lundi 8 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2100037 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | BERTRAND |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 4 janvier et 23 juillet 2021, M. B A, représenté par Me Bertrand, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté en date du 28 octobre 2020 par lequel le maire de Saint-Pierre-lès-Nemours a fixé le montant de l'indemnité de fonctions, de sujétion et d'expertise qu'il devait percevoir à 4 000 euros par an ;
2°) d'enjoindre à la commune de Saint-Pierre-lès-Nemours de procéder au réexamen du montant à lui attribuer au titre de l'indemnité de fonctions, de sujétion et d'expertise dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Pierre-lès-Nemours la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'un défaut de motivation ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que le montant de l'indemnité de fonctions, de sujétion et d'expertise (IFSE) doit être fixé selon le niveau de responsabilité et d'expertise requis, que le poste qui lui a été attribué, placé directement sous l'autorité du maire selon l'organigramme de la commune, comporte des responsabilités d'encadrement, de coordination, de pilotage et de conception, justifiant ainsi que la somme allouée au titre de l'IFSE soit supérieure, que ce montant aurait dû s'élever annuellement à une somme évaluée entre 10 000 et 15 000 euros, que le montant maximal alloué au poste sur lequel la commune l'a affecté est inférieur à celui de tous les groupes de fonctions confondus, seuls les postes d'agent des services techniques et d'ATSEM disposant d'un plafond inférieur et que son expérience professionnelle a été insuffisamment valorisée ;
- il est entaché d'un détournement de pouvoir dès lors que l'arrêté aurait pour but de lui infliger une sanction disciplinaire déguisée et qu'il s'inscrit dans une démarche de harcèlement moral de la part du maire de la commune ;
- l'arrêté attaqué est illégal du fait de l'illégalité de la délibération n° 2020-07 du 7 octobre 2020 fixant le montant maximal pouvant être versé au titre de l'IFSE à la personne occupant le poste de chargé de mission qui est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et dont les dispositions ne sont pas compatibles avec les dispositions du décret n° 2014-513 du 20 mai 2014.
Par un mémoire en défense et un mémoire complémentaire, présentés par le cabinet Athon-Perez et enregistrés les 2 avril et 14 septembre 2021, la commune de Saint-Pierre-lès-Nemours, représentée par son maire en exercice, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge du requérant la somme de 2 500 euros, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé.
Par ordonnance du 25 février 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 1er avril 2022 à midi.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 91-875 du 6 septembre 1991 ;
- le décret n° 2014-513 du 20 mai 2014 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Issard,
- les conclusions de M. Gauthier-Ameil, rapporteur public,
- les observations de Me Bertrand, représentant M. A et celles de Me Achard, représentant la commune de Pierre-lès-Nemours.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du maire de Saint-Pierre-lès-Nemours en date du 7 septembre 2020, M. A a été réintégré rétroactivement à compter du 1er septembre 2020 dans les effectifs de la commune au poste de chargé de mission sous l'autorité du directeur général des services et du maire. Par un arrêté en date du 28 octobre 2020, notifié le 5 novembre 2020, dont M. A demande l'annulation, le maire de la commune a fixé le montant mensuel d'IFSE à lui verser à 333,33 euros, correspondant à un montant de 4 000 euros par an, avec prise d'effet au 16 octobre 2020.
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () / 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir ".
3. Il ne ressort pas des dispositions réglementaires fixant le régime de l'indemnité de fonctions, de sujétion et d'expertise, pas plus que d'un texte législatif ou d'un principe général du droit, que les agents ont droit à ce qu'elle leur soit attribuée, ni qu'elle le soit à un taux déterminé. Par suite, la décision fixant le montant de l'indemnité de fonctions, de sujétion et d'expertise ne refuse aucun avantage dont l'attribution constituerait un droit et n'est donc pas au nombre des décisions devant être motivées en application des dispositions précitées de l'article L. 211-1 du code des relations entre le public et l'administration. Le moyen tiré du défaut de motivation de la décision attaquée, qui est inopérant, ne peut dès lors qu'être écarté.
4. En second lieu, aux termes du premier alinéa de l'article 88 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, dans sa rédaction alors en vigueur : " Les organes délibérants des collectivités territoriales et de leurs établissements publics fixent les régimes indemnitaires, dans la limite de ceux dont bénéficient les différents services de l'Etat. Ces régimes indemnitaires peuvent tenir compte des conditions d'exercice des fonctions et de l'engagement professionnel des agents. Lorsque les services de l'Etat servant de référence bénéficient d'une indemnité servie en deux parts, l'organe délibérant détermine les plafonds applicables à chacune de ces parts et en fixe les critères, sans que la somme des deux parts dépasse le plafond global des primes octroyées aux agents de l'Etat ".
