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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2100154

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2100154

vendredi 10 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2100154
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème chambre
Avocat requérantJEANTET ET ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 7 janvier 2021, 27 septembre 2021 et 28 février 2022, M. C et Mme D A, représentés par Me Saint Geniest, demandent au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 11 décembre 2020 par laquelle le maire de Rozay-en-Brie a rejeté leur demande d'abrogation du plan local d'urbanisme en tant qu'il classe la parcelle cadastrée section ZH n° 289 en zone agricole ;

2°) d'enjoindre au maire de Rozay-en-Brie d'engager une procédure de modification du classement de leur parcelle, de convoquer le conseil municipal en inscrivant à l'ordre du jour la modification du classement de la parcelle dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement sous astreinte de 300 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Rozay-en-Brie une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- la décision attaquée a été prise par une autorité incompétente dès lors que le conseil municipal est seul compétent pour abroger tout ou partie du plan local d'urbanisme de la commune et qu'il appartient seulement au maire d'inscrire cette question à l'ordre du jour du conseil municipal ;

- le classement de la parcelle litigieuse est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que la parcelle n'est ni cultivée, ni même exploitée comme zone de pâture, qu'elle est utilisée comme jardin d'agrément et n'a aucune vocation agricole, qu'elle ne présente aucun potentiel agronomique, biologique ou économique, qu'elle est située en plein cœur d'une zone résidentielle et qu'elle constitue une dent creuse qui aurait dû être comblée ;

- il est entaché d'une inexactitude matérielle des faits dès lors que des parcelles urbanisées s'interposent entre le terrain agricole le plus proche et la parcelle litigieuse et que le seul accès de la parcelle donne sur la rue de la Tuilerie et non sur le chemin rural ;

- il empêche toute urbanisation d'un tènement situé en plein cœur de l'un des faubourgs de la commune en contradiction avec l'objectif d'accueil de nouveaux logements sur le territoire et d'implantation de 137 nouveaux logements en densification dans le tissu urbain des faubourgs fixé par le projet d'aménagement et de développement durables alors que le classement de la parcelle ne correspond pas à l'objectif de valorisation et de protection du patrimoine naturel et des espaces agricoles dès lors que la parcelle est située en plein cœur du bourg ;

- deux documents graphiques du rapport de présentation sont en contradiction avec le plan de zonage du plan local d'urbanisme et la décision attaquée dès lors que la parcelle n'est ni identifiée comme une terre cultivée, ni comme une zone de pâture et qu'elle est incluse dans les surfaces urbanisées de la commune.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 10 juillet 2021, 2 novembre 2021 et 23 mars 2022, la commune de Rozay-en-Brie, représentée par Me Morandi, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge des requérants en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- aucune erreur manifeste d'appréciation n'a été commise dès lors que le classement de la parcelle témoigne d'une application fidèle et proportionnée des partis d'urbanisme tenant à la protection et à la valorisation des espaces agricoles de la commune ;

- aucune erreur de fait n'a été commise dès lors que les parcelles n° 287 et 288 ne sont pas urbanisées et sont utilisées à des fins maraîchères et que la commune n'a jamais prétendu que l'accès de la parcelle se faisait via le chemin rural ;

- le moyen tiré de l'incohérence du classement de la parcelle en zone agricole avec les objectifs du projet d'aménagement et de développement durables est inopérant ; en tout état de cause, il n'est pas fondé dès lors que la commune a décidé d'inclure la parcelle litigieuse dans la zone agricole en tant qu'elle est immédiatement située dans le prolongement des parcelles faisant l'objet d'une exploitation agricole et dont l'accès se fait par le chemin rural longeant la parcelle et que des engins agricoles empruntent ce chemin conformément aux objectifs fixés par le projet d'aménagement et de développement durables ;

- le moyen tiré de la contradiction entre le rapport de présentation du plan local d'urbanisme et le classement de la parcelle en zone agricole est inopérant ; en tout état de cause, il n'est pas fondé dès lors que la parcelle, qui est exclue de la zone urbaine dans le rapport de présentation, est comprise dans la zone agricole, que le fait que la parcelle ne soit pas cultivée n'est pas de nature à empêcher son classement en zone agricole et que la parcelle était déjà classée en zone agricole dans le précédent document d'urbanisme.

