérantes au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision a été prise par une autorité compétente dès lors qu'une délégation de signature a été édictée au bénéfice du premier adjoint au maire chargé de l'urbanisme ;
- le règlement de la zone Uf du plan local d'urbanisme n'est entaché d'aucune illégalité dès lors qu'il ne gèle pas la constructibilité des terrains dans l'attente de la réalisation d'un projet public ; en tout état de cause, la déclaration d'illégalité du règlement du plan local d'urbanisme aurait pour effet de remettre en vigueur le plan d'occupation des sols et non le règlement national d'urbanisme ; enfin, la décision attaquée trouve son fondement légal, par substitution, dans les dispositions de la zone d'urbanisation future inconstructible ;
- le réseau public de distribution d'eau potable est insuffisant en terme de pression pour desservir le projet et que la société exploitant le réseau se prononce sur la présence, et non sur la suffisance du réseau ;
- la décision attaquée est, en tout état de cause, justifiée par la contradiction du projet avec l'emplacement réservé n°12 grevant une large partie du terrain d'assiette.
Par une lettre du 21 septembre 2021, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, de la période à laquelle il était envisagé d'appeler l'affaire à une audience et que l'instruction pourrait être close à partir du 30 octobre 2021 sans information préalable.
Une ordonnance portant clôture de l'instruction immédiate a été prise le 3 mars 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- les conclusions de M. Grand, rapporteur public,
- et les observations de Me Dubois, substituant Me Ramdenie, représentant la commune de Perthes-en-Gâtinais.
Considérant ce qui suit :
1. La SCI Paillard, la SARL Concept Immo 157 et la SARL Sofrane 1 ont sollicité le 12 mai 2020 la délivrance d'un certificat d'urbanisme opérationnel portant sur les parcelles cadastrées section AC n°250 p, 253, 256, 258, 259, 262, 264, 266, 269 et 271 situées 1 chemin de la Guinguère à Perthes-en-Gâtinais, en vue de la division foncière d'un terrain en deux lots, dont un à bâtir. Le 6 juillet 2020, le maire de Perthes-en-Gâtinais leur a délivré un certificat d'urbanisme les informant que cette opération n'était pas réalisable aux motifs que le règlement de la zone Uf ne permet que les constructions et installations nécessaires aux services publics et d'intérêt collectif ou d'intérêt public dans le cadre de l'orientation d'aménagement et de programmation et que le réseau public de distribution d'eau potable n'est pas en capacité de délivrer la pression nécessaire pour ce nouveau projet. Par un courrier du 1er septembre 2020, les sociétés requérantes ont exercé un recours gracieux contre l'arrêté du 6 juillet 2020. Une décision implicite de rejet est née à la suite du silence gardé par le maire de Perthes-en-Gâtinais sur cette demande. Par la présente requête, les sociétés requérantes demandent au tribunal l'annulation de ce certificat d'urbanisme.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 410-1 du code de l'urbanisme : " () Le certificat d'urbanisme est délivré dans les formes, conditions et délais déterminés par décret en Conseil d'État par l'autorité compétente mentionnée au a et au b de l'article L. 422-1 du présent code ". Et aux termes de l'article L. 422-1 du même code : " L'autorité compétente pour délivrer le permis de construire, d'aménager ou de démolir et pour se prononcer sur un projet faisant l'objet d'une déclaration préalable est : / a) Le maire, au nom de la commune, dans les communes qui se sont dotées d'un plan local d'urbanisme () ". D'autre part, aux termes de l'article L. 2122-18 du code général des collectivités territoriales : " Le maire est seul chargé de l'administration, mais il peut, sous sa surveillance et sa responsabilité, déléguer par arrêté une partie de ses fonctions à un ou plusieurs de ses adjoints et à des membres du conseil municipal ". Et aux termes de l'article L. 2131-1 du code général des collectivités territoriales : " Les actes pris par les autorités communales sont exécutoires de plein droit dès qu'il a été procédé à leur publication ou affichage ou à leur notification aux intéressés ainsi qu'à leur transmission au représentant de l'État dans le département ou à son délégué dans l'arrondissement. Pour les décisions individuelles, cette transmission intervient dans un délai de quinze jours à compter de leur signature ".
