jeudi 29 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2010807 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | JASLET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 30 décembre 2020, Mme B A, représentée par Me Jaslet, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté en date du 22 septembre 2020 par lequel le préfet de
Seine-et-Marne a refusé le renouvellement de son titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet de Seine-et-Marne de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " sous astreinte de deux cents euros par jour de retard à compter de la notification du jugement à intervenir ou de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois sous astreinte de deux cents euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que celui-ci renonce au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Elle soutient que :
En ce qui concerne la décision portant refus de renouvellement de son titre de séjour :
- elle a été prise par une autorité incompétente ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et d'un défaut d'examen sérieux de sa situation ;
- elle a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière en l'absence de production de l'avis et de l'identification du médecin ayant rédigé le rapport ;
- le préfet a commis une erreur de droit en s'estimant en situation de compétence liée ;
- le préfet a fait une inexacte application des dispositions de l'article L. 313-11 11° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le préfet a méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, porté une atteinte excessive à son droit à mener une vie privée et familiale normale et commis une erreur manifeste d'appréciation.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est illégale en tant qu'elle est fondée sur une décision de refus de délivrance d'un titre de séjour elle-même illégale ;
- elle méconnait les dispositions du 10° de l'article L.511-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
- elle est illégale en tant qu'elle est fondée sur une décision portant obligation de quitter le territoire français elle-même illégale ;
- elle est dépourvue de motivation ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 22 avril 2021, le préfet de Seine-et-Marne conclut à ce que le tribunal prononce un non-lieu à statuer.
Il soutient qu'une autorisation provisoire de séjour a été remise à la requérante le
5 mars 2021 le temps que l'OFII se prononce sur la nouvelle procédure " pour soins " enregistrée le même jour.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code des relations entre le public et l'administration,
- la loi du n° 91-647 10 juillet 1991,
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de M. Jean-René Guillou, premier conseiller honoraire.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B A, ressortissante congolaise née le 7 avril 1976, a obtenu la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " valable du 18 juillet 2017 au 17 juillet 2018 en raison de son état de santé. Elle en a sollicité le renouvellement. Par un arrêté en date du 22 septembre 2020, dont Mme A demande l'annulation, le préfet de Seine-et-Marne a rejeté cette demande, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle est susceptible d'être éloignée.
Sur l'exception à fin de non-lieu à statuer :
2. Un recours pour excès de pouvoir dirigé contre un acte administratif n'a d'autre objet que d'en faire prononcer l'annulation avec effet rétroactif. Si, avant que le juge n'ait statué, l'administration abroge l'acte attaqué, cette circonstance prive d'objet la requête formée à son encontre, à la double condition que cet acte n'ait reçu aucune exécution pendant la période où il était en vigueur et que la décision procédant à son abrogation soit devenue définitive.
3. Il ressort des pièces du dossier que postérieurement à l'introduction de la requête, le préfet de Seine-et-Marne a remis une autorisation provisoire de séjour valable du 5 mars 2021 au 4 juin 2021 à Mme A.
4. D'une part, la délivrance d'une autorisation provisoire de séjour a bien eu pour effet d'abroger implicitement mais nécessairement les décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de renvoi. D'autre part, ces décisions n'ont pas reçu exécution. Par suite, et ainsi que le soutient le préfet de Seine-et-Marne dans son mémoire en défense, les conclusions à fin d'annulation de ces décisions ont perdu leur objet, il n'y a donc plus lieu d'y statuer.
5. En revanche, il ne ressort pas des pièces du dossier que la décision portant refus de renouvellement du titre de séjour ait été retirée ni même abrogée. Par suite, les conclusions tendant à l'annulation de cette décision ne sont pas devenues sans objet, il y a lieu, dans cette mesure, d'écarter l'exception de non-lieu à statuer opposée par le préfet de Seine-et-Marne.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision portant refus de renouvellement de titre de séjour :
6. Aux termes de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans leur rédaction en vigueur à la date de la décision en litige : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " est délivrée de plein droit : () / 11° A l'étranger résidant habituellement en France, si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. La condition prévue à l'article L. 313-2 n'est pas exigée. La décision de délivrer la carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. Les médecins de l'office accomplissent cette mission dans le respect des orientations générales fixées par le ministre chargé de la santé () ".
7. Pour refuser à Mme A le renouvellement de son titre de séjour, le préfet de Seine-et-Marne s'est notamment fondé sur l'avis du 24 janvier 2020 du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration qui précisait que si le défaut de prise en charge médicale pourrait entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, l'intéressée peut bénéficier effectivement d'un traitement approprié à son état de santé eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé au Congo et qu'au vu des pièces du dossier, l'état de santé de Mme A lui permettait de voyager sans risque à destination de son pays d'origine.
8. La requérante produit toutefois des certificats médicaux circonstanciés indiquant que son état de santé nécessite un traitement médicamenteux pour laquelle elle est prise en charge dans le cadre d'un dispositif à base de Tamoxifène, de Bisoce et d'Exforge, ainsi que la liste nationale des médicaments essentiels établie par le ministère de la santé de la République du Congo, qui permet de mettre en évidence la non-disponibilité de l'un des deux principes actifs de l'Exforge - le Valsartan - en République du Congo. Dans ces conditions, et alors que le préfet de Seine-et-Marne, qui ne défend pas le bien-fondé de sa décision de refus de séjour, n'apporte aucun élément de nature à justifier de l'existence d'un traitement de substitution, Mme A est fondée à soutenir que la décision lui refusant le séjour méconnaît les dispositions du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
9. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête, Mme A est fondée à demander l'annulation de la décision de refus de séjour en litige.
Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :
10. Eu égard au motif d'annulation retenu, le présent jugement implique nécessairement, en l'absence de changement dans les circonstances de droit ou de fait y faisant obstacle, qu'il soit enjoint au préfet de Seine-et-Marne de délivrer à Mme A un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement. Dans les circonstances de l'espèce il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction de l'astreinte demandée.
Sur les frais du litige :
11. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Jaslet, avocate de Mme A renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Jaslet de la somme de 1 200 euros.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions présentées par Mme A tendant à l'annulation des décisions par lesquelles le préfet de Seine-et-Marne lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination.
Article 2 : La décision par laquelle le préfet de Seine-et-Marne a refusé de renouveler le titre de séjour de Mme A est annulée.
Article 3 : Il est enjoint au préfet de Seine-et-Marne de délivrer à Mme A un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 4 : L'Etat versera à Me Jaslet, avocate de Mme A, sous réserve que celle-ci renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, une somme de
1 200 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du
10 juillet 1991.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme A est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, à Me Malaurie Jaslet et au préfet de Seine-et-Marne.
Délibéré après l'audience du 12 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Timothée Gallaud, président,
Mme Sonia Norval-Grivet, première conseillère.
M. Jean-René Guillou, premier conseiller honoraire.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 septembre 2022.
Le rapporteur,
J-R GuillouLe président,
T. Gallaud
La greffière,
O. Dusautois
La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026