Par une lettre du 24 mai 2022, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, de la période à laquelle il était envisagé d'appeler l'affaire à une audience et que l'instruction pourrait être close à partir du 15 juin 2022 sans information préalable.

Une ordonnance portant clôture de l'instruction immédiate a été prise le 20 juillet 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme B,

- et les conclusions de M. Grand, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. Par une délibération du 17 février 2020, le conseil municipal de Rozay-en-Brie a approuvé le plan local d'urbanisme de la commune. M. et Mme A, propriétaires de la parcelle cadastrée ZH n° 289, ont sollicité, par courrier du 24 novembre 2020, l'abrogation du plan local d'urbanisme en ce qu'il classe cette parcelle en zone agricole. Les requérants demandent l'annulation de la décision du 11 décembre 2020 par laquelle le maire de Rozay-en-Brie a rejeté leur demande d'abrogation du plan local d'urbanisme en tant qu'il classe la parcelle cadastrée section ZH n° 289 en zone agricole.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, les requérants soutiennent que le classement de la parcelle litigieuse est entaché d'une inexactitude matérielle des faits dès lors que des parcelles urbanisées s'interposent entre le terrain agricole le plus proche et la parcelle litigieuse et que la décision attaquée indique que le seul accès de la parcelle donne sur le chemin rural. Toutefois, il ressort des pièces du dossier, et plus particulièrement du plan de zonage, d'une part, que la parcelle cadastrée section ZH n° 289 se situe à l'extrémité d'une vaste zone agricole bordant une zone urbanisée. D'autre part, contrairement aux allégations des requérants, la décision attaquée se borne à indiquer que l'accès aux parcelles faisant l'objet d'une exploitation agricole se fait par le chemin rural longeant la parcelle litigieuse, chemin utilisé par des engins agricoles. En tout état de cause, cette mention ne constitue pas le motif de la décision attaquée. Par suite, le moyen soulevé doit être écarté.

3. En deuxième lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 151-8 du code de l'urbanisme : " Le règlement fixe, en cohérence avec le projet d'aménagement et de développement durables, les règles générales et les servitudes d'utilisation des sols permettant d'atteindre les objectifs mentionnés aux articles L. 101-1 à L. 101-3 ".

4. Pour apprécier la cohérence exigée au sein du plan local d'urbanisme entre le règlement et le projet d'aménagement et de développement durables, il appartient au juge administratif de rechercher, dans le cadre d'une analyse globale le conduisant à se placer à l'échelle du territoire couvert par le document d'urbanisme, si le règlement ne contrarie pas les orientations générales et objectifs que les auteurs du document ont définis dans le projet d'aménagement et de développement durables, compte tenu de leur degré de précision. Par suite, l'inadéquation d'une disposition du règlement du plan local d'urbanisme à une orientation ou à un objectif du projet d'aménagement et de développement durables ne suffit pas nécessairement, compte tenu de l'existence d'autres orientations ou objectifs au sein de ce projet, à caractériser une incohérence entre ce règlement et ce projet.

5. D'autre part, aux termes de l'article R. 151-22 du code de l'urbanisme : " Les zones agricoles sont dites " zones A ". Peuvent être classés en zone agricole les secteurs de la commune équipés ou non, à protéger en raison du potentiel agronomique, biologique ou économique des terres agricoles ". Et aux termes de l'article R. 151-23 du code de l'urbanisme : " Peuvent être autorisées, en zone A : / 1° les constructions et installations nécessaires à l'exploitation agricole ou au stockage et à l'entretien de matériel agricole par les coopératives d'utilisation de matériel agricole agréées au titre de l'article L. 525-1 du code rural et de la pêche maritime ; / 2° les constructions, installations, extensions ou annexes aux bâtiments d'habitation, changements de destination et aménagements prévus par les articles L. 151-11, L. 151-12 et L. 151-13, dans les conditions fixées par ceux-ci ". Il résulte de ces dispositions qu'une zone agricole, dite " zone A ", du plan local d'urbanisme a vocation à couvrir, en cohérence avec les orientations générales et les objectifs du projet d'aménagement et de développement durables, un secteur, équipé ou non, à protéger en raison du potentiel agronomique, biologique ou économique des terres agricoles.