3. Les sociétés requérantes soutiennent que la décision attaquée a été prise par une personne incompétente dès lors il n'est pas établi, à défaut pour la commune de produire une délégation de signature, qu'une délégation de compétence régulièrement publiée et exécutoire au profit de son signataire ait été prise. Il ressort, toutefois, des pièces du dossier que M. B, premier adjoint au maire, a reçu délégation pour signer tous les courriers, actes, arrêtés et décisions en matière d'urbanisme et d'autorisations d'occupation des sols, par un arrêté municipal n° 59/2020 en date du 28 mai 2020. Dans ces conditions, alors que le caractère régulier de la publication de l'acte produit n'est pas contesté en réplique, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision attaquée doit être écarté.
4. En deuxième lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 151-9 du code de l'urbanisme : " Le règlement délimite les zones urbaines ou à urbaniser et les zones naturelles ou agricoles et forestières à protéger. / Il peut préciser l'affectation des sols selon les usages principaux qui peuvent en être faits ou la nature des activités qui peuvent y être exercées et également prévoir l'interdiction de construire. / Il peut définir, en fonction des situations locales, les règles concernant la destination et la nature des constructions autorisées ". D'autre part, aux termes de l'article Uf 1 du règlement du plan local d'urbanisme : " Sont interdits : / Les constructions destinées à l'exploitation agricole ; / Les constructions destinées à l'industrie ; / Les constructions destinées à la fonction d'entrepôt ; / Les constructions destinées à l'hébergement hôtelier ; / Les constructions destinées au commerce ; / Les constructions destinées aux bureaux ; / Les constructions destinées à l'artisanat ; / Les constructions à destination d'habitation à l'exception de celles qui sont autorisées à l'article Uf 2. ; / L'aménagement de terrains destinés à l'accueil des campeurs et des caravanes ; / L'aménagement de terrains destinés à des parcs résidentiels de loisirs ; / L'aménagement de terrains destinés aux habitations légères et de loisirs ; / Le stationnement des caravanes isolées ; / Les dépôts de véhicules et les garages collectifs de caravanes ou de résidences mobiles de loisirs ; / L'ouverture et l'exploitation des carrières ; / Les dépôts de matériaux ou de déchets ". Aux termes de l'article Uf 2 du règlement du plan local d'urbanisme : " Sont autorisés sous condition : / Les constructions et installations nécessaires aux services publics ou d'intérêt collectif à condition qu'elles soient compatibles avec l'orientation d'aménagement N° 3.3. " Le cœur du village " ; / Les constructions à destination d'habitation à condition d'être liées et nécessaires au fonctionnement des occupations ou utilisations du sol autorisées dans la zone ; / Les affouillements et exhaussement de sol, s'ils sont liés à la réalisation des occupations et utilisations du sol autorisées dans la zone ".
5. D'une part, contrairement à ce que soutiennent les sociétés requérantes, la rédaction des dispositions précitées du règlement du plan local d'urbanisme n'est pas fondée sur les dispositions des articles L. 151-41 et L. 424-1 du code de l'urbanisme. Les auteurs du plan local d'urbanisme ont seulement entendu soumettre l'évolution future des dispositions précitées du règlement du plan local d'urbanisme à la modification du parti pris urbanistique. Dans ces conditions, les sociétés requérantes ne peuvent utilement se prévaloir de la méconnaissance des dispositions des articles L. 151-41 et L. 424-1 du code de l'urbanisme en excipant de l'illégalité des dispositions du règlement du plan local d'urbanisme.
