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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2100118

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2100118

mercredi 15 février 2023

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2100118
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation6ème chambre
Avocat requérantCABINET CORNET VINCENT SEGUREL PARIS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 7 janvier 2021, M. B C demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 4 janvier 2021 par laquelle le directeur de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) a rejeté sa demande tendant au bénéfice de la prime spéciale d'installation ;

2°) d'enjoindre au directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides de procéder au versement de la prime d'installation, dans un délai d'un mois.

3°) de mettre à la charge de l'OFPRA une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que la décision :

- méconnaît les dispositions de l'article 1er du décret du 24 avril 1989 fixant les conditions et les modalités de règlement des frais occasionnés par les changements de résidence des personnels civils sur le territoire métropolitain de la France lorsqu'ils sont à la charge des budgets de l'Etat, des établissements publics nationaux à caractère administratif et de certains organismes subventionnés dès lors qu'il a changé de lieu de résidence administrative à la suite de la réussite à son concours ;

- méconnaît les dispositions de l'article 2 du décret du 24 avril 1989 dès lors qu'il a démissionné de ses fonctions d'agent contractuel de droit public avant la réussite de son concours.

Par un mémoire en défense, enregistré le 15 décembre 2021, l'OFPRA, représenté par Me Pichon, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. C au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que le moyen soulevé par le requérant n'est pas fondé.

Par une ordonnance du 2 octobre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 24 novembre 2022 à midi.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;

- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique d'Etat ;

- le décret n° 89-259 du 24 avril 1989 relatif à la prime spéciale d'installation attribuée à certains personnels débutants modifié ;

- du décret n° 90-437 du 28 mai 1990 fixant les conditions et les modalités de règlement des frais occasionnés par les changements de résidence des personnels civils sur le territoire métropolitain de la France lorsqu'ils sont à la charge des budgets de l'Etat, des établissements publics nationaux à caractère administratif et de certains organismes subventionnés ;

- le décret n° 2017-420 du 27 mars 2017 modifiant le décret n° 89-259 du 24 avril 1989 modifié relatif à la prime spéciale d'installation attribuée à certains personnels débutants ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. A,

- et les conclusions de Mme Leboeuf, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. B C, lauréat du concours externe de secrétaire administratif de classe normale de l'intérieur et de l'outre-mer, a été nommé en qualité de stagiaire au sein de la division de la protection de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) à compter du 1er septembre 2018 et titularisé par décision du 1er septembre 2019. Par courrier du 10 novembre 2019, il a sollicité le versement de la prime spéciale d'installation. Par une décision du 4 janvier 2021, l'OFPRA a rejeté sa demande. Par sa requête, M. C demande au tribunal l'annulation de cette décision.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, aux termes de l'article 1er du décret du 24 avril 1989 modifié relatif à la prime spéciale d'installation attribuée à certains personnels débutants du 24 avril 1989 : " Une prime spéciale d'installation peut être allouée aux fonctionnaires civils de l'Etat qui, à l'occasion de leur accès à un premier emploi d'une administration de l'Etat, reçoivent, au plus tard, au jour de leur titularisation, une affectation dans l'une des communes de la région Ile-de-France ou dans l'une des communes énumérées à l'article 1er du décret du 11 septembre 1967 délimitant le périmètre de l'agglomération de Lille pour l'application de la loi relative aux communautés urbaines. Seuls peuvent bénéficier de cette prime les agents nommés dans un grade dont l'indice afférent au premier échelon est, au jour de la titularisation des intéressés, inférieur à l'indice brut 445 et dont l'indice afférent au dernier échelon est égal au plus à l'indice brut 821. / Le droit à la prime spéciale d'installation est ouvert aux anciens agents contractuels de la fonction publique titularisés, sous réserve que leur nouvelle résidence administrative diffère de celle de leur dernière affectation avant nomination dans le corps. ".

3. Aux termes de l'article 4 du décret du 28 mai 1990 fixant les conditions et les modalités de règlement des frais occasionnés par les changements de résidence des personnels civils sur le territoire métropolitain de la France lorsqu'ils sont à la charge des budgets de l'Etat, des établissements publics nationaux à caractère administratif et de certains organismes subventionnés : " Pour l'application du présent décret, sont considérés comme : / 1° Résidence administrative : le territoire de la commune sur lequel se situe le service où l'agent est affecté ; / () 3° Constituant une seule et même commune : la ville de Paris et les communes suburbaines limitrophes ; ". Aux termes de l'article 17 de ce décret : " Constitue un changement de résidence, au sens du présent décret, l'affectation prononcée, à titre définitif, dans une commune différente de celle dans laquelle l'agent était antérieurement affecté ".

4. Pour refuser le bénéfice de la prime spéciale d'installation à M. C, la décision contestée se fonde sur la circonstance que l'intéressé était, avant sa nomination à l'OFPRA, contractuel au sein des services du Premier ministre à Paris dont la résidence administrative ne diffère pas de celle de l'OFPRA. A cet égard, la commune de Fontenay-sous-Bois, commune du siège de l'OFPRA, dispose d'une frontière commune avec la ville de Paris, est ainsi considérée comme une " commune suburbaine limitrophe " au sens des dispositions de l'article 4 du décret du 28 mai 1990 précité. Par suite, dès lors que sa nouvelle résidence administrative ne diffère pas de celle de sa dernière affectation avant nomination dans le corps de secrétaire administratif de classe normale de l'intérieur et de l'outre-mer, M. C n'est pas fondé à soutenir que la décision contestée méconnaît les dispositions précitées de l'article 1er du décret du 24 avril 1989.

5. En second lieu, aux termes de l'article 2 du décret du 24 avril 1989 précité : " La prime spéciale d'installation peut être attribuée, aux mêmes conditions qu'à l'article 1er : / - aux personnels qui accèdent à nouveau à un corps de fonctionnaires civils de l'Etat après avoir antérieurement occupé un emploi dans la fonction publique de l'Etat, territoriale ou hospitalière et démissionné de cet emploi ; () ".

6. M. C ne saurait utilement se prévaloir de ces dispositions dès lors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier ni même n'est allégué qu'il aurait occupé antérieurement à son entrée dans le corps des secrétaires administratifs de classe normale de l'intérieur et de l'outre-mer, un emploi dans un corps de fonctionnaire civil duquel il aurait démissionné.

7. Il résulte de tout ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 4 janvier 2021 par laquelle le directeur de l'OFPRA a rejeté sa demande tendant au bénéfice de la prime spéciale d'installation. Par voie de conséquence, il y a lieu de rejeter par voie de conséquence ses conclusions indemnitaires et à fin d'injonction.

Sur les frais liés au litige :

8. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".

9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit mis à la charge de l'OFPRA, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme réclamée par M. C au titre des frais liés au litige. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. C la somme demandée par l'OFPRA au titre des mêmes dispositions.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : Les conclusions de l'OFPRA présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et à l'Office français de protection des réfugiés et apatrides.

Délibéré après l'audience du 31 janvier 2023, à laquelle siégeaient :

M. Dewailly, président,

Mme Bourdin, première conseillère,

M. Lacote, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 février 2023.

Le rapporteur,

J.-N. A

Le président,

S. DEWAILLY

La greffière,

Y. SADLI

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des Outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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