6. Il appartient aux auteurs d'un plan local d'urbanisme de déterminer le parti d'aménagement à retenir pour le territoire concerné par le plan, en tenant compte de la situation existante et des perspectives d'avenir et de fixer en conséquence le zonage et les possibilités de construction. S'ils ne sont pas liés, pour déterminer l'affectation future des différents secteurs, par les modalités existantes d'utilisation des sols, dont ils peuvent prévoir la modification dans l'intérêt de l'urbanisme, leur appréciation peut cependant être censurée par le juge administratif au cas où elle serait entachée d'une erreur manifeste ou fondée sur des faits matériellement inexacts.

7. Les requérants soutiennent que le classement de la parcelle litigieuse en zone agricole est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'elle est utilisée comme jardin d'agrément et qu'elle constitue une dent creuse en plein cœur d'une zone résidentielle et que ce classement est contraire aux objectifs du projet d'aménagement et de développement durables qui prévoit notamment l'accueil de nouveaux logements sur le territoire et l'implantation de 137 nouveaux logements par densification du tissu urbain des faubourgs. D'une part, si, ainsi que les requérants le font valoir, le projet d'aménagement et de développement durables a fixé comme objectif l'accueil de nouveaux logements sur le territoire afin de permettre l'implantation de 137 nouveaux logements par densification du tissu urbain des faubourgs ou d'ouvrir à l'urbanisation une nouvelle zone d'extension de deux hectares dans la continuité du site urbain existant pour l'accueil de 40 logements selon une mixité de collectifs et d'individuels, il est également constant qu'il a entendu valoriser et protéger le patrimoine naturel et les espaces agricoles et maintenir une coupure naturelle d'espace agricole entre le bourg et le hameau de Vilpré. Ainsi, alors que le plan de zonage délimite les zones UA et UB dans lesquelles le règlement permet la densification des constructions à destination de logement et que ce tissu urbain comptabilise un potentiel de 28 dents creuses pouvant être densifiées sous la forme de divisions de terrain, de créations de lotissements et de permis groupés, il ressort des pièces du dossier que la parcelle litigieuse est incluse au sein d'un vaste espace agricole situé au sud-est de la commune et qu'elle en constitue l'extrémité bordée d'une zone urbaine. Si les requérants soutiennent que la parcelle limitrophe cadastrée section ZH n° 287 est classée en zone urbaine et que la parcelle litigieuse constitue une dent creuse, il ressort, toutefois, du plan de zonage que la parcelle cadastrée section ZH n° 287 est classée en zone agricole, de même que la parcelle contiguë cadastrée section ZH n°288. En outre, si la parcelle cadastrée section ZH n° 287 supporte une construction, cette construction a été illégalement édifiée et cette circonstance est sans incidence sur le classement même de la parcelle. Ainsi, les trois parcelles n° 287, 288 et 289 font partie du même ensemble de parcelles classées au sein de la zone agricole bordant le chemin rural jusqu'à le Coudray, de sorte que la parcelle litigieuse constitue, avec plusieurs autres parcelles aux alentours, la prolongation de la zone agricole destinée à la préservation de l'espace agricole situé entre la commune et le hameau de Vilpré situé à l'extrémité sud-est. D'autre part, ainsi qu'il a été rappelé au point 5, le critère déterminant le classement d'une parcelle en zone agricole ne se limite pas aux seules caractéristiques de la parcelle et la circonstance qu'une parcelle soit constituée d'un jardin d'agrément ne fait pas obstacle à son classement en zone agricole. Dans ces conditions, et alors que la commission départementale de préservation des espaces naturels, agricoles et forestiers a recommandé de favoriser un schéma de circulation agricole dans son avis du 20 septembre 2019, les moyens tirés de ce que le classement de la parcelle des requérants en zone A est incohérent avec le projet d'aménagement et de développement durables et est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.