6. D'autre part, si les sociétés requérantes soutiennent que le motif opposé, tiré de la seule autorisation de constructions et d'installations nécessaires aux services publics ou d'intérêt collectif, est illégal dès lors que la zone Uf est identifiée comme étant destinée à accueillir de l'habitat et que le motif vient en contradiction avec l'objectif de création de logements fixé par le plan local d'urbanisme, il ressort, toutefois, des dispositions précitées de l'article L. 151-9 du code de l'urbanisme que le règlement peut délimiter notamment des zones urbaines au sein desquelles il précise l'affectation des sols selon les usages principaux qui peuvent en être faits et également prévoir des interdictions de construire ainsi qu'encadrer la destination des futures constructions. Ainsi, le règlement peut, en zone urbaine, sous réserve de la compatibilité avec la vocation de la zone, restreindre ou conditionner la réalisation de certaines constructions, en fonction de leur destination. Dans ces conditions, la zone Uf est bien ouverte à l'urbanisation, même si elle est limitée aux constructions et installations nécessaires aux services publics ou d'intérêt collectif. Par suite, le moyen tiré de l'exception d'illégalité des dispositions précitées du règlement du plan local d'urbanisme doit être écarté.
7. En troisième lieu, si les sociétés requérantes soutiennent que le zonage retenu pour le terrain d'assiette du projet est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il rend inconstructible la parcelle litigieuse dans l'attente de l'élaboration d'un projet depuis près de trente ans et que le terrain est bordé de constructions à destination d'habitation qui font l'objet d'un classement en zone Ua ou Ub, il ressort, toutefois, des pièces du dossier que le terrain d'assiette du projet est non bâti, constitué d'espaces verts, situé à proximité immédiate du centre du bourg et qu'il a vocation à accueillir, dans un futur proche, des logements et des équipements qui sont actuellement limités aux constructions et installations nécessaires aux services publics ou d'intérêt collectif. La seule circonstance que le terrain litigieux soit entouré de terrains construits ne permet pas de caractériser une erreur manifeste d'appréciation du classement de la parcelle litigieuse alors que la zone Uf comporte une alternance de parcelles nues et de parcelles construites. Par suite, le moyen soulevé en ce sens doit être écarté.
8. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme : " Lorsque, compte tenu de la destination de la construction ou de l'aménagement projeté, des travaux portant sur les réseaux publics de distribution d'eau, d'assainissement ou de distribution d'électricité sont nécessaires pour assurer la desserte du projet, le permis de construire ou d'aménager ne peut être accordé si l'autorité compétente n'est pas en mesure d'indiquer dans quel délai et par quelle collectivité publique ou par quel concessionnaire de service public ces travaux doivent être exécutés. / Lorsqu'un projet fait l'objet d'une déclaration préalable, l'autorité compétente doit s'opposer à sa réalisation lorsque les conditions mentionnées au premier alinéa ne sont pas réunies. / Les deux premiers alinéas s'appliquent aux demandes d'autorisation concernant les terrains aménagés pour permettre l'installation de résidences démontables constituant l'habitat permanent de leurs utilisateurs. / Un décret en Conseil d'État définit pour ces projets les conditions dans lesquelles le demandeur s'engage, dans le dossier de demande d'autorisation, sur le respect des conditions d'hygiène et de sécurité ainsi que les conditions de satisfaction des besoins en eau, assainissement et électricité des habitants, le cas échéant, fixées par le plan local d'urbanisme ". Il résulte de ces dispositions, applicables aux certificats d'urbanisme, qu'une autorisation d'urbanisme doit être refusée lorsque, d'une part, des travaux d'extension ou de renforcement de la capacité des réseaux publics de distribution d'eau, d'assainissement ou d'électricité sont nécessaires à la desserte de la construction projetée et, d'autre part, l'autorité compétente n'est pas en mesure d'indiquer dans quel délai et par quelle collectivité publique ou par quel concessionnaire de service public ces travaux doivent être exécutés, après avoir, le cas échéant, accompli les diligences appropriées pour recueillir les informations nécessaires à son appréciation.
