jeudi 23 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2100260 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 9ème chambre |
| Avocat requérant | BOUGASSAS OLIVIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 11 janvier 2021 et 5 mai 2022,
M. A D, représenté par Me Bougassas, doit être regardé comme demandant au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 1er octobre 2020 par laquelle la directrice adjointe, chargée des ressources humaines, du groupement de coopération sociale et médico-sociale - les établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes publics du Val-de-Marne lui a refusé le bénéfice d'un congé bonifié pour se rendre en Guadeloupe du 1er au 31 août 2021, ensemble la décision du 18 novembre 2020 rejetant son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au groupement de coopération sociale et médico-sociale - les établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes publics du Val-de-Marne de prendre en charge les frais de transport ;
3°) de mettre à la charge du groupement de coopération sociale et médico-sociale - les établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes publics du Val-de-Marne la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée, en ce qu'elle se réfère à l'instruction DGOS/RH4/2014/219 du 16 juillet 2014 relative aux conditions d'attribution des congés bonifiés aux agents de la fonction publique hospitalière, est fondée sur des dispositions antérieures au décret n° 2020-851 du
2 juillet 2020, qui n'étaient plus toutes en vigueur à la date à laquelle elle a été prise ; la décision rejetant son recours gracieux fondée sur le décret du 1er juillet 1987 fait, également, application de dispositions qui n'étaient plus en vigueur ;
- elle est entachée d'une erreur de droit, la directrice adjointe, chargée des ressources humaines, ayant, à tort, retenu les critères relatifs à son inscription sur les listes électorales de C, au versement de sa rémunération sur un compte bancaire ouvert en métropole et à la scolarisation de ses enfants à C ; ces critères sont dépourvus de tout fondement et de nature à créer des situations discriminatoires ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation au regard de ses intérêts moraux ;
- elle est fondée sur des faits matériellement inexacts ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors que le centre de ses intérêts matériels et moraux est situé en Guadeloupe.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 21 mars et 11 mai 2022, le groupement de coopération sociale et médico-sociale - les établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes publics du Val-de-Marne représenté par la Selarl Houdart et Associés conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge de M. D en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que les moyens soulevés par M. D ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 9 juin 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 12 juillet 2022 à 12 heures.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;
- le décret n° 87-482 du 1er juillet 1987 modifié ;
- le code de la justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- les conclusions de Mme Letort, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Monsieur A D, ouvrier principal de 2ème classe exerçant les fonctions de chauffeur au sein du groupement de coopération sociale et médico-sociale (GCSMS) - les établissements hospitaliers pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) publics du Val-de-Marne, a sollicité le bénéfice de congés bonifiés pour la période du 1er au 31 août 2021 pour se rendre en Guadeloupe. Par une décision du 1er octobre 2020, la directrice adjointe, chargée des ressources humaines, du GCSMS - les EHPAD publics du Val-de-Marne a refusé de faire droit à sa demande. Le recours gracieux, formé le 8 octobre 2020 par M. D à l'encontre de cette décision, a été rejeté par une décision du 18 novembre 2020 de la directrice adjointe, chargée des ressources humaines. Par la présente instance, M. D demande au tribunal d'annuler ces deux décisions.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. Aux termes de l'article 41 de la loi du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière, dans sa rédaction applicable à la date des décisions en litige : " Le fonctionnaire en activité a droit : / 1° A un congé annuel avec traitement dont la durée est fixée par décret en Conseil d'Etat. / Les fonctionnaires qui exercent leurs fonctions sur le territoire européen de la France et dont le lieu de résidence habituelle est situé dans les départements d'outre-mer bénéficient des congés bonifiés dans les conditions prévues pour les fonctionnaires de l'Etat se trouvant dans la même situation ". Aux termes de l'article 1er du décret du 1er juillet 1987 relatif aux congés bonifiés des fonctionnaires hospitaliers modifié : " Pour l'application des dispositions du deuxième alinéa du 1° de l'article 41 de la loi du 9 janvier 1986 susvisée, relatives aux congés bonifiés des fonctionnaires des établissements mentionnés à l'article 2 de ladite loi, qui, exerçant leurs fonctions sur le territoire européen de la France, ont leur résidence habituelle dans un département d'outre-mer, le lieu de la résidence habituelle s'entend de celui où se trouve le centre des intérêts moraux et matériels de l'agent ".
3. En premier lieu, la circonstance que la directrice adjointe, chargée des ressources humaines, du GCSMS - les EHPAD publics du Val-de-Marne ait fait référence, dans sa décision du 1er octobre 2020, à l'instruction DGOS/RH4/2014/219 du 16 juillet 2014 n'est pas de nature à établir, à elle seule, qu'elle aurait fait application de dispositions qui n'étaient plus en vigueur. Cette instruction, qui porte sur les conditions d'application de l'article 41 de la loi du
9 janvier 1986 et du décret du 1er juillet 1987, a pour objet de préciser les modalités d'appréciation du critère tenant au centre des intérêts moraux et matériels. Or, les modifications apportées par le décret du 2 juillet 2020 à celui du 1er juillet 1987 sont étrangères à l'appréciation de ce critère. Par ailleurs, les circonstances de l'espèce démontrent que la directrice adjointe, chargée des ressources humaines, a bien tenu compte des modifications introduites par le décret du 2 juillet 2020, notamment, celle ayant eu pour effet de porter de trente-six à vingt-quatre mois la durée minimale d'exercice des fonctions ouvrant droit au bénéfice des congés bonifiés dès lors qu'elle a instruit au fond la demande présentée par M. D, titularisée au 1er janvier 2019. Il en va de même de la décision rejetant son recours gracieux qui fait application du décret du 1er juillet 1987, dans sa version modifiée par le décret du 2 juillet 2020.