8. En troisième lieu, les requérants soutiennent que le classement retenu de la parcelle contestée est illégal en raison de la contradiction entre le plan de zonage du plan local d'urbanisme et deux documents graphiques du rapport de présentation dès lors que la parcelle n'est ni identifiée comme une terre cultivée, ni comme une zone de pâture et qu'elle est incluse dans les surfaces urbanisées de la commune de ces documents. D'une part, il n'est ni allégué, ni même soutenu que la parcelle litigieuse constituerait une terre cultivée ou une zone de pâture. Ainsi, elle n'avait pas à être répertoriée comme telle dans la carte relative aux ressources agricoles présente dans le rapport de présentation. D'autre part, si le découpage retenu par la carte des superficies urbanisées selon le schéma directeur de la région d'Ile-de-France n'inclut pas la parcelle litigieuse, cette carte n'a ni pour objet, ni pour effet de définir les zones urbaines de la commune dès lors qu'elle se borne à représenter de façon assez schématique les superficies de la commune. En tout état de cause, il ressort clairement de la carte représentant les dents creuses disponibles en zone urbaine et les constructions réalisées de 2013 à 2017, qui figure dans le même paragraphe du rapport de présentation relatif au calcul de l'augmentation minimale de 10 % de la densité d'habitat de référence, que la parcelle litigieuse est située en zone agricole et qu'elle ne constitue nullement une dent creuse disponible en zone urbaine. Par suite, le moyen tiré d'une contradiction entre le plan de zonage du plan local d'urbanisme et deux documents graphiques du rapport de présentation doit être écarté.

9. En dernier lieu, aux termes de l'article R. 153-19 du code de l'urbanisme : " L'abrogation d'un plan local d'urbanisme est prononcée par l'organe délibérant de l'établissement public de coopération intercommunale compétent ou par le conseil municipal après enquête publique menée dans les formes prévues par le chapitre III du titre II du livre Ier du code de l'environnement () ". L'article L. 2121-10 du code général des collectivités territoriales, relatif à la convocation du conseil municipal, dispose que : " Toute convocation est faite par le maire. Elle indique les questions portées à l'ordre du jour () ".

10. Il résulte de la combinaison de ces dispositions que si le conseil municipal est seul compétent pour abroger tout ou partie du plan local d'urbanisme de la commune, c'est au maire qu'il revient d'inscrire cette question à l'ordre du jour d'une réunion du conseil municipal. Par suite, le maire a compétence pour rejeter une demande tendant à l'abrogation du plan local d'urbanisme ou de certaines de ses dispositions. Toutefois, il ne peut légalement prendre une telle décision que si les dispositions dont l'abrogation est sollicitée sont elles-mêmes légales. Dans l'hypothèse inverse, en effet, il est tenu d'inscrire la question à l'ordre du jour du conseil municipal, pour permettre à celui-ci, seul compétent pour ce faire, de prononcer l'abrogation des dispositions illégales. Il résulte de ce qui précède que les requérants n'établissent pas que le plan local d'urbanisme litigieux est entaché d'illégalité. Par suite, les requérants ne peuvent soutenir que la décision attaquée portant refus d'abrogation du classement de leur parcelle en zone agricole, serait entachée d'incompétence.

11. Il résulte de tout ce qui précède que les requérants ne sont pas fondés à demander l'annulation de la décision du 11 décembre 2020 par laquelle le maire de Rozay-en-Brie a rejeté leur demande d'abrogation du plan local d'urbanisme en tant qu'il classe la parcelle cadastrée section ZH n° 289 en zone agricole. Par voie de conséquence, doivent également être rejetées leurs conclusions à fin d'injonction et d'astreinte.

Sur les frais d'instance :

12. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Rozay-en-Brie, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que réclament les requérants au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens.

13. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge des requérants la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la commune de Rozay-en-Brie et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. et Mme A est rejetée.

Article 2 : M. et Mme A verseront à la commune de Rozay-en-Brie la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C et Mme D A et à la commune de Rozay-en-Brie.

Délibéré après l'audience du 17 février 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Mullié, présidente,

Mme Jeannot, première conseillère,

Mme Blanc, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 mars 2023.

La rapporteure,

F. BLa présidente,

N. MULLIE

La greffière,

C. ROUILLARD

La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

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