9. Les sociétés requérantes soutiennent que la parcelle litigieuse peut bénéficier de la pression nécessaire en eau potable dès lors que les capacités du réseau public d'eau potable satisfont les besoins actuels et futurs, que la commune a prévu un projet public d'envergure en cœur de village pouvant être desservi en eau potable, que seule la société Véolia, en sa qualité d'exploitante du réseau, serait compétente pour se prononcer sur la suffisance du réseau, que la commune était en mesure d'indiquer dans quel délai les travaux sur le réseau public d'eau potable seraient réalisés et que d'autres propriétaires se trouvant dans une situation identique à la leur bénéficient d'un tel raccordement pour lequel la pression est censée être identifiée comme insuffisante. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que la pression du réseau d'eau potable de Perthes-en-Gâtinais est insuffisante pour desservir le centre-ville. Si le schéma directeur d'alimentation en eau potable de la commune du 5 février 2016 indique que le chemin de la Guinguère, sur lequel se situe le terrain d'assiette du projet, se situe en 5ème place du programme de renouvellement des conduites et qu'un bilan des travaux à réaliser a été proposé, il ressort également de la notice de présentation de la modification n°2 du plan local d'urbanisme que l'insuffisance de pression en eau potable pose des problèmes pour l'usage domestique mais surtout pour la défense incendie et qu'un échéancier global des travaux s'organise selon un certain ordre de priorité. A ce titre, la notice indique que plusieurs années de travaux seront nécessaires pour la mise à niveau du réseau et que celle-ci est prévue pour 2025. L'échéancier des travaux a cependant été présenté après la phase de concertation achevée le 23 septembre 2020, soit postérieurement à l'édiction de la décision attaquée. La notice précise également que si, une date prévisionnelle a été annoncée pour 2025, les travaux, qui comportent quatre phases de réalisation et nécessitent plusieurs années de travaux, ne permettent pas à ce stade de connaître leur date de réalisation. En outre, la communauté d'agglomération du Pays de Fontainebleau a émis le 26 mai 2020 un avis défavorable au projet au motif que le réseau d'eau potable public de la commune n'est plus en capacité de délivrer la pression nécessaire pour fournir en eau potable les nouveaux projets et que la communauté d'agglomération ne peut s'engager sur un délai de mise en conformité du réseau public. Par ailleurs, la commune soutient, sans être contredite, que l'urbanisation des dents creuses du cœur d'îlot a été différée, faute pour la commune d'être en capacité de procéder, dans un futur proche, aux travaux de renforcement des réseaux. Elle précise également que les travaux prioritaires consistent à réhabiliter le réservoir d'eau potable et que le montant de ces seuls travaux est estimé à 350 000 euros HT, ces travaux n'étant subventionnés qu'à hauteur de 15 % par le conseil départemental. Enfin, elle rappelle que la société exploitant le réseau se prononce sur la présence, et non sur la suffisance du réseau, qui relève de la communauté d'agglomération. Par suite, le moyen tiré d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme doit être écarté.
10. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la substitution de motifs sollicitée en défense, que les conclusions à fin d'annulation du certificat d'urbanisme du 6 juillet 2020 doivent être rejetées. Par voie de conséquence, doivent également être rejetées les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte.
Sur les frais liés au litige :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Perthes-en-Gâtinais, qui n'est pas partie perdante dans la présente instance, la somme que les sociétés requérantes demandent au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge solidaire des sociétés requérantes la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la commune de Perthes-en-Gâtinais et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête des sociétés SCI Paillard, SARL Concept Immo 157 et SARL Sofrane 1 est rejetée.
Article 2 : Les sociétés SCI Paillard, SARL Concept Immo 157 et SARL Sofrane 1 verseront solidairement à la commune de Perthes-en-Gâtinais la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la SCI Paillard, à la SARL Concept Immo 157, à la SARL Sofrane 1 et à la commune de Perthes-en-Gâtinais.
Délibéré après l'audience du 4 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Mullié, présidente,
Mme Jeannot, première conseillère,
Mme Blanc, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 novembre 2022.
La rapporteure,
F. ALa présidente,
N. MULLIE
La greffière,
C. ROUILLARD
La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026