5. De plus, aux termes de l'article 1er du décret du 20 mai 2014 susvisé portant création d'un régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l'expertise et de l'engagement professionnel dans la fonction publique de l'Etat, dans sa rédaction alors en vigueur : " Les fonctionnaires relevant de la loi du 11 janvier 1984 susvisée peuvent bénéficier, d'une part, d'une indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise (IFSE) et, d'autre part, d'un complément indemnitaire annuel (CIA) lié à l'engagement professionnel et à la manière de servir, dans les conditions fixées par le présent décret ". Aux termes de l'article 2 de ce décret : " Le montant de l'indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise est fixé selon le niveau de responsabilité et d'expertise requis dans l'exercice des fonctions. / Les fonctions occupées par les fonctionnaires d'un même corps ou statut d'emploi sont réparties au sein de différents groupes au regard des critères professionnels suivants : / 1° Fonctions d'encadrement, de coordination, de pilotage ou de conception ; / 2° Technicité, expertise, expérience ou qualification nécessaire à l'exercice des fonctions ; / 3° Sujétions particulières ou degré d'exposition du poste au regard de son environnement professionnel. / Le nombre de groupes de fonctions est fixé pour chaque corps ou statut d'emploi par arrêté du ministre chargé de la fonction publique et du ministre chargé du budget et, le cas échéant, du ministre intéressé. Ce même arrêté fixe les montants minimaux par grade et statut d'emplois, les montants maximaux afférents à chaque groupe de fonctions et les montants maximaux applicables aux agents logés par nécessité de service. / Le versement de l'indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise est mensuel. "
6. Si M. A soutient qu'en fixant à 4 000 euros le montant annuel de son IFSE, l'arrêté du 28 octobre 2020 est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de ses responsabilités et de la technicité, l'expertise, l'expérience et la qualification nécessaires à l'exercice des fonctions de chargé de mission, il ressort des pièces du dossier qu'il s'agit du montant maximal fixé par la délibération n° 2020-07 du conseil municipal de Saint-Pierre-lès-Nemours du 7 octobre 2020 portant notamment modification du régime indemnitaire prévu pour les catégories A dans le cadre du RIFSEEP et que le maire de la commune ne pouvait ainsi lui allouer un montant supérieur sans entacher sa décision d'illégalité. Le moyen doit, par suite, être écarté.
7. En troisième lieu, M. A entend exciper de l'illégalité de la délibération du 7 octobre 2020 qui constitue la base légale de l'arrêté du 28 octobre 2020, au motif qu'elle serait entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation.
8. Tout d'abord, il ne peut utilement invoquer la méconnaissance des dispositions de l'article 6 du décret du 20 mai 2014, lequel n'est pas applicable aux fonctionnaires territoriaux.
9. Ensuite, il soutient que les fonctions qu'il exerçait relevaient par leur nature des catégories 2.2 " Responsable de site/chef de service ou de structure " ou 2.1 " Direction de pôle " et que le poste de chargé de mission ayant été créé pour sa réintégration, il pouvait prétendre à un montant similaire à celui alloué à ces deux catégories de poste, supérieur à 10 000 euros par an. Il produit à cet effet sa fiche de poste selon laquelle ses fonctions ont consisté en la définition de procédures en lien avec les financements publics, la recherche de subventions, la gestion des marchés publics, la révision du règlement de voirie et la réalisation des arrêtés de voirie ainsi que la rédaction d'actes et de procédures en cas de gestion de crise, et il verse divers documents qu'il a rédigés dans le cadre de ses fonctions, notamment des actes juridiques relatifs à la passation de marchés et différents mémorandums, qui correspondent aux missions précisées dans cette fiche de poste. Néanmoins, pour justifier du montant fixé par la délibération attaquée, la commune fait valoir, sans que cela ne soit utilement contesté, que le requérant n'occupait pas de fonctions d'encadrement et que son poste n'était soumis à aucun type d'astreinte ou de contrainte horaire. Si le requérant soutient que de nombreux autres postes au sein des effectifs de la commune disposent d'un plafond supérieur en matière d'IFSE, dont des postes de catégorie B, il ne démontre pas que ces postes comportent la réalisation de missions similaires à celles qui lui ont été confiées et qu'ils n'impliquent pas non plus de fonctions d'encadrement ni d'astreintes ou de contraintes horaires et que le principe d'égalité aurait ainsi été méconnu. Par suite, M. A n'est pas fondé à soutenir que la délibération est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
10. Enfin, le détournement de pouvoir allégué par le requérant, selon lequel l'arrêté attaqué aurait pour but de lui infliger une sanction déguisée, de l'inciter à quitter les services de la commune ou encore aurait été pris dans une démarche de harcèlement moral, n'est pas établi.
11. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 28 octobre 2020 doivent être rejetées. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, doivent être rejetées.
12. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de M. A la somme demandée par la commune de Saint-Pierre-lès-Nemours au même titre.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Saint-Pierre-lès-Nemours au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la commune de Saint-Pierre-lès-Nemours.
Délibéré après l'audience du 20 juin 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Billandon, présidente,
Mme Massengo, conseillère,
Mme Issard, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 juillet 2024.
La rapporteure,
C. ISSARD
La présidente,
I. BILLANDONLa greffière,
L. LE GRALL
La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026