4. En deuxième lieu, il résulte des dispositions précitées au point 2. du présent jugement, que pour apprécier la localisation du centre des intérêts moraux et matériels d'un fonctionnaire, il peut être tenu compte de son lieu de naissance, du lieu où se trouvent sa résidence et celle des membres de sa famille, du lieu où le fonctionnaire est, soit propriétaire ou locataire de biens fonciers, soit titulaire de comptes bancaires, de comptes d'épargne ou de comptes postaux, ainsi que d'autres éléments d'appréciation parmi lesquels le lieu du domicile avant l'entrée dans la fonction publique de l'agent, celui où il a réalisé sa scolarité ou ses études, la volonté manifestée par l'agent à l'occasion de ses demandes de mutation et de ses affectations ou la localisation du centre des intérêts moraux et matériels de son conjoint ou partenaire au sein d'un pacte civil de solidarité. Il incombe ainsi à l'administration d'apprécier le droit d'un agent à bénéficier de congés bonifiés sur la base d'un faisceau d'indices.
5. Pour refuser le bénéfice d'un congé bonifié à M. D, par les décisions attaquées des 1er octobre 2020 et 18 novembre 2020, le président du GCSMS - les EHPAD publics du Val-de-Marne s'est fondé sur le motif que le centre de ses intérêts moraux et matériels se situait en métropole.
6. D'une part, contrairement à ce que soutient M. D, le refus opposé par la directrice adjointe, chargée des ressources humaines, découle de l'application des dispositions réglementaires en vigueur, précitées au point 2. du présent jugement, telles qu'interprétées par la jurisprudence, en application desquelles la localisation du centre des intérêts moraux et matériels d'un fonctionnaire est appréciée au regard de différents critères constitutifs d'un faisceau d'indices, rappelés au point 4. du présent jugement.
7. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que M. D, né le 17 octobre 1968 à Pointe-à-Pitre, s'est installé en métropole en 2000, soit depuis près de vingt ans à la date des décisions attaquées, après avoir effectué toute sa scolarité en Guadeloupe. Il allègue avoir quitté ce département pour la métropole afin d'y travailler. Il a, ainsi, occupé plusieurs emplois temporaires avant d'être recruté, en 2015, par le GCSMS - les EHPAD publics du Val-de-Marne, puis nommé stagiaire le 1er janvier 2017 et titularisé en qualité d'ouvrier principal deuxième classe, à compter du 1er janvier 2019. A la date des décisions attaquées, la résidence principale de M. D se situait à C, dans le département de la Seine-Saint-Denis, où sont nés et scolarisés ses enfants, et où il est inscrit sur les listes électorales et paie ses impôts sur le revenu ainsi que cela ressort de sa demande de congés bonifiés. La circonstance que la directrice adjointe, chargée des ressources humaines ait tenu compte de son inscription sur les listes électorales et de la scolarisation de ses enfants à C ainsi que du versement de son traitement sur un compte bancaire ouvert en métropole n'est pas constitutive d'une discrimination dès lors que
M. D y a maintenu sa résidence à la date des décisions attaquées. Il ne ressort pas des pièces du dossier, ainsi que le soutient M. D qui ne produit aucun document pertinent à l'appui de son allégation, qu'il serait propriétaire, consécutivement au décès de sa mère en 2004, d'un bien immobilier en indivision situé en Guadeloupe. Il ne ressort pas davantage des pièces du dossier qu'il aurait accompli une quelconque démarche en vue de recevoir une nouvelle affectation ou d'être muté en Guadeloupe où il ne s'est rendu en congés qu'à deux reprises en 2009 et 2017. Ainsi, compte tenu de l'ensemble de ces éléments, alors même qu'il est né et a effectué sa scolarité dans ce département d'outre-mer et que son père ainsi que ses frères et sœurs y résident,
M. D ne saurait être regardé comme ayant fixé, à la date des décisions attaquées, le centre de ses intérêts moraux et matériels en Guadeloupe. Il suit de là que la directrice adjointe, chargée des ressources humaines, du GCSMS - les EHPAD publics du Val-de-Marne, qui n'a pas fait une inexacte application des dispositions précitées au point 2. du présent jugement, n'a pas commis d'erreur d'appréciation ni entaché sa décision d'un défaut d'examen particulier en refusant de lui accorder le bénéfice d'un congé bonifié pour se rendre en Guadeloupe du 1er au 31 août 2021.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. D doivent être rejetées.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
9. Le présent jugement, qui rejette les conclusions aux fins d'annulation présentées par M. D, n'implique aucune mesure particulière d'exécution. Il suit de là que les conclusions aux fins d'injonction ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge du GCSMS - les EHPAD publics du Val-de-Marne, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que M. D demande sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. D la somme que le GCSMS - les EHPAD publics du Val-de-Marne demande sur le fondement de ces mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par le GCSMS - les EHPAD publics du Val-de-Marne au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A D et au groupement de coopération sociale et médico-sociale - les établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes publics du Val-de-Marne.
Délibéré après l'audience du 2 février 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Bonneau-Mathelot, présidente,
Mme Réchard, première conseillère,
Mme Luneau, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 février 2023.
La rapporteure,
F. B
La présidente,
S. BONNEAU-MATHELOTLa greffière,
C. RICHEFEU
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2100260
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026